Le patriarche maronite à Hariri: «Formez un gouvernement ou le Liban mourra»

Le patriarche maronite libanais, Béchara Boutros al-Raï, a exhorté mercredi le Premier ministre désigné, Saad Hariri, à former d'urgence un gouvernement. (Reuters/Fichier Photos)
Le patriarche maronite libanais, Béchara Boutros al-Raï, a exhorté mercredi le Premier ministre désigné, Saad Hariri, à former d'urgence un gouvernement. (Reuters/Fichier Photos)
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Publié le Jeudi 08 juillet 2021

Le patriarche maronite à Hariri: «Formez un gouvernement ou le Liban mourra»

  • La déclaration d'Al-Raï fait suite à son retour du Vatican, où il a pris part à une prière et un rassemblement pour le Liban organisés par le pape François
  • Mercredi, Arab News a appris que des efforts étaient déployés pour trouver un remplaçant à Hariri, afin d'éviter un vide gouvernemental

BEYROUTH: Le patriarche maronite du Liban, Béchara Boutros al-Raï, a exhorté mercredi le Premier ministre désigné Saad Hariri à former d'urgence un gouvernement, en collaboration avec le président Michel Aoun, «conformément à l'esprit de la constitution».

La déclaration d'Al-Raï fait suite à son retour du Vatican, où il a pris part à une prière et un rassemblement pour le Liban organisés par le pape François.

Après avoir rencontré Aoun, Al-Raï a imputé l'aggravation de la crise au Liban à «l'absence d'un gouvernement, ce qui engendre la ruine de l'économie, l’augmentation du taux de chômage et la fermeture d’entreprises».

Sans autorité exécutive, le pays mourra, a-t-il prévenu.

La semaine dernière, au Vatican, Al-Raï a déclaré que «tout le monde est responsable de la situation actuelle au Liban, y compris le président».

Mercredi, au palais présidentiel, il a réitéré le fait que «tout le monde a violé la Constitution».

Il y a deux jours, Hariri a rendu visite au président du Parlement, Nabih Berri, dont l'initiative de former un gouvernement de 24 ministres a été entravée par l'insistance de Michel Aoun sur le tiers de blocage, en l’occurrence un tiers de tous les sièges du Cabinet, donnant effectivement à son équipe un droit de veto sur les décisions du gouvernement.

Cela coïncide avec des informations diffusées mercredi, selon lesquelles Hariri aurait l'intention de renoncer à la formation d’un gouvernement, mission qui lui a été confiée il y a neuf mois par Aoun et le Parlement.

Hariri avait alors accepté de former un gouvernement de 18 ministres, composé de technocrates, pour mettre en œuvre des réformes économiques, financières et administratives, en accord avec l'initiative française.

Mercredi, Arab News a appris que des efforts étaient déployés pour trouver un remplaçant à Hariri, afin d'éviter un vide gouvernemental.

Cependant, les personnalités envisagées, y compris d’anciens Premiers ministres, ont refusé d'assumer ce rôle, en raison des échecs répétés pour parvenir à un accord.

Le député Bilal Abdallah, membre du bloc du Rassemblement démocratique, a déclaré à Arab News: «Renouveler le discours sur l'intention de Saad Hariri de mettre fin à sa mission serait fatal pour les Libanais et l'économie. Cela ne fait qu’augmenter l'humiliation des citoyens qui tentent d’assurer leurs médicaments, leur transport et leur nourriture. Contrairement à ce que font actuellement le président et le Premier ministre désigné, nous avons besoin de mesures sérieuses pour former un gouvernement, sans obstacles ni grandes exigences.»

Il a précisé que l'appel d'Al-Rahi à former un gouvernement ferait pression sur Hariri pour qu'il démissionne.

«Le patriarche est celui qui a le plus travaillé à la réconciliation entre les deux parties, mais a échoué. Il ne représente pas un parti et devrait travailler à éliminer les obstacles. Il ne devrait pas appeler l’une des parties à se précipiter pour former un gouvernement», a soutenu Abdallah.

«Si Hariri démissionne, il y aura des répercussions, surtout s'il choisit de rejoindre l'opposition.»

Abdallah a déclaré que tout remplacement de Hariri était voué à l'échec, ajoutant: «Nous devrions nous concentrer sur la réconciliation.»

Al-Raï a appelé les Libanais à faire preuve de résilience et à être patients, affirmant qu'«après la tombée de la nuit, il y aura la lumière du jour».

