Explosion du port de Beyrouth: le juge retoque la requête du Parlement

Le 4 août 2020, une gigantesque déflagration, déclenchée par un incendie dans un entrepôt qui abritait des tonnes de nitrate d'ammonium a fait plus de 200 morts et 6 500 blessés.. (Photo, AFP)
Le 4 août 2020, une gigantesque déflagration, déclenchée par un incendie dans un entrepôt qui abritait des tonnes de nitrate d'ammonium a fait plus de 200 morts et 6 500 blessés.. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mardi 13 juillet 2021

Explosion du port de Beyrouth: le juge retoque la requête du Parlement

  • Le juge en charge de l'enquête a rejeté une requête des députés réclamant des « preuves » supplémentaires avant la levée de l'immunité des responsables
  • En juin, une cinquantaine d'ONG, dont Amnesty et Human Rights Watch, ont réclamé une enquête de l'ONU sur le drame après avoir dénoncé «des ingérences politiques flagrantes»

BEYROUTH: Le juge d'instruction en charge de l'enquête sur l'explosion au port de Beyrouth a retoqué lundi une requête de députés réclamant des "preuves" supplémentaires avant une décision sur une levée de l'immunité de trois parlementaires et ex-ministres, selon une source judiciaire.

Le 4 août 2020, une gigantesque déflagration, déclenchée par un incendie dans un entrepôt qui abritait des tonnes de nitrate d'ammonium stockées "sans mesures de précaution" de l'aveu même des autorités, a fait plus de 200 morts et 6 500 blessés.

Des ONG ont souvent mis en garde contre les ingérences dans le judiciaire et les pressions d'une classe politique honnie, au sujet de l'enquête libanaise sur l'explosion qui n'a donné aucun résultat concret près d'un an après le drame.

Le précédent juge d'instruction en charge du dossier avait été récusé en février, après avoir inculpé le Premier ministre démissionnaire Hassan Diab et trois anciens ministres, provoquant une levée de boucliers au sein de la classe politique.

Début juillet, le nouveau juge, Tarek Bitar, a demandé au Parlement la levée de l'immunité de trois députés qui ont occupé des postes de ministres – Ali Hassan Khalil (Finances), Ghazi Zaayter (Travaux publics et Transport) et Nouhad al-Machnouk (Intérieur) –, "en vue d'intenter des poursuites pour potentielle intention d'homicide" et "négligence et manquements".

Une commission conjointe du Parlement, chargée d'étudier sa requête avant un vote, a alors réclamé "un résumé des preuves rapportées dans l'enquête, ainsi que tous les documents et les papiers incriminant" les députés.

"Le juge d'instruction a refusé la requête du Parlement. Dans un courrier officiel, il a expliqué qu'il avait déjà remis tous les documents qui devaient être remis", a indiqué une source judiciaire.

"Selon le règlement intérieur du Parlement, la levée de l'immunité d'un député se fait sans que ne soient présentées les preuves et les documents qui sont en la possession du juge d'instruction", a assuré dans sa réponse M. Bitar.

Pour l'avocat et militant Nizar Saghieh, la demande du Parlement est "une atteinte à la séparation des pouvoirs".

Lundi, les familles des victimes de l'explosion ont manifesté devant les domiciles de MM. Machnouk et Zaayter.

En juin, une cinquantaine d'ONG, dont Amnesty et Human Rights Watch, ont réclamé une enquête de l'ONU sur le drame après avoir dénoncé "des ingérences politiques flagrantes, l'immunité des hauts responsables politiques et des violations de la procédure régulière" dans l’enquête libanaise.


Israël: la procureure générale alerte sur un «démantèlement» des institutions démocratiques

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
Short Url
  • "A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud)
  • Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême

JERUSALEM: La procureure générale d'Israël a mis en garde lundi contre un recul démocratique en Israël, où le Parlement examine un projet de dissolution qui pourrait mener à des élections anticipées.

Depuis que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a été mis sur pied fin 2022, Gali Baharav-Miara conteste la légalité de certaines de ses décisions, et fait en conséquence l'objet d'une procédure de destitution intentée par l'exécutif.

"A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud).

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi.

Le premier vise à réduire les pouvoirs de la procureure générale, en créant un poste similaire mais qui serait nommé exclusivement par le ministre de la Justice.

Le second accorderait davantage de pouvoirs au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (extrême droite).

Si ces deux textes sont adoptés, "le système d'application de la loi dans l'Etat d'Israël changera complètement de nature", a-t-elle prévenu, d'après un communiqué de son bureau.

Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême.

La procureure générale faisait référence notamment à l'inaction du gouvernement après une décision de la Cour suprême de 2024, obligeant l'Etat à imposer des sanctions aux juifs ultra-orthodoxes qui s'opposent à la conscription.

"Le chef d'état-major réclame des soldats et il n'est plus possible de l'ignorer", a déclaré la procureure générale. "L'Etat ne peut pas ignorer la loi qui impose la conscription pour tous, ni le tort causé au principe d'égalité".

Israël mène depuis mars de vastes opérations militaires au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, et depuis plus de deux ans dans la bande de Gaza, où il combat le Hamas palestinien.


«Pas de calme à Beyrouth» tant que durent les attaques du Hezbollah, avertit Israël

L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
Short Url
  • "La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau
  • "Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé lundi qu'il n'y aurait "pas de calme" à Beyrouth sans l'arrêt des attaques du Hezbollah pro-iranien, disant en outre vouloir établir une zone sous contrôle militaire dans une vaste partie du sud du Liban.

"La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté.

Ces propos surviennent après que l'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah.

L'armée a aussi intensifié ses opérations terrestres dans le sud.

M. Katz a indiqué qu'elle opérait "afin d'éloigner les menaces (...) et de faire de la zone du fleuve Litani une zone placée sous contrôle sécuritaire de Tsahal (l'armée, NDLR), débarrassée des armes et des terroristes".

Le fleuve Litani est situé à une trentaine de km de la frontière avec Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé vendredi que l'armée l'avait traversé, après avoir déclaré qu'une grande partie du sud du Liban était désormais considérée une "zone de combat", en dépit d'un cessez-le-feu en vigueur le 17 avril.


Un soldat israélien tué dans le sud du Liban 

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
Short Url
  • Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué
  • Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi que l'un de ses soldats avait été tué lors de combats dans le sud du Liban, portant à 26 le nombre de morts dans ses rangs depuis début mars.

Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué.

Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah. Dimanche, l'armée avait annoncé la mort d'un autre soldat au Liban, également tué par un drone explosif du mouvement pro-iranien, selon elle.

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant.