Tunisie: le gouvernement encore affaibli par sa gestion de la pandémie

Des milliers de jeunes ont pu se faire vacciner alors que les vaccins étaient jusque-là réservés aux plus de 50 ans et quelques professions prioritaires, mais le nombre de doses disponibles s'est avéré largement insuffisant et l'organisation défaillante. (Photo, AFP)
Des milliers de jeunes ont pu se faire vacciner alors que les vaccins étaient jusque-là réservés aux plus de 50 ans et quelques professions prioritaires, mais le nombre de doses disponibles s'est avéré largement insuffisant et l'organisation défaillante. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 21 juillet 2021

Tunisie: le gouvernement encore affaibli par sa gestion de la pandémie

  • «Tous les jours il y a du cafouillage dans la gestion du Covid»
  • Le chef du gouvernement a critiqué l'ouverture temporaire de la vaccination à tous les adultes

TUNIS: Le limogeage du ministre tunisien de la Santé en plein pic de contamination au coronavirus fragilise encore plus le gouvernement de Hichem Mechichi, pris depuis des mois dans une profonde crise politique et dont la gestion de la pandémie est pointée du doigt.


"Tous les jours il y a du cafouillage dans la gestion du Covid", a reconnu le chef du gouvernement dans un discours tard mardi, pour justifier la décision quelques heures plus tôt de limoger le ministre Faouzi Mehdi.


Il a notamment critiqué l'ouverture temporaire de la vaccination à tous les adultes, annoncée par M. Mehdi le soir pour le lendemain, et qui s'est traduite mardi par une ruée sur les vaccins, avec quelques bousculades et beaucoup de déçus.


Des milliers de jeunes ont pu se faire vacciner alors que les vaccins étaient jusque-là réservés aux plus de 50 ans et quelques professions prioritaires, mais le nombre de doses disponibles s'est avéré largement insuffisant et l'organisation défaillante.


"Prendre une décision du jour au lendemain est populiste", a accusé le chef du gouvernement, qualifiant cette opération, interrompue à la dernière minute mercredi, de "criminelle".


Mais ce désaveu met en lumière un manque de stratégie face  au rebond annoncé de la pandémie, qui menace de faire effondrer le système de santé, éprouvé par des pénuries d'oxygène, de lits de réanimation, et de personnel.


Avec ses quasi 18.000 morts pour 12 millions d'habitants, le pays a l'un des pires taux de mortalité au monde. 


Il comptabilise 1,4 décès pour 100.000 habitants par jour en moyenne sur les 7 derniers jours, en deuxième position derrière la Namibie selon un comptage réalisé par l'AFP à partir de bilans officiels mercredi. L'OMS souligne néanmoins que la Tunisie est "plus transparente" que beaucoup d'autres pays.


La tendance des contaminations est à la baisse par rapport à la semaine précédente (-20%), mais le nombre de nouveaux cas quotidiens reste bien supérieur à celui du Maroc, de la Libye ou de l'Algérie voisine.


Et les rassemblements familiaux de l'Aïd, fête religieuse musulmane mardi et mercredi, pourraient faire repartir la courbe vers le haut. 


"Il y a eu des décisions contradictoires, un manque de mise en oeuvre des restrictions, et surtout un manque d'anticipation", estime le politologue Selim Kharrat.


Des générateurs d'oxygène fournis début juin par Paris ne sont toujours pas complètement opérationnels et un hôpital de campagne offert en avril par Washington n'a été monté qu'en juillet.

Cinq ministres 
"On a un chef du gouvernement qui utilise ses ministres comme des fusibles pour absorber le mécontentement -- mais jusqu'à quand va-t-il tenir?" interroge M. Kharrat.


La diplomatie tunisienne a été lente à se mobiliser pour obtenir les vaccins et aides médicales cruciales.


Un Congrès de la puissante confédération syndicale UGTT a été autorisé début juillet tandis que les mariages et autres rassemblements ont été interdits.


Le port obligatoire du masque, ou encore l'interdiction de circuler entre les régions ont été peu appliquées.


Le gouvernement lui-même s'est rassemblé dans un hôtel haut de gamme sur la côte le week-end dernier.


Le contraste entre les photos de la piscine de l'hôtel publiées par un ministre sur les réseaux sociaux, et une vidéo montrant le chef d'un petit hôpital pleurant d'impuissance face au manque d'oxygène, a déclenché une volée de critiques.


La population est déjà exaspérée par les luttes de pouvoir entre président, gouvernement et Parlement, ainsi qu'au sein d'une Assemblée morcelée.


Résultat de cette instabilité: en 18 mois, la Tunisie a eu cinq ministres de la Santé.


Le gouvernement de Hichem Mechichi, technocrate nommé par le président Kais Saied en août 2020, est paralysé par un remaniement avorté en janvier.


Une dizaine de portefeuilles, dont les titulaires devaient être remplacés pour obtenir le soutien du mouvement islamiste Ennahdha -- principal parti parlementaire -- ont ainsi été confiés à des ministres intérimaires après le refus opposé par M. Saied aux changements proposés.


