Biden dans l'arène parlementaire pour défendre son gigantesque projet économique et social

Le président US veut mettre la première économie mondiale en ordre de bataille face au changement climatique. (Photo, AFP)
Le président US veut mettre la première économie mondiale en ordre de bataille face au changement climatique. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 15 juillet 2021

Biden dans l'arène parlementaire pour défendre son gigantesque projet économique et social

  • Les démocrates, qui n'ont pas détaillé les mesures prévues, espèrent adopter leur projet sans l'aide de l'opposition parlementaire républicaine, en passant par un mécanisme budgétaire
  • Ce plan doit accompagner un autre chantier de relance de Joe Biden: un programme bien plus traditionnel de près de 1 000 milliards de dollars de dépenses dans les infrastructures

WASHINGTON : Le président Joe Biden effectue mercredi une rare visite au Congrès, au moment où les discussions autour d'un gigantesque plan de dépenses d'infrastructures et de dépenses sociales, dont il a fait un pivot de son mandat, entrent dans le dur.

"Nous allons mettre (ce plan) en oeuvre", a-t-il promis, en arrivant pour déjeuner avec les sénateurs démocrates.

Ces derniers viennent de trouver un accord, au sein de la commission du Budget, sur une proposition budgétaire de 3 500 milliards de dollars, une étape majeure dans le parcours périlleux qui doit permettre à Joe Biden, comme il l'espère, d'imprimer sa marque dans l'histoire économique et sociale des Etats-Unis.

Cet accord "est une percée majeure", a affirmé mercredi Jen Psaki, la porte-parole de la Maison Blanche, tout en reconnaissant qu'il "va y avoir des étapes supplémentaires. C'est pour cela que (le président) se rend au Capitole."

Cette somme de 3 500 milliards -- qui se rapproche à titre de comparaison du produit intérieur brut annuel du géant économique qu'est l'Allemagne (3 800 milliards de dollars en 2020) -- doit financer des mesures de transition énergétique, et des dépenses dans la santé ou l'éducation.

Les démocrates, qui n'ont pas détaillé les mesures prévues, espèrent adopter leur projet sans l'aide de l'opposition parlementaire républicaine, en passant par un mécanisme budgétaire.

Ce plan social et environnemental doit accompagner un autre chantier de relance de Joe Biden: un programme bien plus traditionnel de près de 1 000 milliards de dollars de dépenses dans les infrastructures (routes, ponts, réseaux d'eau, internet...).

La visite de Joe Biden au Congrès a pour but "de continuer à plaider pour une approche double", a tweeté Jen Psaki.

Acrobatique

L'adoption de ces deux volets, dont l'addition donne le tournis, s'annonce acrobatique pour un président plus que rompu aux négociations parlementaires, lui qui a siégé pendant 36 ans au Sénat.

Joe Biden a besoin que les démocrates serrent les rangs. Cela implique de mobiliser les plus progressistes tels que Bernie Sanders, patron de la commission du Budget au Sénat, autour d'importantes dépenses sociales, sans effaroucher les élus centristes, qui ne veulent pas que l'Etat se mêle trop de la vie économique.

Mais il lui faut aussi préserver un fragile compromis trouvé avec certains parlementaires républicains sur le volet qui concerne les grands chantiers d'infrastructures, plus classique et plus consensuel. Or, pour une bonne partie de la droite américaine, même modérée, l'idée même de nouvelles dépenses sociales est rédhibitoire.

"3 500 milliards de dollars de nouvelles dépenses, c'est 3 500 milliards de dollars de trop et 3 500 milliards de dollars que nous n'avons pas", a déjà déclaré le sénateur républicain Mike Lee.

Ce n'est pas le premier plan de relance de Joe Biden, qui a déjà mis sur les rails un programme de 1 900 milliards de dollars. Mais c'était là un dispositif d'urgence destiné à répondre aux conséquences économiques de la pandémie de Covid-19.

Sous le slogan "Build Back Better" ("Reconstruire en mieux"), c'est cette fois la philosophie même du mandat de Joe Biden qui est en jeu.

Le président veut mettre la première économie mondiale en ordre de bataille face au changement climatique.

Mais au-delà des milliards, Joe Biden estime aussi livrer une bataille idéologique: celle de la démocratie, dont l'Amérique serait le porte-drapeau, face aux régimes autoritaires, Chine en tête. Dans l'esprit du président démocrate, cette bataille se joue certes au niveau diplomatique, mais aussi sur le terrain de l'innovation technologique et sur celui, plus terre-à-terre, de la prospérité économique, en particulier celle des classes moyennes.


