Xi Jinping célèbre l'essor «irréversible» de la Chine lors des 100 ans du Parti

Le président chinois Xi Jinping prononce un discours lors des célébrations du 100e anniversaire du Parti communiste chinois sur la place Tiananmen à Pékin le 1er juillet 2021. (Photo, AFP)
Le président chinois Xi Jinping prononce un discours lors des célébrations du 100e anniversaire du Parti communiste chinois sur la place Tiananmen à Pékin le 1er juillet 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 01 juillet 2021

Xi Jinping célèbre l'essor «irréversible» de la Chine lors des 100 ans du Parti

  • À l'international, entre Covid-19, traitement des Ouïghours au Xinjiang et menaces contre Taïwan, l'image de la Chine est tombée au plus bas
  • Le centenaire du PCC fait l'objet depuis des mois d'une intense campagne de propagande

PÉKIN: Le président Xi Jinping a triomphalement vanté jeudi l'essor "irréversible" de la Chine, jadis colonisée et désormais puissance mondiale, lors d'un discours célébrant les 100 ans du Parti communiste et adressé en creux à l'Occident.

"Le temps où le peuple chinois pouvait être foulé aux pieds, où il souffrait et était opprimé est à jamais révolu", a-t-il lancé depuis la porte Tiananmen, d'où son lointain prédécesseur Mao Tsé-toung proclama la République populaire en 1949.

Après des références aux guerres de l'Opium, au colonialisme occidental et à l'invasion japonaise, Xi Jinping a loué le Parti communiste chinois (PCC) pour avoir permis l'augmentation du niveau de vie et restauré la fierté nationale.

"Le PCC et le peuple chinois déclarent solennellement au monde ceci: le peuple chinois s'est levé", a-t-il lancé, célébrant la sortie de centaines de millions de Chinois de l'extrême pauvreté en l'espace de quelques décennies.

"La grande renaissance de la nation chinoise est entrée dans un processus historique irréversible", s'est-il félicité, adressant ainsi un signal à Washington, qui décrit régulièrement Pékin comme un rival politique et économique.

Fondé par une poignée de militants en juillet 1921 à Shanghai, encore divisée en concessions étrangères, le PCC dirige sans partage la deuxième puissance mondiale et entend bien continuer à s'imposer sur la scène internationale.

Jeudi matin, 100 coups de canon ont résonné à Pékin pour marquer le centenaire. La patrouille acrobatique de l'armée de l'air, composée d'avions de chasse, a survolé la place Tiananmen, traçant dans le ciel des gerbes colorées rouges, jaunes et bleues.

Faucille et marteau

Des hélicoptères ont également formé le chiffre "100", tandis que d'autres portaient un drapeau du Parti – faucille et marteau jaunes sur fond rouge.

Plusieurs heures avant le début de la cérémonie, des milliers de jeunes ont convergé à pied vers la place Tiananmen. Les participants ont indiqué qu'ils n'étaient pas autorisés à apporter un téléphone portable, alors que le lieu des festivités faisait l'objet de mesures draconiennes de sécurité.

"C'est grâce au parti qu'on a une telle société et que (le pays) a pu se développer rapidement. On doit le remercier", a affirmé un étudiant de 19 ans, Li Luhao. 

Le centenaire du PCC fait l'objet depuis des mois d'une intense campagne de propagande. Lundi, un grand spectacle à la nord-coréenne a été organisée au stade olympique de Pékin, relatant la révolution chinoise ou encore la maîtrise de la Covid-19.

Les médias de Pékin ne se privent pas de mettre cette victoire contre l'épidémie sur le compte du système autoritaire en vigueur, par contraste avec le chaos épidémique des démocraties occidentales.

"Cette grande réussite de la lutte contre la pandémie, qui éclipse bon nombre de pays dont les Etats-Unis, vaut au PCC un soutien au zénith de la part des Chinois", croit savoir le quotidien nationaliste Global Times, dans un commentaire publié dimanche.

Rares sont les voix qui s'élèvent pour contester le bilan du régime, qui a accru sa répression de la dissidence sous l'égide de Xi Jinping, arrivé à la tête du Parti – et donc du pays – à la fin de 2012.

«Survie»

"En grande partie, l'anniversaire est une façon de célébrer le fait que la Chine a échappé au sort des partis communistes d'Europe de l'Est et d'Union soviétique, qui se sont effondrés après la Guerre froide", observe Wu Qiang, ancien professeur de science politique à la prestigieuse Université Tsinghua de Pékin, démis en 2015 après avoir soutenu la contestation à Hong Kong.

Le PCC "cherche à lier sa survie à celle de la Chine et du peuple chinois, afin d'établir sa légitimité historique au profit des futurs dirigeants" du pays, estime-t-il.

Sans surprise, les dizaines de millions de morts des campagnes économiques et politiques hasardeuses de Mao, du Grand bond en avant (1958) à la Révolution culturelle (1966), ne figurent pas dans les thèmes abordés à l'occasion du centenaire du Parti.

Fort d'une croissance phénoménale au cours des 40 dernières années, le PCC peut s'enorgueillir d'avoir tiré le pays du sous-développement.

Pour autant, les dirigeants chinois doivent faire face au ralentissement économique mondial, aux défis climatiques et au vieillissement de leur population.

À l'international, entre Covid-19, traitement des Ouïghours au Xinjiang (nord-ouest) et menaces contre Taïwan, l'image de la Chine est tombée au plus bas dans la plupart des pays occidentaux, selon une étude publiée mercredi par le centre de recherche américain Pew.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com