Le pape reçoit dix chefs religieux chrétiens du Liban pour «invoquer la paix» dans le pays en crise

Les dix dignitaires sont arrivés jeudi matin à la maison Sainte-Marthe, où réside le pape dans la Cité du Vatican, pour prier pour le Liban qui traverse la pire crise de son histoire. (AFP).  .
Les dix dignitaires sont arrivés jeudi matin à la maison Sainte-Marthe, où réside le pape dans la Cité du Vatican, pour prier pour le Liban qui traverse la pire crise de son histoire. (AFP). .
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Publié le Jeudi 01 juillet 2021

Le pape reçoit dix chefs religieux chrétiens du Liban pour «invoquer la paix» dans le pays en crise

  • Les dix dignitaires sont arrivés jeudi matin à la maison Sainte-Marthe, où réside le pape dans la Cité du Vatican
  • «L'émigration des jeunes et la répercussion de la crise actuelle sur les écoles, les hôpitaux, les familles et la sécurité alimentaire» seront au coeur de cette réunion

CITE DU VATICAN: Le pape François, très sensible aux souffrances du Liban où il souhaite se rendre rapidement, a accueilli  jeudi au Vatican dix chefs religieux chrétiens libanais pour "invoquer la paix" et penser l'avenir d'un pays en plein effondrement. 

Les dix dignitaires sont arrivés jeudi matin à la maison Sainte-Marthe, où réside le pape dans la Cité du Vatican.

Puis ils sont allés ensemble se recueillir dans la Basilique Saint-Pierre pour "invoquer la paix au Liban", a indiqué l'agence officielle Vatican News.

Ils ont ensuite rejoint le palais apostolique pour trois séances de travail à huis clos animées par le nonce au Liban, Joseph Spiteri.

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Cette photo prise et publiée par le média du Vatican le 1er juillet 2021 montre le pape François (C) rencontrant les dirigeants chrétiens du Liban pour des consultations au Palais apostolique, au Vatican, le 1er juillet 2021. VATICAN MEDIA / AFP

"Je vous invite tous à vous unir spirituellement à nous, en priant pour que le Liban se relève de la grave crise qu'il est en train de traverser et montre de nouveau son visage de paix et d'espérance", a tweeté François mercredi.

En fin d'après-midi, après une prière œcuménique "pour la paix" ponctuée de textes en arabe, syriaque, arménien et chaldéen, il livrera un discours final très attendu, en présence de diplomates.

Le Liban, face à un "extrême danger" qui menace son existence même, ne peut pas être "abandonné à sa solitude", avait plaidé en septembre le pape François dans un vibrant message au pays, un mois après la tragédie des explosions du port de Beyrouth.

"Le Liban représente plus qu'un Etat, le Liban est un message de liberté et un exemple de pluralisme, tant pour l'Orient que pour l'Occident", avait-il souligné.

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Cette photo prise et publiée par le média du Vatican le 1er juillet 2021 montre le pape François allumant une bougie alors qu'il prie avec les dirigeants chrétiens du Liban sur la tombe de saint Pierre et saint Paul, dans la basilique Saint-Pierre au Vatican le 1er juillet 2021. VATICAN MEDIA / AFP

"N'abandonnez pas vos maisons et votre héritage!", avait-il aussi intimé à la population, alors que la présence chrétienne dans le pays semble menacée par un nombre croissant de candidats au départ.

Le Liban connait sa pire crise économique dans l'histoire, qualifiée d'une des plus graves dans le monde depuis 1850 par la Banque mondiale.

La visite des chefs religieux chrétiens du Liban "n'a pas pour but de rechercher une solution politique" à la crise mais de "répondre à la plainte du peuple et à ses souffrance", selon Vatican News.

Voyage papal fin 2021? 

Le pape pourrait "peut-être" se rendre au Liban entre la fin 2021 et le début 2022, de préférence en présence d'un gouvernement nouvellement formé, s'est avancé Mgr Gallagher.

"L'émigration des jeunes et la répercussion de la crise actuelle sur les écoles, les hôpitaux, les familles et la sécurité alimentaire" seront au coeur de la réunion jeudi, estime le vicaire patriarcal maronite Samir Mazloum, interrogé par l'AFP.

Aujourd'hui, "50 à 60% de nos jeunes vivent à l'étranger, il n'y a plus que les vieux et les enfants", constate-t-il tristement, en pointant le chômage et la dégringolade historique de la livre libanaise. 

La faute à "l'absence de gouvernement capable de prendre des décisions et de relancer l'économie, ou du moins de mettre fin à l'hémorragie", pointe l'évêque maronite, qui explique aussi que l'affaiblissement de la présence chrétienne est liée aussi à des "divisions politiques interchrétiennes".

Pour le directeur français de l'Oeuvre d'Orient, qui supervise des programmes d'aide aux chrétiens d'Orient, Mgr Pascal Gollnisch, la réunion sera forcément "l'occasion d'envoyer un message à la communauté internationale".