Witkoff et Kushner au Pakistan dans l’incertitude autour de pourparlers avec l’Iran

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  • Des négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran pourraient reprendre à Islamabad via des médiateurs pakistanais, malgré des désaccords sur la tenue de discussions directes
  • Sur le terrain, la situation reste fragile : trêve précaire au Liban, violences persistantes et blocage stratégique du détroit d’Ormuz qui continue d’impacter l’économie mondiale

ISLAMABAD: Une possible reprise des pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre se profile samedi, avec l'envoi de négociateurs des deux camps à Islamabad, sans garantie de discussions directes, deux semaines après l'échec d'une précédente tentative.

Parallèlement, la trêve au Liban, autre théâtre du conflit, semble toujours aussi précaire.

Déclenchée par une attaque des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février, la guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Islamabad, la capitale du Pakistan, attend depuis des jours une reprise des pourparlers américano-iraniens, entamés il y a deux semaines et interrompus au bout d'une quinzaine d'heures, même si le cessez-le feu a été unilatéralement prolongé sine die depuis par les Etats-Unis.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé vendredi soir à Islamabad, pour des entretiens avec de hauts responsables pakistanais.

Mais "aucune rencontre n'est prévue entre l'Iran et les Etats-Unis", a affirmé sur X le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, précisant que les positions de son pays seraient transmises à la partie américaine vie les médiateurs pakistanais.

Les émissaires du président américain Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, se rendront samedi au Pakistan en vue de pourparlers "avec des représentants de la délégation iranienne", a pourtant déclaré auparavant la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, assurant que cette rencontre était une demande de Téhéran.

Le vice-président JD Vance, qui conduisait la délégation américaine il y a deux semaines, ne devrait pas cette fois être du voyage mais pourrait les rejoindre ultérieurement en cas de progrès, a précisé Mme Leavitt.

Après le Pakistan, M. Araghchi doit poursuivre une tournée régionale qui le mènera à Oman et en Russie.

- "Vitale pour le monde" -

Pendant ce temps, le trafic maritime reste à l'arrêt dans le détroit d'Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et qui est désormais soumis à un double blocus iranien et américain.

Les marchés mondiaux ont accueilli avec un enthousiasme très mesuré la perspective de nouvelles négociations entre Washington et Téhéran. Le baril de WTI américain a reculé de 1,51% à 94,40 dollars et le Brent, référence internationale, a modéré sa hausse, clôturant à 105,33 dollars (+0,25%).

Sur le front libanais, le cessez-le-feu, dont une prolongation de trois semaines a été annoncée jeudi soir par Donald Trump après des discussions entre représentants israéliens et libanais à Washington, est déjà mis à rude épreuve.

Le ministère libanais de la Santé a fait état de six tués et deux blessés vendredi par des frappes israéliennes dans le sud du pays.

L'armée israélienne a affirmé que ses soldats avaient tué six membres du Hezbollah lors d'une escarmouche, après avoir déclaré que le mouvement chiite pro-iranien avait abattu l'un de ses drones.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé le Hezbollah de tenter de "saboter" le "processus pour parvenir à une paix historique entre Israël et le Liban".

Le mouvement chiite, qui a entraîné le Liban dans la guerre en rouvrant les hostilités avec Israël le 2 mars, a pour sa part appelé l'Etat libanais à "se retirer des négociations directes avec Israël" et estimé que la prolongation de la trêve n'avait "pas de sens" au vu des "actes d'hostilité" persistants d'Israël.

- "Nous rentrons chez nous" -

L'armée israélienne a par ailleurs émis vendredi un appel à évacuer un village du sud du Liban, le premier de ce type depuis l'annonce de la prolongation du cessez-le-feu. L'agence de presse officielle libanaise ANI a ensuite fait état d'une frappe israélienne sur Deir Aames.

Une négociation directe avec Israël "signifierait une reconnaissance de l'ennemi", explique à l'AFP Ahmad Choumari, 74 ans, qui après avoir hésité, a décidé de quitter la ville de Saïda où il s'était mis à l'abri et de regagner son village, à la faveur de la prolongation de la trêve.

"Nous rentrons chez nous", dit-il, entouré de sacs et de matelas, exprimant l'espoir "que le cessez-le-feu deviendra permanent".

Par ailleurs, la Finul, la force de l'ONU, a annoncé vendredi la mort d'un de ses Casques bleus indonésien blessé le 29 mars dans le sud.


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
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  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.