Quand le Conseil d'Etat vole la vedette à l'exécutif

Le siège du Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative française. (Photo, AFP)
Le siège du Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative française. (Photo, AFP)
Le siège du Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative française. (Photo, AFP)
Le siège du Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative française. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 03 juillet 2021

Quand le Conseil d'Etat vole la vedette à l'exécutif

  • Est-il toujours dans son rôle ou exprime-t-il sa mauvaise humeur sur la réforme de la haute fonction publique ?
  • Organe consultatif aussi bien qu'organe juridictionnel, le Conseil a infligé au gouvernement une série de désaveux ces derniers mois

PARIS : Est-il toujours dans son rôle ou exprime-t-il sa mauvaise humeur sur la réforme de la haute fonction publique ? Le Conseil d'Etat a tancé le gouvernement ces dernières semaines en suspendant la réforme controversée de l'assurance-chômage ou en lui donnant neuf mois pour en faire plus sur le climat.

"On ne peut pas exclure que les récentes décisions du Conseil d'Etat soient des manifestations de mauvaise humeur à l'égard de l'exécutif qui a entrepris de réformer le mode d'intégration de ses futurs membres", affirme à l'AFP Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel à Paris I.

La réforme de la haute fonction publique, dont le cadre a été posé le 2 juin par une ordonnance, prévoit la création de l'Institut national du service public (INSP), qui va remplacer l'ENA, et établit que les futurs hauts fonctionnaires soient tous issus d'un grand corps général d'administrateurs de l'État.

Si le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative française, a approuvé globalement le projet dans une note confidentielle rendue publique par Le Monde, il en a réécrit un passage pour renforcer les garanties d'indépendance et d'impartialité du recrutement de ses propres membres et de ceux de la Cour des comptes.

"Avec la réforme prévue de l'ENA et de la haute fonction publique, il pourrait perdre la maîtrise de son propre recrutement", explique M. Rousseau.

Ces derniers mois, le Conseil d'Etat a infligé au gouvernement une série de désaveux, concernant notamment le schéma du maintien de l'ordre, dont la technique dite de la "nasse", ou l'utilisation de drones pour la surveillance de rassemblements.

Vendredi, il s'est invité dans un autre débat sensible, en annulant la possibilité pour l'exécutif de ne pas rendre publics des documents classés secret-défense au terme de l'expiration du délai légal. Au moment où députés et sénateurs débattent d'une loi sur le sujet.

Le Conseil d'Etat a également suspendu, le 22 juin, la réforme controversée de l'assurance-chômage, qui devait entrer en vigueur à compter du 1er juillet.

Et une semaine plus tard, il a donné neuf mois à l'Etat pour prendre "toutes les mesures utiles" pour atteindre l'objectif de baisse de 40% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030.

Selon Le Canard enchaîné, la décision de suspendre la réforme de l'assurance-chômage aurait irrité Emmanuel Macron, qui l'aurait qualifiée "d'hallucinante", "sans aucun fondement de droit".

Officiellement, le gouvernement a toutefois pris note de la décision basée sur "les incertitudes économiques" qui ne permettent pas de mettre en place" au 1er juillet les nouvelles règles, mais sans remettre en cause "le principe de la réforme elle-même".

La ministre du Travail Elisabeth Borne a présenté jeudi au Sénat ses arguments pour lever les doutes. "Je constate que l'économie repart. C'est sur ce point que nous souhaitons rassurer le Conseil d'Etat".

Mauvaise humeur ou pas, pour M. Rousseau, cette décision renvoie à la "double fonction" du Conseil d'Etat : il est à la fois l'organe consultatif du gouvernement, compétence qui lui accorde la possibilité de donner une appréciation sur l'opportunité d'une loi, et il est l'organe juridictionnel.

Dans le cas de l'assurance-chômage, "nous sommes dans un conflit d'appréciation" entre le gouvernement qui estime que la situation économique justifie sa mise en application, et le Conseil d'Etat, qui affirme le contraire et préconise de patienter avant de mettre en marche la réforme, souligne-t-il.

"De mon point de vue, c'est un débat que le Conseil d'Etat peut développer dans sa fonction consultative, mais pas dans sa fonction juridictionnelle. Et c'est là le problème. Il y a un glissement du mode de raisonnement d'une fonction à une autre", estime le constitutionnaliste.

A ses yeux, le Conseil d'Etat ne joue toutefois pas un rôle comme la Cour suprême aux Etats-Unis, car "le Conseil constitutionnel est chargé de vérifier si les décisions rendues par la Cour de cassation et le Conseil d'Etat ont donné une interprétation correcte".