Le nouveau ministre de la Santé par intérim, Mohamed Trablesi, occupe déjà le poste très lourd des Affaires sociales.


Signe de la frustration ambiante: des appels à manifester contre toute la classe politique dimanche, jour de la République, ont fleuri sur les réseaux sociaux, sans organisateurs clairement identifiés. 


Les Etats-Unis reprennent leur aide alimentaire à la Somalie

Jeudi, le sous-secrétariat américain à l'Aide étrangère, aux Affaires humanitaires et à la Liberté religieuse a affirmé sur X "saluer le gouvernement fédéral somalien pour avoir assumé la responsabilité de ses actions ayant affecté les opérations du PAM, y compris l’aide financée par les États-Unis". (AFP)
Jeudi, le sous-secrétariat américain à l'Aide étrangère, aux Affaires humanitaires et à la Liberté religieuse a affirmé sur X "saluer le gouvernement fédéral somalien pour avoir assumé la responsabilité de ses actions ayant affecté les opérations du PAM, y compris l’aide financée par les États-Unis". (AFP)
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  • La Somalie est dans le viseur de Donald Trump. Fin novembre, le président américain l'avait qualifiée de "pays pourri"
  • Il s'est aussi pris de façon répétée à la communauté somalienne aux États-Unis

NAIROBI: Les Etats-Unis ont annoncé jeudi reprendre leur aide alimentaire à la Somalie, qu'ils avaient suspendue début janvier, après que Mogadiscio a annoncé avoir rendu l'aide alimentaire que Washington accusait les autorités somaliennes d'avoir saisie illégalement.

Le département d'Etat américain avait annoncé le 8 janvier avoir suspendu "tous les programmes américains d'assistance" à la Somalie, évoquant une "politique de tolérance zéro" en matière de gaspillage ou de vol après avoir reçu des informations selon lesquelles des responsables somaliens avaient "détruit un entrepôt du Programme alimentaire mondial (PAM) financé par les Etats-Unis et saisi illégalement 76 tonnes d'aide alimentaire".

La Somalie est dans le viseur de Donald Trump. Fin novembre, le président américain l'avait qualifiée de "pays pourri" et fait part de son intention de mettre fin au statut spécial protégeant les ressortissants somaliens de l'expulsion.

Il s'est aussi pris de façon répétée à la communauté somalienne aux États-Unis. Après un scandale suscité par des révélations sur une gigantesque fraude aux aides publiques dans le Minnesota, mise en place par des membres de la diaspora somalienne, il a lancé une opération anti-immigration extrêmement critiquée à Minneapolis, capitale de cet Etat.

Jeudi, le sous-secrétariat américain à l'Aide étrangère, aux Affaires humanitaires et à la Liberté religieuse a affirmé sur X "saluer le gouvernement fédéral somalien pour avoir assumé la responsabilité de ses actions ayant affecté les opérations du PAM, y compris l’aide financée par les États-Unis".

"À la suite de cette déclaration, nous reprendrons la distribution de denrées alimentaires au PAM tout en continuant à réévaluer notre posture d’assistance plus générale en Somalie", peut-on lire dans le même message.

"Toutes les marchandises du PAM affectées par l'expansion du port ont été rendues" et un "plus grand entrepôt" avait été fourni à l'agence onusienne, avait annoncé mardi sur X le gouvernement somalien, insistant sur sa "transparence".

Mogadiscio avait initialement indiqué que la démolition de l'entrepôt s'inscrivait dans le cadre de "travaux d'agrandissement et de réaménagement" du port de Mogadiscio et que tous les vivres resteraient sous la responsabilité du PAM.

Les fragiles autorités somaliennes sont dépendantes de l'aide militaire américaine face aux insurgés islamistes shebab qu'elles combattent depuis près de 20 ans ainsi que contre des jihadistes de l'Etat islamique.

Mardi, le Commandement des États-Unis pour l'Afrique (Africom) avait indiqué avoir accéléré le rythme de leurs frappes aériennes contre ces deux groupes, avec 23 frappes depuis le 1er janvier.


Un groupe de femmes retrace la route sacrée de la Hijrah jusqu’à Médine

Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
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  • L’environnement favorable du Royaume pour les femmes a rendu possible ce périple de 500 km à pied, selon la fondatrice de Soul Al-Hijrah

DJEDDAH : Dans un voyage spirituel unique, un groupe de femmes a retracé les pas sacrés du prophète Muhammad de La Mecque à Médine.

Les 22 participantes – aventurières, cadres, médecins, infirmières, enseignantes, mères âgées de 30 à 50 ans – seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir effectué le voyage le plus proche de l'itinéraire original.

Les femmes ont parcouru à pied près de 500 km pour revivre ce que le prophète Muhammad et ses compagnons ont pu traverser il y a plus de 1 400 ans.

