Le trafic de drogue au Liban doit son essor au Captagon du Hezbollah

Short Url
Publié le Mardi 06 juillet 2021

Le trafic de drogue au Liban doit son essor au Captagon du Hezbollah

  • Le Hezbollah dément avec vigueur être impliqué dans le trafic de drogue, mais l’enquête du Washington Post s’appuie sur les rapports d’analystes des États-Unis et du Moyen-Orient
  • En 2018, le département d'État américain a classé le Hezbollah parmi les cinq premières organisations criminelles dans le monde

BEYROUTH : Les autorités libanaises affirment avoir lancé des dizaines d'opérations dans les derniers mois à la recherche de laboratoires qui produisent des pilules de Captagon, en plus de surveiller de près les frontières côtières et terrestres avec la Syrie pour repérer les itinéraires de contrebande.

La lutte du pays contre la drogue s’annonce toutefois difficile, freinée par les nombreuses crises qui se succèdent et s’enchevêtrent, particulièrement l’effondrement économique et la paralysie politique.

Mais il ne faudrait pas oublier l'éléphant dans la salle, en l’occurrence le Hezbollah.

Nombreux sont qui soupçonnent que le parti libanais soutenu par l'Iran facilite le trafic de drogue pour financer ses opérations, tout en maintenant un environnement de déni plausible.
1

Le Captagon, une amphétamine, est l'une des drogues les plus couramment utilisées dans les champs de bataille du Moyen-Orient.

Les combattants qui en sont dépendants confient que cette substance les aide à rester éveillés des jours durant. De plus, elle engourdit leurs sens, leur donne assez d’énergie pour endurer de longues batailles, et leur permet de tuer sans réfléchir.

L’énergie et le bien-être que procure le Captagon en fait une drogue récréative populaire dans la région.

Les autorités douanières saoudiennes ont déjoué en avril une tentative de trafiquer plus de cinq millions de pilules du Liban vers le Royaume, dissimulées dans une cargaison de grenades. Depuis, les trafiquants se sont «enhardis», disent-elles.

Après cette prise, l'Arabie saoudite a suspendu l’entrée des cargaisons de fruits et légumes libanais dans son territoire, même à des fins de transit.

1
Les autorités douanières saoudiennes ont déjoué en avril une tentative de trafiquer plus de cinq millions de pilules du Liban vers le Royaume, dissimulées dans une cargaison de grenades. (Photo, SPA)

Les autorités libanaises avaient alors déclaré que «la cargaison truffée de drogue provenait de la Syrie». Elle aurait ensuite été réemballée dans la vallée de la Bekaa «avant d'être expédiée au port de Djeddah».

Peu de temps après, deux frères syriens ont été arrêtés au Liban et accusés d'avoir reconditionné la cargaison dans un entrepôt abandonné de la région frontalière. 

Mais cette saisie considérable n'a pas suffi à dissuader les contrebandiers.

Le 15 juin, les Forces de sécurité intérieure (FSI) libanaises ont déjoué une autre tentative de faire passer 37,2 kg de comprimés de Captagon en Arabie saoudite. La cargaison a été appréhendée à l'aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth, dissimulée dans un lot de pompes à eau électriques.

Trois individus ont été arrêtées. Le chef de bande présumé serait un homme apatride aux antécédents de trafic de drogue, et ses acolytes un Syrien et un Libanais.

Le trio aurait avoué avoir établi un réseau de contrebande. Ils affirment avoir reçu la cargaison de la Syrie, et l’auraient ensuite transporté à Beyrouth.

Mais les efforts des FSI ne suffisent pas. 

Les autorités saoudiennes du port de Djeddah annoncent une nouvelle saisie le 26 juin. Près de 14 millions de pilules de Captagon, cachées parmi des feuilles de tôle en provenance du Liban.

1
Les responsables saoudiens affirment que les trafiquants de drogue se sont «enhardis». (Photo, SPA/Archives)

Mohammed Al-Noujaidi, porte-parole de la Direction générale du contrôle des stupéfiants du Royaume, a confirmé l'arrestation d'un citoyen saoudien dans la région de Riyad en lien avec la cargaison.

Le 29 juin, les autorités libanaises saisissent à leur tour un autre lot de comprimés de Captagon, également destinés à l'Arabie saoudite. Dans un communiqué, les FSI indiquent que 17,4 kg, soit l'équivalent de 100 000 comprimés, ont été confisqués. Les pilules «étaient habilement cachées à l'intérieur de machines de stérilisation médicale», ajoute le communiqué. 

Deux Libanais et un Syrien ont été arrêtés.

