Les Etats-Unis poursuivront leurs frappes aériennes en Afghanistan si l'offensive des talibans continue

Le général Kenneth McKenzie, patron du Commandement central de l'armée américaine (Centcom), prend la parole lors d'une conférence de presse à l'ancien siège de Resolute Support dans l'enceinte de l'ambassade américaine à Kaboul le 25 juillet 2021. (AFP)
Le général Kenneth McKenzie, patron du Commandement central de l'armée américaine (Centcom), prend la parole lors d'une conférence de presse à l'ancien siège de Resolute Support dans l'enceinte de l'ambassade américaine à Kaboul le 25 juillet 2021. (AFP)
Short Url
Publié le Lundi 26 juillet 2021

Les Etats-Unis poursuivront leurs frappes aériennes en Afghanistan si l'offensive des talibans continue

  • «J'aimerais être clair, le gouvernement d'Afghanistan sera soumis à rude épreuve dans les jours à venir, les talibans tentent de donner un caractère inéluctable à leur campagne. Ils se trompent (...) La victoire des talibans n'est pas inévitable»
  • Les forces afghanes n'ont offert jusqu'ici qu'une faible résistance et ne contrôlent plus pour l'essentiel que les capitales provinciales et les principaux grands axes

KABOUL: Les États-Unis vont continuer leurs frappes aériennes contre les talibans, si ceux-ci poursuivent l'offensive qu'ils mènent depuis début mai en Afghanistan, a averti dimanche à Kaboul le chef des opérations militaires américaines dans ce pays.

"Les États-Unis ont intensifié leurs frappes aériennes en soutien aux forces afghanes ces derniers jours et nous sommes prêts à continuer ce haut niveau de soutien dans les jours à venir, si les talibans continuent leurs attaques", a déclaré le général Kenneth McKenzie, patron du Commandement central de l'armée américaine (Centcom).

Les talibans se sont emparés depuis presque trois mois de vastes portions rurales de l'Afghanistan, à la faveur d'une offensive tous azimuts contre les forces afghanes, coïncidant avec le début du retrait définitif des forces internationales du pays, désormais quasiment achevé.

Les forces afghanes n'ont offert jusqu'ici qu'une faible résistance et ne contrôlent plus pour l'essentiel que les capitales provinciales et les principaux grands axes. 

"Le gouvernement d'Afghanistan sera soumis à rude épreuve dans les jours à venir, les talibans tentent de donner un caractère inéluctable à leur campagne. Ils se trompent (...) La victoire des talibans n'est pas inévitable", a affirmé le général McKenzie.

"Nous allons continuer à soutenir les forces afghanes, même après le 31 août", date-butoir annoncée de la fin du retrait des forces américaines, "cela se fera généralement depuis l'extérieur du pays. Et cela sera un changement significatif", a-t-il poursuivi.

Le général McKenzie a aussi annoncé qu'après cette date, les États-Unis "continueraient de fournir un important soutien logistique, en particulier à l'aviation afghane", en Afghanistan ou sur des bases du Centcom.

«Solution politique»

En tant que chef du Centcom, qui supervise les activités militaires américaines dans 20 pays du Moyen-Orient et d'Asie centrale et du Sud, le général McKenzie dirige les opérations militaires en Afghanistan depuis la fin des fonctions du commandant des forces américaines dans le pays, le général Austin Scott Miller, le 12 juillet.

La récente avancée éclair des talibans fait craindre qu'ils ne s'emparent à nouveau du pouvoir, quasiment 20 ans exactement après en avoir été chassés fin 2001 par une coalition internationale menée par les États-Unis, après leur refus de livrer le chef d'Al-Qaïda Oussama ben Laden dans la foulée des attentats du 11-Septembre.

Les États-Unis ont signé en février 2020 à Doha un accord historique avec les talibans prévoyant le retrait de tous les soldats étrangers d'Afghanistan en échange de la fin des attaques contre les troupes internationales et l'ouverture de négociations directes entre insurgés et autorités de Kaboul.

