«Polonium polonium»: au Royaume-Uni le meurtre de l'ex-espion russe Litvinenko devient un opéra

Le 24 novembre 2006, une manifestation à Helsinki en hommage à Alexander Litvinenko, en photo sur son lit d'hôpital, peu avant sa mort. (LEHTIKUVA / MIKKO STIG/AFP)
Le 24 novembre 2006, une manifestation à Helsinki en hommage à Alexander Litvinenko, en photo sur son lit d'hôpital, peu avant sa mort. (LEHTIKUVA / MIKKO STIG/AFP)
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Publié le Jeudi 15 juillet 2021

«Polonium polonium»: au Royaume-Uni le meurtre de l'ex-espion russe Litvinenko devient un opéra

  • Alexandre Litvinenko, exilé au Royaume-Uni et devenu opposant au Kremlin, est mort le 23 novembre 2006 à la suite d'un empoisonnement au polonium-210, une substance radioactive extrêmement toxique
  • Alors qu'il agonisait, il a pointé du doigt la responsabilité du président russe Vladimir Poutine. Inspiré de son histoire, l'opéra du compositeur britannique Anthony Bolton, «Vie et mort d'Alexandre Litvinenko», sera joué à partir de jeudi

West Horsley, Royaume-Uni WEST HORSLEY, ROYAUME-UNI : "Polonium, polonium", entonne un chœur en blouses médicales. Au Royaume-Uni, le meurtre de l'ex-espion russe Alexandre Litvinenko est devenu un opéra, qui se joue pour la première fois jeudi.  

Alexandre Litvinenko, exilé au Royaume-Uni et devenu opposant au Kremlin, est mort le 23 novembre 2006 à la suite d'un empoisonnement au polonium-210, une substance radioactive extrêmement toxique. Alors qu'il agonisait, il a pointé du doigt la responsabilité du président russe Vladimir Poutine. Inspiré de son histoire, l'opéra du compositeur britannique Anthony Bolton, "Vie et mort d'Alexandre Litvinenko", sera joué à partir de jeudi au festival d'opéra de Grange Park dans le Surrey, au sud-ouest de Londres. 

Après avoir été repoussée d'un an en raison des restrictions liées à la pandémie de coronavirus, la première représentation affiche complet. C'est en lisant une biographie de l'ancien agent des services de renseignement russes (FSB, ex-KGB) écrite par sa veuve Marina et son ami Alex Goldfarb, qu'Anthony Bolton a décidé de se lancer dans cet opéra qui lui a demandé trois ans de travail. 

Le compositeur a expliqué à l'AFP avoir été "très ému" par la souffrance de Litvinenko, mort après que son corps a été "dévoré de l'intérieur" par le poison. Amour, tragédie, trahison... son histoire "avait tous les ingrédients pour faire un opéra", selon M. Bolton.

Marina Litvinenko, 59 ans, a confié être bouleversée par cette œuvre. "C'est très émouvant parce que je ne vois pas seulement mon histoire, j'écoute la musique et cela provoque des sentiments très forts. Cela me replonge dans ma vie (...) et je suis vraiment heureuse que les gens voient ce qui nous est arrivé en 2006", a-t-elle décrit à l'AFP.

«Justice»

La veuve d'Alexandre Litvinenko voit dans cet opéra une "forme de justice", car il mentionne les noms des "gens qui ont commis ce crime, qui ont tué mon mari".  Dix ans après la mort de Litvinenko, une enquête menée au Royaume-Uni avait conclu à la responsabilité de l’État russe, qui dément, dans cet empoisonnement et établi la culpabilité de deux exécutants, les Russes Andreï Lougovoï et Dmitri Kovtoun. Ceux-ci avaient pris un thé avec la victime au Millenium Hotel, dans le centre de Londres.

Mais les tentatives d'extrader les deux hommes ont échoué. Désormais député nationaliste, Lougovoï a jugé "peu probable" de voir l'opéra. "L'idée de faire un opéra basé sur le +scandale du polonium+ est pour moi semblable à toute l'affaire liée à la mort d'Alexandre Litvinenko: un spectacle bien mis en scène", a-t-il déclaré à l'AFP. Et d'ajouter: "Le fait que le metteur en scène britannique me voit à l'image d'un +méchant d'opéra+ ne m'empêchera certainement pas de dormir". 

