Le trafic de drogue au Liban doit son essor au Captagon du Hezbollah

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Publié le Mardi 06 juillet 2021

Le trafic de drogue au Liban doit son essor au Captagon du Hezbollah

  • Le Hezbollah dément avec vigueur être impliqué dans le trafic de drogue, mais l’enquête du Washington Post s’appuie sur les rapports d’analystes des États-Unis et du Moyen-Orient
  • En 2018, le département d'État américain a classé le Hezbollah parmi les cinq premières organisations criminelles dans le monde

BEYROUTH : Les autorités libanaises affirment avoir lancé des dizaines d'opérations dans les derniers mois à la recherche de laboratoires qui produisent des pilules de Captagon, en plus de surveiller de près les frontières côtières et terrestres avec la Syrie pour repérer les itinéraires de contrebande.

La lutte du pays contre la drogue s’annonce toutefois difficile, freinée par les nombreuses crises qui se succèdent et s’enchevêtrent, particulièrement l’effondrement économique et la paralysie politique.

Mais il ne faudrait pas oublier l'éléphant dans la salle, en l’occurrence le Hezbollah.

Nombreux sont qui soupçonnent que le parti libanais soutenu par l'Iran facilite le trafic de drogue pour financer ses opérations, tout en maintenant un environnement de déni plausible.
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Le Captagon, une amphétamine, est l'une des drogues les plus couramment utilisées dans les champs de bataille du Moyen-Orient.

Les combattants qui en sont dépendants confient que cette substance les aide à rester éveillés des jours durant. De plus, elle engourdit leurs sens, leur donne assez d’énergie pour endurer de longues batailles, et leur permet de tuer sans réfléchir.

L’énergie et le bien-être que procure le Captagon en fait une drogue récréative populaire dans la région.

Les autorités douanières saoudiennes ont déjoué en avril une tentative de trafiquer plus de cinq millions de pilules du Liban vers le Royaume, dissimulées dans une cargaison de grenades. Depuis, les trafiquants se sont «enhardis», disent-elles.

Après cette prise, l'Arabie saoudite a suspendu l’entrée des cargaisons de fruits et légumes libanais dans son territoire, même à des fins de transit.

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Les autorités douanières saoudiennes ont déjoué en avril une tentative de trafiquer plus de cinq millions de pilules du Liban vers le Royaume, dissimulées dans une cargaison de grenades. (Photo, SPA)

Les autorités libanaises avaient alors déclaré que «la cargaison truffée de drogue provenait de la Syrie». Elle aurait ensuite été réemballée dans la vallée de la Bekaa «avant d'être expédiée au port de Djeddah».

Peu de temps après, deux frères syriens ont été arrêtés au Liban et accusés d'avoir reconditionné la cargaison dans un entrepôt abandonné de la région frontalière. 

Mais cette saisie considérable n'a pas suffi à dissuader les contrebandiers.

Le 15 juin, les Forces de sécurité intérieure (FSI) libanaises ont déjoué une autre tentative de faire passer 37,2 kg de comprimés de Captagon en Arabie saoudite. La cargaison a été appréhendée à l'aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth, dissimulée dans un lot de pompes à eau électriques.

Trois individus ont été arrêtées. Le chef de bande présumé serait un homme apatride aux antécédents de trafic de drogue, et ses acolytes un Syrien et un Libanais.

Le trio aurait avoué avoir établi un réseau de contrebande. Ils affirment avoir reçu la cargaison de la Syrie, et l’auraient ensuite transporté à Beyrouth.

Mais les efforts des FSI ne suffisent pas. 

Les autorités saoudiennes du port de Djeddah annoncent une nouvelle saisie le 26 juin. Près de 14 millions de pilules de Captagon, cachées parmi des feuilles de tôle en provenance du Liban.

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Les responsables saoudiens affirment que les trafiquants de drogue se sont «enhardis». (Photo, SPA/Archives)

Mohammed Al-Noujaidi, porte-parole de la Direction générale du contrôle des stupéfiants du Royaume, a confirmé l'arrestation d'un citoyen saoudien dans la région de Riyad en lien avec la cargaison.

Le 29 juin, les autorités libanaises saisissent à leur tour un autre lot de comprimés de Captagon, également destinés à l'Arabie saoudite. Dans un communiqué, les FSI indiquent que 17,4 kg, soit l'équivalent de 100 000 comprimés, ont été confisqués. Les pilules «étaient habilement cachées à l'intérieur de machines de stérilisation médicale», ajoute le communiqué. 

Deux Libanais et un Syrien ont été arrêtés.