En juillet 2020, la police italienne et les agents des douanes du port de Salerne découvrent 84 millions de comprimés de Captagon, dans des remorques maritimes qui ne contenaient a priori que des rouleaux de papier.

Des responsables des services de renseignement concluent dans leur rapport que la drogue, dont la valeur est chiffrée à 1,1 milliard de dollars, provient de laboratoires syriens, situés dans des régions contrôlées par le régime du président Bachar Assad.

«Les amphétamines ont quitté la Syrie à partir de Lattaquié, une ville côtière dotée d'installations portuaires iraniennes dédiées, et une plaque tournante connue des opérations de contrebande menées par l'allié de Téhéran, le Hezbollah», selon le Washington Post.

1
En juillet 2020, la police italienne et les agents des douanes du port de Salerne découvrent 84 millions de comprimés de Captagon, dans des remorques maritimes qui ne contenaient a priori que des rouleaux de papier. (Photo, AFP/Guardia di Finanza /Archives)

Le Hezbollah dément avec vigueur d'être impliqué dans le trafic de drogue, mais l’enquête du Post s’appuie sur les rapports d’analystes des États-Unis et du Moyen-Orient. «Face aux pressions financières extrêmes causées par les sanctions américaines, la pandémie du coronavirus et l'effondrement économique du Liban, le Hezbollah dépend de plus en plus d'entreprises criminelles, dont le trafic de drogue, pour financer ses opérations», estiment ces derniers.

Hatem Madi, un ancien procureur libanais, affirme à Arab News que le «trafic de Captagon a pris son essor parce que cette substance est plus facile et plus rapide de passer en contrebande».

«Il dépend de l'offre et de la demande, mais il ne fait aucun doute que la guerre en Syrie a ouvert la voie aux passeurs et aux trafiquants de drogue», ajoute-t-il.

En effet, le Liban est devenu un important vecteur de contrebande des pilules fabriquées en Syrie. Avant même qu’elle ne sombre dans la guerre civile en 2011, son territoire était déjà utilisé par des milices libanaises pour cultiver la marijuana et la faire passer en contrebande de la, ce qui génère des recettes de millions de dollars.

«Le Captagon est fabriqué en Syrie, surtout dans les régions de Homs et d'Alep», précise le brigadier général Anwar Yahya, ancien chef de la police judiciaire libanaise, dans un entretien avec Arab News.

«À la lumière des événements qui se déroulent en Syrie, certaines des usines ont déménagé dans les villages entre le Liban et la Syrie, dans les montagnes de l’Anti-Liban et dans les régions de Qousseir et Toufail».

1
La drogue du Hezbollah, dont la valeur est chiffrée à 1,1 milliard de dollars, provient de laboratoires syriens, situés dans des régions contrôlées par le régime du président Bachar Assad. (Photo, AFP/Guardia di Finanza/Archives)

Des analystes de services de renseignement occidentaux affirment que les agents du Hezbollah ont commencé à produire du Captagon il y a plus de dix ans. Mais la drogue a commencé à prendre de l'importance parallèlement aux engagements croissants de la milice dans les conflits au Moyen-Orient.

«Le Hezbollah est-il impliqué dans la fabrication de pilules de Captagon? Seule une source des milieux judiciaires ou sécuritaires pourrait répondre à cette question», déclare Yahya.

«Cependant, la justice au Liban reste enfermée dans son mutisme. Est-ce par peur, ou cache-t-elle quelque chose? Je n'en ai aucune idée, mais nous sommes au courant des détails des enquêtes, et nous connaissons l’identité de ceux qui sont impliqués», ajoute-t-il.

Ce qui ne fait aucun doute, c'est que la vallée de la Bekaa, frontalière de la Syrie, est un foyer du Hezbollah. Ses camps d'entraînement sont éparpillés dans les hauts plateaux de la région, et il détient ses propres postes frontaliers avec la Syrie, où il intervient pour soutenir le régime d'Assad.

Hassan Dekko est l’individu le plus notable arrêté par les autorités libanaises dans la Bekaa dans ce dossier. Surnommé «roi du Captagon», Dekko détient des actifs à Toufail, une ville contrôlée par la milice pro-iranienne qui chevauche la frontière avec la Syrie.

Cependant, à la suite d'un conflit local au sujet de propriétés immobilières, Dekko est remis à l'armée libanaise. Il est accusé d'avoir établi un laboratoire de Captagon dans la région et de superviser un réseau de contrebande envoyant des pilules en Grèce et en Arabie saoudite.

«Dekko a des liens avec le Hezbollah et la quatrième division, dirigée par Maher Assad, le frère du président syrien», explique Mohammed Al-Houjairi, un député du Mouvement du futur, à Arab News.

