Barrage éthiopien sur le Nil: un «accord peut être atteint», selon l'ONU

 Vue du chantier du Grand Ethiopian Renaissance Dam (GERD), près de Guba en Ethiopie. (Photo, AFP)
Vue du chantier du Grand Ethiopian Renaissance Dam (GERD), près de Guba en Ethiopie. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 09 juillet 2021

Barrage éthiopien sur le Nil: un «accord peut être atteint», selon l'ONU

  • Le Grand barrage de la Renaissance (GERD) de l'Ethiopie fait l'objet depuis plusieurs années d'un conflit avec l'Egypte et le Soudan qui craignent pour leurs ressources en eau
  • L'Ethiopie, qui entend procéder à un nouveau remplissage de son réservoir en juillet, assure que le barrage est vital pour répondre aux besoins en énergie de ses 110 millions d'habitants

ÉTATS-UNIS : Un accord sur le barrage éthiopien controversé GERD sur le Nil est possible entre l'Ethiopie, l'Egypte et le Soudan, avec de la confiance réciproque, ont affirmé jeudi deux responsables de l'ONU.

"Un accord sur le GERD peut être atteint", a assuré Inger Andersen, directrice du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) pendant une réunion du Conseil de sécurité organisée à la demande de la Tunisie pour le compte du Caire et de Khartoum.

Inger Andersen a évoqué un futur "fondement d'une coopération" entre les trois pays, ajoutant que "pour parvenir à un accord optimal, la confiance, la transparence et un engagement seront essentiels".

"Bien que des progrès aient été réalisés dans de nombreux domaines lors des négociations, aucun consensus n'a été atteint concernant certains aspects critiques, notamment les dispositions pour la gestion de sécheresses prolongées, l'aménagement en amont et en aval du GERD et un mécanisme de règlement des différends", a regretté la responsable.

Emissaire de l'ONU pour la Corne de l'Afrique, Parfait Onanga-Anyanga a de son côté appelé "toutes les parties à traiter la question de manière constructive et à éviter toute déclaration qui augmenterait les tensions dans une région déjà soumise à une série de défis".

"Chacun des pays partageant les eaux du Nil a à la fois des droits et des responsabilités, et l'utilisation et la gestion de cette ressource naturelle nécessite l'engagement continu de toutes les nations impliquées, de bonne foi en vue de parvenir à un terrain d'entente", a-t-il fait valoir.

Dans leurs interventions, les membres du Conseil de sécurité ont tous encouragé les trois pays à surmonter leurs divergences vers un accord sous l'égide de l'Union africaine.

Les trois pays concernés avaient envoyé pour la réunion du Conseil des ministres, des Affaires étrangères pour l'Egypte et le Soudan, et chargé de l'Eau et de l'Irrigation pour l'Ethiopie, qui considère que le conflit n'est pas un enjeu de paix et sécurité et n'a pas à être traité par le Conseil de sécurité.

Le Grand barrage de la Renaissance (GERD) de l'Ethiopie fait l'objet depuis plusieurs années d'un conflit avec l'Egypte et le Soudan qui craignent pour leurs ressources en eau. L'Ethiopie, qui entend procéder à un nouveau remplissage de son réservoir en juillet, assure que le barrage est vital pour répondre aux besoins en énergie de ses 110 millions d'habitants.

Vu que toutes les parties sont réunies à New York, pourquoi ne pas engager dès maintenant de nouveaux pourparlers entre elles, a proposé l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, en faisant part de la disponibilité de son pays à aider à leur organisation. Son homologue américaine, Linda Thomas-Greenfield, a aussi plaidé pour une reprise rapide de négociations sur le fond sous l'égide de l'Union africaine et avec un possible concours de Washington. 