En juillet 2020, la police italienne et les agents des douanes du port de Salerne découvrent 84 millions de comprimés de Captagon, dans des remorques maritimes qui ne contenaient a priori que des rouleaux de papier.

Des responsables des services de renseignement concluent dans leur rapport que la drogue, dont la valeur est chiffrée à 1,1 milliard de dollars, provient de laboratoires syriens, situés dans des régions contrôlées par le régime du président Bachar Assad.

«Les amphétamines ont quitté la Syrie à partir de Lattaquié, une ville côtière dotée d'installations portuaires iraniennes dédiées, et une plaque tournante connue des opérations de contrebande menées par l'allié de Téhéran, le Hezbollah», selon le Washington Post.

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En juillet 2020, la police italienne et les agents des douanes du port de Salerne découvrent 84 millions de comprimés de Captagon, dans des remorques maritimes qui ne contenaient a priori que des rouleaux de papier. (Photo, AFP/Guardia di Finanza /Archives)

Le Hezbollah dément avec vigueur d'être impliqué dans le trafic de drogue, mais l’enquête du Post s’appuie sur les rapports d’analystes des États-Unis et du Moyen-Orient. «Face aux pressions financières extrêmes causées par les sanctions américaines, la pandémie du coronavirus et l'effondrement économique du Liban, le Hezbollah dépend de plus en plus d'entreprises criminelles, dont le trafic de drogue, pour financer ses opérations», estiment ces derniers.

Hatem Madi, un ancien procureur libanais, affirme à Arab News que le «trafic de Captagon a pris son essor parce que cette substance est plus facile et plus rapide de passer en contrebande».

«Il dépend de l'offre et de la demande, mais il ne fait aucun doute que la guerre en Syrie a ouvert la voie aux passeurs et aux trafiquants de drogue», ajoute-t-il.

En effet, le Liban est devenu un important vecteur de contrebande des pilules fabriquées en Syrie. Avant même qu’elle ne sombre dans la guerre civile en 2011, son territoire était déjà utilisé par des milices libanaises pour cultiver la marijuana et la faire passer en contrebande de la, ce qui génère des recettes de millions de dollars.

«Le Captagon est fabriqué en Syrie, surtout dans les régions de Homs et d'Alep», précise le brigadier général Anwar Yahya, ancien chef de la police judiciaire libanaise, dans un entretien avec Arab News.

«À la lumière des événements qui se déroulent en Syrie, certaines des usines ont déménagé dans les villages entre le Liban et la Syrie, dans les montagnes de l’Anti-Liban et dans les régions de Qousseir et Toufail».

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La drogue du Hezbollah, dont la valeur est chiffrée à 1,1 milliard de dollars, provient de laboratoires syriens, situés dans des régions contrôlées par le régime du président Bachar Assad. (Photo, AFP/Guardia di Finanza/Archives)

Des analystes de services de renseignement occidentaux affirment que les agents du Hezbollah ont commencé à produire du Captagon il y a plus de dix ans. Mais la drogue a commencé à prendre de l'importance parallèlement aux engagements croissants de la milice dans les conflits au Moyen-Orient.

«Le Hezbollah est-il impliqué dans la fabrication de pilules de Captagon? Seule une source des milieux judiciaires ou sécuritaires pourrait répondre à cette question», déclare Yahya.

«Cependant, la justice au Liban reste enfermée dans son mutisme. Est-ce par peur, ou cache-t-elle quelque chose? Je n'en ai aucune idée, mais nous sommes au courant des détails des enquêtes, et nous connaissons l’identité de ceux qui sont impliqués», ajoute-t-il.

Ce qui ne fait aucun doute, c'est que la vallée de la Bekaa, frontalière de la Syrie, est un foyer du Hezbollah. Ses camps d'entraînement sont éparpillés dans les hauts plateaux de la région, et il détient ses propres postes frontaliers avec la Syrie, où il intervient pour soutenir le régime d'Assad.

Hassan Dekko est l’individu le plus notable arrêté par les autorités libanaises dans la Bekaa dans ce dossier. Surnommé «roi du Captagon», Dekko détient des actifs à Toufail, une ville contrôlée par la milice pro-iranienne qui chevauche la frontière avec la Syrie.

Cependant, à la suite d'un conflit local au sujet de propriétés immobilières, Dekko est remis à l'armée libanaise. Il est accusé d'avoir établi un laboratoire de Captagon dans la région et de superviser un réseau de contrebande envoyant des pilules en Grèce et en Arabie saoudite.

«Dekko a des liens avec le Hezbollah et la quatrième division, dirigée par Maher Assad, le frère du président syrien», explique Mohammed Al-Houjairi, un député du Mouvement du futur, à Arab News.

