En Tunisie, la pandémie met à nu les défaillances de la santé publique

Des gens qui attendent de se faire tester pour le coronavirus dans un hôpital militaire de la ville d'El-Hamma, dans le gouvernorat de Gabès dans le sud-ouest de la Tunisie. (Fethi BELAID/AFP)
Des gens qui attendent de se faire tester pour le coronavirus dans un hôpital militaire de la ville d'El-Hamma, dans le gouvernorat de Gabès dans le sud-ouest de la Tunisie. (Fethi BELAID/AFP)
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Publié le Mercredi 02 septembre 2020

En Tunisie, la pandémie met à nu les défaillances de la santé publique

  • « Les militaires ont joué le rôle de Zorro » pour faire face à « la situation catastrophique des hôpitaux publics »
  • Manque de moyens et d'équipements, difficultés à recruter des médecins et des infirmiers: « Les responsables (au ministère de la Santé) sont au courant mais rien n'a été fait »

EL HAMMA: Aucun service de réanimation dans une ville fortement touchée par le nouveau coronavirus, seulement deux médecins réanimateurs dans le principal hôpital régional: la pandémie a jeté une lumière crue sur les infrastructures de santé défaillantes du sud-est de la Tunisie.

Un Bilan lourd

À El Hamma, ville de 100.000 habitants située à 500 kilomètres au sud de Tunis dans le gouvernorat de Gabès, onze personnes ont succombé au nouveau coronavirus en août. Avec plus de 800 cas de contamination recensés sur la même période.

Un bilan lourd puisque le pays dans son ensemble déplore 80 décès depuis mars et 3.803 cas, selon le bilan des autorités mardi soir. La Tunisie avait circonscrit la pandémie par des restrictions précoces et drastiques mais le nombre de cas se démultiplie depuis l'ouverture des frontières le 27 juin.

El Hamma, où l'origine de la contagion n'a pas été identifiée à ce stade, est devenue l'un des principaux foyers du pays. Un couvre-feu y est de nouveau instauré.

Même si la plupart des porteurs du virus ne présentent pas de symptôme, les habitants ont paniqué car inquiets de ne pouvoir se faire soigner.

« Les militaires ont joué le rôle de Zorro »

Un hôpital militaire de campagne a été installé le 17 août pour pallier au manque d'équipement et de personnel de l'hôpital local.

« Les militaires ont joué le rôle de Zorro » pour faire face à « la situation catastrophique des hôpitaux publics », estime Fethi, la trentaine.

L'hôpital militaire examine les cas suspects puis transfère les malades nécessitant une hospitalisation vers des établissements de la région.

L'hôpital d'El Hamma ne disposant pas de service de réanimation, ces patients sont notamment transférés à une trentaine de kilomètres à Gabès, chef-lieu d'une région de plus de 400.000 habitants. Pourtant, là aussi, la situation laisse à désirer : un second médecin réanimateur a rejoint l'hôpital régional en 2019 mais aucun des deux n'intervient dans le service dédié à la maladie Covid-19. Ils se concentrent sur les autres patients.

« Zéro réanimateur »

Pourtant « parmi les seize lits du service de réanimation Covid, seulement deux sont fonctionnels » car il n'y a que deux respirateurs en bon état, déplore Hechmi Lakhrach, directeur de l'hôpital régional de Gabès, craignant une « catastrophe ».

Manque de moyens et d'équipements, difficultés à recruter des médecins et des infirmiers: « Les responsables (au ministère de la Santé) sont au courant mais rien n'a été fait », ajoute-t-il. Le Dr Hamida Kwas, chef de service de pneumologie de cet hôpital, est inquiète car « le manque d'effectif et de matériels nous épuise moralement et physiquement. Nous avons vraiment peur de ne pas pouvoir assurer la suite ».

Outre les seize lits de réanimation, le service Covid-19 compte aussi huit lits classiques qui « sont tous occupés », explique-t-elle. Si l'état d'un patient s'aggrave, « on a zéro (médecin) réanimateur ».

Le secteur de la santé publique, longtemps considéré comme stratégique, souffre depuis une vingtaine d'années d'un abandon au profit du privé, de problèmes de gestion et de corruption.

Les médecins qualifiés ne manquent pas mais beaucoup partent à l'étranger et les structures de santé sont inégalement réparties dans le pays. Ainsi, treize des vingt quatre gouvernorats ont moins d'un lit de réanimation pour 100.000 habitants, selon une thèse récente illustrant la marginalisation des régions du sud et du centre.


Le président syrien n'entend pas intervenir au Liban (sources proches)

Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
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  • Le président syrien Ahmad al-Chareh a démenti toute intention d’intervention au Liban, qualifiant ces rumeurs d’infondées
  • Damas affirme privilégier la coordination avec Beyrouth et la stabilité du Liban, dans un contexte régional tendu lié au Hezbollah et au conflit israélo-libanais

DAMAS: Le président syrien Ahmad al-Chareh a déclaré à des visiteurs que Damas n’avait aucune intention d’intervenir au Liban, démentant des rumeurs à ce sujet, ont indiqué vendredi à l'AFP deux personnes ayant assisté à l'entretien.

L’un des participants, qui a requis l’anonymat, a affirmé que le dirigeant syrien avait dit à une délégation de près de 70 notables et dignitaires de la province de Damas, en visite jeudi au palais présidentiel, que "ce qui se dit au sujet d'une intervention de la Syrie au Liban n’est qu'une rumeur".