Parmi les dix dignitaires invités au Vatican, se trouvera le patriarche maronite Bechara Boutros Raï, à la tête de la plus grande communauté chrétienne du Liban, qui ne cesse d'envoyer des messages très critiques sur la corruption de la classe politique.

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Le pape François rencontre les dirigeants chrétiens du Liban pour des consultations au Palais apostolique, au Vatican, le 1er juillet 2021.(AFP)

La journée auprès du pape "sera une étape importante pour aider le Liban à rester la patrie du partenariat islamo-chrétien", a commenté le cardinal au journal libanais L'Orient-Le Jour. 

Pour un autre participant, Mgr César Essayan, vicaire apostolique de Beyrouth pour les catholiques de rite romain (une très petite communauté), "le Liban est en pleine crise d'identité" et la corruption touche toutes les sphères de la société, y compris la sphère religieuse.

"C'est un moment très important pour nous", mais "pas évident", a-t-il confié lors d'une conférence de presse en ligne. "Les attentes des Libanais sont très élevées. On attend des miracles du pape François, de nous aussi! Mais les résultats ne seront pas immédiats".

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Le pape François aux côtés du patriarche d'Antioche et de tout l'Orient pour l'Église syriaque catholique, Ignace Youssef III Younan. (AFP)

 


Washington ordonne l'évacuation du personnel non essentiel de son ambassade à Beyrouth 

Ces évacuations interviennent alors que le groupe armé Hezbollah a appelé samedi à la "résistance" après la mort dans une frappe israélienne de huit de ses membres qui participaient à une réunion dans l'est du Liban. (AFP)
Ces évacuations interviennent alors que le groupe armé Hezbollah a appelé samedi à la "résistance" après la mort dans une frappe israélienne de huit de ses membres qui participaient à une réunion dans l'est du Liban. (AFP)
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  • Les Etats-Unis ont ordonné "par prudence" l'évacuation du personnel non essentiel de leur ambassade à Beyrouth, parlant d'une "mesure temporaire"
  • "Nous évaluons en permanence la situation sécuritaire et, sur la base de notre dernière analyse, nous avons jugé prudent de réduire notre présence au personnel essentiel"

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont ordonné "par prudence" l'évacuation du personnel non essentiel de leur ambassade à Beyrouth, a indiqué lundi à l'AFP un responsable américain, alors que le Hezbollah, proche de l'Iran, a appelé à la "résistance" après des frappes israéliennes au Liban.

"Nous évaluons en permanence la situation sécuritaire et, sur la base de notre dernière analyse, nous avons jugé prudent de réduire notre présence au personnel essentiel", a affirmé ce responsable sous le couvert de l'anonymat, précisant que la mesure concernait aussi les proches de ces employés.

"L'ambassade reste opérationnelle avec son personnel essentiel en place", a-t-il ajouté en soulignant qu'il s'agit d'une "mesure temporaire visant à assurer la sécurité de notre personnel tout en maintenant notre capacité à fonctionner et à aider les citoyens américains".

Une source sécuritaire libanaise a précisé à l'AFP qu'environ 40 personnes avaient été évacuées lundi de l'aéroport international de Beyrouth.

Ces évacuations interviennent alors que le groupe armé Hezbollah a appelé samedi à la "résistance" après la mort dans une frappe israélienne de huit de ses membres qui participaient à une réunion dans l'est du Liban.

Les bombardements israéliens sont réguliers dans le pays, en dépit d'un cessez-le-feu ayant mis fin en novembre 2024 à la guerre entre Israël et le Hezbollah.

Par ailleurs, Donald Trump a déployé d'importantes forces navales et aériennes au Moyen-Orient alors qu'il dit envisager des frappes contre l'Iran à défaut d'un accord sur son programme nucléaire.


Riyad tête de pont du soutien arabe au Koweït après les tirs maritimes de l'Irak

`Riyad a en outre souligné l'importance de l'engagement de l'Irak à respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale du Koweït. (FILE/AFP)
`Riyad a en outre souligné l'importance de l'engagement de l'Irak à respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale du Koweït. (FILE/AFP)
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  • L'Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis et l'Égypte rejettent les revendications de l'Irak au titre des résolutions actuelles de l'ONU
  • Bagdad affirme que la nouvelle carte géographique est conforme au droit international

RIYAD: Le ministère des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite a rejeté la récente soumission de l'Irak à l'ONU sur les nouvelles frontières maritimes, qui, selon Riyad, empiète sur le territoire du Koweït.

L'Irak aurait soumis à l'ONU, en janvier et février, de nouvelles coordonnées géographiques délimitant les frontières maritimes du pays.

Dans un communiqué publié lundi sur X, le ministère du Royaume a déclaré que le dossier irakien comprenait des modifications qui s'étendaient à Khor Abdullah et à certaines parties de la zone submergée adjacente à la zone neutre saoudo-koweïtienne divisée.