L'empoisonnement de Litvinenko a détérioré les relations diplomatiques entre Londres et Moscou, qui se sont envenimées davantage avec l'empoisonnement au Novitchok de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille à Salisbury, dans le sud-ouest de l'Angleterre, en 2018. Litvinenko est tombé malade le 1er novembre 2006, et son état s'est rapidement détérioré jusqu'à son décès le 23 novembre. Dans une lettre publiée à titre posthume, il s'adressait à Poutine: "Vous avez réussi à faire taire un homme, mais le hurlement de protestation du monde entier se répercutera, M. Poutine, dans vos oreilles pour le reste de votre vie."

L'histoire de Litvinenko a déjà inspiré une pièce de théâtre intitulée "A Very Expensive Poison" ("Un poison très cher") de Lucy Prebble, basée sur un livre de l'ancien correspondant du quotidien britannique The Guardian à Moscou, Luke Harding. Dans "Vie et mort d'Alexandre Litvinenko", la musique emprunte des passages aux compositeurs russes Rachmaninov, Chostakovitch et Tchaïkovski, mais aussi aux chants de football et de l'armée russes, ainsi qu'à l'hymne tchétchène.

Parmi les moments forts de la pièce, la mise en scène recrée dans cet opéra de 700 places la prise d'otages d'un théâtre de Moscou en octobre 2002 par un commando tchétchène. Le compositeur de 71 ans a dit à l'AFP espérer que les spectateurs soient "émus" par la mort de Litvinenko et que son œuvre "fasse vivre longtemps l'histoire de sa vie".


Le programme Art Bridges d’Arabie saoudite touche à sa fin

Les programmes se sont déroulés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud (photo) et en Espagne. (Fourni)
Les programmes se sont déroulés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud (photo) et en Espagne. (Fourni)
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  • L’initiative a réuni des artistes visuels, des acteurs culturels, des professionnels des industries créatives et des producteurs de projets culturels

DUBAÏ : La Commission des arts visuels d’Arabie saoudite a conclu l’édition 2025-2026 de son initiative Art Bridges, mettant fin à un programme d’échanges internationaux d’une durée d’un an destiné à renforcer les liens entre le secteur des arts visuels du Royaume et les communautés créatives à travers le monde.

L’initiative a réuni 40 artistes visuels saoudiens et basés en Arabie saoudite, ainsi que des acteurs culturels, des professionnels des industries créatives et des producteurs de projets culturels, qui ont participé à une série d’échanges internationaux visant à encourager la collaboration, le développement professionnel et le dialogue interculturel.

Les programmes ont été organisés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud et en Espagne.

À l’occasion de la clôture du programme, Dina Amin, directrice générale de la Commission des arts visuels, a déclaré : « En lançant Art Bridges, notre objectif était de créer des opportunités dont l’impact se poursuivrait bien après le retour des participants chez eux.

Tout au long de cette édition, nous avons vu des artistes et des acteurs culturels établir des relations avec leurs homologues à travers le monde, tout en partageant leur propre expérience de l’évolution du secteur des arts visuels en Arabie saoudite. Nous espérons que les échanges et les liens créés grâce à ces programmes continueront d’influencer leur travail dans les années à venir. »

Au cours des quatre programmes d’échanges, les participants ont exploré la manière dont les artistes, les institutions culturelles et les organisations créatives de différents pays répondent à des défis communs, notamment l’accompagnement des talents émergents, le développement des publics, la préservation du patrimoine culturel et la création de parcours professionnels durables dans le domaine des arts.

Le programme s’est conclu par une rencontre organisée ce mois-ci à Riyad, réunissant les participants des quatre groupes afin de revenir sur leurs expériences. L’événement a également proposé la projection d’un court documentaire retraçant l’initiative et son impact au cours de l’année écoulée.

Art Bridges s’inscrit dans la stratégie plus large de la Commission des arts visuels visant à soutenir le développement professionnel des artistes et des acteurs culturels, tout en renforçant l’engagement culturel international du Royaume. L’initiative s’aligne également sur les ambitions de la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, qui vise à développer les industries créatives du pays et à approfondir les échanges culturels à l’échelle mondiale.

