Le Hezbollah a construit un empire de la drogue à travers une «stratégie narcoterroriste»

Le Hezbollah est accusé de tirer parti du chaos qui règne en Syrie pour produire de la drogue dans un pays déchiré par la guerre et de l'exporter à des fins lucratives. Les agences antidrogue ont déjoué ces derniers temps de nombreuses opérations de contrebande (Photo, AFP).
Le Hezbollah est accusé de tirer parti du chaos qui règne en Syrie pour produire de la drogue dans un pays déchiré par la guerre et de l'exporter à des fins lucratives. Les agences antidrogue ont déjoué ces derniers temps de nombreuses opérations de contrebande (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 03 mai 2021

Le Hezbollah a construit un empire de la drogue à travers une «stratégie narcoterroriste»

  • En raison des amphétamines détectées dans deux lots de marchandises, le Royaume s'est vu dans l'obligation d'interdire l'importation de fruits et de légumes en provenance du Liban
  • Les pilules proviennent probablement de Syrie, pays où la production de drogues a explosé dans les régions contrôlées par le régime d'Al-Assad au cours de la guerre

DUBAÏ: Les fruits et légumes du Liban ne sont plus les bienvenus en Arabie saoudite. Cette décision intervient après une tentative de contrebande de stupéfiants dissimulés dans des grenades, déjouée grâce à la vigilance des autorités portuaires du Royaume.

En effet, les douanes du Jeddah Islamic Port (port islamique de Djeddah) ont saisi le mois dernier plus de 5 millions de pilules de Captagon, astucieusement camouflées dans une cargaison de grenades en provenance du Liban. Par ailleurs, des pilules d'amphétamine dissimulées dans une cargaison de grenades venant également du Liban ont également été interceptées dans le King Abdulaziz Port (port du roi Abdelaziz) de Dammam.

Le Royaume a réagi à cet incident en bannissant l'importation et le transit de fruits et légumes arrivant du Liban.

Walid al-Bukhari, ambassadeur d'Arabie saoudite au Liban, a révélé que, au cours des six dernières années, plusieurs tentatives avaient eu lieu pour acheminer clandestinement plus de 600 millions de comprimés en provenance du Liban.

Soulignant l'impact considérable de la saisie des stupéfiants et de l'interdiction d'importation sur l’économie, Michel Moawad, un politicien libanais qui a démissionné du Parlement pour dénoncer les explosions du 4 août 2020 à Beyrouth, affirme que les agriculteurs et les importateurs légitimes «paient aujourd'hui un lourd tribut à cause des trafiquants de Captagon».

«Que gagnons-nous en exportant des missiles, des milices et des stupéfiants? Quel intérêt avons-nous à nous montrer hostiles à l'égard des Arabes et de la communauté internationale, et lorsque nous allons combattre au Yémen et dans d'autres endroits?», lance Michel Moawad.

M. Moawad n'a certes pas eu besoin de nommer explicitement le Hezbollah lorsqu'il a exigé que le Liban «reste totalement souverain, exempt de bastions sécuritaires, d'armes illégales, de missiles, de camps d'entraînement militaire pour les Houthis, et d'usines de Captagon».

Sur cette photo, on voit exposés les comprimés de Captagon interceptés par les agents du service antidrogue de l'État saoudien dans une cargaison de grenades en provenance du Liban (Photo, SPA).

En outre, il est fort probable que la tentative avortée pour introduire cette amphétamine en Arabie saoudite soit liée au groupe chiite affilié à l'Iran et qui dispose d'une branche militaire active, confie une source anonyme citée par The Independent Persian.

Selon cette source, le Hezbollah est réputé pour la contrebande de drogues, notamment du Captagon fabriqué en Syrie; le groupe réfute fermement cette accusation.

