Élisabeth Moreno: « Je crois à la détermination pour combattre le déterminisme»

Élisabeth Moreno, ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances, est entrée dans le gouvernement de Jean Castex le 6 juillet 2020. (crédit photo agence REA)
Élisabeth Moreno, ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances, est entrée dans le gouvernement de Jean Castex le 6 juillet 2020. (crédit photo agence REA)
Short Url
Publié le Mardi 06 juillet 2021

Élisabeth Moreno: « Je crois à la détermination pour combattre le déterminisme»

  • En tant que femme, noire, issue d’un milieu populaire, les échelons que j’ai pu gravir sont le fruit à la fois de combats que j’ai menés, mais aussi de rencontres, de hasards et des opportunités que la République m’a offertes
  • Les discriminations sont une réalité dans notre pays. Une réalité dont nous pouvons tous être victimes ou témoins au cours de notre vie et face à laquelle nous ne pouvons détourner le regard

PARIS: Élisabeth Moreno, ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances, a été nommée présidente de Hewlett-Packard Afrique en janvier 2019, avant d’entrer dans le gouvernement de Jean Castex le 6 juillet 2020. Sollicitée par Arab News en français, la ministre répond à nos questions.

Vous êtes en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l'égalité des chances. Comment votre parcours vous a-t-il préparée à votre ministère?

J’ai l’habitude de dire que ce ministère était fait pour moi. Je suis née en Afrique, plus précisément au Cap-Vert, durant la colonisation portugaise, puis je suis arrivée en France enfant et j’ai grandi dans une cité de l’Essonne, dans une famille modeste. Une famille qui était également très patriarcale et j’ai mis du temps à m’extraire des carcans dans lesquels mes parents voulaient m’enfermer pour conquérir in fine ma liberté. Comme de très nombreuses femmes de par le monde, j’ai donc dû me battre pour briser les chaînes qui entouraient ma condition de fille et de femme.

Par ailleurs, en tant que femme, noire, issue d’un milieu populaire, les échelons que j’ai pu gravir sont le fruit à la fois de combats que j’ai menés, mais aussi de rencontres, de hasards et des opportunités que la République m’a offertes. Autrement dit, les valeurs que mon ministère véhicule et les causes qu’il défend sont celles qui m’habitent depuis toujours et qui se confondent avec mon parcours: le combat pour la condition des femmes et la double quête de liberté et d’égalité qu’il revêt, la promotion de la diversité ainsi qu’en toile de fond la lutte contre les discriminations et le combat pour l’égalité des chances sur tous nos territoires ; en zones rurales, dans nos quartiers prioritaires ainsi que dans les territoires ultramarins. Ce sont autant d’enjeux auxquels j’ai été confrontée, autant d’obstacles que j’ai dû franchir ou de causes pour lesquelles je me suis engagée de longue date.

 

«Nous devons absolument donner plus de chances à ceux qui en ont le moins. Et, en parallèle, lutter contre toutes les formes de discrimination.»

Élisabeth Moreno

Quels sont vos axes de travail et vos grandes priorités d’ici à la fin du quinquennat?

Le président de la République, Emmanuel Macron, a érigé l’égalité entre les femmes et les hommes en Grande cause du quinquennat. Dans ce contexte, je souhaite approfondir l’action conduite depuis 2017. Approfondir l’action conduite en veillant, notamment, à l’exécution rigoureuse de l’ensemble des 46 mesures issues du Grenelle des violences conjugales qui a jeté la lumière sur un sujet, jusqu’ici, trop longtemps resté dans l’ombre.

Aujourd’hui, 100% de ces mesures sont engagées et 32 d’entre elles sont mises en œuvre. Elles s’appuient sur un effort budgétaire sans précédent. Le budget dévolu à mon ministère a ainsi progressé de 40% en 2021; il s’agit d’une hausse historique, signe que le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes constitue une priorité du gouvernement.

Par ailleurs, parce qu’il ne peut subsister, dans notre pays, d’égalité à plusieurs vitesses, l’égalité des chances doit enfin trouver sa traduction concrète et effective. Pour cela, nous devons absolument donner plus de chances à ceux qui en ont le moins. Et, en parallèle, lutter contre toutes les formes de discrimination. En luttant contre les discriminations, nous agissons pour bâtir une France plus égalitaire, où chacun puisse trouver sa place par-delà ses origines, sa couleur de peau, son lieu de résidence ou de naissance, son orientation sexuelle ou son identité de genre. Depuis 2017, le gouvernement a beaucoup agi. Mais du chemin reste à parcourir. C’est le sens du discours et des annonces du président de la République à Clermont-Ferrand le 8 septembre 2020.

