Le ministre de l’Intérieur cible des familles des victimes de l'explosion du port de Beyrouth

Des proches de personnes tuées dans l'explosion massive de l'année dernière dans le port de Beyrouth bloquent le portail de l’immeuble où réside le ministre de l'Intérieur par intérim, Mohamed Fahmi, afin d’en interdire l’accès aux policiers venus en renfort, à Beyrouth, Liban, le mardi 13 juillet 2021. (Photo, AP)
Des proches de personnes tuées dans l'explosion massive de l'année dernière dans le port de Beyrouth bloquent le portail de l’immeuble où réside le ministre de l'Intérieur par intérim, Mohamed Fahmi, afin d’en interdire l’accès aux policiers venus en renfort, à Beyrouth, Liban, le mardi 13 juillet 2021. (Photo, AP)
Une femme dont le frère a été tué lors de l'explosion massive de l'année dernière dans le port de Beyrouth brandit sa photo et scande des slogans lors d'une manifestation devant le domicile du ministre de l'Intérieur Mohamed Fahmi à Beyrouth mardi. (Photo, AP)
Une femme dont le frère a été tué lors de l'explosion massive de l'année dernière dans le port de Beyrouth brandit sa photo et scande des slogans lors d'une manifestation devant le domicile du ministre de l'Intérieur Mohamed Fahmi à Beyrouth mardi. (Photo, AP)
Short Url
Publié le Mercredi 14 juillet 2021

Le ministre de l’Intérieur cible des familles des victimes de l'explosion du port de Beyrouth

  • Des cercueils sont lancés par-dessus la clôture alors que les manifestants continuent d'exiger que les responsables accusés de l'explosion du port soient privés d'immunité
  • Les familles des victimes accusent l'ingérence politique d'avoir fait dérailler le processus de la justice

BEYROUTH : Des centaines de proches d’individus décédés dans l'explosion du port de Beyrouth l'année dernière ont lancé mardi soir des cercueils par-dessus la clôture de la résidence du ministre de l'Intérieur par intérim Mohammed Fahmi, lors d’une tentative de prendre d'assaut le bâtiment.

Ils protestaient contre son refus de lever l'immunité accordée au général de division Abbas Ibrahim, directeur général de la Sûreté générale, suspect dans l'enquête sur l'explosion du 4 août.

Les familles des victimes font pression sur les autorités pour qu'elles annulent l'immunité dont jouissent les anciens ministres, les députés actuels et les hauts responsables de la sécurité accusés par le juge Tarek Bitar, l'enquêteur judiciaire dans l'affaire, d'avoir contribué à la catastrophe.

Les familles se préparent à marquer le premier anniversaire de l'explosion, qui a coûté la vie à 215 personnes, fait plus de 6 000 blessés et détruit le front de mer de Beyrouth ainsi que de vastes secteurs résidentiels.

Les manifestants, munis de cercueils qui symbolisent ceux de leurs proches, se sont dirigés vers la résidence de Fahmi à Beyrouth, où les Forces de sécurité intérieure les attendaient.

Vêtues de noir, les femmes ont pleuré et crié pour que les suspects dans l'affaire soient privés de leur immunité contre les poursuites.

Des pères qui ont perdu leurs enfants dans l'explosion préviennent que Fahmi serait considéré comme un terroriste s'il ne le fait pas. «Malheur à vous si vous ne levez pas l'immunité des suspects», affirment-il.

La manifestation a dégénéré en une confrontation avec les forces de sécurité au moment où les manifestants ont tenté de prendre d'assaut la résidence de Fahmi et jeté les cercueils par-dessus sa clôture.

Les femmes ont réussi à atteindre l'entrée du bâtiment, où elles ont été confrontées aux forces de sécurité. Les manifestants ont invectivé les responsables de la situation qui a conduit à l'explosion, causée par 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium stockées dans le port depuis 2014, sans mesures de sécurité adéquates. L'explosion compte parmi explosions non nucléaires les plus puissantes de l'histoire.

