A l'unanimité, l'ONU prolonge le mécanisme d'aide transfrontalière à la Syrie

Des Syriens récupèrent de l'eau fournie par l'UNICEF dans la ville de Hasakeh, dans le nord-est de la Syrie, le 8 juillet 2021 après une interruption de l'approvisionnement en eau de la station d'Alouk. (Photo, AFP)
Des Syriens récupèrent de l'eau fournie par l'UNICEF dans la ville de Hasakeh, dans le nord-est de la Syrie, le 8 juillet 2021 après une interruption de l'approvisionnement en eau de la station d'Alouk. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 09 juillet 2021

A l'unanimité, l'ONU prolonge le mécanisme d'aide transfrontalière à la Syrie

  • La durée de l'extension est interprétée différemment par les Etats-Unis, pour qui elle est d'un an, et la Russie, qui considère qu'il s'agit de six mois renouvelables en fonction d'un rapport attendu en fin d'année du secrétaire général de l'ONU
  • Des diplomates ont précisé qu'un nouveau vote dans six mois n'était pas obligatoire.

NATIONS UNIES :Le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé vendredi à l'unanimité une résolution prolongeant de six mois renouvelables le mécanisme onusien d'aide humanitaire transfrontalière à la Syrie sans l'aval de Damas, une avancée vue par les Etats-Unis et la Russie comme un nouveau départ dans leurs relations.

Ce mécanisme expirait samedi.

La durée de l'extension est interprétée différemment par les Etats-Unis, pour qui elle est d'un an, et la Russie, qui considère qu'il s'agit de six mois renouvelables en fonction d'un rapport attendu en fin d'année du secrétaire général de l'ONU.

Des diplomates ont précisé qu'un nouveau vote dans six mois n'était pas obligatoire.

La résolution décide d'une extension du mécanisme pour le seul point d'accès de Bab al-Hawa, à la frontière nord-ouest de la Syrie avec la Turquie, "avec une prorogation d'un délai supplémentaire de six mois, c'est-à-dire jusqu'au 10 juillet 2022, sous réserve de la publication d'un rapport substantiel du secrétaire général".

Ce rapport devra mettre "un accent particulier sur la transparence des opérations et les progrès sur l'accès via les lignes de front pour répondre aux besoins humanitaires", précise la résolution.

L'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, a souligné qu'après le sommet récent à Genève des présidents Vladimir Poutine et Joe Biden, l'accord sur une prolongation du mécanisme était "historique".

"Pour la première fois, la Russie et les Etats-Unis sont non seulement parvenus à s'accorder, mais ils ont aussi présenté un texte commun appuyé par tous les collègues du Conseil", a-t-il souligné. "Nous espérons que ce scénario représentera un tournant qui bénéficiera non seulement à la Syrie mais aussi à l'ensemble de la région du Moyen-Orient et à l'ensemble du monde", a ajouté le diplomate russe.

Soutien principal du régime syrien, la Russie milite depuis longtemps pour la fin de ce mécanisme transfrontalier au profit d'aide acheminée à travers les lignes de front à partir de Damas, afin de reconnaître la pleine souveraineté du régime sur le territoire syrien.

Situation humanitaire aggravée

L'ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, a aussi salué une coopération rarement vue avec la Russie.

"Il est important que les Etats-Unis et la Russie aient pu s'associer dans une initiative humanitaire qui serve les intérêts du peuple syrien", a-t-elle dit après le vote.

"Et c'est un moment important pour l'ONU et le Conseil de sécurité, qui ont montré aujourd'hui que nous pouvons faire plus que simplement parler. Nous pouvons travailler ensemble pour trouver des solutions et mettre en oeuvre des actions", a insisté la diplomate américaine.

"Grâce à cette résolution, des millions de Syriens peuvent pousser un soupir de soulagement sachant que l'aide humanitaire vitale continuera d'affluer vers Idleb par le poste frontière de Bab al-Hawa", s'est félicitée l'ambassadrice, qui avait réclamé au début de la négociation trois points d'accès à la Syrie.

Créé en 2014, le mécanisme transfrontalier de l'ONU s'exerce depuis un an par le seul point d'accès de Bab al-Hawa, après une réduction conséquente du dispositif imposée par la Russie en 2020.

