Le Hezbollah a construit un empire de la drogue à travers une «stratégie narcoterroriste»

Le Hezbollah est accusé de tirer parti du chaos qui règne en Syrie pour produire de la drogue dans un pays déchiré par la guerre et de l'exporter à des fins lucratives. Les agences antidrogue ont déjoué ces derniers temps de nombreuses opérations de contrebande (Photo, AFP).
Le Hezbollah est accusé de tirer parti du chaos qui règne en Syrie pour produire de la drogue dans un pays déchiré par la guerre et de l'exporter à des fins lucratives. Les agences antidrogue ont déjoué ces derniers temps de nombreuses opérations de contrebande (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 03 mai 2021

Le Hezbollah a construit un empire de la drogue à travers une «stratégie narcoterroriste»

  • En raison des amphétamines détectées dans deux lots de marchandises, le Royaume s'est vu dans l'obligation d'interdire l'importation de fruits et de légumes en provenance du Liban
  • Les pilules proviennent probablement de Syrie, pays où la production de drogues a explosé dans les régions contrôlées par le régime d'Al-Assad au cours de la guerre

DUBAÏ: Les fruits et légumes du Liban ne sont plus les bienvenus en Arabie saoudite. Cette décision intervient après une tentative de contrebande de stupéfiants dissimulés dans des grenades, déjouée grâce à la vigilance des autorités portuaires du Royaume.

En effet, les douanes du Jeddah Islamic Port (port islamique de Djeddah) ont saisi le mois dernier plus de 5 millions de pilules de Captagon, astucieusement camouflées dans une cargaison de grenades en provenance du Liban. Par ailleurs, des pilules d'amphétamine dissimulées dans une cargaison de grenades venant également du Liban ont également été interceptées dans le King Abdulaziz Port (port du roi Abdelaziz) de Dammam.

Le Royaume a réagi à cet incident en bannissant l'importation et le transit de fruits et légumes arrivant du Liban.

Walid al-Bukhari, ambassadeur d'Arabie saoudite au Liban, a révélé que, au cours des six dernières années, plusieurs tentatives avaient eu lieu pour acheminer clandestinement plus de 600 millions de comprimés en provenance du Liban.

Soulignant l'impact considérable de la saisie des stupéfiants et de l'interdiction d'importation sur l’économie, Michel Moawad, un politicien libanais qui a démissionné du Parlement pour dénoncer les explosions du 4 août 2020 à Beyrouth, affirme que les agriculteurs et les importateurs légitimes «paient aujourd'hui un lourd tribut à cause des trafiquants de Captagon».

«Que gagnons-nous en exportant des missiles, des milices et des stupéfiants? Quel intérêt avons-nous à nous montrer hostiles à l'égard des Arabes et de la communauté internationale, et lorsque nous allons combattre au Yémen et dans d'autres endroits?», lance Michel Moawad.

M. Moawad n'a certes pas eu besoin de nommer explicitement le Hezbollah lorsqu'il a exigé que le Liban «reste totalement souverain, exempt de bastions sécuritaires, d'armes illégales, de missiles, de camps d'entraînement militaire pour les Houthis, et d'usines de Captagon».

Sur cette photo, on voit exposés les comprimés de Captagon interceptés par les agents du service antidrogue de l'État saoudien dans une cargaison de grenades en provenance du Liban (Photo, SPA).

En outre, il est fort probable que la tentative avortée pour introduire cette amphétamine en Arabie saoudite soit liée au groupe chiite affilié à l'Iran et qui dispose d'une branche militaire active, confie une source anonyme citée par The Independent Persian.

Selon cette source, le Hezbollah est réputé pour la contrebande de drogues, notamment du Captagon fabriqué en Syrie; le groupe réfute fermement cette accusation.

La même source précise également que le Hezbollah exerce un contrôle absolu sur l'ensemble des activités liées à la drogue, compte tenu de l'autorité qu'il exerce sur les postes de contrôle frontaliers, «tant légaux qu'illégaux», qui existent entre la Syrie et le Liban. À ce jour, les officiels et les politiciens du Hezbollah n'ont pas fait de commentaires au sujet de ces accusations.

Les services de sécurité du Liban ont interpellé à ce jour quatre personnes soupçonnées d'être liées à la cargaison confisquée. Selon les médias locaux, les grenades qui provenaient de Syrie seraient passées par le poste de contrôle frontalier d'Al-Masnaa ou par celui d'Al-Aboudieh, au nord du pays.

Ainsi, le certificat d'origine syrien a été remplacé par un certificat libanais et le lot a été expédié à destination de l'Arabie saoudite via le port de Beyrouth, qui ne possède aucun dispositif de détection des drogues. La source citée par The Independent Persian affirme que «le Captagon est fabriqué en Syrie, transporté à Beyrouth puis expédié dans le Royaume».