La même source précise également que le Hezbollah exerce un contrôle absolu sur l'ensemble des activités liées à la drogue, compte tenu de l'autorité qu'il exerce sur les postes de contrôle frontaliers, «tant légaux qu'illégaux», qui existent entre la Syrie et le Liban. À ce jour, les officiels et les politiciens du Hezbollah n'ont pas fait de commentaires au sujet de ces accusations.

Les services de sécurité du Liban ont interpellé à ce jour quatre personnes soupçonnées d'être liées à la cargaison confisquée. Selon les médias locaux, les grenades qui provenaient de Syrie seraient passées par le poste de contrôle frontalier d'Al-Masnaa ou par celui d'Al-Aboudieh, au nord du pays.

Ainsi, le certificat d'origine syrien a été remplacé par un certificat libanais et le lot a été expédié à destination de l'Arabie saoudite via le port de Beyrouth, qui ne possède aucun dispositif de détection des drogues. La source citée par The Independent Persian affirme que «le Captagon est fabriqué en Syrie, transporté à Beyrouth puis expédié dans le Royaume».

Grâce à un renseignement fourni par la Drug Enforcement Administration (DEA) [agence fédérale américaine chargée de lutter contre le trafic de drogue aux États-Unis, NDLR], les autorités grecques ont saisi au mois d’avril dernier au Pirée, le port principal du pays, plus de quatre tonnes de cannabis dissimulées dans une cargaison de machines servant à confectionner des desserts. Cette cargaison provenait également du Liban et se dirigeait vers la Slovaquie.

Les autorités grecques ont fait savoir que la valeur marchande de la drogue était estimée à 4 millions de dollars (1 dollar = 0,83 euro) et qu'elles avaient été aidées par l'Agence saoudienne de lutte contre la drogue pour mener à bien cette opération.

Des partisans du Hezbollah, mouvement chiite, circulent dans un convoi à Kfar Kila, à la frontière entre le Liban et Israël, le 25 octobre 2019 (Photo, AFP).

Au mois de janvier dernier, un documentaire diffusé par la BBC montre la police italienne en train de brûler 85 millions de pilules d'amphétamine de 14 tonnes confisquées en juin 2020. La police qui lutte contre les crimes financiers de l'Italie a révélé que cette marchandise provenait du port syrien de Lattaquié.

D'après le documentaire de la BBC, cette contrebande, initialement soupçonnée d'être acheminée par Daech, provenait en réalité de Syrie. Le documentaire avance en outre que le régime syrien et son allié, le Hezbollah, utilisent le commerce de la drogue comme principale source de financement.

La taille de la cargaison laisse présager que ces pilules d'amphétamine sont fabriquées à très grande échelle dans des usines en bonne et due forme; cela dépasse manifestement les capacités de Daech, qui a perdu la majeure partie de son territoire. Les régions contrôlées par le président syrien, Bachar al-Assad, constituent donc la source la plus probable de ces pilules.

Toutefois, le rapport de la BBC précise que le Captagon est illégalement produit au Liban. Pour leur part, les autorités italiennes n'ont pas révélé l'identité du fabricant éventuel de ces comprimés; elles ont néanmoins affirmé qu'ils provenaient de Lattaquié.

En effet, la production de stupéfiants illégale semble avoir augmenté de manière exponentielle en Syrie au cours de la guerre civile. Elle constitue désormais une source de revenus dont le régime d'Al-Assad a cruellement besoin. Ce dernier, ainsi que ses alliés étrangers, se servent des recettes générées par le trafic de drogue pour contourner les sanctions imposées par l'Occident.

Les stupéfiants tels que les comprimés de Captagon et le haschisch constituent des sources de revenus importantes pour le Hezbollah et le régime syrien (Photo, AFP).

L'amphétamine contenue dans le Captagon est également connue pour son efficacité à inhiber la peur et à stimuler l'esprit. Ces effets s’avèrent utiles au cours des combats interminables qui sévissent dans les régions du Moyen-Orient ravagées par la guerre.

