L’Égypte accuse l'Éthiopie d'intransigeance sur le Grand barrage de la Renaissance

Vue aérienne du Grand barrage de la Renaissance sur le Nil Bleu à Guba, au nord-ouest de l'Éthiopie, le 20 juillet 2020 . (Photo, AFP)
Vue aérienne du Grand barrage de la Renaissance sur le Nil Bleu à Guba, au nord-ouest de l'Éthiopie, le 20 juillet 2020 . (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 04 juillet 2021

L’Égypte accuse l'Éthiopie d'intransigeance sur le Grand barrage de la Renaissance

  • Abdel-Aty met en garde contre les dommages économiques potentiels et les répercussions sur la société égyptienne
  • Les pertes agricoles pourraient entraîner une émigration massive et une montée de l'extrémisme

LE CAIRE : Le ministre égyptien des ressources en eau et de l'irrigation a accusé samedi l'Éthiopie d'intransigeance sur le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD).

Mohamed Abdel-Aty représentait son ministère lors d'une conférence organisée par le gouvernement allemand.

Il a affirmé que l'Égypte est l'un des pays les plus arides du monde et souffre d'une pénurie d'eau. Les ressources en eau de l'Égypte sont estimées à 60 milliards de mètres cubes par an, dont la plupart proviennent des eaux du Nil, en plus des quantités très limitées d'eau de pluie, estimées à 1 milliard de mètres cubes, et des eaux souterraines profondes et non renouvelables dans les déserts.

Le barrage Éthiopien sur le Nil est une source de tensions diplomatiques entre Le Caire et Addis-Abeba depuis le début de sa construction en 2011. Le gouvernement éthiopien considère le projet hydroélectrique comme crucial pour son économie et une source vitale d'énergie. Mais l'Égypte et le Soudan, qui sont en aval, craignent que le barrage qui a couté à l’Éthiopie 4 milliards de dollars, ne réduise considérablement leur accès à l'eau.

L'Éthiopie a commencé la deuxième phase de remplissage du réservoir derrière le GERD au début du mois de mai 2021.

Abdel-Aty a ajouté que les besoins globaux en eau de l'Égypte s'élèvent à environ 114 milliards de mètres cubes par an, et l'écart est compensé par la réutilisation des eaux de drainage agricoles et des eaux souterraines de surface.

Il a signalé que l'Égypte et d'autres pays sont témoins des changements climatiques croissants, soulignant les menaces qui en résultent pour le développement durable et le droit humain à l'eau.

«En plus des risques auxquels sont confrontées les terres les plus fertiles du fait de la montée attendue du niveau des mers, l'intrusion d'eau saline, qui affecte la qualité des eaux souterraines, entraînera le déplacement de millions d'Égyptiens résidant dans le nord du delta», a expliqué Abdel-Aty.

Dans son discours, Abdel-Aty a aussi souligné la volonté de l'Égypte de négocier pour parvenir à un accord qui réponde aux aspirations de toutes les parties concernées par le GERD. 

Il a ajouté que l'Égypte n'acceptera pas une action unilatérale pour remplir et exploiter le barrage; Le Caire, a-t-il poursuivi, ne s'est pas opposé à la construction du barrage par l’Éthiopie et soutient son développement, mais souhaite un règlement équitable pour l'Égypte ainsi que pour le Soudan.

Abdel-Aty a révélé que toute pénurie des ressources en eau causera inévitablement de graves dommages, car le manque d'un milliard de mètres cubes d'eau pourrait coûter à 200 000 familles leur principale source de subsistance venant de l'agriculture.

«Cela signifie qu'un million de citoyens seront touchés», a-t-il affirmé.

Le secteur agricole en Égypte emploie au moins 40 millions de personnes et toute pénurie de ressources en eau aura sans aucun doute d'énormes répercussions sur un grand nombre de la population égyptienne, a soutenu le ministre.

