L'Iran pointé pour recours illégal à la force contre des manifestants

Une Iranienne passe avec sa fille devant un bateau abandonné dans le village de Sikh Sar dans la zone humide de Hamoon, près de la ville de Zabol, dans la province sud-est du Sistan-Balouchistan, à la frontière de l'Afghanistan, le 2 février 2015. (Behrouz Mehri/AFP)
Une Iranienne passe avec sa fille devant un bateau abandonné dans le village de Sikh Sar dans la zone humide de Hamoon, près de la ville de Zabol, dans la province sud-est du Sistan-Balouchistan, à la frontière de l'Afghanistan, le 2 février 2015. (Behrouz Mehri/AFP)
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Publié le Vendredi 23 juillet 2021

L'Iran pointé pour recours illégal à la force contre des manifestants

  • L'ONG Amnesty International affirme avoir la confirmation de la mort d'au moins huit manifestants et passants dont un adolescent, Hadi Bahmani, tué dans la ville d'Izeh
  • Selon des médias et responsables iraniens, au moins trois personnes ont été tuées, dont un policier et un manifestant, du fait d'"opportunistes" et d'"émeutiers"

PARIS: L'Iran fait un usage illégal et excessif de la force pour réprimer des manifestations liées à la pénurie d'eau dans la province du Khouzestan, riche en pétrole mais aride, dans le Sud-Ouest du pays, dénoncent vendredi des groupes de défense des droits de l'homme. 

L'ONG Amnesty International affirme ainsi avoir la confirmation de la mort d'au moins huit manifestants et passants dont un adolescent, Hadi Bahmani, tué dans la ville d'Izeh, les autorités ayant eu recours à des balles réelles pour contenir les protestations.

Selon des médias et responsables iraniens, au moins trois personnes ont été tuées, dont un policier et un manifestant, du fait d'"opportunistes" et d'"émeutiers" ayant tiré sur les manifestants et les forces de sécurité. 

"Les forces de sécurité iraniennes ont déployé une force illégale, notamment en tirant à balles réelles (...) pour écraser des manifestations pour la plupart pacifiques", a déclaré Amnesty International.

L'analyse des séquences vidéo des manifestations et les récits de témoins oculaires "indiquent que les forces de sécurité ont utilisé des armes automatiques mortelles, des fusils de chasse dont les munitions sont par nature aveugles, ainsi que des gaz lacrymogènes", a-t-elle ajouté. 

Dans un communiqué séparé, Human Rights Watch estime également que les autorités iraniennes semblent avoir "fait un usage excessif de la force contre les manifestants", appelant le gouvernement à "enquêter de manière transparente" sur les décès signalés. 

"Les autorités iraniennes ont un bilan très troublant en matière de réponse par balles aux manifestants frustrés par les difficultés économiques croissantes et la détérioration des conditions de vie", a déclaré Tara Sepehri Far, chercheuse de HRW sur l'Iran.

Les groupes de défense des droits humains ont accusé l'Iran d'avoir férocement réprimé les manifestations de 2019 dans tout le pays contre la hausse des prix du carburant qui, selon Amnesty, se sont soldées par la mort de 304 personnes.

"Les autorités iraniennes ont des antécédents poignants en matière de recours à la force meurtrière illégale. Les événements qui se déroulent dans le Khouzestan sont des échos glaçants de novembre 2019", a déclaré Diana Eltahawy, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty.

Les autorités iraniennes ont imputé les troubles à des émeutiers. Amnesty relève que l'agence de presse Fars a publié des interviews de proches de deux des hommes tués prenant leurs distances par rapport à leurs actions.

L'organisation cite toutefois une source selon laquelle l'une des familles avait reçu la visite d'agents en civil qui les avaient "contraints à réciter devant les caméras un scénario préparé à l'avance".

Human Rights Watch note aussi que des coupures d'Internet ont été signalées dans la région, affirmant qu'"au cours des trois dernières années, les autorités ont fréquemment restreint l'accès à l'information pendant les manifestations".

Le Khouzestan, principale région productrice de pétrole de l'Iran, souffre d'une intense sécheresse depuis mars. La province abrite une importante minorité arabe, et ses habitants se plaignent régulièrement d'être laissés pour compte par les autorités.


Liban: le bilan de la guerre s'élève à 570 morts depuis début mars 

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  • 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi
  • A l'aube, une frappe a touché un immeuble du quartier de Aïcha Bakkar à Beyrouth, selon l'agence de presse officielle Ani

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 570 personnes, dont 86 enfants et 45 femmes, depuis que le pays a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, a annoncé mercredi le ministère de la Santé.

Selon la même source, 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi.

 

 


L'armée iranienne dit vouloir désormais frapper des cibles économiques dans la région

L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
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  • "L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya
  • Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois

TEHERAN: L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran.

"L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution, selon un communiqué diffusé par la télévision d'Etat.

Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois.

 

 


Erdogan: "Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle n'embrase complètement la région"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
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  • Le président Recep Tayyip Erdogan appelle à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient avant qu’elle n’embrase toute la région et affirme que la diplomatie peut encore ramener les parties à la table des négociations
  • Le président turc met aussi en garde Iran contre des actions « provocatrices », après l’interception d’un second missile tiré depuis son territoire et entré dans l’espace aérien turc

ANKARA: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mercredi à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient "avant qu'elle n'embrase complètement la région", lors d'un discours devant son groupe parlementaire.

"Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle ne s'aggrave et n'embrase complètement la région. Si la diplomatie a une chance, c'est tout à fait possible. Nous poursuivons patiemment nos efforts pour ramener les parties à la table des négociations", a affirmé le chef de l'Etat turc.

"Nous sommes tous conscients que si cette guerre insensée, anarchique et illégale se poursuit, les pertes humaines et matérielles s'aggraveront, et le coût pour l'économie mondiale ne fera que croître", a-t-il ajouté.

"En tant que peuples de la région, nous ne devons pas laisser un conflit dont nous sommes déjà victimes nous infliger de nouvelles souffrances", a-t-il souligné.

En revanche, lundi, le président turc avait mis en garde l'Iran contre toute "action provocatrice" après l'interception d'un second missile tiré depuis l'Iran dans l'espace aérien turc.

"Malgré nos avertissements clairs, des actions extrêmement inappropriées et provocatrices continuent d'être entreprises, mettant en péril l'amitié de la Turquie" envers l'Iran, avait-il  affirmé.