Cependant, l'aube de mercredi a présenté un autre sombre tableau du Liban.

Cheikh Hassan Merheb, imam d'une mosquée à Tariq el-Jdideh, a posté la photo d'un homme priant avec son appareil à oxygène à côté de lui.

Merheb a écrit: «Cet homme n'a pas d'électricité chez lui. Il est donc venu à la mosquée à l'aube pour utiliser l'électricité produite par le générateur de la mosquée. Maudits soient tous ceux qui nous ont amenés à cette situation.»

Les pénuries de carburant et de médicaments, alors que les subventions sont progressivement supprimées pour de nombreux produits et denrées, ajoutent aux problèmes auxquels est confrontée la population durement touchée du Liban.

Le Dr Charaf Abou Charaf, président de l'Ordre des médecins du Liban, a précisé: «Les enfants libanais ont commencé à souffrir de la non disponibilité des vaccins. Cela représente une menace sérieuse pour les nouvelles générations.»

Des manifestants à Tripoli ont pris d'assaut un entrepôt de médicaments et ont affirmé avoir trouvé «des centaines de médicaments qui ne sont pas disponibles dans les pharmacies.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com     

 


Liban: un Casque bleu français tué dans une embuscade attribuée au Hezbollah

Un contingent français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouille dans la zone tandis que des habitants déplacés, brandissant des drapeaux du Hezbollah, regagnent leurs foyers par une route de fortune construite à l’emplacement du pont de Qasmieh, détruit par des frappes israéliennes, dans la région d’Al-Qasmiyeh, au sud du Liban, le 18 avril 2026. (AFP)
Un contingent français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouille dans la zone tandis que des habitants déplacés, brandissant des drapeaux du Hezbollah, regagnent leurs foyers par une route de fortune construite à l’emplacement du pont de Qasmieh, détruit par des frappes israéliennes, dans la région d’Al-Qasmiyeh, au sud du Liban, le 18 avril 2026. (AFP)
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  • Un soldat français a été tué et trois blessés au sud-Liban lors d’une embuscade contre des Casques bleus, attribuée au Hezbollah, marquant une nouvelle escalade dans le conflit régional
  • La France appelle le Liban à agir contre les responsables, tandis que les tensions persistent malgré les cessez-le-feu et les efforts diplomatiques en cours

PARIS: Deuxième soldat français tué depuis le début de la guerre contre l'Iran fin février, un militaire français a été tué et trois autres soldats français blessés samedi au sud-Liban, lors d'une embuscade contre des Casques bleus attribuée au Hezbollah.

"La Nation s'incline avec respect et adresse son soutien aux familles de nos soldats et à tous nos militaires engagés pour la paix au Liban. Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah", a déclaré le président français Emmanuel Macron sur X.

Le sergent-chef Florian Montorio, rattaché au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, dans le sud-ouest de la France, a été tué "par un tir direct à l'arme légère", dans la région de Deir-Kifa, a précisé la ministre française des Armées Catherine Vautrin sur X.

"La France exige des autorités libanaises qu'elles arrêtent immédiatement les coupables et prennent leurs responsabilités aux côtés de la Finul", a ajouté M. Macron.

Le président libanais Joseph Aoun a condamné samedi l'attaque contre les Casques bleus français. Il a promis de poursuivre les responsables.

La Force d'interposition de l'ONU au Liban (Finul) a dénoncé une attaque "délibérée", estimant que les auteurs de l'embuscade étaient vraisemblablement le Hezbollah, groupe militaire islamiste chiite allié de l'Iran, installé au Liban où il exerce une énorme influence et est en guerre contre Israël.

- "Garantir la sécurité" -

M. Macron s'est entretenu samedi avec M. Aoun et le Premier ministre libanais Nawaf Salam, leur demandant de "garantir la sécurité des soldats de la Finul", déployée au Liban depuis 1978, composée de plus de 7.000 militaires, dont plus de 600 Français.

Le sergent-chef Montorio "était en mission d'ouverture d'itinéraire vers un poste de la Finul isolé depuis plusieurs jours par les combats dans la zone, il a été pris dans une embuscade par un groupe armé à très courte distance", a détaillé Mme Vautrin, soulignant que ce "sous-officier expérimenté" avait déjà été "déployé plusieurs fois en opération".

"La Nation s'incline devant la mémoire d'un de ses fils qui a donné sa vie pour elle. Mes pensées vont à sa compagne, à ses enfants, à ses proches et à ses frères d'armes", a ajouté la ministre.

