Des coiffeurs britanniques s’engagent à collecter des cheveux pour nettoyer les océans

Co-fondateur de Green Salon Collective, Fry Taylor démontre l'utilisation d'un « boudin » fabriqué avec des cheveux collectés chez des coiffeurs pour nettoyer les marées noires, faire du compost ou produire de l'énergie, dans un salon de coiffure de l'est de Londres le 28 juin 2021. (Tolga Akmen/AFP)
Co-fondateur de Green Salon Collective, Fry Taylor démontre l'utilisation d'un « boudin » fabriqué avec des cheveux collectés chez des coiffeurs pour nettoyer les marées noires, faire du compost ou produire de l'énergie, dans un salon de coiffure de l'est de Londres le 28 juin 2021. (Tolga Akmen/AFP)
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Publié le Samedi 24 juillet 2021

Des coiffeurs britanniques s’engagent à collecter des cheveux pour nettoyer les océans

  • Londres a beau être à l'avant-garde dans le domaine de la coiffure, la capitale britannique est à la traîne pour le recyclage des déchets produits par ce secteur
  • Selon les experts, un kilo de cheveux absorbe jusqu'à 8 litres de pétrole ; l'idée de les utiliser comme filtres dépolluants vient des États-Unis

LONDRES : Un collectif d’écologistes encourage les salons de coiffure du Royaume-Uni à recycler les cheveux pour nettoyer les marées noires, faire du compost ou produire de l'énergie.

Car Londres a beau être à l'avant-garde dans le domaine de la coiffure, la capitale britannique est à la traîne pour le recyclage des déchets produits par ce secteur.

Dans un salon de l’est de la capitale, Fry Taylor, l’un des fondateurs du Green Salon Collective s’apprête à démontrer comment utiliser des cheveux pour fabriquer des filtres dépolluants.

Il verse de l’eau dans un réservoir puis y rajoute de l’huile de moteur et déroule ensuite un filet en coton qu’il bourre de cheveux. Une fois le “boudin” achevé, il le fait glisser sur la surface de l’eau contaminée et quelques secondes plus tard, elle est à nouveau propre. “Les cheveux absorbent naturellement l’huile et la retiennent”, explique-t-il.

Selon les experts, un kilo de cheveux absorbe jusqu'à 8 litres de pétrole. L'idée de les utiliser comme filtres dépolluants vient des États-Unis et a été testée un peu partout dans le monde pour absorber les hydrocarbures en mer, comme lors de la marée noire provoquée par le naufrage d'un pétrolier japonais au large de l’île Maurice en juillet 2020.

Lors de la création du collectif l’été dernier, le Royaume-Uni était très en retard en termes de recyclage, selon Fry. “L’infrastructure pour recycler ces déchets n’existe pas ici", explique-t-il. “Nous n'allons pas attendre cinq ou dix ans que les gouvernements mettent ces systèmes en place, nous allons le faire nous-mêmes”.

Taxe verte

Selon le collectif, les déchets produits par l’industrie de la coiffure au Royaume-Uni peuvent remplir 50 stades de football par an et la plupart, y compris le papier aluminium, les tubes de couleur et 99% des cheveux coupés, sont envoyés en décharge.

Autre gros problème: les déchets chimiques tels que produits de teinture, décolorants et solutions de lissage. “Actuellement, environ 30.000 salons et 100.000 coiffeurs indépendants versent des quantités massives de peroxyde d'hydrogène, d'ammoniac, et autres produits dans l’évier", explique Fry. Le collectif encourage les salons à récolter ces produits, qui sont envoyés dans une centrale pour produire de l’énergie.

Dans son salon de coiffure à Spitalfields, un quartier branché de la capitale, Adam Reed explique fièrement à une cliente son système de recyclage. Ce coiffeur à la renommée internationale dit avoir été “époustouflé” par ce que lui a appris le Green Salon Collective. “Grâce à eux, je me suis rendu compte que la durabilité dans les salons de coiffure était quelque chose qui manquait et que c'est facile à intégrer dans notre fonctionnement quotidien", dit-il, après avoir réalisé "l'énormité du problème". 

“C’est tout simple, nous avons différentes poubelles, toutes étiquetées", explique-t-il. Cheveux, équipements de protection, métaux, papiers et plastiques ont chacun la sienne. Le salon recycle aussi les restes de produit de teinture. Adam Reed facture à ses clients une taxe verte d’une ou deux livres, avec une réponse “très positive”. Les salons versent 120 livres (environ 140 euros) pour rejoindre le collectif.