Éventuellement, cela pourrait conduire à une instabilité de l’ensemble de la société, et éventuellement à une vague d'émigration vers l'Europe et d'autres pays, ou encore, une augmentation du nombre de jeunes, désabusés, se tournant vers des groupes extrémistes. 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Liban: les explosions israéliennes près d'un château menacent l'accord-cadre bilatéral, dit le président

De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Liban accuse Israël de menacer l'accord-cadre bilatéral après de puissantes explosions près du château de Beaufort, attribuées à la destruction de tunnels du Hezbollah
  • Israël affirme avoir ciblé des infrastructures du Hezbollah après une violation du cessez-le-feu, tandis que de nouveaux pourparlers sont prévus à Rome

BEYROUTH: Le Liban a jugé vendredi que les explosions massives provoquées par l'armée israélienne, pour selon elle détruire des tunnels du Hezbollah, près du château de Beaufort, dans le sud, menaçaient l'application de l'accord-cadre bilatéral conclu récemment.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", classée par l'Unesco, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé "une escalade extrêmement dangereuse (...) et une menace directe" pour la mise en oeuvre de l'accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël sous égide américaine.

Cet accord prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe toujours une partie du sud du pays - sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Les Etats-Unis ont confirmé lundi la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome du 4 au 6 août, en vue notamment d'étendre ce processus.

"Le timing de ces agressions (...) envoie des messages négatifs et sape les efforts internationaux visant à consolider la stabilité", à quelques jours de ces nouveaux pourparlers, a déploré la présidence dans un communiqué.

Les explosions ont "provoqué des ondes équivalant à celles d'un séisme", a-t-elle pointé.

L'Ani a fait ensuite état dans la soirée de trois nouveaux dynamitages israéliens "violents" dans la région méridionale de Marjeyoun.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a condamné "les agressions israéliennes continues dans le sud, sous forme d'explosions, bombardements et destructions méthodiques", y compris "les atteintes aux sites archéologiques".

Le château de Beaufort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Selon le ministère libanais de la Culture, les explosions "pourraient avoir causé des dégâts aux abords de la forteresse", dont l'ampleur "ne pourra être évaluée qu'à l'issue d'une inspection sur le terrain", actuellement impossible.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a entendu d'énormes déflagrations et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région. Des fenêtres ont été brisées dans des maisons de villages alentour, selon l'Ani.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région", utilisant quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que l'opération faisait suite à une  "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne avait accusé le mouvement chiite pro-iranien d'avoir lancé un drone explosif contre un de ses véhicules dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

Mais il a appelé vendredi le pouvoir libanais à agir "à tous les niveaux politiques et diplomatiques pour la cessation des crimes de destruction commis par l'ennemi".

Le mouvement avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban.


Frappe contre un pétrolier au large des côtes d'Oman, selon l'agence maritime britannique

Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
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  • Un pétrolier a été touché par un projectile non identifié au large de Limah (Oman), près du détroit d'Ormuz, causant des dégâts à la salle des machines, sans faire de victimes
  • Le trafic dans le détroit a chuté de 77 % sur fond de tensions entre l'Iran et les États-Unis

DUBAI: Un pétrolier a été frappé par un "projectile non-identifié" samedi au large de la ville côtière de Limah à Oman, à l'entrée du détroit d'Ormuz, a annoncé l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Selon le rapport de l'UKMTO, le "projectile non-identifié" a causé "des dommages dans la salle des machines". Aucune victime n'a été recensée indique l'agence britannique, qui précise que le navire a été touché à 11 miles nautiques (environ 20 kilomètres) de Limah.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.

La plateforme Kpler, a confirmé vendredi sur X que le trafic dans le détroit d'Ormuz a fortement chuté. "Les traversées du détroit d'Ormuz ont diminué de 77% en un jour pour tomber à seulement cinq navires, toutes concentrées dans le cadre du dispositif unilatéral iranien", indique Kpler.

"Les positions publiques des Etats-Unis et de l'Iran demeurant inconciliables, les opérateurs surveillent de près les volumes de trafic, les comportements de routage et toute évolution diplomatique susceptible de remodeler le risque sur les routes maritimes régionales dans les prochains jours", ajoute encore Kpler.


L'Iran dit avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït

L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
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  • Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat
  • L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué, l'armée a indiqué avoir visé "des abris d'avions de combat, des systèmes de communication par satellite et des installations de stockage d'équipement sur la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït".

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm".

Selon des médias iraniens jeudi, trois membres d'une même famille ont été tués dans des frappes contre cette île située dans le détroit d'Ormuz.

La revendication de l'armée iranienne intervient alors que selon le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, les belligérants négocient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements réciproques mercredi et jeudi.

La diplomatie pakistanaise a affirmé faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient, dont le Koweït.