L’égalité est donc au cœur de mon ministère. Elle en est l’alpha et l’oméga.

Comment s’articule votre action avec celle du Défenseur des droits?

Le Défenseur des droits est une autorité administrative indépendante et constitue ainsi l’un des piliers de l’architecture de notre État de droit. Ses missions visent à favoriser l’égalité de toutes et tous dans l’accès aux droits et défendre celles et ceux dont les droits ne sont pas respectés. À travers ses équipes juridiques notamment ainsi que son réseau territorial de délégués dans l’Hexagone et en Outre-mer, il est un acteur essentiel dans le combat que je mène contre les discriminations.

Je travaille donc en parfaite confiance avec Claire Hédon et, c’est pourquoi, le gouvernement a confié la plate-forme de lutte contre les discriminations que nous avons lancée le 12 février dernier au Défenseur des droits.

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste la consultation citoyenne sur les discriminations et quels sont ses objectifs?

Les discriminations sont une réalité dans notre pays. Une réalité dont nous pouvons tous être victimes ou témoins au cours de notre vie et face auxquelles nous ne pouvons détourner le regard. En plus d’être des injustices individuelles qui blessent toujours et qui, parfois, peuvent briser des destins, ces discriminations minent notre cohésion sociale et constituent des entorses à nos valeurs républicaines.

 

«Pour le secteur de l’emploi privé, les discriminations en raison de l’origine sont majoritaires. À l’inverse, dans le domaine de l’emploi public, le handicap est le critère le plus invoqué.»

Élisabeth Moreno

Ignorant les frontières géographiques, culturelles ou sociales, les discriminations se manifestent dans toutes les sphères de notre société – de manière insidieuse ou visible. À l’école, dans l’emploi, dans l’accès au logement, au financement bancaire… Au total, il existe 25 critères de discriminations prohibés par la loi qui concernent par exemple le handicap, le sexe, l’origine, la nationalité, l’orientation sexuelle, l’identité de genre, les croyances ou encore l’âge et l’engagement syndical.

Dans ce contexte, si notre pays s’est d’ores et déjà doté d’un arsenal juridique solide en la matière, force est de constater que nous devons encore aller plus loin pour enrayer ce fléau. À la suite de l’engagement pris par le président de la République le 4 décembre 2020, le gouvernement a dès lors créé le 12 février dernier une plate-forme de lutte contre les discriminations, confiée au Défenseur des droits, et accessible via le numéro de téléphone 39 28 et la plate-forme www.antidiscriminations.fr.

Avec cette plate-forme et cette ligne d’écoute, toute personne victime ou témoin d’une discrimination, quels qu’en soient le motif et le domaine, peut désormais contacter directement et en toute confidentialité les équipes juridiques du Défenseur des droits. Elle pourra aussi être orientée vers l’association la plus proche de son domicile.

Par ailleurs, deuxième mesure annoncée par Emmanuel Macron, nous avons lancé le 8 avril dernier une consultation citoyenne sur les discriminations qui s’est achevée le 31 mai. Ouverte à tous les citoyens ainsi qu’aux associations, entreprises ou collectivités locales, cette consultation visait à donner la parole à nos concitoyens afin qu’ils puissent évaluer les dispositifs existants et proposer des solutions concrètes pour éradiquer les discriminations.

Il s’agissait d’un exercice totalement inédit sur cet enjeu et il n’y avait aucun sujet tabou. Toutes les situations de discrimination ont été mises sur la table, et ce dans tous les domaines de la vie quotidienne: l’emploi, la sécurité, l’accès aux soins, les transports, le logement… Je me réjouis que cette consultation ait rencontré un réel engouement. Nous allons désormais voir quelles propositions pourront être concrétisées.

La plate-forme antidiscriminations est destinée aux personnes victimes ou témoins de discriminations, quel qu’en soit le motif, origine, handicap, genre… Quels sont les problématiques les plus prégnantes remontées par cette plate-forme?

À ce jour, nous pouvons relever que plus de 10 000 internautes se sont rendus sur le site de la plate-forme, près de 3 000 personnes ont contacté le 39 28, près de 800 tchats ont été passés, 20% des utilisateurs ont ensuite saisi le Défenseur des droits.