Grâce à un renseignement fourni par la Drug Enforcement Administration (DEA) [agence fédérale américaine chargée de lutter contre le trafic de drogue aux États-Unis, NDLR], les autorités grecques ont saisi au mois d’avril dernier au Pirée, le port principal du pays, plus de quatre tonnes de cannabis dissimulées dans une cargaison de machines servant à confectionner des desserts. Cette cargaison provenait également du Liban et se dirigeait vers la Slovaquie.

Les autorités grecques ont fait savoir que la valeur marchande de la drogue était estimée à 4 millions de dollars (1 dollar = 0,83 euro) et qu'elles avaient été aidées par l'Agence saoudienne de lutte contre la drogue pour mener à bien cette opération.

Des partisans du Hezbollah, mouvement chiite, circulent dans un convoi à Kfar Kila, à la frontière entre le Liban et Israël, le 25 octobre 2019 (Photo, AFP).

Au mois de janvier dernier, un documentaire diffusé par la BBC montre la police italienne en train de brûler 85 millions de pilules d'amphétamine de 14 tonnes confisquées en juin 2020. La police qui lutte contre les crimes financiers de l'Italie a révélé que cette marchandise provenait du port syrien de Lattaquié.

D'après le documentaire de la BBC, cette contrebande, initialement soupçonnée d'être acheminée par Daech, provenait en réalité de Syrie. Le documentaire avance en outre que le régime syrien et son allié, le Hezbollah, utilisent le commerce de la drogue comme principale source de financement.

La taille de la cargaison laisse présager que ces pilules d'amphétamine sont fabriquées à très grande échelle dans des usines en bonne et due forme; cela dépasse manifestement les capacités de Daech, qui a perdu la majeure partie de son territoire. Les régions contrôlées par le président syrien, Bachar al-Assad, constituent donc la source la plus probable de ces pilules.

Toutefois, le rapport de la BBC précise que le Captagon est illégalement produit au Liban. Pour leur part, les autorités italiennes n'ont pas révélé l'identité du fabricant éventuel de ces comprimés; elles ont néanmoins affirmé qu'ils provenaient de Lattaquié.

En effet, la production de stupéfiants illégale semble avoir augmenté de manière exponentielle en Syrie au cours de la guerre civile. Elle constitue désormais une source de revenus dont le régime d'Al-Assad a cruellement besoin. Ce dernier, ainsi que ses alliés étrangers, se servent des recettes générées par le trafic de drogue pour contourner les sanctions imposées par l'Occident.

Les stupéfiants tels que les comprimés de Captagon et le haschisch constituent des sources de revenus importantes pour le Hezbollah et le régime syrien (Photo, AFP).

L'amphétamine contenue dans le Captagon est également connue pour son efficacité à inhiber la peur et à stimuler l'esprit. Ces effets s’avèrent utiles au cours des combats interminables qui sévissent dans les régions du Moyen-Orient ravagées par la guerre.

Ces dernières années, les autorités d'Arabie saoudite, du Koweït, des Émirats arabes unis et de Jordanie, parmi d'autres pays, ont confisqué d'énormes quantités de Captagon dissimulées dans des cargaisons provenant le plus souvent de Syrie.

Au mois de janvier dernier, le dirigeant du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a déclaré dans une allocution télévisée que les accusations selon lesquelles il serait impliqué dans la production d'amphétamines étaient «infondées».

«Notre position au sujet des drogues, quelles qu'elles soient, est [claire]. La religion nous interdit de les fabriquer, de les vendre, de les acheter, de les trafiquer et de les consommer. Dans certains cas, la punition peut même être l'exécution, selon les lois de la charia», a-t-il affirmé.

Néanmoins, les agences de lutte contre la drogue américaines et européennes restent persuadées pour leur part que le Hezbollah exploite le commerce de la drogue. Europol, une agence européenne chargée de faire appliquer la loi, a émis en 2020 un rapport dans lequel elle met en garde contre l'activité de membres du Hezbollah dans les villes européennes où ils vendent «de la drogue et des diamants» et blanchissent les profits obtenus par ce commerce.

En chiffres

10 100: nombre de paquets de haschisch saisis à la frontière entre la Syrie et la Jordanie en 2020.

4,1 millions: nombre de pilules de Captagon saisies à la frontière entre la Syrie et la Jordanie en 2020.

4 millions de dollars: valeur marchande des stupéfiants saisis en avril par la Grèce, avec le soutien de l'Arabie saoudite.

24 millions de dollars: valeur du commerce annuel de fruits et légumes du Liban avec l'Arabie saoudite avant la suspension.

85 millions de dollars: valeur des comprimés d'amphétamine saisis en Italie au mois de juin 2020.