Un porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid avait dénoncé vendredi des bombardements aériens "barbares" menés par les "forces d'occupation américaines". Il avait qualifié ces frappes de "claire violation de l'accord signé (à Doha) qui aura des conséquences".

Entamées en septembre dernier au Qatar, les pourparlers interafghans n'ont connu aucune avancée, les deux camps s'accusant mutuellement de ne pas vouloir la paix.

Le général McKenzie a toutefois estimé qu'"il y a une voie pouvant conduire à une solution politique à cette guerre".

Couvre-feu

Ces dernières semaines, les talibans se sont approchés de Kandahar, la grande ville du Sud, berceau de leur mouvement, dont les faubourgs sont le théâtre de combats.

Forte de plus de 650 000 habitants, Kandahar est la deuxième ville du pays derrière Kaboul. Les talibans en avaient fait le centre de leur régime, basé sur une interprétation ultrarigoriste de l'islam, qui régna sur l'Afghanistan entre 1996 et 2001.

Quelque 22 000 familles ont, depuis un mois, "fui des districts instables des faubourgs" ouest, nord et sud de Kandahar, "vers des zones plus sûres" du centre-ville, a déclaré dimanche Dost Mohammad Daryab, directeur provincial du service des Réfugiés.

Ces 22 000 familles représentent environ 150 000 personnes, le Bureau national des statistiques estimant qu'en Afghanistan une famille est en moyenne composée de sept personnes.

"Quand les combats ont éclaté, mes cousins et moi avons fui avec nos femmes et nos enfants vers le centre-ville", a raconté un habitant, Hafiz Mohammad Akbar.

"Nous vivons désormais à 20 personnes de la même famille dans un endroit qui n'a même pas de toilettes. Je n'ai aucune idée de combien de temps nous allons rester là".

Le vice-gouverneur de la province de Kandahar, Lalai Dastageeri, a indiqué dimanche que "les combats continuent dans les faubourgs sud, nord et ouest de Kandahar".

Après une relative accalmie sur le terrain durant les trois jours de l'Aïd el Adha, la fête musulmane du Sacrifice, les autorités afghanes ont annoncé avoir lancé de multiples opérations militaires depuis vendredi dans une quinzaine de provinces, pour tenter de reprendre du terrain.

Elles ont décrété samedi un couvre-feu nocturne sur l'ensemble du territoire à l'exception de trois provinces, dont celle de Kaboul.


Désarmement du Hezbollah: le Liban demande à l'Iran "une nouvelle approche"

Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Rajji, serre la main de son homologue iranien, Abbas Araghchi, à Beyrouth, le 9 janvier 2026. (AP)
Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Rajji, serre la main de son homologue iranien, Abbas Araghchi, à Beyrouth, le 9 janvier 2026. (AP)
Short Url
  • Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, a appelé l’Iran à adopter une nouvelle approche pour le désarmement du Hezbollah et a insisté sur le monopole des armes par l’État libanais
  • L’armée libanaise a achevé le désarmement dans le Sud du pays, mais Israël juge les efforts insuffisants, tandis que Beyrouth renforce sa vigilance face aux pressions et ingérences iraniennes

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie libanaise a appelé vendredi son homologue iranien, en visite au Liban, à trouver "une nouvelle approche" pour régler l'épineux problème du désarmement du Hezbollah financé par Téhéran.

Beyrouth est soumis à une intense pression des Etats-Unis pour désarmer le Hezbollah, affaibli par une guerre avec Israël, alors que l'Iran, comme la formation islamiste, ont affiché leur opposition à cette mesure.

"La défense du Liban est de la responsabilité de l'Etat libanais (...) qui doit avoir le monopole des armes", a déclaré le ministre Youssef Raggi à son homologue iranien Abbas Araghchi, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Il a demandé à son interlocuteur "si Téhéran accepterait l'existence d'une formation armée illégale sur son territoire".

Dans ces conditions, le ministre a exhorté l'Iran à "discuter avec le Liban afin de trouver une nouvelle approche concernant les armes du Hezbollah, en s'appuyant sur sa relation avec le parti, afin que ces armes ne soient pas un prétexte pour affaiblir le Liban".