Le domaine dans lequel est le plus souvent invoquée une discrimination demeure l’emploi puis vient ensuite le logement. Les problématiques de discrimination dans l’emploi concernent des refus d’embauche mais également des absences d’évolution de carrière, des écarts de rémunérations et des licenciements injustifiés.

Ces statistiques témoignent, je le crois, de l’utilité de cette plate-forme. Une plate-forme qui vient lutter contre une certaine forme de banalisation des discriminations qui nous conduit inconsciemment à accepter l’inacceptable.

 

«Parler d’égalité des choix, cela suppose que tous les jeunes, d’où qu’ils viennent et où qu’ils vivent, ne rencontrent pas de freins à la réalisation de leurs rêves. Or, on naît égaux en droits, mais on ne naît pas égaux en chances.»

Élisabeth Moreno

La nature des discriminations varie-t-elle selon les origines des personnes qui les subissent?

Je rappelle que, malheureusement, nous pouvons tous être un jour exposés aux discriminations ; en tant que victime, témoin voire auteur. C’est la raison pour laquelle nous nous devons de lutter collectivement contre ce fléau.

Les indicateurs d’activité du Défenseur des droits nous enseignent que des critères prohibés de discrimination sont plus invoqués que d’autres dans certains domaines. Par exemple, pour le secteur de l’emploi privé, les discriminations en raison de l’origine sont majoritaires. À l’inverse, dans le domaine de l’emploi public, le handicap est le critère le plus invoqué.

Le confinement a, semble-t-il, augmenté sensiblement les chiffres de la violence faite aux femmes? Comment lutter efficacement contre ce fléau? Vous avez lancé un appel à projets pour favoriser l'entrepreneuriat au féminin. Sous quelle forme se présente-t-il et qu’en attendez-vous concrètement?

La crise sanitaire et a fortiori les confinements ont aggravé le risque d’exposition aux violences pour les femmes. Dans ce contexte, le gouvernement a mis en place des mesures exceptionnelles. Qu’il s’agisse du dispositif «alerte-pharmacie», permettant aux femmes victimes de violences ou à leur entourage de pouvoir se signaler en officines, du dispositif de signalements par SMS via le 114, de la mise en place de points d’accueil et d’accompagnement dans les supermarchés, etc. Ces mesures, qui venaient s’ajouter aux dispositifs existants, ont toutes été pérennisées.

Par ailleurs, d’une manière générale, plusieurs dispositifs ont été fortement renforcés depuis 2017. Ainsi, en 2020, 3 254 ordonnances de protection ont été délivrées, contre 1 388 en 2017. Le déploiement des téléphones, grave danger, s’accélère lui aussi puisque leur nombre a triplé depuis 2017. Un plan d’actions pour renforcer l’utilisation des bracelets antirapprochement, mis à disposition des juridictions depuis septembre dernier, a été engagé par Éric Dupond-Moretti.

De surcroît, afin de mettre à l’abri les femmes victimes de violences, le gouvernement a ouvert 1 000 places d’hébergement dédiées en 2020 et en crée 1 000 supplémentaires en 2021 avec une revalorisation du coût pour permettre un meilleur accompagnement. Le nombre de places d’hébergement dédiées aura ainsi augmenté de 60% depuis 2017. C’est un engagement fort que nous portons avec Emmanuelle Wargon. Enfin, parce que protéger la victime nécessite aussi de prendre en charge les auteurs, 18 centres de prise en charge des auteurs de violences sur tout le territoire ont vu le jour en 2020 dans l’Hexagone et en Outre-mer pour lutter contre la récidive ou prévenir le passage à l’acte. Et 12 supplémentaires seront créés cette année. Aussi, depuis le 28 juin, le 3919, la plate-forme téléphonique d’écoute et d’orientation des victimes de violences, a étendu ses horaires 24h/24 du lundi au vendredi et passera d’ici à fin août à 7j/7. Elle sera également accessible aux personnes sourdes et aphasiques. Il s’agissait d’une attente forte des associations et d’un engagement du Grenelle des violences conjugales que nous concrétisons enfin.

 

«Les inégalités prennent racine lorsque l’on n’a pas accès à l’éducation, à la culture, à l’information, à la formation, à l’emploi…»

Élisabeth Moreno

Enfin, j’ai lancé le 22 avril dernier un appel à projets afin de valoriser des actions innovantes en matière d’autonomie et d’insertion économiques des femmes. En tant qu’ancienne cheffe d’entreprise, j’ai pu observer combien la mixité des équipes et la diversité des talents sont des facteurs de performance. Un enjeu qui revêt une dimension redoublée dans la triple crise sanitaire, économique et sociale que nous traversons où les femmes ont été et demeurent en première ligne. À travers cet appel à projets, nous nous engageons collectivement pour l’égalité en y associant les acteurs publics, les partenaires sociaux, les fondations et les associations.