Dès le début de 2020, des cargaisons de Captagon et d'autres drogues illicites sont saisies en Égypte, en Grèce et en Jordanie, en plus de l'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et de l'Italie. Les forces de l'ordre occidentales lient spécifiquement le Hezbollah aux saisies de drogue sur la frontière syro-jordanienne, destinées à l'Europe centrale et méridionale.

Mais quel intérêt le Hezbollah pourrait-il avoir dans la production et le trafic de drogue?

«Certains passeurs ont une formation politique ou idéologique», explique à Arab News Achraf Rifi, ancien directeur général des FSI puis ministre de la Justice du Liban dans une administration précédente. «Leurs calculs ne se font pas en termes de profit ou de perte. Ils ont plutôt des objectifs politiques, à savoir cibler la société de l'adversaire».

Les agences antidrogue américaines et européennes sont convaincues que le Hezbollah profite de ce trafic. Europol a publié un rapport en 2020 qui maintient que les membres du Hezbollah utilisent les villes européennes comme tremplin pour le commerce de «drogue et de diamants», et pour blanchir de l’argent. En 2018, le département d'État américain a classé le Hezbollah parmi les cinq premières organisations criminelles dans le monde.

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Des pilules de Captagon et un verre qui contient de la cocaïne dans un bureau de la Division anti-narcotiques des Forces de sécurité intérieure libanaises à Beyrouth. (Photo, AFP/Archives)

Que le commerce de la drogue soit une arme ou non, il consomme certainement beaucoup de temps et des ressources du gouvernement libanais. Selon une source informée, les mesures prises par les forces de sécurité ces dernières années ont conduit à l'arrestation de plus de 15 000 personnes.

Rifi confie que certaines saisies sont «inégalées dans l'histoire d'Interpol, en termes de quantité de stupéfiants trafiqués et d'aplomb».

«Un partenariat lie le Hezbollah et la partie syrienne dans la production et la contrebande, mais le trafic peut également être entrepris unilatéralement par l'une des parties», précise-t-il.

«Les efforts pour contrer le trafic de drogue en provenance du Liban nécessitent une administration avisée. Une administration corrompue, tributaire du Hezbollah, va feindre de s'attaquer au problème, mais elle ne défend pas réellement le peuple, ni les intérêts du pays», poursuit Rifi.

Yahya est d’avis que l'unité de lutte contre les stupéfiants du Liban, une force gravement sous-financée et mal utilisée, se bat avec une main attachée dans le dos.

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D'importantes saisies de drogue en Syrie et au Liban ont renouvelé l’attention sur le trafic de Captagon, et qui prospère à l’ombre du chaos de la guerre en Syrie. (Photo, AFP/Archives)

«Malheureusement, l'office anti-drogue de la police judiciaire est mis à l'écart. Pourtant ses dossiers remontent à des dizaines d'années, et comprennent des photos et des empreintes digitales des personnes et des réseaux impliqués» , dit-il à Arab News.

«Ce sont plutôt la Division de l'information des FSI, les douanes, l'armée ou des individus qui n'ont aucune compétence sur ces questions qui traitent ces dossiers».

Yahya souhaite que les autorités libanaises renforcent le contrôle le long des frontières, à l'aéroport et dans les ports maritimes. Selon lui, il faudrait équiper les postes frontaliers de scanners, en plus d’habiliter le bureau anti-drogue et lui fournir les outils et le personnel nécessaires.

Mais surtout, le Liban doit faire face à son effondrement économique et à sa capacité à soutenir le personnel des forces de sécurité, qui eux doivent subvenir aux besoins de leurs familles.

«Le retard dans la formation du gouvernement », affirme-t-il, «est un obstacle majeur, sinon l’obstacle principal, à l'activation de l'appareil de sécurité et au rôle de l'armée».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'ONU exige qu'Israël empêche un «génocide» à Gaza

Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie. (AFP)
Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie. (AFP)
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  • Une commission mandatée par l’ONU et plusieurs ONG parmi lesquelles Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé Israël d'avoir perpétré un génocide à Gaza
  • Israël rejette ces allégations comme "mensongères" et "antisémites"

GENEVE: Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie.

Dans un nouveau rapport, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a déclaré que les actions menées par Israël à Gaza depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023 constituaient des "violations flagrantes" du droit international, s'apparentant souvent à des "crimes de guerre et autres atrocités".

Dans la conclusion de ce rapport, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé Israël à veiller au respect d’une ordonnance de la Cour internationale de justice de 2024 lui enjoignant de prendre des mesures pour prévenir les actes de génocide à Gaza.

