Selon le PDG de Nissan, Carlos Ghosn aurait joui de «trop de pouvoir»

Le PDG de Nissan, Makoto Uchida, lors d’une conférence de presse au siège de l’entreprise à Yokohama, près de Tokyo. (AP)
Le PDG de Nissan, Makoto Uchida, lors d’une conférence de presse au siège de l’entreprise à Yokohama, près de Tokyo. (AP)
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Publié le Mercredi 07 juillet 2021

Selon le PDG de Nissan, Carlos Ghosn aurait joui de «trop de pouvoir»

  • Ghosn a été envoyé chez Nissan par son partenaire français Renault il y a deux décennies environ pour tenter de redresser une entreprise au bord de la faillite
  • Ghosn a été arrêté en 2018 mais il s’est enfui pour se réfugier au Liban alors qu’il était en liberté sous caution

TOKYO: Mercredi dernier, le directeur général de Nissan, Makoto Uchida, a signalé devant un tribunal japonais que l’ancien PDG de Nissan aurait joui de trop de pouvoir, n’aurait pas écouté les autres et serait resté trop longtemps.

Selon Uchida, ces raisons sont à l’origine des accusations d’inconduite financière de Ghosn. Uchida représente Nissan Motor Co., jugée en tant que personne morale ayant falsifié des rapports financiers en sous-déclarant les revenus de Ghosn; l’entreprise ne conteste pas ces accusations.

Greg Kelly, ancien vice-président exécutif de Nissan, est également accusé d’avoir dissimulé une partie des revenus de Ghosn. Kelly et Ghosn ne cessent de clamer leur innocence.

Ghosn a été arrêté en 2018 mais il s’est enfui pour se réfugier au Liban alors qu’il était en liberté sous caution. Le Liban et le Japon n’ont pas signé d’accord d’extradition.

«J’étais totalement abattu et honteux quand j’ai appris le scandale», témoigne Uchida devant le tribunal de Tokyo, évoquant les accusations contre Ghosn et Nissan.

«La réputation de Nissan a été ternie, les employés démoralisées et la confiance dans la direction perdue», ajoute-t-il.

Uchida affirme qu’un climat de peur régnait au sein de l’entreprise, les employés estimant que défier Ghosn comportait des risques graves.

Ghosn a été envoyé chez Nissan par son partenaire français Renault il y a deux décennies environ pour tenter de redresser une entreprise au bord de la faillite. À partir de 2014, il devient moins coopératif. L’entreprise adopte une stratégie qui vise à augmenter ses volumes de vente en se fixant des objectifs trop ambitieux, précise Uchida.

L’accusation selon laquelle Ghosn serait resté trop longtemps à la tête de Nissan est en contradiction avec les propos de Kelly: ce dernier affirme que l’entreprise essayait de trouver des moyens légaux pour verser des sommes d’argent à Ghosn afin de l’empêcher de rejoindre un constructeur automobile concurrent. Ghosn a subi une énorme baisse de salaire lorsque la loi qui oblige les grands dirigeants à divulguer leurs salaires a été adoptée au Japon, en 2010.

Uchida devient directeur général et président en 2019. Avant de rejoindre Nissan en 2003, il a travaillé pour une grande société commerciale japonaise, Nissho Iwai Corp., qui a fusionné avec une autre société commerciale, Nichimen, pour devenir plus tard la Sojitz Corp.

Le prédécesseur d’Uchida, Hiroto Saikawa, avait présenté sa démission après avoir été impliqué dans un scandale qui concernait également des revenus sous-déclarés. Saikawa n’a pas été inculpé.

Nissan a promis de renforcer ses pratiques en matière de gouvernance d’entreprise et d’audit pour éviter d’éventuelles malversions financières.

Ghosn accuse d’autres hauts dirigeants de Nissan d’avoir comploté pour le forcer à quitter l’entreprise, de peur qu’il ne pousse Renault – qui détient 43% de Nissan – à contrôler des parts plus importantes du constructeur automobile japonais.

Lors du procès, des dirigeants de Nissan ont confirmé que cette inquiétude était fondée.