Mais il reconnaît que "le paysage juridictionnel est actuellement un peu perturbé, à la fois par la montée en puissance du Conseil constitutionnel, et le Conseil d'Etat qui voit sa place au sein de la configuration constitutionnelle discutée ou amoindrie".


Liban: Barrot réplique à l'ambassadeur israélien à Washington

Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
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  • S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations"
  • Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

BERLIN: Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias.

S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations".

"Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu'il s'agit de négociations de paix", a poursuivi le représentant israélien.

Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

"Il est apparemment déterminé à réduire au maximum le nombre de pays partenaires dont le Liban aura besoin pour se redresser", a-t-il encore grincé, en marge de la conférence internationale sur le Soudan à Berlin.

Il a aussi suggéré au diplomate israélien de se tenir éloigné "des micros et des caméras de télévision".

Sur le fond, il s'est dit "satisfait" que le gouvernement israélien ait répondu  "à la demande de la France" en saisissant "la main tendue" par Beyrouth afin de "parvenir à consolider un cessez-le-feu, à engager de manière coordonnée un processus de désarmement du Hezbollah, puis à régler le différend qui oppose les deux pays depuis des décennies".

Les relations entre le président Emmanuel Macron et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sont notoirement tendues, en particulier depuis que la France a reconnu un Etat palestinien.

 

 


Interpellation en Espagne de Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat

Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
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  • Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix
  • Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille

MARSEILLE: Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde.

L'homme de 39 ans, au lourd cursus délinquant, était en fuite et a été condamné en son absence par la cour d'assises d'Aix-en-Provence à une peine de 25 ans de réclusion pour son implication dans un double assassinat commis en 2019 sur fond de rivalités entre trafiquants de drogue.

Les circonstances de son interpellation n'ont pas été précisées.

Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix.

Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille mais qui a progressivement étendu son influence, Amine Oualane, a bénéficié d'un acquittement.

Le quotidien La Provence rapportait par ailleurs fin 2024 l'implication de Walid Bara dans un trafic de stupéfiants implanté dans le 15e arrondissement de Marseille. Identifié comme le "patron" de ce trafic, le cas de Walid Bara avait néanmoins été disjoint d'un procès fin 2024.

Interpellé en juillet 2021 et mis en examen dans quatre affaires dont trois de règlements de comptes, il avait été remis en liberté en mai 2024 après une succession de vices de procédure, selon le quotidien.


Armement: Macron et le président indonésien Prabowo discutent d'un renforcement des liens dans la défense

Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
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  • Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou
  • L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France

JAKARTA: Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi.

Prabowo Subianto a été reçu mardi par son homologue Emmanuel Macron à l'Elysée, et ont "discuté du renforcement de la coopération stratégique", selon un communiqué du gouvernement indonésien.

"Cela inclut l'acquisition d'équipements militaires et le renforcement de l'industrie de la défense", précise le document, citant la France comme un partenaire stratégique de l'Indonésie en Europe.

Les dirigeants sont également convenus de coopérer en matière de "transition énergétique et de développement des énergies nouvelles et renouvelables", peut-on y lire.

Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou.

L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Prabowo Subianto, l'Indonésie cherche à rajeunir son équipement militaire vieillissant.

Lors de la visite du président français Emmanuel Macron à Jakarta l'année dernière, le ministre français des Armées de l'époque, Sébastien Lecornu, a affirmé que l'Indonésie avait signé une lettre d'intention pour l'achat de nouveaux avions Rafale à la société française Dassault Aviation, sans préciser les chiffres ni le calendrier.

Selon lui, l'Indonésie s'est également engagée à acheter des frégates légères et des sous-marins Scorpène, ainsi que des obusiers Caesar et des munitions au groupe franco-allemand KNDS.

Lundi, le président indonésien s'est entretenu pendant cinq heures avec Vladimir Poutine au Kremlin, d'où il s'est envolé directement pour Paris, selon la même source.

Les deux ont discuté du "renforcement de leur partenariat stratégique, en particulier dans les secteurs de l'énergie, des ressources minérales et du développement industriel national".

Prabowo Subianto, qui s'est récemment rendu en Corée du Sud et au Japon, multiplie les visites à l'étranger.

Jakarta défend une position diplomatique non alignée. Le pays a rejoint l'an dernier le bloc des Brics+, une alliance élargie de pays émergents, aux côtés de la Chine et de la Russie. L'Indonésie fait également partie du "Conseil de Paix" de Donald Trump.