A raison d'un millier de camions par mois, cet accès permet de desservir plus de trois millions de personnes dans la région d'Idleb (nord-ouest), dernier bastion de l'opposition échappant au contrôle de Damas.

Si les Occidentaux et la Russie sont d'accord pour reconnaître que la situation humanitaire est pire aujourd'hui qu'elle ne l'était il y a un an, Moscou considère que les sanctions occidentales en sont la raison principale, ce que démentent les Etats-Unis et les Européens.

Dans un communiqué, l'ONG Human Rights Watch a dénoncé le maintien d'un seul point d'accès à la Syrie.

"Une fois de plus, la Russie a réussi à faire chanter la communauté internationale pour qu'elle n'autorise qu'un seul passage pour l'aide transfrontalière de l'ONU en Syrie", a fait valoir Louis Charbonneau, directeur pour les Nations unies au sein de l'ONG.

"S'il est bon qu'une partie de l'aide transfrontalière des Nations unies continue d'affluer dans le nord-ouest, de nombreuses personnes dans le nord-est se verront refuser l'aide", a-t-il déploré.

 


Le Liban oeuvre à «un retrait israélien global», dit son Premier ministre depuis le sud du pays

Le Liban oeuvre à un "retrait israélien global", a affirmé mercredi son Premier ministre Nawaf Salam, depuis la localité du sud où l'armée libanaise s'est déployée la veille, en application d'un accord avec Israël. (AFP)
Le Liban oeuvre à un "retrait israélien global", a affirmé mercredi son Premier ministre Nawaf Salam, depuis la localité du sud où l'armée libanaise s'est déployée la veille, en application d'un accord avec Israël. (AFP)
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  • "Nous continuerons à mobiliser les efforts politiques et diplomatiques pour parvenir à un retrait israélien global du sud", a dit le chef du gouvernement, après avoir planté un drapeau libanais à Zawtar al-Gharbiya
  • L'armée libanaise a entamé mardi son déploiement dans cette localité dont l'armée israélienne contrôlait les abords. Mais, signe de l'instabilité de la situation, elle a accusé les forces israéliennes d'avoir "ouvert le feu" à proximité de ses unités

ZAWTAR AL-GHARBIYAH: Le Liban oeuvre à un "retrait israélien global", a affirmé mercredi son Premier ministre Nawaf Salam, depuis la localité du sud où l'armée libanaise s'est déployée la veille, en application d'un accord avec Israël.

Cette déclaration intervient au lendemain de la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche, où il a insisté sur la nécessité d'un "retrait total" israélien pour avancer dans la mise en oeuvre de cet accord.

"Nous continuerons à mobiliser les efforts politiques et diplomatiques pour parvenir à un retrait israélien global du sud", a dit le chef du gouvernement, après avoir planté un drapeau libanais à Zawtar al-Gharbiya.

L'armée libanaise a entamé mardi son déploiement dans cette localité dont l'armée israélienne contrôlait les abords. Mais, signe de l'instabilité de la situation, elle a accusé les forces israéliennes d'avoir "ouvert le feu" à proximité de ses unités.

Israël a indiqué de son côté avoir tiré "des coups de semonce en l'air" après l'entrée de soldats libanais dans une zone qui "ne faisait pas partie de la zone pilote".

Malgré l'accalmie dans les combats entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes dans le sud, comme mercredi à Nabatiyé al-Fawqa, selon l'agence de presse officielle libanaise ANI.

"En sécurité et dignité" 

L'accord conclu en juin prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël -qui occupe toujours une partie du sud du pays- sous réserve d'un désarmement du Hezbollah.

La formation chiite, qui est opposée à l'accord et refuse d'être désarmée, a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, ayant fait plus d'un million de déplacés.

Il continue d'occuper des zones du sud et des responsables israéliens ont déclaré à plusieurs reprises leur intention de s'y maintenir, pour assurer la sécurité du nord d'Israël.