Arab News et l’institut de sondage YouGov ont mené une enquête sur la perception des Français d’origine arabe et de la vie en France. Dans ce document, les personnes interrogées affirment que c’est l’origine ethnique de leur nom qui a eu l’impact négatif le plus important (36%) sur leurs perspectives de carrière (la proportion la plus élevée concerne les 35-44 ans, à 41%). Selon vous, dans le domaine de l’égalité des chances et de la diversité, quels sont les principaux combats qui restent à mener pour les Français d’origine arabe?

L’égalité est au cœur du pacte républicain, elle en est la sève. C’est à la fois un idéal et une promesse. Et c’est l’une des missions essentielles de mon ministère. Néanmoins, comme l’a rappelé le président de la République lors de son allocution pour les 150 ans de la République au Panthéon, elle n’est pas encore «concrète et effective» pour tous les Français. Et c’est aussi ce que révèle votre sondage.

Parler d’égalité des choix, cela suppose que tous les jeunes, d’où qu’ils viennent et où qu’ils vivent, ne rencontrent pas de freins à la réalisation de leurs rêves. Or, on naît égaux en droits, mais on ne naît pas égaux en chances. Le rôle de l’État – et des pouvoirs publics en général – est de créer les conditions de cette réussite, qui peut prendre de multiples formes, pour toutes et tous. Nous devons faire en sorte que tous les jeunes aient conscience du champ des possibles.

Les inégalités prennent racine lorsque l’on n’a pas accès à l’éducation, à la culture, à l’information, à la formation, à l’emploi… Mais il n’y a pas de fatalité à cela. L’égalité des chances n’est pas un concept talisman, ni un slogan. Elle doit être du concret, du pragmatisme.

C’est, par exemple, l’objectif de la stratégie de lutte contre la pauvreté qui s’attaque aux inégalités dès la petite enfance; du dédoublement des classes en CP-CE1 et en grandes sections de maternelle dans les réseaux d’éducation prioritaire qu’a mis en place Jean-Michel Blanquer. C’est un investissement sans précédent dans la formation professionnelle avec le Plan d’investissement dans les compétences et la réforme de l’apprentissage ou encore le soutien massif à l’emploi des jeunes avec le plan «1 jeune, 1 solution» ou les mesures concrètes de l’Agenda rural porté par Joël Giraud.  Car je tiens à aborder l’égalité des chances sous l’angle de l’équité entre les territoires. Il faut que ces politiques se déploient partout: dans les zones rurales, dans les quartiers urbains défavorisés, dans les Outre-mer…

 

«Lutter contre les discriminations et promouvoir la diversité, c’est au bout du compte réconcilier l’idéal républicain avec la pluralité de notre société contemporaine.»

Élisabeth Moreno

Enfin, je souhaite créer un Index de la diversité dans le monde professionnel. En prenant une photographie du niveau d’inclusion et de diversité d’une organisation publique ou privée, cet outil aidera les dirigeants et les DRH à engager ensuite des mesures correctives pour, au final, que leur organisation soit un meilleur reflet de notre société. Bien entendu, cet Index se fera à droit constant et sera basé sur le volontariat à la fois des entreprises et des organisations publiques ainsi que des salariés. Par ailleurs, il sera sécurisé juridiquement en respectant les conditions d’anonymat et de confidentialité posées par la CNIL.

Vous avez déclaré: «La différence peut être une richesse et elle peut porter loin.» Voulez-vous nous expliquer votre sentiment sur ce sujet?

Je considère que la diversité n’est pas un fardeau mais une richesse, qu’elle n’est pas un danger mais un atout. Et j’ai l’intime conviction que le talent et la compétence transcendent les origines, le sexe, la couleur de peau, l’orientation sexuelle, l’identité de genre, le lieu de résidence ou les croyances.

Lutter contre les discriminations et promouvoir la diversité, c’est au bout du compte réconcilier l’idéal républicain avec la pluralité de notre société contemporaine. Et je crois à la détermination pour combattre le déterminisme.


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
Short Url
  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.


