Le village syrien qui parle la langue de Jésus se prépare pour les pèlerinages d'été

Cette photo montre le monastère de Mar Taqla dans le village de Maaloula au nord de la capitale syrienne Damas, L'une des plus anciennes colonies chrétiennes au monde où les habitants parlent encore la langue de Jésus (AFP)
Cette photo montre le monastère de Mar Taqla dans le village de Maaloula au nord de la capitale syrienne Damas, L'une des plus anciennes colonies chrétiennes au monde où les habitants parlent encore la langue de Jésus (AFP)
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Publié le Jeudi 08 juillet 2021

Le village syrien qui parle la langue de Jésus se prépare pour les pèlerinages d'été

  • Niché sur le flanc escarpé des montagnes rocailleuses du Qalamoun, à une soixantaine de kilomètres au nord de Damas, Maaloula était autrefois envahi chaque année par des milliers de visiteurs
  • Près du couvent grec orthodoxe de Mar Takla, la gorge de Sainte-Thècle aurait sauvé la jeune femme, convertie en l'an 67 et pourchassée par des soldats romains après avoir fui sa famille de notables païens

MAALOULA : Dans l'antique village syrien de Maaloula, des ouvriers armés de râteaux et poussant des brouettes s'activent dans l'étroite faille rocheuse de Mar Takla, afin de préparer la venue des pèlerins chrétiens et des touristes estivaux après des années de guerre.

Niché sur le flanc escarpé des montagnes rocailleuses du Qalamoun, à une soixantaine de kilomètres au nord de Damas, Maaloula était autrefois envahi chaque année par des milliers de visiteurs, venus se balader dans ses ruelles pour entendre les riverains converser en araméen, la langue de Jésus-Christ.

Outre les églises et les monastères, la localité est célèbre pour son dédale de grottes troglodytiques qui ont servi de refuge aux chrétiens fuyant les persécutions après leur conversion durant les premiers siècles du christianisme.

Près du couvent grec orthodoxe de Mar Takla, la gorge de Sainte-Thècle aurait sauvé la jeune femme, convertie en l'an 67 et pourchassée par des soldats romains après avoir fui sa famille de notables païens. La légende veut qu'à son arrivée à Maaloula, la montagne se serait fendue pour lui offrir une échappatoire.

"Elle sera plus belle qu'avant", s'enthousiasme Yehia, un volontaire du village, le front en sueur, en tentant d'effacer des graffitis et inscriptions sur un des murs de la faille.

Munis de pelles et de râteaux, d'autres ouvriers égalisent le sol et les graviers, soulevant aussi de grosses pierres qui se sont vraisemblablement détachées des hauteurs.

Par endroits les parois se toucheraient presque, laissant à peine filtrer les rayons du soleil.

Les habitants espèrent terminer ces travaux d'entretien avant la fête de l'Assomption, le 15 août, qui attire des centaines de visiteurs.

Hugo Chavez, Jimmy Carter

Avant le conflit déclenché en 2011, touristes occidentaux ou fidèles, venus notamment du Liban voisin, se déversaient par milliers dans ce couloir montagneux qui serpente sur 500 mètres avant de déboucher sur le couvent de Mar Takla et le monastère grec catholique de Saint-Serge et Saint-Bacchus.

Maaloula, qui signifie "entrée" en araméen, est le plus célèbre des trois villages des environs de Damas où l'on pratique encore cette langue ancestrale.

"La gorge est un des sites les plus importants de Maaloula", vante le maire du village, Ibrahim al-Chaër, reconnaissant que le lieu a toutefois souffert "de négligence et des intempéries" mais porte aussi les stigmates des affrontements, de tirs d'obus et d'incendies.

Les combats ont gagné le secteur en 2013. Rebelles et jihadistes liés à Al-Qaïda se sont emparés du village, enlevant 13 religieuses -- libérées trois mois plus tard. Le pouvoir de Damas a finalement reconquis la zone en avril 2014.

Si les destructions à Maaloula n'ont pas été de l'ampleur de celles survenues dans d'autres régions syriennes, les sites religieux n'ont pas été épargnés. Eglises et monastères en pierre ont été mis à sac et endommagés par des tirs d'artillerie, des icônes détruites, d'autres volées.