Ces dernières années, les autorités d'Arabie saoudite, du Koweït, des Émirats arabes unis et de Jordanie, parmi d'autres pays, ont confisqué d'énormes quantités de Captagon dissimulées dans des cargaisons provenant le plus souvent de Syrie.

Au mois de janvier dernier, le dirigeant du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a déclaré dans une allocution télévisée que les accusations selon lesquelles il serait impliqué dans la production d'amphétamines étaient «infondées».

«Notre position au sujet des drogues, quelles qu'elles soient, est [claire]. La religion nous interdit de les fabriquer, de les vendre, de les acheter, de les trafiquer et de les consommer. Dans certains cas, la punition peut même être l'exécution, selon les lois de la charia», a-t-il affirmé.

Néanmoins, les agences de lutte contre la drogue américaines et européennes restent persuadées pour leur part que le Hezbollah exploite le commerce de la drogue. Europol, une agence européenne chargée de faire appliquer la loi, a émis en 2020 un rapport dans lequel elle met en garde contre l'activité de membres du Hezbollah dans les villes européennes où ils vendent «de la drogue et des diamants» et blanchissent les profits obtenus par ce commerce.

En chiffres

10 100: nombre de paquets de haschisch saisis à la frontière entre la Syrie et la Jordanie en 2020.

4,1 millions: nombre de pilules de Captagon saisies à la frontière entre la Syrie et la Jordanie en 2020.

4 millions de dollars: valeur marchande des stupéfiants saisis en avril par la Grèce, avec le soutien de l'Arabie saoudite.

24 millions de dollars: valeur du commerce annuel de fruits et légumes du Liban avec l'Arabie saoudite avant la suspension.

85 millions de dollars: valeur des comprimés d'amphétamine saisis en Italie au mois de juin 2020.

En 2018, le département d'État américain a classé le Hezbollah parmi les cinq principales organisations criminelles au niveau mondial. Des rapports indiquent que le groupe islamiste a intensifié ses opérations criminelles ces derniers temps, agissant ainsi selon les directives de l'Iran qui souhaite générer des revenus afin de contourner les sanctions américaines.

Pour sa part, la police israélienne a accusé le Hezbollah de contrebande de haschisch en Israël.

En effet, le Liban compte parmi les principaux producteurs de cannabis, abondamment cultivé dans les bastions du Hezbollah, notamment à Baalbek et à Hermel.

L'année dernière, le département d'État américain et les services de renseignement de Washington ont annoncé que de nombreuses preuves étayaient les accusations qui lient le Hezbollah à des activités criminelles en Amérique du Sud et en Europe, et notamment au trafic de drogue.

Un agent saoudien de la brigade antidrogue expose les grenades et les comprimés de Captagon importés du Liban (Photo, SPA).

De nombreux Libanais font l'objet de sanctions imposées par le Trésor américain dès 2009 en raison de leurs connexions avec le crime organisé, en particulier le trafic de drogue et le blanchiment d'argent. Bon nombre des personnes sanctionnées sont liées au Hezbollah.

En outre, le Hezbollah entretient des liens étroits avec la région tri-frontalière que sont le Paraguay, l'Argentine et le Brésil en Amérique du Sud. Cette zone abrite plus de 5 millions d’individus originaires du Liban. Des personnes qui vivent dans cette région sont soupçonnées de faciliter et de dissimuler les opérations de trafic de drogue, de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme du Hezbollah.

Selon Antoine Kanaan, rédacteur en chef de la Lebanon Law Review, il ne fait aucun doute que le Hezbollah est derrière le Captagon retrouvé dans la cargaison de grenades qui a atterri à Djeddah.

Le journaliste soutient que la culture des grenades ne revêt pas un caractère commercial au Liban et qu'il s'agit d'un fruit secondaire, dont la culture se limite à «des parcelles de terre modestes, comme les vergers et les jardins privés».

Les grenades constituent l'une des principales exportations agricoles du Liban à destination de l'Arabie saoudite (Photo, SPA).