Les familles des victimes, qui ont également jeté des pierres et des tomates sur le bâtiment, affirment qu'elles mettraient fin à leurs manifestations quand Fahmi aura levé l'immunité des suspects. Ils ont également exhorté les forces de sécurité «à ne pas défendre les fonctionnaires qui les ont affamés».

Certains manifestants peint «50 $» sur des boucliers portés par des membres des forces de sécurité: «la valeur de vos salaires à cause de ces tueurs. Ne les défendez pas ; restez avec nous».

L'affrontement a duré plus de trois heures. Les manifestants ont finalement brisé les vitres à l'entrée du bâtiment, et la police anti-émeute a riposté avec des grenades lacrymogènes.

Les familles manifestent quotidiennement devant les domiciles de responsables qu’ils blâment pour l'explosion, afin de s'assurer qu'elles comparaissent devant le tribunal pour répondre des accusations. Ces derniers jours, ils ont manifesté devant les résidences des anciens ministres Nouhad al-Machnouk et Ghazi Zaïter, ainsi que devant le Parlement.

Un nombre de manifestants et de membres des forces de sécurité ont été blessés lors des affrontements qui ont suivi et, dans quelques cas, des personnes se sont évanouies en raison des gaz lacrymogènes.

Le juge Bitar a refusé de fournir aux politiciens des documents supplémentaires concernant Al-Machnouk, Zaïter et l'ancien ministre des Finances Ali Hassan Khalil. Les autorités parlementaires avaient exigé des preuves supplémentaires du juge avant de se prononcer sur la demande de levée de l'immunité.

Bitar indique qu'il «n'est pas tenu de soumettre des documents supplémentaires, car ce serait violer le secret de l'enquête».

Le juge a inculpé des politiciens et des responsables de la sécurité, notamment le général de division Tony Saliba, directeur général de la sécurité de l'État, de négligence criminelle et de potentielle intention d'homicide. Selon lui, ils savaient que des matières explosives étaient stockées au port d'une manière dangereuse mais n'ont pas agi en conséquence.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’Arabie saoudite appelle l’ONU à agir contre l’islamophobie

L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
Short Url
  • Le harcèlement public, les stéréotypes nuisibles et le vandalisme des mosquées « créent la division, approfondissent la méfiance et compromettent les efforts pour bâtir des sociétés inclusives et stables », déclare l’envoyé
  • L’ambassadeur Abulaziz Alwasil exhorte les gouvernements et les plateformes en ligne à renforcer les protections légales et à garantir la responsabilité pour les crimes haineux visant les musulmans

NEW YORK : L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie, soulignant en particulier l’importance des protections légales, de l’éducation et de la coopération internationale.

Il a décrit l’islamophobie comme « un défi sérieux et croissant » et a mis en garde contre ses effets sociaux plus larges.

« Lorsque les musulmans sont harcelés dans l’espace public, lorsque des mosquées sont vandalisées et que des stéréotypes nuisibles se diffusent dans le discours public et sur les plateformes numériques, les conséquences vont bien au-delà d’une seule communauté », a-t-il déclaré.

« Elles créent la division, renforcent la méfiance et compromettent les efforts pour construire des sociétés inclusives et stables. »

Abulaziz Alwasil a exhorté les gouvernements, les autorités éducatives et les plateformes numériques à agir.

« Les gouvernements doivent renforcer les protections légales contre la discrimination et garantir la responsabilité en cas de crimes haineux visant les musulmans, les mosquées et les institutions islamiques », a-t-il ajouté.

« Les efforts doivent également s’attaquer à la propagation des discours de haine sur les plateformes numériques, où la désinformation et les narratifs hostiles peuvent rapidement influencer les perceptions et alimenter l’intolérance. »

L’envoyé saoudien a souligné l’importance de la coopération internationale et l’engagement de Riyad sur cette question.