L'autre personne a confirmé ces propos.

Le communiqué officiel publié à l'issue de cette visite, centrée autour de questions locales de développement, n'a fait aucune mention des propos d'Ahmad al-Chareh sur le Liban.

Le président américain Donald Trump avait affirmé lors d'une interview le 7 juin à NBC que le président syrien était prêt à aider à affaiblir le Hezbollah, contre lequel Israël mène une campagne de frappes aériennes et une offensive terrestre.

Dans une interview télévisée jeudi, le porte-parole du ministère syrien de l’Intérieur, Noureddine al-Baba, a déclaré que Damas se tient aux côtés du président libanais Joseph Aoun pour " préserver la sécurité du Liban et la souveraineté de l’Etat libanais".

"La coordination avec (...) le Liban est le fondement de tout rôle que la Syrie peut jouer dans la résolution des dossiers libanais", a-t-il ajouté.

Réagissant aux propos de Donald Trump, Noureddine al-Baba a déclaré que "les parties syrienne et libanaise sont les mieux placées pour (les) interpréter et se mettre d’accord sur une formule qui serve les deux pays dans le cadre d'une vision arabe commune".

Selon un diplomate qui a requis l'anonymat, la Syrie est sous pression des Etats-Unis depuis le début de la guerre entre Israël et le Liban le 2 mars pour intervenir contre la formation pro-iranienne dans le pays voisin, avec lequel elle partage une longue frontière terrestre.

La Syrie est dirigée depuis fin 2024 par des autorités islamistes hostiles au Hezbollah, qui était l'allié du président renversé Bachar al-Assad.

M. Chareh a dit vouloir ouvrir une nouvelle page avec le Liban.

Le président syrien Hafez al-Assad, père de Bachar al-Assad, était intervenu au Liban en pleine guerre civile en 1976 et ses troupes ne s'en étaient définitivement retirées que près de 30 ans plus tard.


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
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  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.


Liban: au moins 12 morts dans des frappes israéliennes dans le sud

Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
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  • Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud
  • "Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël"

BEYROUTH: Israël a poursuivi mercredi ses frappes au Liban, faisant au moins 12 morts, selon une source médicale à l'AFP, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, appelant les Libanais à "rejoindre" la lutte de son pays contre le Hezbollah pro-iranien.

L'armée israélienne a en outre arrêté et enlevé en Israël, pour interrogatoire, deux habitants d'un village frontalier du sud, avant leur remise en liberté dans la soirée.

Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud.

"Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël", a déclaré M. Netanyahu dans un message en anglais adressé au peuple libanais.

Dans le même temps, Donald Trump a douché mercredi les espoirs d'un accord avec Téhéran pour mettre fin à la guerre régionale. Il a affirmé que son armée allait "attaquer" l'Iran dès mercredi, l'accusant de duplicité.

Dans le sud, près de Tyr, huit personnes ont été tuées dans des frappes sur le village de Tayr Debba et quatre autres dans la localité de Deir Qanoun an-Nahr, a indiqué une source médicale à l'AFP.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a aussi rapporté d'autres bombardements sur une trentaine de localités dans le sud et l'est du Liban, dont trois villages méridionaux dont Israël avait ordonné plus tôt l'évacuation.

La veille, de violents raids sur la ville de Tyr avaient fait 11 morts et Israël avait ordonné à l'ensemble des habitants de la ville millénaire et de ses environs d'évacuer, provoquant un exode précipité.

Plus au nord, une frappe israélienne a visé une voiture dans le centre de la grande ville côtière de Saïda, porte du sud du Liban, a indiqué l'Ani.

Un correspondant de l'AFP y a vu des secours retirer deux personnes d'un véhicule en feu.

Villages chrétiens isolés 

De son côté, le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des troupes israéliennes dans des localités qu'elles occupent dans le sud.

Dans la zone frontalière, une patrouille israélienne a enlevé "un membre du conseil municipal de Kfar Chouba et un employé de la municipalité alors qu'ils effectuaient des travaux de pompage d'eau", selon l'Ani.

L'armée israélienne a indiqué pour sa part avoir interpellé et "transféré sur le territoire israélien pour y être interrogés", deux "suspects" qui "s'étaient approchés de la zone où les soldats israéliens mènent des opérations".

La municipalité de Kfar Chouba a annoncé qu'ils étaient revenus libres au village dans la soirée. Affirmant qu'ils "n'avaient aucune intention de s’approcher des forces israéliennes", elle a condamné un "acte hostile envers deux innocents qui accomplissaient une mission humanitaire".

Kfar Chouba est l'un des rares villages frontaliers dont les habitants sont restés malgré les ordres d'évacuation de l'armée israélienne, qui occupe désormais une partie du sud du pays.

Parmi ces villages figure une poignée de localités chrétiennes, dont les représentants ont appelé mardi soir l'État libanais à "ouvrir des couloirs humanitaires".

Le communiqué du "Rassemblement des villages chrétiens frontaliers" souligne que les routes les desservant sont désormais "coupées ou extrêmement dangereuses".

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah et Israël, les frappes israéliennes ont fait 3.696 morts, selon le dernier bilan des autorités.

Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans cette guerre régionale pour soutenir l'Iran, qui exige que tout accord de paix avec Washington inclut la fin des hostilités sur le front libanais.