L’Île aux mères de Fatma Bouvet de la Maisonneuve, une ode à la maternité

Fatma Bouvet de la Maisonneuve, psychiatre addictologue et essayiste franco-tunisienne. (Photo fournie).
Fatma Bouvet de la Maisonneuve, psychiatre addictologue et essayiste franco-tunisienne. (Photo fournie).
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Publié le Vendredi 02 juillet 2021

L’Île aux mères de Fatma Bouvet de la Maisonneuve, une ode à la maternité

  • L’essayiste se lance cette fois dans la fiction, comme pour laisser libre cours à son imagination
  • La maternité, ce choix déterminant dans un projet de vie, a toujours intéressé Fatma Bouvet de la Maisonneuve

PARIS : Fatma Bouvet de la Maisonneuve, psychiatre addictologue et essayiste franco-tunisienne, auteure du livre Une Arabe en France, publié en 2019 aux éditions Odile Jacob, vient de faire paraître L’Île aux mères (édition au Le Pont 9). Il s’agit de son premier roman.

Fervente lectrice depuis son plus jeune âge, Fatma Bouvet de la Maisonneuve aime les livres. Auteure de nombreux essais sur la santé des femmes, elle se lance cette fois dans la fiction, comme pour laisser libre cours à son imagination. «Écrire ce roman a été pour moi un vrai défi», nous confie-t-elle lors de notre rencontre. «Je voulais écrire un roman, cela me permettait d’être plus libre dans mes idées, dans la description des émotions, et, surtout, de montrer que la réalité de la vie n’a rien de logique, que les êtres humains font face à des inattendus et à des contradictions que l’on peut ressentir sur le plan émotionnel et intellectuel.»

La maternité, ce choix déterminant dans un projet de vie, a toujours intéressé Fatma Bouvet de la Maisonneuve, qui a peu à peu constaté que l’inconscient faisait ressurgir une histoire familiale qui la bouleverse.

Dans L’Île aux mères, la romancière aborde le sujet complexe du rapport des femmes avec la maternité. Le choix de la maternité est une source de bonheur, mais aussi de chagrin, de frustrations, voire de drames.

S’ouvrir aux autres

Sur une île paisible règne une atmosphère propice à adoucir les âmes – celle d’Ève, l’héroïne du roman, et celles des femmes qu’elle fréquente. Ce lieu idyllique permet à chacun des personnages de s’ouvrir aux autres. Dans cette atmosphère un peu hors du temps, des histoires intimes des différentes protagonistes, heureuses ou douloureuses, vont être racontées. Tous ces récits possèdent un point commun: le rapport à la féminité et à la maternité.

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Une photo de la couverture du livre L’Île aux mères (édition au Le Pont 9). (Photo fournie).

La maternité, ce choix déterminant dans un projet de vie, a toujours intéressé Fatma Bouvet de la Maisonneuve, qui a peu à peu constaté que l’inconscient faisait ressurgir une histoire familiale qui la bouleverse. «Le sujet de la maternité est venu vers moi consciemment et inconsciemment. Sur le plan philosophique, je suis très effrayée par l’idée de vouloir donner la vie à des êtres dont on ne maîtrise ni la destinée ni la mort. Cette question existentielle est effrayante», confie l’auteure à Arab News en français. «La femme donne la vie, mais ne la garantit pas. C’est ce paradoxe que les mères ont à surmonter et à accepter dans le cas de la perte d’un enfant», explique Karima, lectrice de L’Île aux mères.

L’auteure a ressenti le besoin de raconter l’intimité de femmes qui évoquent leur féminité sans tabou. Elle relate leurs peines, leurs plaisirs, leurs doutes et leurs craintes au sujet de la féminité et la maternité. «À travers mon métier de médecin psychiatre, en écoutant mes patientes et en observant tout ce qui se passe autour de moi, je constate que la réalité dépasse largement la fiction, notamment en termes de joie, de douleur ou de contradictions; des sentiments qui ne sont ni logiques, ni rationnels», souligne la romancière.

