Une campagne de vaccination «criminelle» suscite la colère des Tunisiens

Des Tunisiens s'inscrivent pour obtenir le vaccin chinois Sinopharm à Tunis mardi. La Tunisie n'a complètement vacciné que 913 000 personnes, soit environ 8 % de sa population, un taux toutefois parmi les plus élevés d'Afrique. (Photo, AFP)
Des Tunisiens s'inscrivent pour obtenir le vaccin chinois Sinopharm à Tunis mardi. La Tunisie n'a complètement vacciné que 913 000 personnes, soit environ 8 % de sa population, un taux toutefois parmi les plus élevés d'Afrique. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 22 juillet 2021

Une campagne de vaccination «criminelle» suscite la colère des Tunisiens

  • Des soldats et des médecins militaires procèdent déjà à des vaccinations dans des régions reculées du pays
  • Le ministre de la Santé par intérim a pris ses fonctions mercredi après que son prédécesseur a été limogé pour une décision surprise de vacciner pour la première fois des adultes de tous âges

DJEDDAH/TUNIS : La réponse de la Tunisie à la pandémie de coronavirus est «criminelle», a affirmé mercredi le Premier ministre Hichem Mechichi après avoir limogé le ministre de la Santé Faouzi Mehdi.

Le pays est submergé par une vague de Covid-19. Le nombre de morts avoisine les 18 000, sur une population d'environ 12 millions d'habitants.

Le pays a enregistré 1,4 décès pour 100 000 habitants par jour au cours de la semaine dernière, le deuxième pire bilan après la Namibie.

Le nombre de morts en Tunisie est également le plus important d'Afrique du Nord, malgré sa population peu nombreuse. Les hôpitaux sont confrontés à de graves pénuries d'oxygène, de personnel soignant et de lits de soins intensifs, et moins de 8 % de la population est entièrement vaccinée.

«Le dysfonctionnement à la tête du ministère de la Santé a atteint des niveaux effarants», ajoute Mechichi.

Mehdi avait annoncé l’ouverture de centres de vaccination temporaires à tous les Tunisiens de plus de 18 ans mardi et mercredi, à l'occasion de la fête musulmane de l'Aïd al-Adha.

Mais l’annonce a créé des bousculades dans quelques-uns des 29 centres de vaccination, et les doses se sont vite épuisés.

Le ministère comptait initialement poursuivre la campagne au cours des prochains jours. Il a été toutefois contraint de faire machine arrière et limiter l’inscription aux 40 ans et plus le mercredi, afin d’éviter une nouvelle ruée.

Mechichi qualifie le programme hâtivement organisé de «populiste» et «criminel». «Ni le chef du gouvernement, ni les gouverneurs, ni les services de sécurité n'étaient au courant», selon lui.

L'analyste Selim Kharrat estime que le chef du gouvernement utilise ses ministres comme fusibles pour «absorber la grogne du public». «Mais pendant combien de temps?», se demande-t-il.

Le président Kaïs Saïd a ordonné mercredi à l'armée de prendre en charge la gestion de la réponse nationale au virus

L’unité médicale de l’armée tunisienne se chargera de la tâche, d’après son annonce sur la chaîne de télévision régionale Al-Arabiya.

Des soldats et des médecins militaires procèdent déjà à l’inoculation des résidents dans des régions reculées. Mardi, des camions militaires ont transporté de l'oxygène vers des hôpitaux au centre et du nord-ouest du pays qui souffrent de pénuries.

Le nouveau ministre de la Santé par intérim a pris ses fonctions mercredi.

L'Aïd Al-Adha, ou «Fête du Sacrifice», est généralement marquée par des prières collectives, de grands rassemblements sociaux, l'abattage de bétail et la distribution de viande aux nécessiteux. Cette année, les autorités tunisiennes ont restreint les rassemblements et mis en place un couvre-feu dans certaines régions où les infections sont élevées.

Le pays a également fermé certaines de ses plages méditerranéennes, un nouveau coup dur pour le secteur du tourisme en difficulté depuis des années.

Des pays étrangers ont acheminé des vaccins et du matériel médical vers la Tunisie.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon la diplomatie iranienne

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.


Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
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  • La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien
  • Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni

EVIAN: La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien face à Vladimir Poutine.

Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Ils se retrouveront pour un déjeuner de travail consacré aux crises de cette région secouée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'Egypte, les Emirats arabes unis et le Qatar - qui a contribué à la médiation ayant abouti à un accord entre Washington et Téhéran - y ont été conviés.

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à fin décembre dans la résidence du milliardaire américain à Mar-a-Lago, en Floride.

A défaut d'annoncer une réunion bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.

"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Il a en outre déploré les 25.000 morts par mois dans ce conflit, "majoritairement des soldats". "Cela ne devrait pas se produire", a-t-il réagi.

Après de nouvelles frappes meurtrières menées lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".

Le président peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien, dont il verra certains en tête-à-tête.

Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a ainsi annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer en amont de la session de travail.

"Unité et détermination" 

Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.

Avant même la tenue du sommet, une source gouvernementale italienne soulignait de son côté que l'Ukraine restait "un sujet sur lequel il y a la plus grande attention italienne".

Lundi, le président du conseil européen António Costa, également présent à Evian, a estimé que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre et parvenir à une paix juste et durable".

A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain".

Elle a en outre loué la capacité de Kiev de frapper des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".

Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones, mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.

Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence, elle, à montrer des signes de faiblesse.

"Nos sanctions frappent profondément", a estimé Ursula Von der Leyen.

Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.

Lundi, le président ukrainien a fait savoir qu'il avait invité son homologue russe à venir au G7.

"La Russie a montré une fois de plus qu'elle n'est pas prête à parler", a-t-il dit, estimant qu'il fallait intensifier la pression sur le président jusqu'à ce qu'il mette fin à la guerre.