"Super aliment"

Autre usage écolo des cheveux: le compostage. Ils sont riches en azote, ce qui en fait un complément idéal à l'engrais.

Ryan Crawford, propriétaire d’un salon à Milton Keynes, à 80 km au nord de Londres et membre du collectif, expérimente avec les légumes dans son jardin.

Par une journée ensoleillée de juillet, il montre deux jeunes pousses de chou: l’une, entourée de cheveux, est intacte et l’autre, plantée sans cheveux, squelettique et rongée. “Les cheveux forment une barrière protectrice autour de la base des jeunes pousses et tiennent ainsi les limaces et les escargots à distance,” explique Ryan, qui ajoute également les cheveux directement dans le sol pour en retenir l'humidité, "un super aliment pour la terre".

En un an, 600 salons au Royaume-Uni et en Irlande ont rejoint le collectif, qui a récolté environ 500 kilos de cheveux. Ils ont été utilisés pour nettoyer une marée noire en Irlande du Nord en mai et des voies navigables, et du compostage. Le collectif a également récolté 3,5 tonnes de métal, en cours de recyclage. Et il espère à présent exporter le modèle à large échelle vers d'autres pays d’Europe.


Le musée Al-Tayebat de Djeddah célèbre le patrimoine national

  • Costumes, textiles et objets artisanaux exposés au musée
  • Un pont entre les visiteurs locaux et internationaux et les cultures du Royaume

​​​RIYAD : Au musée Al-Tayebat, Cité internationale des sciences et du savoir à Djeddah, le Pavillon de la culture saoudienne ouvre une fenêtre vivante sur le patrimoine national, mettant en lumière l’authenticité de l’identité du Royaume et la richesse de ses multiples cultures.

Le pavillon s’est imposé comme l’une des attractions éducatives et touristiques les plus remarquables du Royaume, invitant les visiteurs à découvrir l’histoire des vêtements traditionnels et des costumes régionaux qui distinguent les différentes régions de l’Arabie saoudite à travers les siècles.

Le musée lui-même constitue un véritable monument culturel : il comprend 12 bâtiments patrimoniaux construits dans le style architectural traditionnel du Hijaz et abrite plus de 365 salles d’exposition.

Une grande partie de cet espace est consacrée aux costumes, textiles et savoir-faire artisanaux propres à chaque région, présentés de manière à associer le charme du passé à la rigueur de la documentation moderne.

Les couloirs du musée offrent un panorama visuel saisissant qui traverse l’ensemble du pays, du nord au sud et de l’est à l’ouest.

La région occidentale et le Hijaz ouvrent le parcours avec le zaboun féminin, les foulards maharem et la mudawwara, ainsi qu’avec la daqla, le gilet sidiriyah et le turban hijazi portés par les hommes. Ces tenues sont mises en valeur devant les rawasheen, les célèbres moucharabiehs en bois sculpté caractéristiques des maisons historiques de Djeddah.

Ailleurs dans le pavillon, les régions centrale et orientale affirment leur héritage à travers la splendeur du bisht d’Al-Ahsa, tissé à la main avec des fils dorés de zari, ainsi que des jalabiyas finement brodées.

La région méridionale attire ensuite le regard avec des couleurs inspirées directement de la nature : le mijnab et les chemises ornées de fils de canne aux teintes vives, exposés aux côtés de guirlandes parfumées et de bijoux traditionnels en argent.

Le nord raconte quant à lui son histoire à travers le mhawthal et les lourdes abayas conçues pour résister aux rigueurs de la vie désertique.

Selon Youssef Mohammed Kiki, superviseur général du musée, ces vêtements constituent de véritables documents historiques et sociaux, témoignant du mode de vie des populations, de leurs métiers et des conditions climatiques propres à chaque région.

Grâce à ces pièces rares, préservées pendant des décennies, le musée espère renforcer le lien des jeunes générations et des visiteurs avec le patrimoine national du Royaume. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Mondial-2026: l'Egypte renverse la Nouvelle-Zélande (3-1) et entrevoit les 16es

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
  • Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités
  • Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique

VANCOUVER: L'Egypte, pourtant menée durant une heure, a réussi à renverser la situation, pour finalement remporter sa toute première victoire en Coupe du monde, aux dépens de la Nouvelle-Zélande (3-1), et ainsi entrevoir les 16e de finale, dimanche à Vancouver.

Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités.

Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique.

Voilà donc l'Egypte en ballottage bien favorable, mais l'histoire avait commencé à s'écrire autrement face à des Néo-Zélandais bien mieux entrés dans le match, grâce à l'ouverture du score de leur défenseur Finn Surman, auteur d'un coup de tête puissant (15e).

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah".

Et un homonyme célèbre suivant un autre, Trezeguet s'est chargé de donner de la largesse au résultat (82e) mérité pour son équipe, qui a su réagir dos au mur.

"Dans les années à venir, on se souviendra que cela a été l'un des grands moments de l'histoire. On avait l'impression de jouer (chez nous) en Égypte", a déclaré Salah après le match. "C'est une superbe victoire et l'ambiance était géniale."

Les All Whites eux n'ont pas réussi à garder leur avantage plus d'une heure, mais ils conservent tout de même l'espoir de se qualifier. Il leur faudra pour cela battre la Belgique sur cette même pelouse de la BC Place vendredi. Ce qui serait un sacré exploit, mais pas impossible au regard des doutes qui traversent les Diables Rouges dans ce tournoi.


L'art numérique se fait une place sur le marché de l'art à la foire de Bâle

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
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  • Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars
  • En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante

BALE: Entre une toile de Picasso et une sculpture de Niki de Saint Phalle, les organisateurs de la foire de Bâle, en Suisse, ont mis un coup de projecteur sur l'art numérique pour détailler comment les artistes s'emparent des outils technologiques.

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR).

Dans une section à part appelée Zero 10, la foire expose 16 oeuvres qui donnent un aperçu de la palette d'outils à la disposition des artistes, en présentant l'art numérique "dans son acceptation large", précise l'artiste américain Trevor Paglen, 51 ans, co-responsable de cette exposition.

"L'idée que les artistes utilisent les technologies n'est pas si nouvelle", a-t-il déclaré à l'AFP, expliquant que l'art numérique ne se résumait pas aux NFT. Il a voulu montrer que dès les "les années 1950", les artistes cherchaient déjà à produire "des images générées par ordinateur".

L'exposition présente notamment une installation de l'artiste allemande Hito Steyerl, intitulée "Green screen", couverte d'un côté de plantes dont les signaux bioélectriques sont utilisés pour produire, de l'autre côté, des images de fleurs pixelisées.

Le Français William Mapan, 38 ans, qui se définit comme "codeur et peintre" y présente lui une série de toiles intitulées "paysages plausibles". Pendant deux ans, cet artiste parisien a développé un algorithme qui génère des milliers de compositions abstraites. Et lorsque l'une de ces images aléatoires en noir et blanc lui rappelle une photo ou un souvenir, il reprend ses pinceaux et la reproduit sur la toile en y ajoutant ses couleurs, a-t-il expliqué à l'AFP.

Segment émergent 

L'artiste ouzbek Aziza Kadyri, 31 ans, présente de son côté des étoffes ornées de fines broderies produites en se jouant des erreurs de l'intelligence artificielle. Pour concevoir les motifs, elle commence par soumettre à une IA des broderies Suzani, la broderie traditionnelle d'Asie centrale, en sachant parfaitement que cette IA va les interpréter de travers, passer à côté de leur signification et finalement lui proposer un dessin complètement à côté de la plaque qu'elle s'amuse ensuite à reproduire sur étoffe en utilisant les techniques traditionnelles de la broderie ouzbèke.

Selon un rapport réalisé pour la foire par UBS et le cabinet Arts Economics, l'art numérique ne représentait que 0,4% des ventes sur le marché de l'art en 2025, contre 59% pour la peinture et 15% pour la sculpture. Le rapport note cependant un intérêt grandissant de la part des riches collectionneurs.

Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars.

Le souvenir de la bulle des NFT est toutefois encore très frais dans les mémoires. En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante.

Les choses sont différentes quand "la démarche aboutit sur une oeuvre tangible", a indiqué à l'AFP Hans Laenen, expert en art chez Axa XL, pour ces nouvelles formes d'art numérique qui ont "beaucoup plus de chances de rester".

"L'art numérique est un domaines de création qui évolue très vite", et "finira par trouver sa place", estime lui aussi Nicolas Kaddeche, qui exerce chez l'assureur Hiscox, même s'il faut "rester prudent", selon lui.

"Cela reste un segment émergent et encore très spéculatif", prévient-il.