Le prince héritier saoudien discute de l'escalade militaire régionale avec plusieurs dirigeants

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
Short Url
  • Erdogan affirme son soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité
  • Le président du Conseil de souveraineté transitoire du Soudan, le général Al-Burhan, exprime sa solidarité avec le Royaume

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Le prince héritier a tenu des appels téléphoniques distincts avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président du Conseil transitoire de souveraineté du Soudan, le général Abdel Fattah Al-Burhan, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Les responsables ont condamné l'agression iranienne visant le Royaume et leur rejet de tout ce qui porte atteinte à la souveraineté et à la stabilité du Royaume.

Ils ont également affirmé leur soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité et ses citoyens.


A Beyrouth, des partisans du Hezbollah pleurent Khamenei

Short Url
  • "Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem
  • "Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime"

BEYROUTH: Drapeaux iraniens et portrait de l'ayatollah Ali Khamenei en main, des milliers de partisans du Hezbollah se sont rassemblés dimanche à Beyrouth pour pleurer la mort du guide suprême iranien, tué dans l'opération militaire américano-israélienne lancée la veille.

"Mort à l'Amérique", "Mort à Israël", ont-ils scandé à l'unisson, tous habillés de noir et brandissant aussi des drapeaux de leur mouvement, dans son bastion de la banlieue sud de Beyrouth.

Le poing levé, certains étaient en pleurs, a constaté une équipe de l'AFP, sur la grande place où a eu lieu le rassemblement.

"Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem.

"Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime".

"Sa mort est très douloureuse, c'est une tragédie", déplore aussi Zainab al Moussawi, une enseignante de 23 ans, à Beyrouth.

"On se sent comme après la mort du Sayyed, tombé en martyr", poursuit-elle en référence à l'ex-chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Entrer en guerre" 

Les dirigeants libanais redoutent une implication du Hezbollah dans le conflit régional, même si lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, il n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024 et l'accuse de se réarmer.

"Je demande à cheikh Naïm (Qassem) d'entrer en guerre", lance à Beyrouth Hassan Jaber, un partisan.

S'il ne s'est pas joint à la riposte iranienne, le mouvement a appelé des mosquées à organiser des cérémonies en mémoire du guide suprême iranien, dans la banlieue sud de la capitale libanaise et dans d'autres zones du pays dans lequel il est ancré.

Mais au Liban, pays très divisé, l'ayatollah Khamenei n'était pas soutenu par tous.

"Il était tout le temps en train de menacer (...) les pays arabes et avait des relais partout", déclare à l'AFP Hassan Harouq, un infirmier de 44 ans.

Lui dit ne vouloir qu'un pays "stable et qui ferait la paix avec le reste de la région", car "il est temps pour le Liban d'être de nouveau sur le droit chemin".

"Le peuple libanais est fatigué", ajoute-t-il.

Dimanche, le président Joseph Aoun, après une réunion d'urgence du Conseil supérieur de la Défense, a souligné que "la décision de guerre et de paix relève exclusivement de l'Etat libanais".

La présidence libanaise a indiqué avoir reçu, par l'entremise des Etats-Unis, l'assurance qu'Israël n'entraînera pas le Liban dans une "escalade" tant que son territoire ne sera pas visé par des attaques depuis le Liban.

Peu de temps avant le début de l'offensive israélo-américaine, Israël avait frappé des positions du Hezbollah dans le sud du Liban.

Beyrouth n'acceptera pas d'être "entraîné" dans le conflit avec l'Iran, a assuré le Premier ministre Nawaf Salam.


Iran: le ministre des Affaires étrangères d'Oman, pays médiateur, appelle à un cessez-le-feu

Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
Short Url
  • Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes
  • Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade"

MASCATE: Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens.

Badr al-Busaidi "a réaffirmé l'appel constant du sultanat d'Oman à un cessez-le-feu et à un retour au dialogue (...) de manière à répondre aux revendications légitimes de toutes les parties", a indiqué son ministère dans un compte rendu de son entretien avec Abbas Araghchi.

Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes.

Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade et à rétablir la stabilité".