La gravité des blessures des trois autres militaires n'a pas été précisée.

C'est le deuxième militaire français tué par des alliés de Téhéran depuis le début de la guerre amorcée fin février par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, qui a embrasé toute la région.

Le 12 mars, l'adjudant-chef Arnaud Frion, 42 ans, a été tué dans une attaque de drone attribuée à une milice pro-iranienne. Il était déployé dans une base dans la région d'Erbil au Kurdistan irakien, où il participait à une mission de formation à la lutte antijihadiste.

Un cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran est en vigueur depuis le 8 mars, et un intense ballet diplomatique est en cours pour tenter de le consolider.

Une trêve est aussi à l’œuvre au Liban, qu'Israël a attaqué en riposte aux attaques du Hezbollah. Des préparatifs de négociations sont en cours, mais le Hezbollah se dit "non concerné" par ces négociations libanaises avec Israël.


La Turquie espère «réduire les tensions» au Moyen-Orient lors d'un forum

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
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  • Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement
  • Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

ANTALYA: La Turquie organise à partir de vendredi un vaste forum diplomatique qui accueillera notamment le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, au moment où Islamabad intensifie ses efforts pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement. Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Une réunion entre les chefs de la diplomatie de la Turquie, de l'Egypte, du Pakistan et de l'Arabie Saoudite pour "des discussions sur le développement de solutions régionales aux problèmes régionaux, notamment à propos du conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran" est prévue vendredi soir en marge du forum, selon une source du ministère turc des Affaires étrangères.

Le forum annuel d'Antalya intervient alors que le Pakistan multiplie ses efforts de médiation en vue d'une nouvelle série de pourparlers entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre lancée le 28 mars par les Etats-Unis et Israël.

Le chef d'état-major de l'armée pakistanaise a rencontré jeudi à Téhéran des négociateurs de haut niveau et M. Sharif, arrivé jeudi à Antalya, s'est entretenu cette semaine avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l'émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani dans le cadre d'une tournée régionale.

De premiers pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis au Pakistan se sont soldés par un échec dimanche sans toutefois conduire à une rupture du cessez-le-feu de deux semaines mis en place le 8 avril.

La Turquie veut également contribuer au processus de stabilisation.

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP.

"On ne peut pas négocier les poings serrés. Il ne faut pas laisser les armes parler à la place des mots. Il faut exploiter pleinement la fenêtre d'opportunité ouverte par le cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

Réouverture d'Ormuz 

M. Erdogan prendra la parole lors du forum, qui se tiendra pendant trois jours, et rencontrera M. Sharif en marge de celui-ci.

La guerre et le blocus du détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique, devraient être au cœur des discussions. La date et l'heure de cette rencontre n'ont pas encore été communiquées.

La Maison Blanche a déclaré que de nouvelles discussions avec l'Iran se tiendraient "très probablement" à Islamabad, où le vice-président JD Vance a dirigé la délégation américaine lors du premier cycle de négociations.

"Nous continuerons à apporter tout le soutien possible pour faire en sorte que le cessez-le-feu temporaire en cours devienne permanent", a déclaré jeudi une source du ministère turc de la Défense.

"Nous espérons que cette guerre, dont les effets se font de plus en plus sentir non seulement au niveau régional mais aussi mondial, prendra fin au plus vite et que les parties agiront de manière constructive dans le processus de négociation en cours", a déclaré la source.

Critique virulente d'Israël, la Turquie s'est jointe aux efforts diplomatiques du Pakistan et de l'Egypte pour contribuer à l'instauration d'un cessez-le-feu, tant en Iran qu'au Liban.

Le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a par ailleurs demandé lundi une réouverture "dès que possible" du détroit d'Ormuz et le rétablissement de son statut de "zone de libre passage international".

Parallèlement, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et les Premiers ministres britanniques Keir Starmer et italienne Giorgia Meloni se réunissent vendredi à Paris pour discuter de la mise en place d'une mission de sécurisation de la navigation dans le détroit d'Ormuz. Une trentaine de participants d'autres pays se joindront à eux en visioconférence.

 


Entrée en vigueur d'un cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
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  • La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Celle-ci a été annoncée par le président américain Donald Trump.

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump.

La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit entre Israël et le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah. Ce dernier a rejoint début mars la guerre au Moyen-Orient en lançant des roquettes contre le territoire israélien, en solidarité avec l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.