En 2018, le département d'État américain a classé le Hezbollah parmi les cinq principales organisations criminelles au niveau mondial. Des rapports indiquent que le groupe islamiste a intensifié ses opérations criminelles ces derniers temps, agissant ainsi selon les directives de l'Iran qui souhaite générer des revenus afin de contourner les sanctions américaines.

Pour sa part, la police israélienne a accusé le Hezbollah de contrebande de haschisch en Israël.

En effet, le Liban compte parmi les principaux producteurs de cannabis, abondamment cultivé dans les bastions du Hezbollah, notamment à Baalbek et à Hermel.

L'année dernière, le département d'État américain et les services de renseignement de Washington ont annoncé que de nombreuses preuves étayaient les accusations qui lient le Hezbollah à des activités criminelles en Amérique du Sud et en Europe, et notamment au trafic de drogue.

Un agent saoudien de la brigade antidrogue expose les grenades et les comprimés de Captagon importés du Liban (Photo, SPA).

De nombreux Libanais font l'objet de sanctions imposées par le Trésor américain dès 2009 en raison de leurs connexions avec le crime organisé, en particulier le trafic de drogue et le blanchiment d'argent. Bon nombre des personnes sanctionnées sont liées au Hezbollah.

En outre, le Hezbollah entretient des liens étroits avec la région tri-frontalière que sont le Paraguay, l'Argentine et le Brésil en Amérique du Sud. Cette zone abrite plus de 5 millions d’individus originaires du Liban. Des personnes qui vivent dans cette région sont soupçonnées de faciliter et de dissimuler les opérations de trafic de drogue, de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme du Hezbollah.

Selon Antoine Kanaan, rédacteur en chef de la Lebanon Law Review, il ne fait aucun doute que le Hezbollah est derrière le Captagon retrouvé dans la cargaison de grenades qui a atterri à Djeddah.

Le journaliste soutient que la culture des grenades ne revêt pas un caractère commercial au Liban et qu'il s'agit d'un fruit secondaire, dont la culture se limite à «des parcelles de terre modestes, comme les vergers et les jardins privés».

Les grenades constituent l'une des principales exportations agricoles du Liban à destination de l'Arabie saoudite (Photo, SPA).

En revanche, la Syrie est réputée pour la production de grenades, notamment dans des régions comme Deraa, confie-t-il à Arab News.

«Les grenades ont donc transité du Liban vers l'Arabie saoudite depuis la Syrie», explique M. Kanaan, qui pense que c’est au Liban que le Captagon a été introduit dans les fruits.

La quantité de Captagon et l'ingéniosité du montage attestent de l'implication du Hezbollah, ou du moins de son consentement et de son implication dans le partage des bénéfices, selon ajoute le rédacteur en chef de la Lebanon Law Review. Il rappelle par ailleurs que, au Liban, tout est régi par le consensus, y compris les drogues.

«Le Hezbollah représente le premier fournisseur de Captagon dans la région et aucun commerçant libanais indépendant, ni même le gouvernement syrien, n'aurait osé monter ce coup sans faire appel au Hezbollah», affirme-t-il.

Pour ce qui est du motif du transfert de la drogue en Arabie saoudite, M. Kanaan explique qu’«on peut penser, mais c'est peu probable, qu'elle se dirigeait vers le Yémen pour alimenter les combattants [houthis soutenus par l'Iran]».

En vue de financer ses forces paramilitaires, le Hezbollah, mouvement chiite libanais soutenu par l'Iran, exporte de la drogue vers des pays qu’il considère comme non alliés, tels que l'Arabie saoudite (Photo, AFP).

Le général de brigade Adel Machmouchi, ancien responsable du département antidrogue au sein des Forces de sécurité intérieure du Liban, estime que la marchandise interceptée à Djeddah montre que le Liban ne coopère pas avec les organismes internationaux de lutte contre la drogue.

Dans une interview télévisée diffusée le week-end dernier, il a annoncé qu'il incombait aux ministères et aux organes de sécurité compétents du Liban d'exercer un «contrôle plus efficace et plus rigoureux» sur les zones de culture et de production illégales de drogues, dans la plaine de la Bekaa ainsi qu’au nord du Liban.

Il a conseillé au gouvernement de convertir ces activités illégales en projets légitimes et productifs.

Pour le général Machmouchi, les sanctions «ne sont pas suffisamment sévères pour réprimer les crimes liés à la production, au trafic et à la contrebande de drogues» et il convient de les durcir afin qu'elles jouent un rôle dissuasif.

Adel Machmouchi affirme que le Liban compte environ vingt usines de production de comprimés de Captagon.