Il s'agit d'une zone où le Royaume partage la propriété des ressources naturelles avec le Koweït en vertu d'accords bilatéraux contraignants. La déclaration ajoute que les amendements ont également eu un impact sur les zones maritimes du Koweït et sur les hauteurs d'eau fixes.

"Le Royaume rejette catégoriquement toute revendication suggérant l'existence de droits pour toute partie dans la zone submergée au-delà des frontières convenues entre l'Arabie saoudite et le Koweït", a déclaré le ministère.

Il a souligné que les arrangements existants sont fondés sur des accords bilatéraux et conformes à la convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982.

Riyad a en outre souligné l'importance de l'engagement de l'Irak à respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale du Koweït.

Et d'adhérer aux résolutions pertinentes des Nations unies, en particulier la résolution 833 (1993) du Conseil de sécurité, qui a délimité les frontières terrestres et maritimes entre le Koweït et l'Irak à la suite de la guerre du Golfe de 1991.

Le Qatar a offert son soutien, affirmant que les listes de coordonnées et la carte soumises par l'Irak portaient atteinte à la souveraineté du Koweït, dans un communiqué publié dimanche par son ministère des affaires étrangères.

Le ministère "a également exprimé son espoir que les règles et les principes du droit international, et ce qui est stipulé dans la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982, seront pris en considération".

Les Émirats arabes unis ont également exprimé leur solidarité avec le Koweït, réitérant leur soutien au pays "contre toute atteinte à sa souveraineté ou à ses intérêts nationaux". Bahreïn et Oman ont également exprimé leur solidarité avec le Koweït, rejetant toute atteinte à sa souveraineté.

L'Égypte a déclaré qu'elle suivait de près les développements concernant la frontière maritime entre le Koweït et l'Irak, et a souligné l'importance de respecter la souveraineté, l'unité et l'intégrité territoriale du Koweït.

La Jordanie a également fait part de son soutien à la souveraineté du Koweït sur ses territoires et ses zones maritimes.

Samedi, le Koweït a convoqué le chargé d'affaires irakien au sujet des nouvelles frontières qui incluent les zones de Fasht Al-Qaid et de Fasht Al-Aij, qui, selon lui, n'ont jamais été contestées.

Le ministère irakien des affaires étrangères a déclaré que la demande était conforme au droit international.

Si les Nations unies ont délimité la frontière terrestre entre l'Irak et le Koweït après l'invasion par l'Irak de son voisin du sud en 1990, certains aspects de la délimitation maritime sont restés sensibles et devraient être abordés dans le cadre de négociations bilatérales.


Soudan: les paramilitaires revendiquent la prise d'une ville frontalière au Tchad

 Les paramilitaires soudanais ont revendiqué samedi la prise de la localité d'Al-Tina, à la frontière avec le Tchad, après s'être emparés en décembre de deux villes voisines. (AFP)
Les paramilitaires soudanais ont revendiqué samedi la prise de la localité d'Al-Tina, à la frontière avec le Tchad, après s'être emparés en décembre de deux villes voisines. (AFP)
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  • Les FSR disent avoir "pris le contrôle total de la ville stratégique d'Al-Tina, dans l'Etat du Darfour-Nord", selon un communiqué publié sur leur chaîne Telegram
  • Le gouverneur du Darfour pro-armée, Minni Minnawi, a de son côté dénoncé un "comportement criminel répété qui incarne les pires formes d'exactions à l'encontre d'innocents"

KHARTOUM: Les paramilitaires soudanais ont revendiqué samedi la prise de la localité d'Al-Tina, à la frontière avec le Tchad, après s'être emparés en décembre de deux villes voisines.

Elle était auparavant tenue par les Forces conjointes, alliées de l'armée régulière, qui est engagée depuis avril 2023 dans une guerre contre les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).

Les FSR disent avoir "pris le contrôle total de la ville stratégique d'Al-Tina, dans l'Etat du Darfour-Nord", selon un communiqué publié sur leur chaîne Telegram accompagné d'une vidéo montrant des combattants célébrant cette avancée sous une banderole au nom de la ville.

L'armée n'avait pas réagi dans l'immédiat.

Le gouverneur du Darfour pro-armée, Minni Minnawi, a de son côté dénoncé un "comportement criminel répété qui incarne les pires formes d'exactions à l'encontre d'innocents".

Les paramilitaires contrôlent la quasi-totalité de la vaste région du Darfour, dans l'ouest, depuis la prise fin octobre El-Facher, dernier bastion de l'armée.

Cette prise a été marquée, selon de nombreux rapports, par des massacres, viols et enlèvements. Jeudi, la mission indépendante d'établissement des faits de l'ONU sur le Soudan a fait état d'"actes de génocide".

Les FSR ont mené depuis plusieurs attaques près de la frontière avec le Tchad, faisant deux morts dans les rangs de l'armée tchadienne fin décembre.

La guerre au Soudan a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déraciné, dans ses heures les plus sombres, 14 millions de personnes, provoquant ce que l'ONU qualifie de "pire crise humanitaire au monde".