Opération avec Audemars Piguet: Swatch dit à l'AFP avoir constaté des «problèmes» dans une vingtaine de magasins

L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi. (AFP)
L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi. (AFP)
Short Url
  • A Lille, dans le nord de la France, "au moins quatre" personnes ont dit aux équipes municipales avoir reçu des "coups de poing dans la file d'attente" et vouloir porter plainte.
  • Une bagarre a également éclaté devant une boutique à Milan, dans le nord de l'Italie. Des mouvements de foule ont aussi été observés entre autres en Thaïlande et aux Etats-Unis

ZURICH: L'horloger suisse Swatch Group a annoncé lundi à l'AFP qu'il avait observé une demande "phénoménale" pour sa collaboration avec la marque de prestige Audemars Piguet, reconnaissant "des problèmes" dans une vingtaine de ses boutiques dans le monde le jour de son lancement samedi.

"Le jour du lancement, il y a eu des problèmes dans environ une vingtaine de magasins Swatch sur 220 dans le monde où Royal Pop a été lancée, car les files d’attente des personnes intéressées étaient extrêmement longues et l’organisation faite par certains centres commerciaux n’était pas suffisante pour contenir cette ruée", a indiqué le groupe suisse.

"La réaction à la collection Royal Pop dans le monde est phénoménale et la demande est immensément élevée", a ajouté le groupe horloger, qui compare le lancement de ce modèle avec Audemars Piguet à celui du modèle MoonSwatch en 2022, en partenariat avec Omega.

Avant l'ouverture samedi, de longues files d'attentes s'étaient formées durant la nuit devant les boutiques Swatch. L'affluence a viré au chaos à l'ouverture dans certaines villes, nécessitant l'intervention de la police et la fermeture immédiate de certains magasins.

"Comme pour le MoonSwatch, cela s'est quelque peu 'normalisé' après le jour du lancement", a précisé le groupe suisse, "surtout après que nous avons de nouveau communiqué que la collection Royal Pop serait disponible durant plusieurs mois".

Dans l'ouest de la région parisienne, au Chesnay-Rocquencourt (Yvelines), quelque 300 personnes, venues avant l'ouverture du magasin Swatch du centre commercial Westfield Parly 2, ont été dispersées samedi par la police à l'aide de gaz lacrymogène.

A Lille, dans le nord de la France, "au moins quatre" personnes ont dit aux équipes municipales avoir reçu des "coups de poing dans la file d'attente" et vouloir porter plainte.

Une bagarre a également éclaté devant une boutique à Milan, dans le nord de l'Italie. Des mouvements de foule ont aussi été observés entre autres en Thaïlande et aux Etats-Unis.

Propriétaire de 16 marques, Swatch avait déjà lancé une coopération en 2022 avec Omega, une des marques de prestige du groupe. Devant son succès, l'entreprise avait renouvelé l'opération en 2023 avec Blancpain, autre marque du groupe, connue notamment pour ses montres de plongée.

Mais pour le modèle lancé samedi, la collaboration a lieu cette fois avec une marque externe au groupe, Audemars Piguet. Cette marque indépendante compte parmi les plus prestigieuse de l'horlogerie suisse.


En plein conflit au Moyen-Orient, le G7 Finances à Paris au chevet de l'économie mondiale

Les ministres des Finances du G7 ont ouvert lundi à Paris leur réunion de deux jours, où ils tenteront de rapprocher leurs positions sur les réponses à apporter face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, ou encore de s'affranchir de la dépendance aux minerais critiques chinois. (AFP)
Les ministres des Finances du G7 ont ouvert lundi à Paris leur réunion de deux jours, où ils tenteront de rapprocher leurs positions sur les réponses à apporter face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, ou encore de s'affranchir de la dépendance aux minerais critiques chinois. (AFP)
Short Url
  • A un mois du sommet du G7 à Evian (15-17 juin), qu'elle accueille au titre de la présidence tournante, la France veut maintenir le cap du dialogue alors que les tensions géopolitiques et commerciales s'intensifient et minent les relations internationales
  • "On fait face à des défis majeurs, la guerre au Proche-Orient, évidemment, les déséquilibres multilatéraux qui sont aujourd'hui insoutenables, les enjeux de terres rares, de matériaux critiques, des enjeux d'aide au développement"

PARIS: Les ministres des Finances du G7 ont ouvert lundi à Paris leur réunion de deux jours, où ils tenteront de rapprocher leurs positions sur les réponses à apporter face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, ou encore de s'affranchir de la dépendance aux minerais critiques chinois.