Dès le début de 2020, des cargaisons de Captagon et d'autres drogues illicites sont saisies en Égypte, en Grèce et en Jordanie, en plus de l'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et de l'Italie. Les forces de l'ordre occidentales lient spécifiquement le Hezbollah aux saisies de drogue sur la frontière syro-jordanienne, destinées à l'Europe centrale et méridionale.

Mais quel intérêt le Hezbollah pourrait-il avoir dans la production et le trafic de drogue?

«Certains passeurs ont une formation politique ou idéologique», explique à Arab News Achraf Rifi, ancien directeur général des FSI puis ministre de la Justice du Liban dans une administration précédente. «Leurs calculs ne se font pas en termes de profit ou de perte. Ils ont plutôt des objectifs politiques, à savoir cibler la société de l'adversaire».

Les agences antidrogue américaines et européennes sont convaincues que le Hezbollah profite de ce trafic. Europol a publié un rapport en 2020 qui maintient que les membres du Hezbollah utilisent les villes européennes comme tremplin pour le commerce de «drogue et de diamants», et pour blanchir de l’argent. En 2018, le département d'État américain a classé le Hezbollah parmi les cinq premières organisations criminelles dans le monde.

1
Des pilules de Captagon et un verre qui contient de la cocaïne dans un bureau de la Division anti-narcotiques des Forces de sécurité intérieure libanaises à Beyrouth. (Photo, AFP/Archives)

Que le commerce de la drogue soit une arme ou non, il consomme certainement beaucoup de temps et des ressources du gouvernement libanais. Selon une source informée, les mesures prises par les forces de sécurité ces dernières années ont conduit à l'arrestation de plus de 15 000 personnes.

Rifi confie que certaines saisies sont «inégalées dans l'histoire d'Interpol, en termes de quantité de stupéfiants trafiqués et d'aplomb».

«Un partenariat lie le Hezbollah et la partie syrienne dans la production et la contrebande, mais le trafic peut également être entrepris unilatéralement par l'une des parties», précise-t-il.

«Les efforts pour contrer le trafic de drogue en provenance du Liban nécessitent une administration avisée. Une administration corrompue, tributaire du Hezbollah, va feindre de s'attaquer au problème, mais elle ne défend pas réellement le peuple, ni les intérêts du pays», poursuit Rifi.

Yahya est d’avis que l'unité de lutte contre les stupéfiants du Liban, une force gravement sous-financée et mal utilisée, se bat avec une main attachée dans le dos.

1
D'importantes saisies de drogue en Syrie et au Liban ont renouvelé l’attention sur le trafic de Captagon, et qui prospère à l’ombre du chaos de la guerre en Syrie. (Photo, AFP/Archives)

«Malheureusement, l'office anti-drogue de la police judiciaire est mis à l'écart. Pourtant ses dossiers remontent à des dizaines d'années, et comprennent des photos et des empreintes digitales des personnes et des réseaux impliqués» , dit-il à Arab News.

«Ce sont plutôt la Division de l'information des FSI, les douanes, l'armée ou des individus qui n'ont aucune compétence sur ces questions qui traitent ces dossiers».

Yahya souhaite que les autorités libanaises renforcent le contrôle le long des frontières, à l'aéroport et dans les ports maritimes. Selon lui, il faudrait équiper les postes frontaliers de scanners, en plus d’habiliter le bureau anti-drogue et lui fournir les outils et le personnel nécessaires.

Mais surtout, le Liban doit faire face à son effondrement économique et à sa capacité à soutenir le personnel des forces de sécurité, qui eux doivent subvenir aux besoins de leurs familles.

«Le retard dans la formation du gouvernement », affirme-t-il, «est un obstacle majeur, sinon l’obstacle principal, à l'activation de l'appareil de sécurité et au rôle de l'armée».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan signent l’accord de défense conjoint de La Mecque

Short Url
  • L’accord de défense conjoint de La Mecque prévoit que toute attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre l’ensemble des signataires

LA MECQUE : L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé vendredi à La Mecque un accord de défense visant à renforcer leur capacité de dissuasion commune et à élargir leur coopération militaire, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

L’accord de défense conjoint de La Mecque stipule qu’une attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre tous.

Selon la SPA, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre pakistanais Muhammad Shehbaz Sharif ont été reçus par le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Cour royale du palais Al-Safa, à La Mecque. Les dirigeants ont passé en revue les relations entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan et ont discuté de questions d’intérêt commun.

La SPA indique que le Sommet de La Mecque sur la défense conjointe s’est tenu sur la base des liens historiques entre les trois pays, de leur solidarité islamique, de leurs intérêts stratégiques communs et de leur étroite coopération en matière de défense.

