Des étudiants lourdement condamnés pour avoir manifesté contre Loukachenko

 Dans cette photo d'archive prise le 1er novembre 2020, des agents des forces de l'ordre bloquent des manifestants lors d'une marche de l'opposition du centre de Minsk vers un site d'exécutions de l'ère stalinienne juste à l'extérieur de la capitale. Le Bélarus a condamné vendredi 10 étudiants universitaires et leur professeur à 2,6 ans de prison pour "atteinte à l'ordre public". (Photo, Archives/AFP)
Dans cette photo d'archive prise le 1er novembre 2020, des agents des forces de l'ordre bloquent des manifestants lors d'une marche de l'opposition du centre de Minsk vers un site d'exécutions de l'ère stalinienne juste à l'extérieur de la capitale. Le Bélarus a condamné vendredi 10 étudiants universitaires et leur professeur à 2,6 ans de prison pour "atteinte à l'ordre public". (Photo, Archives/AFP)
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Publié le Samedi 17 juillet 2021

Des étudiants lourdement condamnés pour avoir manifesté contre Loukachenko

  • Les services de sécurité ont mené une nouvelle vague de perquisitions et d’arrestations chez des journalistes indépendants
  • La répression qui vise le mouvement de contestation historique de 2020 s'amplifie en touchant les médias et les ONG

MOSCOU : La justice bélarusse a condamné vendredi à de lourdes peines de prison 11 étudiants et un professeur pour avoir manifesté contre le président Alexandre Loukachenko, la répression qui vise le mouvement de contestation historique de 2020 s'amplifiant et touchant également médias et ONG.

Les services de sécurité ont parallèlement mené dans la journée une nouvelle vague de perquisitions chez au moins 18 journalistes indépendants, dont au moins trois ont été arrêtés, selon l'association bélarusse des journalistes.

Depuis des mois, le régime d'Alexandre Loukachenko emprisonne à tout va opposants, journalistes et militants pour mater définitivement la contestation née de sa réélection  - jugée frauduleuse - à un cinquième mandat en août 2020.

Selon l'ONG de défense des droits humains Viasna, 10 étudiants et un professeur jugés depuis mai pour avoir participé à des événements "violant gravement l'ordre public" dans leurs universités de Minsk ont été condamnés à deux ans et demi de prison, un onzième étudiant écopant de deux ans.

Expulsés de leurs universités respectives, tous ont été qualifiés de "prisonniers politiques" par Viasna.

L'accusation a soutenu que "les protestations dans les universités visaient à une révision des résultats de l'élection présidentielle pour qu'elle ne soit pas reconnue par l'Union européenne et les Etats-Unis".

"Je n'ai pas manifesté contre les autorités mais contre la violence. Nous sommes la future génération de la tolérance et de la liberté, nous sommes l'avenir de ce pays", a affirmé dans sa dernière déclaration une des condamnées, Anastassia Boulibenko, citée par une chaîne Telegram de soutien aux étudiants.

"Ces huit mois de prison n'ont pas pu me faire changer d'avis, mon dernier mot sera +liberté+", a déclaré une autre, Iana Orobeïko.

Les étudiants ont souvent été à l'avant-garde des manifestations de 2020. Amnesty International a indiqué dans un rapport que plusieurs centaines d'entre eux ont été arrêtés et condamnés à des amendes, et plus de 150 expulsés de leurs établissements.

Le média Radio Svoboda a de son côté affirmé vendredi sur Telegram que des policiers étaient au domicile de son directeur, Valentin Jdanko, et que deux de ses reporters avaient été interpellés après une fouille.

Filiale de l'organisation Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL) financée par les Etats-Unis, Radio Svoboda a couvert activement le mouvement de contestation de 2020.

"Ces raids et arrestations témoignent du désespoir despotique du régime de Loukachenko, qui s'accroche au pouvoir à tout prix", a indiqué le président de RFE/RL, Jamie Fly, dénonçant la "criminalisation du journalisme indépendant" et une "tentative d'obtenir le contrôle absolu sur ce que les Bélarusses voient et entendent".

Des perquisitions ont aussi été signalées chez au moins huit journalistes du média d'opposition Belsat, les domiciles des parents de deux autres reporters ayant été perquisitionnés à Brest (ouest). D'autres ont visé la fondation allemande Friedrich-Ebert et les domiciles de certains militants.

"Un par un, le régime détruit chaque média qui ose dire la vérité sur ce qui se passe au Bélarus", a réagi la figure de l'opposition Svetlana Tikhanovskaïa, qui se rendra aux Etats-Unis à partir de dimanche.

L'un des responsables du Comité d'enquête, Vladimir Chichko, a pour sa part assuré à la télévision que les ONG et médias visés sont accusés d'"évasion fiscale", d'avoir reçu des "moyens financiers importants de l'étranger" et d'avoir financé des actions de protestation.

La semaine dernière, les autorités avaient bloqué l'accès à Nacha Niva, un des principaux médias d'opposition, et effectué des perquisitions chez des médias indépendants et régionaux.

Mercredi et jeudi, elles ont perquisitionné une quinzaine d'organisations, dont les principaux groupes de défense des droits humains basés dans le pays. 10 employés de ces structures sont désormais détenus, dont le directeur de l'ONG Viasna. 

La Haute Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, a dénoncé une "répression inacceptable". L'Union européenne s'est insurgée contre une nouvelle vague de pressions visant à "faire taire toutes les voix dissidentes restantes".

Alexandre Loukachenko avait appelé mardi à "traduire en justice" les "sales ONG" cultivant, selon lui, "la terreur", lors d'une rencontre en Russie avec son principal allié, le président russe Vladimir Poutine.

 


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com