« Oui, c’est la toute première marche de la Hijrah réservée aux femmes. Elles sont venues du monde entier pour marcher ensemble lors de ce périple inoubliable. Elles ont complété un voyage d’une semaine, expérimentant la signification historique et spirituelle du trajet », a déclaré Salma Abdulrahman, directrice de Soul Al-Hijrah, à Arab News.

Les 22 participantes ont visité des sites clés le long de la route, pour une immersion totale dans la valeur historique et spirituelle de la Hijrah. Abdulrahman faisait partie des premières à emprunter ce chemin.

« J’ai trouvé mon âme sur ce chemin et j’ai eu l’impression de renaître. Ce voyage a ravivé mon cœur et changé le cours de ma vie. C’est aussi le début de ma société de tourisme, Soul Al-Hijrah », a-t-elle expliqué.

Elle a accompagné les participantes tout au long du voyage : « Ce fut un honneur de les servir et d’accueillir les invités de notre bien-aimé Prophète Muhammad, paix et bénédictions sur lui, en veillant à leur confort tout au long du parcours. C’est un honneur que je chéris profondément, et ma joie envers elles est indescriptible. »

Abdulrahman a ajouté que plus de 20 voyages ont déjà été organisés sur la route de la Hijrah pour des groupes venus du monde entier, témoignant de l’intérêt croissant pour ce type de tourisme spirituel et historique.

« Il faut dire que ce type d’initiative n’aurait pas été possible sans l’environnement favorable offert par le Royaume aux femmes saoudiennes, leur donnant la confiance nécessaire pour être à l’avant-garde du secteur touristique », a-t-elle souligné.

La Dre Dina Altayeb, parodontiste et implantologue, a décrit ce voyage comme le plus intense et profond parmi toutes ses aventures. « J’aimerais que plus de gens aient cette opportunité, car elle offre d’innombrables bienfaits pour l’âme, le corps et l’esprit », a-t-elle déclaré.

Altayeb, qui est la première femme saoudienne à se qualifier et à participer au championnat du monde Ironman,  a déclaré à Arab News que c'était une expérience totalement différente. « Pour moi, ce n'était pas aussi difficile que mes aventures habituelles, mais spirituellement, ce fut une expérience formidable, car c'était une expérience émotionnelle indescriptible... (et) ce fut aussi une expérience enrichissante. »

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Les 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo: fournie)

Elle s’est dite ravie d’arriver à Médine. « Nous avons traversé des montagnes, des vallées et des déserts, tout comme l'avait fait le Prophète. Ce fut un sentiment extraordinaire lorsque nous sommes arrivés à Médine après huit jours de marche. »

Ghadeer Sultan, responsable en ressources humaines, a rejoint le groupe par hasard. « Je n’avais pas prévu de suivre le voyage de la Hijrah, c’était une coïncidence, une invitation qui m’est parvenue, et un peu de curiosité pour vivre l’expérience », a-t-elle confié.

« Lorsque nous sommes entrés dans le jardin ombragé de Médine, j'ai eu l'impression que la paix et la lumière avaient pénétré au plus profond de mon âme. J'ai ressenti la joie des Ansar à l'arrivée du Prophète, que la paix et les bénédictions soient sur lui, et mon cœur a vibré à tous ces moments historiques. Je découvrais les véritables grandes valeurs incarnées par la ville du Prophète : les valeurs d'amour et de tolérance. »

À leur arrivée à Médine, après un voyage qui a débuté le 22 décembre et s'est terminé le 29 décembre, les participantes ont été chaleureusement accueillis avec des roses et des prières.

Leur première visite a été la mosquée Quba, où le Prophète a séjourné lors de sa migration. Première mosquée de l’histoire de l’Islam et en partie construite par le Prophète lui-même, elle revêt une profonde signification spirituelle. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien reçoit le lauréat du prix Nobel de chimie 2025, Omar Yaghi

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le professeur Omar Yaghi à Riyad mercredi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le professeur Omar Yaghi à Riyad mercredi. (SPA)
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  • Le prince héritier a félicité Yaghi pour avoir reçu ce prix et lui a souhaité beaucoup de succès pour l'avenir

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a reçu mercredi à Riyad le professeur Omar Yaghi, lauréat du prix Nobel de chimie 2025.

Le prince héritier a félicité Omar Yaghi pour cette distinction et lui a souhaité un succès continu, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Le professeur a été récompensé par le prix Nobel de chimie 2025, qu’il partage avec Richard Robson, de l’Université de Melbourne en Australie, et Susumu Kitagawa, de l’Université de Kyoto au Japon.

Les scientifiques ont été distingués pour la création de « constructions moléculaires dotées de vastes espaces permettant la circulation de gaz et d’autres substances chimiques. Ces structures, appelées réseaux métallo-organiques, peuvent être utilisées pour capter l’eau de l’air du désert, piéger le dioxyde de carbone, stocker des gaz toxiques ou catalyser des réactions chimiques ».

Omar Yaghi a exprimé sa gratitude au prince héritier pour cette rencontre ainsi que pour le soutien qu’il a reçu dans ses travaux.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com