VIENNE : Les efforts pour ressusciter l'accord international sur le nucléaire iranien doivent prendre en compte le "changement de circonstances" depuis les négociations de 2015, selon un sénateur américain démocrate, alors que les activités de Téhéran inquiètent l'Occident.
"Il y a un fort désir, quasi universellement partagé par le Congrès" américain, de renforcer les exigences imposées au programme nucléaire de Téhéran, a déclaré Ben Cardin à l'AFP en début de semaine, en marge d'un déplacement à Vienne où se déroulent les pourparlers, actuellement au point mort.
Dans la pratique, la République islamique s'est déjà affranchie de plusieurs de ses engagements clefs, à la suite du retrait des Etats-Unis de l'accord en 2018 et du rétablissement des sanctions américaines qui ont asphyxié l'économie iranienne.
Des discussions ont débuté en avril pour faire revenir Washington dans le giron de l'accord, comme l'a promis le président démocrate Joe Biden, en échange d'un respect par l'Iran de ses obligations.
A cette occasion, des voix s'étaient élevées pour que le texte soit renégocié en l'élargissant aux sujets des missiles balistiques et de l'influence de l'Iran au Moyen-Orient, du Liban au Yémen. Une option fermement rejetée par l'Iran.
"La situation aujourd'hui est différente de celle de 2015, quand l'accord a été négocié", a souligné M. Cardin, membre du Comité des affaires étrangères du Sénat américain.
"Les circonstances ont changé et exigent une réponse" adaptée, a-t-il insisté.
Se pose la question de l'échéance prochaine des restrictions fixées par l'accord, ainsi que "des sujets plus larges que le nucléaire", selon le sénateur, qui cite les activités de l'Iran dans les "missiles balistiques, le terrorisme et les droits humains".
Les Etats-Unis et leurs alliés doivent trouver "une voie pour résoudre" ces problèmes, a-t-il ajouté.
A l'occasion de sa visite en Autriche, la délégation américaine a rencontré le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, qui a fait état des "défis" quant à la surveillance par les inspecteurs onusiens du programme nucléaire iranien, fortement restreinte par Téhéran ces derniers mois.
Le sénateur républicain Roger Wicker, également du voyage, a pour sa part clairement "exprimé son opposition" à l'accord de Vienne, rappelant "le scepticisme" de ses collègues vis-à-vis du respect par l'Iran de ses engagements.
Dans les rangs républicains, de nombreux faucons crient déjà à la "capitulation" des Etats-Unis et contesteront la levée des sanctions si les négociations aboutissent.