En revanche, la Syrie est réputée pour la production de grenades, notamment dans des régions comme Deraa, confie-t-il à Arab News.

«Les grenades ont donc transité du Liban vers l'Arabie saoudite depuis la Syrie», explique M. Kanaan, qui pense que c’est au Liban que le Captagon a été introduit dans les fruits.

La quantité de Captagon et l'ingéniosité du montage attestent de l'implication du Hezbollah, ou du moins de son consentement et de son implication dans le partage des bénéfices, selon ajoute le rédacteur en chef de la Lebanon Law Review. Il rappelle par ailleurs que, au Liban, tout est régi par le consensus, y compris les drogues.

«Le Hezbollah représente le premier fournisseur de Captagon dans la région et aucun commerçant libanais indépendant, ni même le gouvernement syrien, n'aurait osé monter ce coup sans faire appel au Hezbollah», affirme-t-il.

Pour ce qui est du motif du transfert de la drogue en Arabie saoudite, M. Kanaan explique qu’«on peut penser, mais c'est peu probable, qu'elle se dirigeait vers le Yémen pour alimenter les combattants [houthis soutenus par l'Iran]».

En vue de financer ses forces paramilitaires, le Hezbollah, mouvement chiite libanais soutenu par l'Iran, exporte de la drogue vers des pays qu’il considère comme non alliés, tels que l'Arabie saoudite (Photo, AFP).

Le général de brigade Adel Machmouchi, ancien responsable du département antidrogue au sein des Forces de sécurité intérieure du Liban, estime que la marchandise interceptée à Djeddah montre que le Liban ne coopère pas avec les organismes internationaux de lutte contre la drogue.

Dans une interview télévisée diffusée le week-end dernier, il a annoncé qu'il incombait aux ministères et aux organes de sécurité compétents du Liban d'exercer un «contrôle plus efficace et plus rigoureux» sur les zones de culture et de production illégales de drogues, dans la plaine de la Bekaa ainsi qu’au nord du Liban.

Il a conseillé au gouvernement de convertir ces activités illégales en projets légitimes et productifs.

Pour le général Machmouchi, les sanctions «ne sont pas suffisamment sévères pour réprimer les crimes liés à la production, au trafic et à la contrebande de drogues» et il convient de les durcir afin qu'elles jouent un rôle dissuasif.

Adel Machmouchi affirme que le Liban compte environ vingt usines de production de comprimés de Captagon.

«Les services antidrogue du Liban sont tenus de [joindre leurs forces] avec celles de leurs homologues en Arabie saoudite et dans d'autres pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) de manière à contrer ce crime et à éviter que le Liban ne serve de tremplin à la contrebande de drogues», prévient le général Machmouchi.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Israël et le Liban conditionnent un cessez-le-feu à l'arrêt des tirs du Hezbollah

Cette photographie prise depuis la région de Marjayoun, dans le sud du Liban, montre de la fumée s’élevant du site d’une frappe israélienne ayant visé le village de Kfar Tibnit le 3 juin 2026, quelques heures avant que le Liban et Israël ne conviennent de renouveler leur fragile cessez-le-feu. (AFP)
Cette photographie prise depuis la région de Marjayoun, dans le sud du Liban, montre de la fumée s’élevant du site d’une frappe israélienne ayant visé le village de Kfar Tibnit le 3 juin 2026, quelques heures avant que le Liban et Israël ne conviennent de renouveler leur fragile cessez-le-feu. (AFP)
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  • Israël et le Liban ont accepté un projet de cessez-le-feu, conditionné à l’arrêt des attaques du Hezbollah et à son retrait du sud du Litani
  • Les combats se poursuivent malgré les discussions, avec de nouvelles frappes israéliennes et attaques du Hezbollah

BEYROUTH: Israël et le Liban sont convenus mercredi, à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington, de conditionner un cessez-le-feu à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah et de créer des "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise.