L’alliance formée par les constructeurs Renault, Nissan et Mitsubishi Motor Corp. partage les technologies, les pièces automobiles et les usines de production. Selon les experts, cela rend Nissan et Renault presque inséparables.

Il est difficile de savoir quand les trois juges rendront leur verdict. Cela risque de durer plusieurs mois. Kelly encourt une peine maximale de quinze ans de prison.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.


Aldi dément une «éventuelle vente» de ses magasins français

Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
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  • Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché
  • D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans

PARIS: Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988.

Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché (3% selon Kantar WorldPanel fin novembre), loin derrière son rival également allemand Lidl, 6e (8,1%).

D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans, a demandé à la Deutsche Bank d'étudier un scénario de cession de sa filiale française", la maison mère "rechignant" à remettre au pot, après plus d'un milliard d'euros versés fin 2023.

"Les informations au sujet d'une éventuelle vente d'Aldi France sont fausses" a réagi Aldi Nord, sa maison mère, sollicitée par l'AFP.

"Aldi est et restera engagé à long terme sur le marché français", a assuré le groupe, pour qui les "spéculations" au "sujet d'un prétendu processus de vente" ou "retrait de France" sont "sans fondement".

"Depuis des années, nous investissons massivement dans notre assortiment ainsi que dans la modernisation de notre réseau de magasins et de logistique", a fait valoir le discounter, invoquant une stratégie "clairement axée sur l'optimisation et la croissance en France".

"L'évolution positive est constante et conforme aux objectifs du groupe Aldi Nord", a-t-il assuré.

Il reste qu'Aldi, comme Lidl, n'a pas bénéficié en France de la période de forte inflation alimentaire, qui a à l'inverse profité au numéro un Leclerc.

En outre le groupe avait déboursé en 2020 plus de 700 millions d'euros pour racheter 547 Leader Price auprès du distributeur en difficulté Casino. Aldi pesait alors 2,4% du marché de la distribution alimentaire, et Leader Price 1,5%.

Selon ses comptes consolidés pour l'année 2022, dernier exercice publié, Aldi a réalisé 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel en France, en forte hausse de 17%. Mais en creusant sa perte nette, passée en un an de près de 291 millions d'euros à 397 millions.

En cas de vente, les acheteurs potentiels ne manqueraient pas, comme l'a souligné jeudi sur son site le spécialiste du secteur Olivier Dauvers, citant Lidl, Carrefour et  Action.


Dina Powell McCormick, née en Égypte, nommée présidente et vice-présidente de Meta

Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
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  • L'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche a précédemment siégé au conseil d'administration de Meta
  • Dina Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis lorsqu'elle était enfant, rejoint l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution

LONDRES: Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente.

L'entreprise a déclaré lundi que l'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche, qui a déjà siégé au conseil d'administration de Meta, accède à un rôle de direction de haut niveau, alors que l'entreprise accélère sa progression dans les domaines de l'intelligence artificielle et de l'infrastructure mondiale.

Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis dans sa jeunesse, rejoindra l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution de l'entreprise. Elle travaillera en étroite collaboration avec les équipes de Meta chargées de l'informatique et de l'infrastructure, a indiqué l'entreprise, et supervisera les investissements de plusieurs milliards de dollars dans les centres de données, les systèmes énergétiques et la connectivité mondiale, tout en établissant de nouveaux partenariats stratégiques en matière de capital.

"L'expérience de Dina aux plus hauts niveaux de la finance mondiale, combinée à ses relations profondes dans le monde entier, la rend particulièrement apte à aider Meta à gérer cette prochaine phase de croissance en tant que présidente et vice-présidente de l'entreprise", a déclaré Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Meta.

Mme Powell McCormick a plus de 25 ans d'expérience dans les domaines de la finance, de la sécurité nationale et du développement économique. Elle a passé 16 ans en tant qu'associée chez Goldman Sachs à des postes de direction, et a servi deux présidents américains, notamment en tant que conseillère adjointe à la sécurité nationale de Donald Trump, et en tant que haut fonctionnaire du département d'État sous George W. Bush.

Plus récemment, elle a été vice-présidente et présidente des services à la clientèle mondiale de la banque d'affaires BDT & MSD Partners.