«Les services antidrogue du Liban sont tenus de [joindre leurs forces] avec celles de leurs homologues en Arabie saoudite et dans d'autres pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) de manière à contrer ce crime et à éviter que le Liban ne serve de tremplin à la contrebande de drogues», prévient le général Machmouchi.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Nouvel embrasement au Liban: quatre soldats israéliens tués, « tout le Liban doit brûler» estime Ben Gvir 

Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
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  • "Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé
  • Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI)

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

Il s'agit des bombardements les plus massifs et du bilan le plus lourd depuis l'annonce lundi d'un protocole irano-américain, qui prévoit une cessation des hostilités, y compris au Liban, où s'affrontent Israël et le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran.

"Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé dans un communiqué.

Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI).

D'autres frappes israéliennes ont visé la région de Baalbek dans l'est du pays, relativement épargnée depuis le début du conflit le 2 mars.

De nombreux habitants ont fui le sud après ces raids, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI). Des voitures bondées, avec matelas et effets personnels, ont envahi les routes, quittant la région de Tyr, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Tout le Liban doit brûler" 

L'armée israélienne a affirmé de son côté avoir frappé des infrastructures du Hezbollah en riposte à la mort de ces soldats, dont le char a été touché peu après minuit dans la zone de Kfar Tebnit, près de Nabatiyé.

Les correspondants militaires des médias israéliens évoquent l'impact d'"un missile ou d'un drone".

"Le lieutenant-colonel Dor Gedalia Ben Simhon est tombé au combat" dans le sud du Liban avec "trois autres soldats" dont les noms seront publiés ultérieurement, a précisé l'armée. Elle dénonce les "violations répétées du cessez-le-feu par le Hezbollah", qui "continue de préparer et mener des attaques terroristes contre des soldats israéliens".

"Tout le Liban doit brûler", a réagi de son côté le ministre de la Sécurité nationale israélien Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite et allié politique clef du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Ça suffit le ping-pong. Au Proche-Orient, on ne gagne pas avec des réactions mesurées et de la retenue", a-t-il ajouté. "Il faut être fou, éradiquer. Et vaincre le terrorisme".

"Il faut faire parler le feu (...) Ouvrir les portes de l'enfer", a déclaré sur X son collègue et rival d'extrême droite Bezalel Smotrich, ministre des Finances, sans mentionner explicitement le Liban mais en faisant allusion à la mort des soldats.

Dans une déclaration publiée au petit matin, le groupe pro-iranien a annoncé que ses combattants avaient ciblé les forces israéliennes près des collines d'Ali Taher, qui surplombent la ville de Nabatiyé, par des tirs "de roquettes et d'obus de mortier".

Il avait affirmé dans la nuit avoir détruit trois chars israéliens lors d'affrontements entre ses combattants et une unité de l'armée israélienne dans le sud du Liban.


Netanyahu : l'armée israélienne restera dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire»

Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
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  • L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué
  • Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran

JERUSALEM: Israël restera au Liban "aussi longtemps que nécessaire" a affirmé vendredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ajoutant que son pays ferait "payer un prix très lourd" au mouvement islamiste Hezbollah, après l'annonce de la mort de quatre soldats en opération.

L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué. "Israël n'acceptera aucune attaque contre nos soldats ou notre territoire", ajoute-t-il.

Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran.

 

 

 


Israël continuera à opérer dans le sud du Liban 

 L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
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  • Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban
  • Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais.

L'armée a publié une carte de ce qu'elle déclare être son "espace de sécurité", s'étendant sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.

Elle indique que des troupes continueront d'y être déployées "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Un responsable militaire israélien a précisé que l'armée pourrait également agir pour "neutraliser" les risques identifiés au-delà de la zone de sécurité, et appelé les civils libanais à ne pas y pénétrer.

Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban et le Hezbollah pro-iranien n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël.

Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais.

L'armée israélienne a pour sa part annoncé la mort de l'un de ses soldats dans la nuit de mercredi à jeudi, lors d'un incident survenu dans le sud du Liban. Sept soldats ont également été blessés.

Le groupe armé Hezbollah soutenu par l'Iran a entraîné le Liban dans la guerre début mars en attaquant Israël pour venger l'assassinat du guide suprême de la République islamique au début de la campagne américano-israélienne.

Israël a riposté par de vastes frappes à travers le Liban et par le lancement d'une invasion terrestre dans le sud, région frontalière d'Israël et de longue date sous l'influence du Hezbollah.

Le Liban et Israël mènent depuis avril des pourparlers directs à Washington afin de tenter de mettre fin aux hostilités et de dissocier leur conflit de la guerre régionale.

"D'autres étapes sont en cours de discussion" dans le cadre de ces pourparlers, a déclaré jeudi la même source militaire, ajoutant que "les représentants se rencontreront à nouveau la semaine prochaine".