Ce développement intervient après de nouvelles frappes israéliennes qui ont fait au moins 10 morts mercredi au Liban et après de nouveaux tirs revendiqués par le Hezbollah contre Israël, qui a menacé de frapper la banlieue sud de Beyrouth en cas d'attaque contre son territoire.

Jeudi matin, l'infiltration d'un aéronef jugé hostile a conduit l'armée israélienne à sonner l'alerte à Kfar Yuval, un village du nord d'Israël. "Une cible aérienne suspecte a été identifiée. L'incident est terminé. Aucun blessé n'a été signalé", a écrit l'armée sur les réseaux sociaux, sans plus de précisions.

"A l'issue des négociations menées sous l'égide des Etats-Unis, Israël et le Liban sont convenus de la mise en œuvre d'un cessez-le-feu", peut-on lire dans une déclaration commune entre les trois parties aux négociations de Washington.

Il sera subordonné "à l'arrêt complet des tirs du Hezbollah" - qui rejette ces discussions - et à "l'évacuation" de tous les membres du mouvement libanais du secteur situé au sud du fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël, a-t-on ajouté.

Les parties sont aussi "convenues de faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif sur le territoire, à l'exclusion de tous les acteurs non étatiques", une référence au Hezbollah, selon la même source.

Israël et le Liban sont également convenus de participer à une nouvelle session de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration.

C'est la quatrième fois que des délégations des deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, se réunissaient à Washington pour des négociations directes.

- Cessez-le-feu bafoué -

Un cessez-le-feu est censé être en vigueur entre Israël et le Hezbollah depuis le 17 avril mais il a été largement bafoué. Et Israël a intensifié et étendu ces derniers jours son offensive, suscitant des risques que ces combats ne contribuent à un nouvel embrasement de la guerre au Moyen-Orient au moment où les négociations entre Washington et Téhéran patinent.

Mercredi, le président américain Donald Trump, qui a eu cette semaine un échange houleux avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sur le sujet, a insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran.

Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi prévenant que toute attaque contre la capitale libanaise entraînerait "une reprise à grande échelle de la guerre" dans la région.

Selon les autorités libanaises, le Hezbollah avait accepté lundi une proposition américaine prévoyant dans un premier temps qu'Israël s'abstienne de frapper la banlieue de Beyrouth en échange de l'engagement du mouvement à arrêter ses attaques sur Israël.

Mais un haut responsable de la formation a indiqué mardi à l'AFP que son groupe n'accepterait pas de "cessez-le-feu partiel".

- Secouristes tués -

Le Hezbollah a indiqué mercredi avoir visé des militaires dans le nord d'Israël. Et tôt jeudi, le mouvement pro-iranien a affirmé avoir lancé des roquettes contre l'armée israélienne à Al-Qantara, dans le sud du Liban, puis avoir visé avec deux drones un poste de commandement israélien situé à proximité du château historique de Chqif, dans le sud du Liban.

Mercredi matin, une frappe israélienne a visé Khaldé, à l'entrée sud de la capitale, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

D'autres bombardements se sont succédé dans le sud du pays, tuant un soldat et en blessant deux autres, tandis que quatre Syriens et deux Palestiniens ont été tués près de Tyr, une ville côtière millénaire pilonnée depuis plusieurs jours, selon les autorités.

Dans la même région, une frappe israélienne a visé "directement" une ambulance, tuant deux secouristes et blessant grièvement un troisième, a annoncé le ministère de la Santé.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, l'ANI a annoncé qu'un secouriste avait été tué et un autre blessé dans une nouvelle attaque israélienne à Zebdine, dans le district de Nabatieh, portant à au moins 130 le nombre de secouristes et personnels médicaux tués depuis le début de la guerre.

Les frappes israéliennes ont tué 3.516 personnes depuis le 2 mars, début de la guerre au Liban, et en ont déplacé plus d'un million, selon les autorités. Côté israélien, 26 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.