Libérer la parole

Selon l’auteure, la parole des femmes n’est ni écoutée ni prise au sérieux. Elles racontent leurs histoires intimes en comité restreint: à leurs amies, à la famille ou au médecin traitant. «J’ai choisi un lieu clos et intime pour libérer la parole de mes personnages, car ce qu’elles révèlent ne peut-être dit universellement», explique l’écrivaine, qui précise que son objectif est «de faire connaître ce lien si complexe qu’ont les femmes avec la maternité». Car ce lien est «spécifique» et «complexe» et il peut être la source «d’émotions extrêmes, passionnées, contradictoires, parfois illogiques». Fatma Bouvet de la Maisonneuve ajoute: «Je voulais rendre audible la parole des femmes, en rapport avec leur intimité, souvent source de souffrances que la société ne veut pas entendre.»

La vie de la mère de Victoria fait écho à celle des mères dont les enfants sont atteints de handicaps lourds comme l’autisme, la trisomie, ou encore les maladies rares ou orphelines.

Le lecteur découvre ces femmes très attachantes qui partagent leurs expériences de maternité ou de désir de maternité. Elles évoquent l’impact de ces questions sur leur intimité, leurs corps, leur féminité. Sur cette île de villégiature, les mères racontent à Ève de quelle manière elles ont été confrontées aux aléas de la vie et comment elles ont pu aider leurs enfants à traverser les épreuves, la maladie ou les échecs.

La vie de la mère de Victoria fait écho à celle des mères dont les enfants sont atteints de handicaps lourds comme l’autisme, la trisomie, ou encore les maladies rares ou orphelines.

Colomba, l’une des personnages du roman, a accepté la conversion de sa fille à l’islam. «Ce qui m’intéressait, c’était de savoir à quel point les familles peuvent être tolérantes face à des enfants qui se sont convertis si elles respectent leur foi, le fait qu’ils mangent halal, qu’ils fassent la prière… Colomba veut ainsi entrer dans la tête de sa fille pour essayer de comprendre en quoi son monde à elle est fascinant, car il ne s’agit pas seulement de religion: sa fille s’intéresse aussi aux sujets politiques, elle se pose des questions, notamment sur le désintérêt que porte l’Europe à l’actualité du Moyen-Orient», explique la romancière. La fille de Colomba, influencée par la mouvance rigoriste, permet à sa mère d’adopter une attitude plus vigilante vis-à-vis de la mouvance islamiste.

L’être humain modèle n’existe pas, la mère parfaite non plus. Les spécialistes alertent: «Le culte de la performance et de la perfection sont chez les femmes de fréquents éléments de souffrance psychique. On est humain et vivable que si l’on est imparfait »

La quête de la performance, un mythe?

Ces histoires vont-elles apaiser Ève et l’aider à franchir le pas vers la maternité? En racontant leurs vies, les héroïnes du roman suggèrent que, malgré tout, elles ne peuvent pas maîtriser les aléas: «Dans la vie, on ne sait pas où mettre la jauge pour avoir la certitude de bien faire. Car, dans la maternité, il y a facteur immuable qu’on appelle “la fatalité”, une fatalité qui se répète », nous révèle l’auteure.

Le lecteur le perçoit aussi. L’être humain modèle n’existe pas, la mère parfaite non plus. Les spécialistes alertent: «Le culte de la performance et de la perfection sont chez les femmes de fréquents éléments de souffrance psychique. On est humain et vivable que si l’on est imparfait », soutient-elle, précisant que son roman, au fond, délivre le massage suivant: «Quoi qu’on fasse, on le fait mal ou on le fait bien, mais on ne le saura jamais. Car les mères agissent et aiment leurs enfants instinctivement.» Pour elle, «la maternité est une métaphore de la vie».

Une première séance de dédicace a eu lieu le 26 juin prochain dans la libraire Le Bonheur de Montrouge, en région parisienne. Conquise par le style romanesque, Fatma Bouvet de la Maisonneuve a entamé l’écriture d’un second roman.