Ces sites ont depuis été restaurés. Mais sur les plus de 6000 habitants que comptait autrefois Maaloula, seuls 2000 sont revenus après avoir fui. Les autres se sont installés à Damas ou dans ses alentours, quand ils ne sont pas partis à l'étranger.

Youssef Ibrahim, adjoint du gouverneur des environs de Damas, espère doper "la vie touristique et les pèlerinages" afin qu'ils retrouvent leurs niveaux "d'avant".

"De nombreux chefs d'Etat nous ont rendu visite, parmi les plus célèbres il y a eu le Vénézuélien Hugo Chavez et le président américain Jimmy Carter", s'enorgueillit-il.

"Les gens visitent la gorge de Maaloula pour prier (...) Ici Dieu est au plus près des coeurs", ajoute le responsable. "Je serai des plus heureux quand je verrai les visiteurs affluer."

 

 


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.


Guerre Israël-Hezbollah: JD Vance discute avec le président libanais d'une cellule de prévention

Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
  • L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin"
  • De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a reçu un appel du vice-président américain JD Vance portant notamment sur la création d'une cellule préventive visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, a indiqué son bureau lundi.

Au terme d'une première séance de négociations en Suisse, Washington et Téhéran se sont entendus sur la mise en place d'une "cellule de gestion des conflits", selon les médiateurs pakistanais et qatari.

M. Aoun a reçu à ce sujet "un appel téléphonique du vice‑président américain JD Vance, du principal conseiller du président américain Jared Kushner et du Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani", a précisé la présidence libanaise.

L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin", selon la même source.

Cette cellule constituera "le premier test réel", a commenté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur".

"Nous pensons (...) que nous pouvons parvenir à une situation dans laquelle la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban est protégée, comme la sécurité d'Israël", a ajouté le vice-président américain à l'issue des pourparlers en Suisse.

"Cela va nécessiter une certaine coordination avec les forces armées libanaises, et aussi que les Iraniens maîtrisent le Hezbollah", a-t-il avancé.

Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah ont eu lieu vendredi et samedi au Liban, faisant vaciller le protocole d'accord irano-américain qui prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts.

"Nous négocions pour nous-mêmes" 

Le Liban connaît désormais une accalmie, confirmée lundi par le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Dimanche "a été le premier jour depuis la reprise des hostilités le 2 mars au Liban" où les Casques Bleus "n'ont pas détecté des tirs ou des interceptions", a affirmé Stéphane Dujarric, selon qui ce calme "s'est poursuivi ce (lundi) matin".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a toutefois prévenu lundi que les soldats déployés dans le sud du Liban "disposent d'une liberté d'action totale pour neutraliser toute menace directe ou potentielle à leur encontre ou à l'encontre des habitants du nord" d'Israël.

"L'armée israélienne ne fait l'objet d'aucune restriction sur cette question", a ajouté M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

L'entente pour créer une cellule de crise, qui n'inclut pas Israël, intervient à la veille de nouvelles discussions directes à Washington entre le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Il s'agira de la cinquième session depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars.

Le mouvement chiite a attaqué Israël pour venger la mort le 28 février du guide suprême iranien Ali Khamenei, dans l'offensive américano-israélienne. Les frappes israéliennes de représailles ont fait plus de 4.000 morts.

Une trêve, théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, n'a jamais été respectée.

"Nous négocions pour nous-mêmes, et n'acceptons pas qu'une autre partie négocie pour nous", a insisté Joseph Aoun lundi.

"Nous accueillons toute aide venant de tout pays pour mettre fin à la guerre (...) mais il y a une grande différence entre oeuvrer à nous aider et s'ingérer dans nos affaires internes", a-t-il rappelé, dans une allusion à l'Iran, qui a longtemps exercé une forte influence au Liban à travers le Hezbollah.

Beyrouth, qui s'est employé au cours des derniers mois à dissocier les dossiers libanais et iranien, pousse en faveur de la réussite des pourparlers de Washington, auxquels s'oppose le Hezbollah, afin de mettre fin à la guerre et de déterminer l'avenir des relations entre les deux pays.