"En parallèle du déploiement en cours de l'armée, nous continuerons d'ouvrir les routes, retirer les décombres, assurer les services essentiels, pour permettre à notre peuple de retourner en toute sécurité et dignité" chez lui, a affirmé Nawaf Salam.

Plus de 700.000 déplacés sont rentrés chez eux depuis la dernière trêve en juin, selon l'ONU.

"La tête haute" 

Des dizaines d'habitants déplacés de Zawtar al-Gharbiya ont attendu en vain mercredi matin aux abords de la localité qu'on les laisse y entrer, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'armée libanaise les avait appelés mardi à ne pas s'y rendre "en attendant que la situation se stabilise".

"Nous y entrerons la tête haute, grâce à la présence de l'armée libanaise dont nous sommes fiers", a déclaré Abbas Yaghi, 73 ans, à l'AFP.

Les troupes libanaises continuent de ratisser la localité, imbriquée géographiquement avec une autre du nom de Zawtar al-Charqiya, où des forces israéliennes sont toujours présentes, comme elles le sont aussi dans des localités environnantes.

Déplacé de Zawtar al-Charqiya, Moustafa Ammar dit espérer qu'Israël se retire d'autres localités comme la sienne.

"Nous marcherons derrière l'armée si elle nous donne l'autorisation d'entrer", lance le sexagénaire.

Pour Wafaa Ismaïl, 64 ans, déplacée de Zawtar al-Gharbiya, le Premier ministre "aurait dû faire entrer les gens derrière lui pour signaler une victoire".


Le ministre saoudien des Affaires étrangères et ses homologues européens discutent de la sécurité maritime en mer Rouge

Le prince Faisal ben Farhane s'est entretenu mardi avec ses homologues espagnol, italien et allemand. (Photo : X)
Le prince Faisal ben Farhane s'est entretenu mardi avec ses homologues espagnol, italien et allemand. (Photo : X)
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  • Les ministres soulignent la nécessité de préserver la sécurité maritime et rejettent toute action menaçant la liberté de navigation

RIYAD : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'est entretenu mardi avec ses homologues d'Espagne, d'Italie et d'Allemagne au sujet des menaces des Houthis contre la navigation en mer Rouge et des efforts visant à apaiser les tensions plus larges au Moyen-Orient.

Lors d'entretiens distincts, José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères, et Antonio Tajani, son homologue italien, ont condamné les menaces des rebelles houthis du Yémen contre le sud de l'Arabie saoudite, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Les ministres ont souligné l'importance de préserver la sécurité maritime en mer Rouge et dans le Golfe, tout en rejetant toute action mettant en péril la liberté et la sécurité de la navigation.

Le prince Faisal s'est également entretenu avec le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, des conséquences sécuritaires et économiques du conflit en cours entre les États-Unis et l'Iran.

Lundi, le ministère saoudien des Affaires étrangères a dénoncé les déclarations d'un porte-parole militaire houthi affirmant que le groupe avait imposé un blocus maritime contre le Royaume, accusant les Houthis d'entraîner le Yémen dans un conflit régional plus large.

Selon le ministère, les attaques houthies contre les navires commerciaux internationaux en mer Rouge aggravent la situation humanitaire des Yéménites, en limitant leurs déplacements et en détériorant les conditions économiques dans les zones contrôlées par le groupe armé.

Le Royaume a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités en appliquant les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, notamment les résolutions 2216 sur le Yémen et 2722 sur la protection de la liberté de navigation en mer Rouge. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Une rencontre saoudo-française vise à renforcer la coopération en matière de défense

Les délégations saoudienne et française se sont réunies lundi à Riyad. (Ministère saoudien de la Défense)
Les délégations saoudienne et française se sont réunies lundi à Riyad. (Ministère saoudien de la Défense)
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  • Rencontre à Riyad entre les chefs d’état-major saoudien et français
  • Renforcement de la coopération en matière de défense

Le chef d’état-major général des forces armées saoudiennes, le lieutenant-général Fayyad bin Hamed Al-Ruwaili, a tenu lundi à Riyad des discussions avec son homologue français, le général Fabien Mandon.

La rencontre a porté sur les moyens de développer la coopération bilatérale dans les domaines de la défense et des affaires militaires. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharqal-Awsat.