Liban: frappes israéliennes près de Beyrouth et dans le sud, au moins six morts

Une frappe a touché mercredi les environs de Beyrouth, Israël poursuivant ses raids également dans le sud du Liban où six personnes ont été tuées, au moment où se tiennent des pourparlers entre les deux pays à Washington. (AFP)
Une frappe a touché mercredi les environs de Beyrouth, Israël poursuivant ses raids également dans le sud du Liban où six personnes ont été tuées, au moment où se tiennent des pourparlers entre les deux pays à Washington. (AFP)
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  • Un correspondant de l'AFP a vu une ambulance sur le lieu et des passants rassemblés sur cette autoroute côtière qui relie Beyrouth au sud du pays
  • Dans le même temps, l'armée israélienne dit avoir intercepté un "aéronef ennemi" en provenance du Liban, pour la première fois en plus de 24 heures, alors que le Hezbollah pro-iranien n'avait pas revendiqué d'attaques contre Israël depuis lundi soir

BEYROUTH: Une frappe a touché mercredi les environs de Beyrouth, Israël poursuivant ses raids également dans le sud du Liban où six personnes ont été tuées, au moment où se tiennent des pourparlers entre les deux pays à Washington.

Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), la frappe a visé une voiture sur la route de Khaldé, au sud de la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu une ambulance sur le lieu et des passants rassemblés sur cette autoroute côtière qui relie Beyrouth au sud du pays.

Dans le même temps, l'armée israélienne dit avoir intercepté un "aéronef ennemi" en provenance du Liban, pour la première fois en plus de 24 heures, alors que le Hezbollah pro-iranien n'avait pas revendiqué d'attaques contre Israël depuis lundi soir.

Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, avait averti mardi que l'armée frapperait la banlieue sud de la capitale, bastion du Hezbollah, si ce dernier visait son territoire.

L'Ani a par ailleurs fait état de frappes sans avertissement sur une vingtaine de localités dans le sud du pays mercredi, l'armée israélienne adressant des ordres d'évacuation aux habitants de plusieurs villages.

Quatre ressortissants syriens et deux Palestiniens ont été tués près de la ville millénaire de Tyr, a précisé une source médicale à l'AFP.

Mardi, l'armée israélienne avait affirmé que des membres du Hezbollah pro-iranien se cachaient dans le quartier chrétien de la ville jusque là épargné.


Pays arabes et du Golfe condamnent les récentes attaques iraniennes contre le Koweït et Bahreïn

Le Golfe et les pays arabes condamnent les nouvelles attaques iraniennes visant le Koweït et Bahreïn. Des bateaux passent devant les tours du Koweït, sur le front de mer le long du Golfe, à Salimiyah, le 2 juin 2026. (AFP)
Le Golfe et les pays arabes condamnent les nouvelles attaques iraniennes visant le Koweït et Bahreïn. Des bateaux passent devant les tours du Koweït, sur le front de mer le long du Golfe, à Salimiyah, le 2 juin 2026. (AFP)
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  • Les Émirats arabes unis ont fermement condamné les attaques iraniennes contre le Koweït et Bahreïn
  • Bader Al-Asaker, chef du bureau privé du prince héritier d'Arabie saoudite, a déclaré dans un post sur X.com : "Ô Dieu, protège notre peuple au Koweït et à Bahreïn et préserve notre Golfe de tout mal"


DUBAI : Les pays du Golfe et les pays arabes ont condamné les nouvelles attaques iraniennes visant le Koweït et Bahreïn plus tôt dans la journée de mercredi.

Le ministère des Affaires étrangères d'Arabie saoudite a exprimé la condamnation et la dénonciation les plus fermes du Royaume à l'égard des attaques répétées et odieuses de l'Iran contre le Koweït et le Bahreïn.

Dans un communiqué, le ministère a déclaré que le Royaume réitère son rejet catégorique de ces attaques qui portent atteinte à la souveraineté des États frères et qui constituent une violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations unies.
Le bureau de Mohammed bin Salman d'Arabie saoudite a réagi par un post quelques heures après les attaques de l'Iran qui ont visé Bahreïn et le Koweït.