En décembre, M. Raggi avait décliné une invitation de son homologue à se rendre en Iran, et proposé une rencontre dans un pays tiers.

L'armée libanaise a annoncé jeudi avoir mené à terme le désarmement du Hezbollah dans la partie sud du pays proche d'Israël, qui a cependant jugé les efforts du Liban "loin d'être suffisants" et de nouveau frappé son voisin vendredi.

Le ministre iranien, arrivé jeudi au Liban, a également été reçu par le président Joseph Aoun vendredi matin et devait rencontrer plusieurs autres hauts dirigeants libanais.

Il s'était rendu jeudi après-midi au mausolée de Hassan Nasrallah, l'ancien chef du Hezbollah tué dans une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth en septembre 2024.

Depuis la guerre entre le Hezbollah et Israël, les responsables libanais se sont montrés plus critiques envers l'Iran.

En août, le Liban avait signifié à un haut responsable iranien, Ali Larijani, en visite à Beyrouth, son refus catégorique de "toute ingérence" dans ses affaires internes, après des critiques par Téhéran de la décision du gouvernement de désarmer le Hezbollah.


Le ministre saoudien de la Défense : Riyad engagé pour une solution juste pour le Sud, la dissolution du STC est une décision courageuse

« Le Royaume soutiendra les résultats de la conférence qui seront présentés lors des discussions sur une solution politique globale au Yémen », a-t-il déclaré. (AFP)
« Le Royaume soutiendra les résultats de la conférence qui seront présentés lors des discussions sur une solution politique globale au Yémen », a-t-il déclaré. (AFP)
Short Url
  • Riyad affirme son engagement en faveur d’une solution juste pour le Sud, soutenue par la communauté internationale à travers la Conférence de Riyad
  • Le ministre saoudien de la Défense salue la dissolution du STC comme une décision courageuse favorisant une participation plus inclusive des acteurs du Sud.

RIYAD : Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, a déclaré que l’annonce de la dissolution du Conseil de transition du Sud (STC) allait dans le sens de l’intérêt général. Dans son premier commentaire depuis cette annonce, il a affirmé que « la question du Sud dispose désormais d’une véritable voie, parrainée par le Royaume et soutenue par la communauté internationale à travers la Conférence de Riyad, visant à rassembler nos frères du Sud afin d’élaborer une vision globale de solutions justes répondant à leur volonté et à leurs aspirations ».

Dans un message publié sur la plateforme X, le ministre de la Défense a ajouté : « Le Royaume constituera un comité préparatoire, en concertation avec des personnalités du Sud, afin d’organiser la conférence, laquelle réunira des participants de tous les gouvernorats du Sud, sans exclusion ni discrimination. Le Royaume soutiendra les résultats de la conférence afin qu’ils puissent être présentés dans le cadre du dialogue sur une solution politique globale au Yémen. »

Il a conclu en déclarant : « La décision prise par des figures et des dirigeants du Sud de dissoudre le Conseil de transition est une décision courageuse, motivée par la préoccupation pour l’avenir de la cause du Sud et visant à encourager une participation plus large des forces du Sud à la Conférence de Riyad, au service de leur cause. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le STC annonce sa dissolution

Short Url
  • Des membres du groupe se sont exprimés vendredi lors de la Conférence du dialogue du Sud à Riyad

RIYAD : Le Conseil de transition du Sud (STC), groupe séparatiste yéménite, a annoncé sa dissolution à l’issue de discussions tenues en Arabie saoudite. Plusieurs membres du STC se trouvent actuellement à Riyad pour des pourparlers visant à mettre fin aux troubles dans le sud du Yémen. Le groupe a salué les efforts de l’Arabie saoudite, tandis que l’ancien chef du STC, Aidarous al-Zubaidi — désormais recherché par le Conseil présidentiel pour haute trahison — a fui le Yémen et n’a pas pris part aux discussions.