Selon lui, Israël doit veiller "avec effet immédiat à ce que son armée ne se livre pas à des actes de génocide, (et prendre) toutes les mesures nécessaires pour prévenir et punir l’incitation au génocide".

Une commission mandatée par l’ONU et plusieurs ONG parmi lesquelles Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé Israël d'avoir perpétré un génocide à Gaza. Israël rejette ces allégations comme "mensongères" et "antisémites".

Ce rapport, qui concerne la période allant du 7 octobre 2023, date à laquelle une attaque sans précédent du Hamas en Israël a déclenché une offensive israélienne à Gaza, jusqu'en mai 2025, condamne aussi les "violations graves" commises par des groupes armés palestiniens.

L'attaque du Hamas a causé la mort de 1.221 personnes du côté israélien, pour la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Le rapport met aussi en lumière les sévices subis par les otages capturés par les groupes armés palestiniens, dont beaucoup ont fait état de tortures et agressions sexuelles alors qu'ils étaient détenus "dans des conditions inhumaines" pendant des mois.

Meurtres "illégaux" 

Le rapport consacre également une large part aux actions d’Israël à Gaza, où sa campagne militaire de représailles a fait plus de 72.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire dirigé par le Hamas, dont les statistiques sont considérées comme fiables par l’ONU.

Une grande partie de ces meurtres "semblent illégaux", indique le rapport, qui souligne aussi comment Israël a "mené des attaques contre des cibles civiles ou protégées".

Parmi celles-ci figurent "des établissements de santé et des installations médicales", ainsi que des civils, dont des journalistes, des professionnels de santé, des acteurs humanitaires et des policiers, et ce "de manière systématique et répétée".

Cette campagne d’Israël à Gaza a rendu les conditions de vie dans une grande partie du territoire "incompatibles avec la survie des Palestiniens en tant que groupe", a alerté le Haut-Commissariat.

Il a également déclaré que "le recours à une force inutile et disproportionnée en Cisjordanie a(vait) conduit à des centaines de meurtres illégaux".

"En Cisjordanie, le taux de déplacements forcés de Palestiniens n'a pas été aussi élevé depuis des décennies et l'expansion des colonies israéliennes est sans précédent", a déclaré lundi devant la presse à Genève Ajith Sunghay, qui dirige le bureau du Haut-Commissariat dans les territoires palestiniens.

Sur les deux territoires, "l’armée israélienne et d’autres forces de sécurité ont provoqué des déplacements de population à grande échelle", ajoute le Haut-Commissariat.

Le rapport relève que les violations commises par Israël dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés révélaient une pratique visant à infliger un "déplacement forcé, un dépeuplement et un nettoyage ethnique de vastes parties du territoire palestinien occupé".

Depuis, le fragile cessez-le feu d'octobre dernier "a permis de réduire l'ampleur considérable des violences observées jusqu’alors et a ouvert une marge de manœuvre humanitaire modeste", a déclaré Ajith Sunghay.

"Cependant, les meurtres et la destruction des infrastructures se sont poursuivis presque quotidiennement, et la situation humanitaire générale reste désastreuse", a-t-il ajouté.

Le Haut-Commissariat a jugé "essentiel que toutes les violations énumérées dans le rapport fassent l’objet d’un examen en bonne et due forme" par des "instances judiciaires crédibles et impartiales".

 


Le président libanais promet de faire «l'impossible» pour arrêter la guerre avec Israël

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  • Il a rappelé que les négociations entre le Liban et Israël à Washington avaient notamment pour objectif un retrait des forces israéliennes du sud du Liban et un retour des déplacés.
  • Les Etats-Unis avaient annoncé vendredi, à l'issue de négociations entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, la prolongation de 45 jours d'un cessez-le-feu qui devait expirer dimanche.

BEYROUTH: Le président libanais a promis lundi de faire "l'impossible" pour arrêter la guerre avec Israël qui poursuit ses frappes, faisant plus de 3.000 morts depuis mars, malgré une trêve et de nouvelles négociations bilatérales en vue.

"Il est de mon devoir et de ma responsabilité de faire l'impossible (...) pour arrêter la guerre contre le Liban et son peuple", a déclaré Joseph Aoun dans un communiqué.

Il a rappelé que les négociations entre le Liban et Israël à Washington avaient notamment pour objectif un retrait des forces israéliennes du sud du Liban et un retour des déplacés.

Les Etats-Unis avaient annoncé vendredi, à l'issue de négociations entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, la prolongation de 45 jours d'un cessez-le-feu qui devait expirer dimanche.