Bader Al-Asaker, chef du bureau privé du prince héritier d'Arabie saoudite, a déclaré dans un post sur X.com : "Ô Dieu, protège notre peuple au Koweït et à Bahreïn et préserve notre Golfe de tout mal".

Le Qatar, par le biais d'un communiqué du ministère des affaires étrangères, a déclaré qu'il "rejetait totalement le fait de viser des cibles civiles et des installations vitales, et soulignait la nécessité d'épargner à la région les conséquences d'attaques injustifiées et d'œuvrer à la désescalade afin de rétablir la sécurité et la stabilité régionales et internationales".

Doha a également réitéré son entière solidarité et son soutien au Koweït et à Bahreïn pour "toutes les mesures qu'ils prennent pour préserver leur souveraineté et leur sécurité".

Le ministère des affaires étrangères des Émirats arabes unis a également condamné fermement les attaques iraniennes contre le Koweït et le Bahreïn. Dans un communiqué, le ministère affirme que ces attaques constituent une violation flagrante de la souveraineté des deux pays et une infraction au droit international.

Anwar Gargash, conseiller présidentiel des Émirats arabes unis, a appelé à une position ferme et unifiée du Golfe contre l'agression iranienne répétée.

"Face à l'agression iranienne répétée contre l'État frère du Koweït et le Royaume de Bahreïn, le Golfe doit adopter une position ferme, unifiée et cohérente", a écrit Anwar Gargash sur X.

"Aucun État du Golfe ne devrait être laissé seul face à la cible, car la sécurité des États arabes du Golfe est interconnectée, leurs intérêts sont partagés et leur destin est commun.

Le ministère des affaires étrangères du Koweït a condamné le ciblage de Bahreïn par l'Iran, déclarant qu'il s'agissait d'une "escalade dangereuse qui constitue une violation flagrante des règles du droit international et une menace pour la sécurité et la stabilité de la région".

L'Égypte a fermement condamné ce qu'elle a qualifié d'"odieuse attaque iranienne" qui "constitue une violation flagrante de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Koweït et représente une escalade dangereuse menaçant la sécurité et la stabilité de la région du Golfe et de l'ensemble de la zone".

La Jordanie, dans une déclaration de son ministère des affaires étrangères, a condamné les "attaques iraniennes brutales qui ont visé des installations civiles et vitales" au Koweït et à Bahreïn, ajoutant que ces attaques constituaient une violation "flagrante" de leur souveraineté.

Le Conseil de coopération du Golfe a également condamné les attaques continues de l'Iran contre le Bahreïn et le Koweït, les qualifiant de "politique hostile inacceptable".

Le CCG a déclaré que les frappes contre des cibles civiles et des missions diplomatiques représentaient une escalade dangereuse et sans précédent.

Jasem Mohamed Albudaiwi, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, a déclaré dans un communiqué que l'agression iranienne en cours contre le Koweït et le Bahreïn "révèle la détermination du régime iranien à poursuivre des politiques hostiles rejetées qui sapent la sécurité et la stabilité des pays de la région et menacent la paix régionale et internationale".

Les actions de l'Iran, a-t-il ajouté, "requièrent une position internationale ferme pour mettre fin à ces pratiques agressives dangereuses de l'Iran".

Mercredi, l'Iran a revendiqué les nouveaux attentats visant des installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn, notamment le quartier général de la cinquième flotte américaine.

Le Koweït a déclaré plus tôt qu'il avait suspendu les vols à l'aéroport international du Koweït après que son bâtiment ait subi des "dommages matériels importants" en raison de "l'agression criminelle iranienne".

Kuwait Airways a repris ses vols depuis le terminal 4 de l'aéroport mercredi après-midi après que les autorités aient évalué les dommages subis par l'installation.