« L’accord reflète l’engagement des trois nations à renforcer leur sécurité collective et à promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans la région ainsi que dans le reste du monde », a rapporté la SPA.

L’accord prévoit également le développement de tous les aspects de la coopération en matière de défense entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan.


Le président turc Erdogan arrive à Djeddah pour une rencontre avec le prince héritier saoudien et le Premier ministre pakistanais

Le président turc Tayyip Erdogan tient une conférence de presse lors du sommet des dirigeants de l’OTAN à Ankara, en Turquie, le 8 juillet 2026. (Reuters/Archives)
Le président turc Tayyip Erdogan tient une conférence de presse lors du sommet des dirigeants de l’OTAN à Ankara, en Turquie, le 8 juillet 2026. (Reuters/Archives)
Short Url
  • Le dirigeant turc doit rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif
  • Sharif et le chef de l’armée pakistanaise sont déjà en Arabie saoudite pour discuter des questions régionales et des relations bilatérales

ISLAMABAD : Le président turc Recep Tayyip Erdogan est arrivé vendredi à Djeddah, où il devrait rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, sur fond de tensions régionales entre les États-Unis et l’Iran.

Sharif est arrivé à Djeddah jeudi pour une visite de trois jours à la tête d’une délégation comprenant le chef des forces de défense du Pakistan, le maréchal Syed Asim Munir, ainsi que des ministres fédéraux et des responsables gouvernementaux. Le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères a indiqué que Sharif examinerait les relations bilatérales et discuterait des développements régionaux avec le prince héritier saoudien au cours de cette visite.

La visite de Sharif et d’Erdogan en Arabie saoudite intervient alors que la région du Moyen-Orient reste sous haute tension. Le président américain Donald Trump a annulé dimanche des frappes prévues contre l’Iran, affirmant que les pays du Moyen-Orient étaient parvenus à définir les « paramètres d’un accord » visant à mettre fin à la guerre avec l’Iran. Téhéran a également déclaré plus tôt cette semaine avoir conclu un accord avec Oman concernant une voie maritime pour les échanges via le détroit d’Ormuz.

La Turquie, l’Arabie saoudite, le Pakistan, le Qatar et d’autres pays de la région ont été étroitement impliqués dans les efforts visant à mettre fin à la guerre, qui a commencé en février lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l’Iran.

« Notre président, Son Excellence Recep Tayyip Erdogan, effectuera une visite de travail d’une journée en Arabie saoudite le 7 août 2026 », a écrit Burhanettin Duran, responsable de la communication de la présidence turque, sur la plateforme de médias sociaux X.

« Dans le cadre de cette visite, il est prévu que Son Excellence le Président rencontre le prince héritier et Premier ministre d’Arabie saoudite, le prince Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, ainsi que le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif. »

Les responsables pakistanais et saoudiens n’ont pas commenté la visite d’Erdogan en Arabie saoudite ni les sujets qui pourraient être abordés lors d’une éventuelle rencontre entre les dirigeants. Toutefois, l’agence de presse internationale AFP a rapporté, citant des sources, que l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan devraient signer vendredi à Djeddah un accord conjoint de défense.

Selon l’agence, les puissances régionales cherchent à renforcer leurs liens sécuritaires dans un contexte de guerre entre les États-Unis et l’Iran, qui a impliqué les États du Golfe et perturbé la navigation dans le détroit d’Ormuz et la mer Rouge.

Le Pakistan et l’Arabie saoudite ont signé un pacte de défense historique en septembre 2025. L’accord stipule qu’une attaque contre l’un des deux pays serait considérée comme une attaque contre les deux, officialisant des décennies de coopération sécuritaire entre Islamabad et Riyad.

Cet accord de défense revêt une importance particulière alors que le Pakistan est le seul État doté de l’arme nucléaire dans la région, tandis que l’Arabie saoudite est une puissance économique majeure au Moyen-Orient.