« Arduna » à AlUla : quand l’art contemporain scelle une coopération culturelle historique entre la France et l’Arabie saoudite

Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement. (AFALULA)
Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement. (AFALULA)
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  • Présentée comme un geste artistique fort autant qu’un acte de confiance entre deux nations, Arduna s’inscrit dans la continuité de l’accord intergouvernemental signé en 2018
  • « Cette décision de nos chefs d’État s’inscrivait dans une vision partagée : celle du soutien de la France à la transformation de l’Arabie saoudite, initiée par le Prince héritier dans Vision 2030»

ALULA: L’inauguration de l’exposition Arduna marque une étape fondatrice dans le développement culturel de l’Arabie saoudite et dans la coopération franco-saoudienne. Inédite par son ampleur et première du genre en Arabie saoudite et au Moyen-Orient, cette exposition est le fruit d’un commissariat conjoint entre le futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla et le Centre Pompidou, avec le soutien de l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA).

Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement :

« C’est un grand honneur d’être à vos côtés ici ce soir pour inaugurer “Arduna”, exposition fondatrice et inédite dans son ampleur. Je dis fondatrice, parce qu’elle est à la fois un geste artistique majeur, et un geste de confiance entre nos deux pays. »

Un jalon issu de l’accord intergouvernemental de 2018

L’exposition s’inscrit directement dans le prolongement de l’accord intergouvernemental signé en 2018 par la France et l’Arabie saoudite, en présence du Président Emmanuel Macron et de Son Altesse Royale le Prince héritier Mohammed ben Salmane. Cet accord a ouvert une coopération ambitieuse autour du développement culturel, patrimonial, environnemental et humain d’AlUla, en cohérence avec la Vision 2030 du Royaume.

Jean-Yves Le Drian a rappelé la vision commune à l’origine de cet engagement :

« Cette décision de nos chefs d’État s’inscrivait dans une vision partagée : celle du soutien de la France à la transformation de l’Arabie saoudite, initiée par le Prince héritier dans Vision 2030. L’art et la culture, la valorisation du patrimoine comme l’élan de la création y jouent un rôle majeur. »

Aujourd’hui, les résultats de cette coopération sont visibles et concrets, notamment à travers l’inauguration du pavillon d’exposition, première étape vers le futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla prévu à l’horizon 2030.

« Arduna », une exposition ancrée dans son territoire

Intitulée Arduna – « Notre Terre » –, l’exposition revendique un lien étroit avec l’identité d’AlUla. Une approche que Jean-Yves Le Drian a tenu à distinguer de modèles d’expositions décontextualisées :

« “Arduna” n’est pas une exposition “posée” sur un territoire, hors sol. C’est un modèle de programmation à l’écoute de son temps et surtout à l’écoute d’AlUla et de son identité très singulière, celle d’un territoire où la nature, l’archéologie, la mémoire et l’avenir se répondent à chaque instant. »

Il insiste également sur la démarche de co-construction :

« L’idée n’était pas d’importer un récit, mais de co-développer une exposition et, au-delà, une vision, ancrée dans l’exceptionnelle magie de ce lieu. »

Les commissaires de l’exposition, Candida Pestana et Anne Hiddleston Galloni, ont été saluées pour leur travail approfondi et leur implication tout au long de la préparation de cet événement.

Une première concrétisation du futur musée d’art contemporain d’AlUla

Au-delà de l’exposition, Arduna constitue la première réalisation tangible du partenariat stratégique conclu en 2023 entre la Commission Royale pour AlUla et le Centre Pompidou. Ce partenariat vise à accompagner la création du futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla, appelé à devenir une institution de référence internationale.

Jean-Yves Le Drian a souligné l’engagement global du Centre Pompidou :

« Je suis reconnaissant au Centre Pompidou d’avoir mobilisé son expertise dans tous les domaines : le commissariat, la scénographie, la production, la médiation, l’édition, mais aussi l’accompagnement architectural du pavillon, ainsi que les actions de formation et de mentorat de la future équipe du musée. »

Le futur musée, conçu par l’architecte Lina Gotmeh, se veut à la fois international et profondément enraciné dans son environnement local, notamment à travers son dialogue avec l’espace voisin de Daïmumah.