« L’Arabie saoudite réaffirme que lutter contre l’islamophobie est une part indispensable de la promotion du respect de la diversité religieuse », a-t-il déclaré.

« Lorsque les nations travaillent ensemble pour promouvoir la tolérance et le respect mutuel, elles renforcent les bases d’une coexistence mondiale pacifique. »

« Le Royaume d’Arabie saoudite reste fermement engagé à faire progresser les efforts internationaux pour combattre l’islamophobie, contrer les narratifs qui incitent à l’hostilité et à la discrimination contre les musulmans, en renforçant la coopération, en poursuivant l’engagement avec l’ONU et en soutenant les initiatives qui favorisent la compréhension et le dialogue. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Guerre en Iran: Israël annonce avoir éliminé Ali Larijani

Ali Larijani, chef de la sécurité nationale iranienne, assiste à une cérémonie du mouvement chiite libanais Hezbollah marquant le premier anniversaire de l’assassinat de Hassan Nasrallah par Israël, dans la banlieue sud de Beyrouth le 27 septembre 2025. (AFP)
Ali Larijani, chef de la sécurité nationale iranienne, assiste à une cérémonie du mouvement chiite libanais Hezbollah marquant le premier anniversaire de l’assassinat de Hassan Nasrallah par Israël, dans la banlieue sud de Beyrouth le 27 septembre 2025. (AFP)
Short Url
  • Le ministre israélien de la Défense Israël Katz annonce la mort d’Ali Larijani et du général Gholamréza Soleimani lors de frappes israéliennes en Iran, un nouveau coup porté aux structures du régime
  • Israël intensifie ses opérations contre des cibles iraniennes et alliées, visant aussi un chef du Jihad islamique, sur ordre du Premier ministre Benjamin Netanyahu

Jérusalem: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé mardi "l'élimination" d'Ali Larijani, l'un des principaux dirigeants iraniens, et du général Gholamréza Soleimani, commandant de la milice du Bassidj, après des frappes menées dans la nuit en Iran par l'armée israélienne.

"Le chef d'état-major vient de m'informer que Larijani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, et Soleimani, chef du Bassidj — l'appareil répressif central de l'Iran, ont été éliminés hier soir", a déclaré M. Katz dans un message vidéo.

"Ils ont rejoint dans les profondeurs de l'enfer (Ali) Khamenei", guide suprême de la Révolution islamique, tué avec plusieurs autres haut-responsables iraniens aux premières heures des bombardements israélo-américains sur l'Iran le 28 février.

Depuis l'élimination du guide suprême Khamenei, M. Larijani était l'un des principaux visages du pouvoir iranien.

- Sous la tente -

Il "est le dirigeant de facto du régime iranien, surtout depuis deux semaines, mais même avant cela, il était considéré comme celui qui prenait les décisions et tirait les ficelles", a commenté un responsable militaire, sous couvert d'anonymat.

C'est Larijani qui "a orienté les attaques vers la région" et a ordonné des frappes contre Israël et les pays du Golfe, a affirmé ce même responsable.

Le chef de la milice du Bassidj, le général Soleimani, a quant à lui été "éliminé lors d'une frappe de l'armée de l'Air visant le quartier général de fortune sous tente qu'ils utilisaient, par crainte d'utiliser leurs bases habituelles".

Avec les Gardiens de la Révolution, le Bassidj est depuis plusieurs jours la cible des frappes aériennes d'Israël. Cette milice recrute essentiellement dans la jeunesse, et agit comme une organisation idéologique insérée dans toutes les institutions et strates de la société.

Elle "fait partie de l'appareil armé du régime terroriste iranien" et a "mené les principales opérations de répression, recourant à une violence extrême, à des arrestations massives et à l'usage de la force contre des manifestants civils", a commenté l'armée israélienne.

"L'élimination de Soleimani s'ajoute à celle de dizaines de hauts commandants des forces armées du régime iranien qui ont été éliminés au cours de l'opération, et constitue un nouveau coup dur porté aux structures de commandement et de contrôle du régime en matière de sécurité", affirme l'armée.