Et le département d'État américain a indiqué qu'il organiserait un nouveau cycle de discussions les 2 et 3 juin.

Malgré la trêve, Israël a poursuivi lundi ses frappes contre plusieurs localités dans le sud du Liban, a rapporté l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

L'armée israélienne a appelé à l'évacuation de trois localités dans les régions de Tyr et de Nabatiyé en prévision de bombardements, et réitéré plus tard son appel pour l'une de ces localités.

Dimanche, des frappes israéliennes près de Baalbeck, dans l'est du pays, ont tué sept personnes dont un chef du Jihad islamique palestinien, allié du Hezbollah.

La formation, qui rejette les négociations directes entre le Liban et son ennemi juré, a revendiqué lundi deux attaques contre des objectifs militaires en Israël.

"En riposte à la violation du cessez-le-feu" par Israël, le Hezbollah a visé "une plateforme du Dôme de fer", le système de défense aérienne israélienne, dans un camp militaire, "au moyen d'un drone d'attaque", a déclaré le mouvement dans un communiqué, ajoutant par ailleurs avoir visé un véhicule militaire dans le nord d'Israël.

Le Hezbollah a aussi revendiqué lundi des attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban.

Ces dernières semaines, le Hezbollah a utilisé à plusieurs reprises des drones FPV à fibre optique, à bas coût. "Aujourd'hui, nous faisons face au défi de neutraliser les drones FPV", avait déclaré dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Les négociations parrainées par Washington portent notamment sur l'épineuse question du désarmement du Hezbollah, que le groupe refuse.

Le Liban a été plongé dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.

Depuis le début des hostilités, les frappes israéliennes ont fait 3.020 morts au Liban, dont 211 enfants ou mineurs et 116 membres du personnel médical, selon un nouveau bilan officiel lundi.

Le bilan des frappes israéliennes au Liban dépasse les 400 morts depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

 


Netanyahu affirme qu'Israël est proche de son objectif de tuer tous les responsables du 7-Octobre

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau. (AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau. (AFP)
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  • Depuis l'incursion meurtrière en Israël des combattants du Hamas et leurs alliés le 7-octobre, l'armée a notamment tué Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, considéré comme le principal cerveau de l'attaque du 7 octobre
  • Israël a également tué Mohammed Deif, chef historique de la branche armée du Hamas et autre architecte clé de l'attaque

 


JERUSALEM: Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau.

Ses propos faisaient suite à l'annonce la veille par l'armée israélienne de la mort d'Ezzedine Al-Haddad, commandant de la branche armée du Hamas, mort vendredi lors d'une frappe aérienne ciblée à Gaza.

Au lendemain de l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas du 7 octobre 2023 sur le sol israélien, M. Netanyahu avait promis de traquer les cerveaux de cette attaque qui, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels, a fait 1.221 morts en Israël, en majorité des civils.

"J'ai promis que chaque architecte du massacre et de la prise d'otages serait éliminé jusqu'au dernier, et nous sommes très proches d'achever cette mission", a déclaré M. Netanyahu lors du conseil des ministres hebdomadaire, qualifiant Ezzedine Al-Haddad de "terroriste méprisable".

Depuis l'incursion meurtrière en Israël des combattants du Hamas et leurs alliés le 7-octobre, l'armée a notamment tué Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, considéré comme le principal cerveau de l'attaque du 7 octobre.

Israël a également tué Mohammed Deif, chef historique de la branche armée du Hamas et autre architecte clé de l'attaque.

M. Netanyahu a réaffirmé dimanche que les forces israéliennes contrôlaient actuellement 60% du territoire de Gaza.

Cette déclaration laisse entendre que l'armée a continué d'étendre sa présence opérationnelle dans le territoire, après de récents articles de presse affirmant que les troupes israéliennes avaient progressé vers une nouvelle ligne dite "orange".

Selon les termes du cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis entre Israël et le Hamas, en vigueur depuis le 10 octobre, les forces israéliennes devaient se replier jusqu'à une "ligne jaune" à Gaza, leur laissant le contrôle de plus de 50% du territoire palestinien.

"Nous tenons le Hamas à notre merci. Nous savons exactement quelle est notre mission, et notre mission est de garantir que Gaza ne représentera plus jamais une menace pour Israël", a encore déclaré M. Netanyahu.

La campagne militaire israélienne contre le Hamas depuis les attaques d’octobre 2023 a fait au moins 72.763 morts à Gaza, selon des chiffres du ministère de la Santé du territoire, contrôlé par le Hamas, jugés fiables par les Nations unies.