Une dynamique culturelle franco-saoudienne durable

L’inauguration de Arduna s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération culturelle entre la France et l’Arabie saoudite à AlUla. Jean-Yves Le Drian a rappelé l’ouverture récente de la Villa Hégra, autre jalon majeur de ce partenariat :

« La Villa Hégra témoigne de ce que nous sommes en mesure de construire ensemble : un lieu de création, de recherche, de résidence et de transmission, où les scènes françaises, francophones et saoudiennes se rencontrent et projettent des coopérations fortes. »

La culture comme langage commun

En conclusion, le président d’AFALULA a résumé l’esprit de cette coopération :

« Ce soir, nous inaugurons une exposition. Mais plus profondément, nous célébrons une belle histoire : celle d’un partenariat qui se construit dans la durée, qui investit dans la confiance, et qui choisit la culture comme langage commun. »

L’exposition Arduna illustre ainsi l’ambition partagée de faire d’AlUla un pôle culturel majeur, où le patrimoine exceptionnel du territoire dialogue avec la création contemporaine, au cœur d’un partenariat stratégique entre le Royaume d’Arabie saoudite et la France.


AlUla: l’exposition « Arduna », fonde un socle de dialogue et de culture

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  • AlUla s’étend sur 22 561 km², mêlant vallée fertile, formations rocheuses monumentales et vestiges historiques uniques, dont Hegra, premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO
  • Carrefour de routes commerciales antiques, la région fut pendant des siècles un lieu de circulation, d’échanges et de dialogue entre les cultures

PARIS: Au cœur du nord-ouest de l’Arabie saoudite, à plus de 1 100 kilomètres de Riyad, l’oasis d’AlUla s’impose progressivement comme l’un des laboratoires culturels les plus ambitieux du Moyen-Orient.

Territoire aux paysages spectaculaires et au patrimoine plurimillénaire, marqué par les civilisations lihyanite et nabatéenne, AlUla n’est plus seulement un site archéologique d’exception, mais devient un véritable projet de civilisation.

arduna

L’exposition « Arduna » (Notre terre), présentée dans le cadre de la 5ᵉ édition du Festival des arts d’AlUla, en est aujourd’hui l’une des expressions les plus abouties.

Organisée dans les espaces préfigurateurs du futur musée d’art contemporain saoudien, l’exposition incarne une coopération culturelle structurante entre la France et l’Arabie saoudite, portée conjointement par l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA) et la Commission royale pour AlUla (RCU), avec le concours du Centre Pompidou.

Plus qu’un événement artistique, « Arduna » s’inscrit dans une stratégie de long terme visant à faire de l’art un pilier du développement territorial, social et symbolique d’AlUla.

Un dialogue entre patrimoine et création contemporaine

AlUla s’étend sur 22 561 km², mêlant vallée fertile, formations rocheuses monumentales et vestiges historiques uniques, dont Hegra, premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Carrefour de routes commerciales antiques, la région fut pendant des siècles un lieu de circulation, d’échanges et de dialogue entre les cultures.

C’est dans le cadre de cet héritage que s’inscrit aujourd’hui la politique culturelle conduite par la Commission royale pour AlUla, en lien étroit avec AFALULA, fer de lance de la coopération franco-saoudienne.

L’objectif est clair : préserver le patrimoine tout en l’inscrivant dans le présent, relier l’histoire longue du territoire à la création contemporaine internationale et faire d’AlUla un espace vivant, habité et partagé.

Depuis cinq ans, le Festival des arts d’AlUla joue un rôle central dans cette transformation. Il a progressivement installé la région comme un foyer de création et de rencontres artistiques, en dialogue constant avec le paysage, les habitants et l’histoire du lieu.

Dans ce contexte, l’exposition « Arduna » marque une étape décisive. Conçue par deux commissaires — Anna Hiddleston, du Centre Pompidou, et Candida Pestana, cheffe des commissaires pour les arts contemporains à la RCU —, elle repose sur un principe fort : le dialogue entre les œuvres, les cultures et les récits.