- Jihad islamique aussi visé -

Le responsable militaire a par ailleurs fait état d'une frappe contre l'un des principaux chefs du Jihad islamique palestinien, Akram Al-Ajouri, chef des brigades al-Qods, la branche militaire de ce mouvement, active surtout dans la bande de Gaza.

Akram Al-Ajouri "séjournait en Iran, où il résidait habituellement (...). Nous ne disposons pas encore de données" sur les résultats de la frappe, a ajouté cette même source.

"Le Premier ministre (israélien Benjamin Netanyahu) et moi-même avons donné pour instruction à l'armée israélienne de poursuivre sans relâche les dirigeants du régime de terreur et d'oppression en Iran", a ajouté le ministre Katz.

L'armée israélienne "poursuit ses opérations en Iran avec une grande intensité, en ciblant les ressources du régime, en neutralisant ses capacités de lancement de missiles et en détruisant des infrastructures stratégiques clés (...)". La Révolution islamique "est en train d'être démantelée, et ses dirigeants ainsi que ses capacités sont en train d'être neutralisés", a-t-il assuré.

M. Katz a félicité "les pilotes et les équipes au sol de l'armée de l'Air, ainsi que toutes les branches et tout le personnel du renseignement" pour cette "opération qui restera dans les annales de l'histoire des guerres et des campagnes aériennes modernes comme un exploit sans précédent".

"Bravo à l'armée israélienne, continuez comme ça!" a-t-il conclu.

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a par ailleurs annoncé un peu plus tôt son bureau, publiant une photo légendée de M. Netanyahu, tout sourire au téléphone, sous le drapeau frappé de l'étoile de David, un général à ses côtés et un autre collaborateur calepin en main.


Amman et Abou Dhabi : le monde arabe n’est pas partie prenante de la guerre contre l’Iran

Mohammed bin Zayed Al-Nahyan, président des Émirats arabes unis, et Abdallah II ont discuté des développements régionaux lors d’une réunion à Abu Dhabi. (WAM)
Mohammed bin Zayed Al-Nahyan, président des Émirats arabes unis, et Abdallah II ont discuté des développements régionaux lors d’une réunion à Abu Dhabi. (WAM)
Short Url
  • Lors d’une réunion à Abu Dhabi, Mohammed bin Zayed Al-Nahyan et le roi Abdallah condamnent les récentes attaques iraniennes contre leurs pays
  • Les pays du Golfe et d’autres nations arabes n’ont ni déclenché ni participé au conflit en cours entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, mais œuvrent à le contenir et à éviter une escalade régionale, ajoutent-ils

​​​​​LONDRES : Les dirigeants de la Jordanie et des Émirats arabes unis ont condamné les récentes attaques iraniennes contre leurs pays et ont réaffirmé que les nations arabes n’avaient ni déclenché ni participé au conflit en cours entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui a débuté le 28 février.

Mohammed bin Zayed Al-Nahyan, président des Émirats arabes unis, et le roi Abdallah de Jordanie ont déclaré que le Conseil de coopération du Golfe et d’autres nations arabes s’efforcent plutôt de contenir la crise et d’empêcher une escalade régionale, selon l’agence de presse jordanienne.

Leurs déclarations ont été faites lors de leur rencontre à Abu Dhabi lundi, afin de discuter de l’intensification des actions militaires dans la région et de leurs graves répercussions sur la sécurité et la stabilité.

Ils ont indiqué que l’agression iranienne en cours dans la région viole la souveraineté des États, le droit international et d’autres normes, et constitue une menace pour la paix et la sécurité mondiales, selon l’agence de presse des Émirats.

Les dirigeants ont souligné la nécessité urgente de mettre fin à l’escalade militaire et de privilégier le dialogue et la diplomatie afin d’assurer la sécurité et d’apaiser les tensions. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com