Le Pakistan joue un rôle clé dans la médiation entre les États-Unis et l’Iran depuis le début de la guerre en février. La Turquie a également joué un rôle diplomatique dans les négociations visant à mettre fin à la guerre à Gaza. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


La coalition maritime dirigée par l’Arabie saoudite devrait s’élargir, selon son nouveau commandant

Le ministère de la Défense annonce la nomination du contre-amiral Abdullah bin Salem Al-Shehri au poste de commandant de la Coalition multinationale de défense maritime. (X : @modgovksa)
Le ministère de la Défense annonce la nomination du contre-amiral Abdullah bin Salem Al-Shehri au poste de commandant de la Coalition multinationale de défense maritime. (X : @modgovksa)
Short Url
  • L’adhésion reste ouverte à tous les pays souhaitant participer, a déclaré Al-Shehri
  • Le contre-amiral Abdullah bin Salem Al-Shehri est le nouveau dirigeant

RIYAD: Plusieurs pays ont officiellement rejoint la Coalition multinationale de défense maritime dirigée par l’Arabie saoudite, et d’autres devraient suivre, a déclaré jeudi le nouveau commandant de la coalition, alors que le Royaume intensifie ses efforts pour protéger les voies maritimes en mer Rouge, dans le détroit de Bab Al-Mandab et dans le golfe d’Aden.

Le contre-amiral Abdullah bin Salem Al-Shehri, commandant de la coalition, a indiqué que plusieurs pays avaient annoncé leur adhésion après la réunion fondatrice de la coalition à Riyad, tandis que d’autres finalisaient leurs procédures nationales avant de rejoindre l’initiative, selon l’Agence de presse saoudienne.

L’adhésion reste ouverte à tous les pays souhaitant participer, a-t-il déclaré.

« L’accueil par le Royaume de 43 pays lors de la réunion fondatrice de la coalition constitue une preuve concluante d’un large consensus international selon lequel la sécurité des voies navigables internationales est une responsabilité collective », a déclaré Al-Shehri.

Il a souligné que la coalition était « strictement défensive » et qu’elle « ne ciblait aucun pays, organisation ou coalition », ajoutant qu’elle fonctionnerait conformément à la Charte des Nations unies, au droit international et dans le plein respect de la souveraineté des États.

L’Arabie saoudite et 13 autres pays ont formé la coalition la semaine dernière afin de protéger la liberté de navigation, le commerce international et les routes d’approvisionnement énergétique dans le détroit de Bab Al-Mandab et en mer Rouge.

Le Royaume a annoncé la création de la coalition après avoir accueilli à Riyad des représentants de 43 pays.

Al-Shehri a déclaré que la coalition visait à renforcer la coordination entre les pays participants afin de garantir la liberté de navigation, protéger le transport maritime commercial et sécuriser les approvisionnements énergétiques mondiaux transitant par le détroit de Bab Al-Mandab, la mer Rouge et le golfe d’Aden.

Il a ajouté que le rôle de l’Arabie saoudite dans l’accueil du siège de la coalition et dans sa direction témoignait de l’engagement du Royaume à renforcer la sécurité régionale et internationale grâce à une coopération multilatérale.

Al-Shehri a été nommé jeudi commandant de la Coalition multinationale de défense maritime chargée des principales voies maritimes régionales, a annoncé le ministère de la Défense du Royaume dans un communiqué.

Cette nomination s’inscrit dans la poursuite de la mise en œuvre des dispositions fondatrices de la coalition, créée le 30 juillet 2026, et vise à renforcer sa capacité opérationnelle, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

La décision « reflète l’engagement des États fondateurs à achever la structure de commandement de la coalition, renforçant ainsi sa capacité à mener sa mission de défense au service de la sécurité maritime ».

Le rapport ajoute que la coalition aura pour mission de « préserver la liberté de navigation, sécuriser les routes maritimes et les détroits stratégiques, ainsi que protéger le commerce international et les chaînes d’approvisionnement mondiales ».

Le commandant dirigera les opérations conjointes de défense maritime, la planification opérationnelle et la coordination entre les États membres ainsi qu’avec d’autres coalitions maritimes, et supervisera la mise en œuvre des activités et missions communes.

« Cette nomination contribue également à la mise en place des structures de commandement et d’état-major conjoints de la coalition, renforce sa capacité à accueillir de nouveaux États membres et à intégrer leurs capacités, et permet le lancement de ses programmes et initiatives », indique le rapport.

La coalition favorisera la coopération en matière de partage d’informations, de développement des capacités, de formation et d’exercices conjoints. « Le processus d’adhésion de nouveaux pays s’est poursuivi depuis l’annonce de la création de la coalition. »

Certains pays ont achevé la signature de la déclaration commune, tandis que d’autres finalisent leurs procédures nationales pour rejoindre la coalition.

Selon le ministère, une déclaration sera publiée ultérieurement afin d’identifier les pays ayant achevé le processus de signature, reflétant l’élargissement continu des membres fondateurs de la coalition.

La prochaine étape de l’établissement de la coalition sera une réunion de planification prévue les 12 et 13 août 2026, destinée à finaliser les exigences institutionnelles restantes et à faciliter la signature de la déclaration commune et de la charte par de nouveaux pays. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com