Créée en 2020 sous l’égide du ministère de la Culture, la Commission des arts visuels est l’une des 11 commissions sectorielles chargées de contribuer au développement du paysage culturel de l’Arabie saoudite. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Une coproduction franco-égyptienne rend hommage à l’héritage de Dalida

Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
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  • Une comédie musicale consacrée à Dalida sera présentée en Égypte à partir du 31 octobre, pour les 40 ans de sa disparition
  • Cette coproduction franco-égyptienne célèbre les racines égyptiennes de la chanteuse et la coopération culturelle entre les deux pays

DUBAÏ : Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne, à l’occasion des 40 ans de la disparition de la chanteuse.

« Dalida: The Song That Never Ends » (« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais ») a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire, en présence de l’ambassadeur de France Éric Chevalier, de la soprano de renommée internationale Farrah El-Dibany, du réalisateur Khairy Beshara et du scénariste Walid Khairy.

Cette coproduction entre l’Égypte et la France a été développée dans le cadre de la Saison de la Méditerranée 2026 (« 2026 Mediterranean Season »), une initiative culturelle portée par la France visant à célébrer la coopération artistique et le patrimoine commun des pays méditerranéens.

La production sera présentée en première à la Bibliotheca Alexandrina le 31 octobre, avant d’être jouée au Caire en novembre. La première à Alexandrie marquera également la clôture de l’édition de cette année de la Saison de la Méditerranée

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« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais » a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire. (Photo fournie)

Selon un communiqué, l’ambassadeur Éric Chevalier a souligné que ce projet illustre la solidité des liens culturels entre la France et l’Égypte et reflète leur engagement commun à préserver l’héritage artistique de Dalida.

Farrah El-Dibany a confié qu’incarner la légendaire chanteuse était un rêve d’enfance. Elle a expliqué avoir proposé le projet à Khairy Beshara avant que tous deux ne le développent avec le scénariste Walid Khairy.

Khairy Beshara a décrit Dalida comme une femme faite de contrastes, alliant fragilité et force tout au long de sa vie et de sa carrière. Il a salué le travail de Walid Khairy, dont le scénario restitue avec justesse la complexité de sa personnalité et donne toute sa dimension au spectacle.

De son côté, Walid Khairy a indiqué que la comédie musicale met en lumière des chapitres méconnus de la vie de Dalida tout en célébrant ses racines égyptiennes, restées au cœur de son identité malgré son succès international. Produite par la société 26One1 Company, l’œuvre retrace son parcours, de l’Égypte jusqu’à la célébrité mondiale.

La production proposera également de nouveaux arrangements musicaux signés par le pianiste et compositeur franco-arménien André Manoukian.

Annoncée en 2023 par le président français Emmanuel Macron, la Saison de la Méditerranée favorise les échanges culturels à travers des expositions, des spectacles et des collaborations artistiques. L’édition 2026 met particulièrement l’accent sur la créativité, la jeunesse et les partenariats interculturels. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un rare panneau du XIXe siècle exposé au Musée de la mer Rouge présente le texte complet du Coran

Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
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  • Cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran intégrée dans une illustration détaillée

DJEDDAH : Un rare panneau de calligraphie coranique du XIXe siècle est exposé au Musée de la mer Rouge, dans la ville historique de Djeddah.

Réalisée vers 1859–1860 par Ghouth Mahboob Ghalib à Mysore, en Inde, cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran disposée au sein d’une illustration détaillée de la Grande Mosquée de La Mecque.

Rédigé en écriture Diwani à l’encre noire et avec des dorures, le manuscrit place la Kaaba en son centre, a rapporté la SPA.

Le texte minutieusement élaboré commence par la sourate Al-Fatihah au sommet, s’entrelace avec les détails architecturaux de la mosquée et s’achève par la sourate An-Nas.

Cet artefact met en lumière les parcours historiques et spirituels des pèlerins qui traversaient la mer Rouge vers La Mecque, emportant avec eux des objets d’art témoignant du patrimoine culturel et de l’histoire du Hajj. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharq Al-Awsat.