L’exposition est structurée en six sections, chacune mettant en regard des artistes d’horizons différents.

Ainsi, une œuvre de Vassily Kandinsky dialogue avec celles de l’artiste syro-libanaise Etel Adnan, tandis qu’un échange visuel et conceptuel s’opère entre le photographe palestinien Tarek Al-Ghoussein et l’artiste français Cyprien Gaillard.

À ces confrontations s’ajoutent des installations créées spécifiquement pour AlUla par cinq artistes contemporains : Renaud Auguste-Dormeuil, Dana Awartani, Tarek Atoui, Tavares Strachan et Ayman Zedani.

Ces œuvres inédites ancrent l’exposition dans le territoire même d’AlUla, renforçant son caractère non itinérant et profondément contextuel.

« Arduna » constitue une première majeure à plusieurs titres : il s’agit de la première exposition de cette ampleur organisée à AlUla en co-commissariat avec une grande institution internationale, et de la première exportation temporaire d’un ensemble significatif d’œuvres du Centre Pompidou depuis sa fermeture pour rénovation.

Un modèle culturel fondé sur la co-construction

Contrairement à de nombreux projets culturels dans le Golfe fondés sur la simple importation de contenus occidentaux, le modèle retenu ici privilégie la co-construction.

Sur les 75 œuvres présentées, une partie provient de prêts internationaux, tandis qu’une autre appartient à la collection constituée ces dernières années par la Commission royale pour AlUla, reflétant une politique affirmée d’acquisition et de souveraineté culturelle.

La durée de trois mois (du 31 janvier au 15 avril), conforme aux standards internationaux, permet de toucher un public local, régional et international, dans un territoire encore en phase de montée en puissance touristique, mais dont la fréquentation progresse rapidement, notamment grâce à des équipements culturels et de loisirs déjà largement fréquentés par les habitants.

Au-delà de l’exposition elle-même, « Arduna » s’inscrit dans une compétition culturelle internationale intense, alors que des artistes américains, britanniques, italiens, mais aussi de plus en plus chinois, déploient des moyens considérables en Arabie saoudite.

Pour les responsables du projet, l’horizon est clairement fixé à 2030, en cohérence avec les grandes échéances saoudiennes, dont l’Exposition universelle de Riyad. Leur ambition est de créer un pont entre AlUla, les grands sites patrimoniaux, le futur musée d’art contemporain et les grands rendez-vous internationaux, afin de faire rayonner l’oasis bien au-delà de ses frontières.

En préfigurant le futur musée d’art contemporain, « Arduna » dépasse ainsi le cadre d’une exposition temporaire et propose un nouveau modèle culturel, fondé sur le temps long, la création partagée et l’ancrage territorial.

Ce modèle fait de l’art non pas un simple outil d’attractivité touristique, mais un vecteur de sens, de dialogue et de transformation sociale.


Haute couture: ode à la nature pour les premiers pas de Matthieu Blazy chez Chanel

Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
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  • Débuts très attendus de Matthieu Blazy chez Chanel : une première collection haute couture poétique et aérienne, célébrant la nature à travers transparences, plumes et motifs de champignons, sous la verrière du Grand Palais
  • Une semaine marquée par le renouveau des grandes maisons : Jonathan Anderson chez Dior, Armani sans Giorgio pour la première fois, et des défilés spectaculaires signés Rolland et Fournié, illustrant un vaste mercato qui redessine la haute couture

PARIS: Des oiseaux, des champignons et beaucoup de légèreté: Matthieu Blazy a fait mardi à Paris ses débuts en haute couture chez Chanel avec une collection toute en transparence, délicatesse et plumes, véritable ode à la nature et à la poésie.

Sous la verrière du Grand Palais, métamorphosée pour l'occasion en une forêt onirique peuplée de champignons géants et de saules pleureurs roses, le créateur franco-belge de 41 ans a voulu, à travers ce premier vestiaire, "sonder et explorer le coeur de Chanel", explique un communiqué.