Une source yéménite a déclaré à Arab News :
« Cette annonce et la facilité affichée dans la déclaration télévisée montrent en réalité qu’Al-Zubaidi constituait l’obstacle, et que la majorité des habitants du Sud sont ouverts à un règlement de leur cause par le dialogue et la discussion. »

Les membres du Conseil de transition du Sud (STC) se sont exprimés vendredi lors de la Conférence du dialogue du Sud organisée à Riyad.

Au cours de la réunion, le Conseil a estimé que les opérations militaires menées dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra avaient porté atteinte à la cause du Sud au Yémen.

Le STC a affirmé ne pas avoir participé à la décision de lancer ces opérations militaires.

« Nous espérons parvenir à une vision et à un cadre pour résoudre la question du Sud lors de la conférence de Riyad », a déclaré le Conseil.

Le STC a remercié l’Arabie saoudite pour l’accueil et l’organisation de la conférence de dialogue à Riyad.

Traduction intégrale du communiqué du STC, selon l’agence de presse yéménite SABA

Annonce de la dissolution du Conseil de transition du Sud

La présidence du Conseil de transition du Sud, la direction exécutive suprême, le secrétariat général ainsi que les autres organes affiliés ont tenu une réunion afin d’évaluer les récents événements malheureux survenus dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra, ainsi que le rejet de toutes les initiatives visant à la désescalade et au règlement de la situation. Ces développements ont entraîné des conséquences graves et douloureuses.

En référence au communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères du Royaume d’Arabie saoudite concernant son parrainage d’un dialogue du Sud pour résoudre la question du Sud — et afin de préserver l’avenir de la cause du Sud et le droit des populations du Sud à restaurer leur État conformément à leur volonté et à leurs aspirations, tout en maintenant la paix et la sécurité sociale dans le Sud et la région — nous annonçons ce qui suit :

Le Conseil de transition du Sud a été créé pour porter la cause des populations du Sud, les représenter et les guider vers la réalisation de leurs aspirations et la restauration de leur État. Il n’a jamais été conçu comme un instrument d’accaparement du pouvoir, de monopole de la décision ou d’exclusion d’autrui.

Étant donné que nous n’avons pas participé à la décision de lancer l’opération militaire en Hadramaout et à Al-Mahra — opération qui a porté atteinte à l’unité du Sud et nui aux relations avec la Coalition dirigée par le Royaume d’Arabie saoudite, laquelle a consenti et continue de consentir d’importants sacrifices et un soutien politique, économique et militaire constant — la poursuite de l’existence du Conseil ne sert plus l’objectif pour lequel il a été fondé.

En conséquence, et conformément à notre responsabilité historique envers la cause du Sud, nous annonçons la dissolution du Conseil de transition du Sud, la dissolution de tous ses organes principaux et subsidiaires, ainsi que la fermeture de l’ensemble de ses bureaux à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Nous œuvrerons désormais à la réalisation de notre juste cause du Sud en nous préparant à participer à la conférence du Sud sous le parrainage du Royaume.

Nous saluons le Royaume d’Arabie saoudite pour ses engagements clairs et explicites, ainsi que pour l’attention sincère qu’il porte à notre cause en recherchant des solutions conformes à la volonté et aux aspirations des populations du Sud.

Nous appelons toutes les figures et forces actives du Sud à s’engager dans la voie du dialogue du Sud, dans l’espoir de parvenir à une vision et à un cadre permettant de résoudre la question du Sud et de répondre aux aspirations de la population par sa libre volonté, au sein d’un cadre du Sud inclusif.

Depuis cette tribune, nous appelons les populations du Sud, nos collègues de la capitale Aden et de l’ensemble des gouvernorats de notre cher Sud à mesurer la gravité de ce moment, la sensibilité de cette phase et l’importance d’unir les efforts afin de préserver nos acquis et de protéger le Sud du chaos et de l’instabilité.

Nous réaffirmons notre engagement continu à servir la cause juste et légitime des populations du Sud et à réaliser leurs aspirations conformément à leur volonté. Nous exprimons également notre gratitude à la direction et au peuple du Royaume d’Arabie saoudite pour l’organisation de la conférence de dialogue du Sud et pour leur soutien constant au Sud, à sa cause et à ses populations à toutes les étapes.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com