Syrie: couper l'aide transfrontalière serait «inhumain», selon le Croissant-Rouge turc

Une chaîne humaine est formée par des travailleurs de la société civile, de l'aide humanitaire et des services médicaux et de secours lors d'une veillée appelant au maintien d'une résolution de l'ONU autorisant le passage de l'aide humanitaire dans la province d'Idlib, au nord-ouest de la Syrie, tenue par les rebelles, via le poste frontière de Bab al-Hawa avec la Turquie, près de Bab al-Hawa, le long de l'autoroute qui la relie à la ville d'Idlib, le 2 juillet 2021.  (Omar HAJ KADOUR / AFP)
Une chaîne humaine est formée par des travailleurs de la société civile, de l'aide humanitaire et des services médicaux et de secours lors d'une veillée appelant au maintien d'une résolution de l'ONU autorisant le passage de l'aide humanitaire dans la province d'Idlib, au nord-ouest de la Syrie, tenue par les rebelles, via le poste frontière de Bab al-Hawa avec la Turquie, près de Bab al-Hawa, le long de l'autoroute qui la relie à la ville d'Idlib, le 2 juillet 2021. (Omar HAJ KADOUR / AFP)
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Publié le Jeudi 08 juillet 2021

Syrie: couper l'aide transfrontalière serait «inhumain», selon le Croissant-Rouge turc

  • La Syrie est déchirée depuis 2011 par une guerre civile déclenchée par la répression de manifestations pro-démocratie par le régime du président Bachar al-Assad
  • L'autorisation transfrontalière de l'ONU, qui permet d'acheminer l'aide sans l'aval du régime, expire samedi

ANKARA : Fermer un accès transfrontalier permettant d'acheminer de l'aide en Syrie à des millions de personnes, comme le souhaite Moscou, serait "inhumain" et pourrait provoquer un nouvel afflux migratoire, a estimé jeudi le président du Croissant-Rouge turc.

L'extension pour un an de cet accès entre la Turquie et la Syrie devait faire l'objet d'un vote jeudi au Conseil de sécurité de l'ONU, mais celui-ci a été reporté pour permettre des négociations visant à vaincre les réticences russes.

"Le sort de millions de personnes dans le besoin risque d'être négativement affecté à cause d'un veto (russe) (...) Une telle décision serait injuste et inhumaine", a déclaré à l'AFP le président du Croissant-Rouge turc et vice-président de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Kerem Kinik.

La Syrie est déchirée depuis 2011 par une guerre civile déclenchée par la répression de manifestations pro-démocratie par le régime du président Bachar al-Assad. 

Le conflit, dans lequel des puissances étrangères se sont impliquées, a fait près d'un demi-million de morts et des millions de déplacés, notamment dans le nord-ouest, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, une ONG.

La Russie, principal soutien de M. Assad, exige le rétablissement de la souveraineté de Damas sur l'ensemble du territoire, d'où son opposition à l'acheminement humanitaire en dehors du contrôle du régime syrien.

L'autorisation transfrontalière de l'ONU, qui permet d'acheminer l'aide sans l'aval du régime, expire samedi.

Elle permet de transporter l'aide humanitaire aux Syriens depuis la Turquie, via le point d'entrée de Bab al-Hawa (nord-ouest de la Syrie) afin d'atteindre plus de trois millions de personnes dans la région rebelle d'Idleb.

En privant ces dernières d'une aide "vitale", la non-prolongation de l'accès transfrontalier risque en outre de provoquer une nouvelle vague de migration vers la Turquie, qui accueille déjà près de quatre millions de Syriens, selon M. Kinik.

"En cas de fermeture de la frontière, cette population serait privée de soutien et le risque de migration pourrait être accru", a-t-il déclaré.

En visite jeudi à la frontière turque avec la Syrie, le commissaire européen chargé de la gestion des crises, Janez Lenarcic, a lui aussi appelé à garder ouvert l'accès humanitaire.

"L'Union européenne prie instamment les membres du Conseil de sécurité de s'entendre sur le renouvellement (...) permettant l'acheminement d'une aide vitale", a-t-il dit.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.