Matthieu Blazy réinvente ainsi une nouvelle fois l'emblématique tailleur de la maison dans une superposition de mousseline de soie transparente aux couleurs pastel et aux broderies en forme de champignons, sous laquelle se dessinent d'élégants sous-vêtements.

Le champignon, envoyé sous forme de pendentif en guise d'invitation, se décline dans les talons de certains escarpins.

La transparence et la légèreté s'invitent également dans des robes vaporeuses et des ensembles débardeurs et jupes, assortis d'écharpes qui traînent jusqu'au sol, et même sur un pantalon en jean.

Progressivement, les matières gagnent en densité: les tissus s’épaississent, se structurent, et la collection bascule vers des tailleurs et des manteaux en tweed, dont les extrémités s'ornent de plumes légères.

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Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)

Ces plumes, d'abord discrètes, finissent par s'imposer. Elles encerclent les ourlets des robes, soulignent les lignes d'une jupe ou d'un top, avant d'envahir entièrement certains tailleurs et silhouettes du soir, transformant les mannequins en femmes-oiseaux.

Le défilé s'est conclu par la traditionnelle mariée en ensemble jupe et haut à manches longues, entièrement rebrodé comme une nuée de minuscules plumes blanches.

Une première incursion dans la haute couture qui a attiré un parterre de stars, de Nicole Kidman à Dua Lipa, en passant par Penelope Cruz et Tilda Swinton.

- Mercato -

Ce premier défilé était l'un des plus attendus de cette semaine de la haute couture, avec celui de Jonathan Anderson lundi chez Dior.

Le créateur nord-irlandais de 41 ans avait également mis la nature à l'honneur, mais à travers des silhouettes très fleuries à la fois sculpturales et aériennes.

La nomination, ces derniers mois, de ces deux quadragénaires à la tête de deux des plus prestigieuses maisons a été le point d'orgue du vaste mercato qui agite la mode depuis près de deux ans.

Débauché de Bottega Veneta en décembre 2024, Matthieu Blazy avait déjà créé l’événement. Lors de son premier défilé de prêt‑à‑porter en octobre, le créateur avait revisité les codes fondateurs de Chanel en jouant sur les contrastes — tweeds effilochés, mailles colorées, tailleurs déhanchés et jupes en plumes — un passage ovationné et salué par une critique unanime.

- Armani sans Giorgio -

Autre temps fort de cette journée, Armani a présenté en début de soirée la première collection haute couture de la maison italienne sans la supervision de son fondateur Giorgio, décédé début septembre à l'âge de 91 ans.

Cette collection est signée par sa nièce Silvana Armani, qui avait travaillé à ses côtés sur le prêt-à-porter féminin et signe ses premiers pas en haute couture.

Un premier vestiaire, que l'Italienne a voulu "comme du Armani classique, mais avec une touche d'originalité", dans lequel se déclinaient de nombreux tailleurs pantalons souples et satinés, de somptueuses robes du soir scintillantes et des blouses rebrodées de perles, dans une palette noire, blanche, rose nude et vert d'eau.

De son côté, le couturier Stéphane Rolland a investi le Cirque d'hiver pour présenter une nouvelle collection aux silhouettes toujours très structurées, entre robes de soirée, combinaisons ajustées ou aux pantalons bouffants, dans ses couleurs fétiches que sont le rouge, le noir et le blanc.

Incarné par les mannequins Adriana Karembeu et Coco Rocha, le show s'est achevé par un lâcher de colombes et la performance aérienne d'une acrobate, le tout sous le regard de la première dame Brigitte Macron, du chanteur Marc Lavoine et du cinéaste Claude Lelouch.

Julien Fournié a de son côté dévoilé un vestiaire mêlant robes de soirée aux jupes volumineuses, pièces richement ornées de strass et de broderies – parfois inspirées du graffiti, des mangas ou du cinéma de genre – ainsi que des ensembles associant vestes en jean et transparences constellées de strass façon tatouage.