"Je pense qu'aujourd'hui, on va montrer que le multilatéralisme, c'est utile et que ça fonctionne", a déclaré lundi matin aux journalistes le ministre français de l'Economie et des Finances Roland Lescure.

A un mois du sommet du G7 à Evian (15-17 juin), qu'elle accueille au titre de la présidence tournante, la France veut maintenir le cap du dialogue alors que les tensions géopolitiques et commerciales s'intensifient et minent les relations internationales, jusqu'à l’allié américain, devenu imprévisible sous Donald Trump.

Ce dernier, qui a de nouveau menacé l'Iran d'anéantissement dimanche, laisse entrevoir une reprise prochaine des frappes et la fin de la fragile trêve en vigueur depuis le 8 avril.

"On fait face à des défis majeurs, la guerre au Proche-Orient, évidemment, les déséquilibres multilatéraux qui sont aujourd'hui insoutenables, les enjeux de terres rares, de matériaux critiques, des enjeux d'aide au développement", a détaillé Roland Lescure.

"La manière dont la croissance mondiale, aujourd'hui, se déroule, est clairement insoutenable", a-t-il estimé. "Nous devons (...) nous engager les uns les autres pour faire en sorte qu'on retrouve un modèle de croissance plus soutenable".

Ormuz 

En haut des priorités des grands argentiers du G7: les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient et du blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, essentiel au transport d'hydrocarbures et d'engrais dont les cours ont bondi.

En réaction, le Fonds monétaire international (FMI) s'attend à une croissance mondiale plus modeste et une inflation plus élevée en 2026.

"Cette guerre nuit fortement au développement économique. C'est pourquoi tout doit être mis en œuvre pour y mettre un terme définitif, rétablir la stabilité dans la région et garantir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz", a déclaré dans un communiqué le ministre allemand des Finances Lars Klingbeil.

"Le G7 est le cadre approprié pour discuter de ces enjeux urgents avec les Etats-Unis et les autres pays du G7", a-t-il ajouté.

Une nouvelle libération de stocks stratégiques de pétrole, comme celle décidée en mars, n'est toutefois pas à l'ordre du jour, selon Roland Lescure. Il s'est toutefois montré prêt à "discuter de ça" si nécessaire, "si jamais on arrive à ouvrir le détroit d'Ormuz" et que les navires mettent du temps à circuler de nouveau normalement.

Ces craintes inflationnistes ont engendré ces derniers jours un fort mouvement de vente des bons d'Etat, et donc de hausse des taux d'intérêt des dettes souveraines.

Interrogée à ce sujet en marge de l'ouverture du G7 Finances, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde s'est dite "toujours préoccupée, c'est mon job !"

Vulnérabilités et dépendances 

Les ministres tenteront aussi d'aplanir les désaccords sur le commerce international après l'imposition de surtaxes douanières par Washington.

Alors que ces déséquilibres alimentent les tensions commerciales, géopolitiques et financières, et compromettent la croissance mondiale, une reconnaissance commune de la situation serait déjà considérée comme une grande avancée par la présidence française.

Cette réunion du G7, qui rassemble aussi les gouverneurs de banques centrales des pays membres, intervient quelques jours après la visite de Donald Trump à Pékin.

Ce sommet n'a pas donné d'annonces majeures, les deux chefs d'Etat n'ayant pas discuté des droits de douane. Les deux premières puissances économiques mondiales ont conclu une trêve commerciale en octobre.

Parmi les autres sujets mis sur la table, seront abordés "les matériaux critiques, les terres rares", a dit Roland Lescure. "Les terres rares, c'est le chaînon manquant de l'électrification. (...) Si on n'a pas accès aux terres rares de manière indépendante, on va manquer ce chaînon."

Ces dernières années, les pays producteurs et transformateurs, Chine en tête, ont parfois restreint certaines exportations de ces composants essentiels pour des pans entiers de l'économie mondiale, ou profité de leur situation dominante pour influer sur les prix.

"Il faut qu'on fasse pour les matériaux critiques ce qu'on a fait sur l'énergie dans les années 1970", une cause commune, avait déclaré M. Lescure à la presse la semaine dernière.

Le ministre allemand met aussi l'accent sur la guerre en Ukraine: "Nous ne perdons pas de vue la brutale guerre d'agression de la Russie même si le monde a les yeux tournés vers le Moyen-Orient: le peuple d'Ukraine peut compter sur notre soutien" dans le financement de sa défense.