En Tunisie, un ras-le-bol alimenté par une crise économique sans fin

Dans l'échoppe où il travaille, sur le marché Bab El-Falla, réputé l'un des plus abordables de Tunis, le quinquagénaire a vu la situation se dégrader depuis la chute du dictateur Zine El Abidine Ben Ali en 2011.  (Photo, AFP)
Dans l'échoppe où il travaille, sur le marché Bab El-Falla, réputé l'un des plus abordables de Tunis, le quinquagénaire a vu la situation se dégrader depuis la chute du dictateur Zine El Abidine Ben Ali en 2011.  (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 29 juillet 2021

En Tunisie, un ras-le-bol alimenté par une crise économique sans fin

  • Certains observateurs redoutent désormais ouvertement que l'Etat se retrouve en défaut de paiement, comme au Liban.
  • Les coalitions parlementaires qui se sont succédées depuis 2011 n'ont pas réformé l'économie, et la pandémie a achevé de mettre le petit pays d'Afrique du Nord à genoux

TUNIS: "Si on en est là, c'est à cause des partis politiques qui ne pensent qu'à eux", souffle Adel Ben Trad. Comme beaucoup de Tunisiens, ce boucher n'en peut plus de subir les conséquences d'une crise économique interminable, qui alimente le ressenti populaire contre la classe politique.


Dans l'échoppe où il travaille, sur le marché Bab El-Falla, réputé l'un des plus abordables de Tunis, le quinquagénaire a vu la situation se dégrader depuis la chute du dictateur Zine El Abidine Ben Ali en 2011. 


Il approuve donc pleinement le coup de force du président de la République, Kais Saied, qui vient de geler l'activité du Parlement et s'octroyer le pouvoir exécutif, capitalisant sur une large hostilité de l'opinion publique envers les gouvernants.


Auparavant, ses entrecôtes et côtes d'agneaux étaient très prisés. Mais aujourd'hui, la viande rouge n'a plus sa place dans le budget de nombreux Tunisiens. 


"En dix ans, on a dû perdre la moitié de nos clients", confie le salarié. Ils sont aussi de plus en plus nombreux à demander crédit ou à négocier durement les prix, comme cette habituée qui tente de ramener l'addition sous les cinq dinars (1,50 euro)


"On a pas mal de clients comme elle, qui travaillaient à la journée dans des cafés et qui ont perdu leur emploi à cause du Covid", soupire M. Ben Trad.


Lui-même a du mal à joindre les deux bouts. Ses 600 dinars mensuels (180 euros) payent difficilement son loyer et ses factures. "Tous les prix ont augmenté, sauf les salaires", peste-t-il.


Chômage structurel profondément enraciné, dégradation des infrastructures publiques, inflation continue... Tous ces facteurs à l'origine de la révolution de 2011 continuent de plomber la Tunisie, entraînant une amertume à la hauteur des espoirs soulevés en 2011.


Les coalitions parlementaires qui se sont succédées depuis n'ont pas réformé l'économie, et la pandémie a achevé de mettre le petit pays d'Afrique du Nord à genoux. 

Népotisme 
Sa dette gravite aujourd'hui aux alentours de 100% du PIB, contre 45% en 2010. Le dinar s'est déprécié de plus de 50% en une décennie, sous pression des bailleurs de fonds.


Pour assumer ses dettes, Tunis négocie actuellement un nouveau prêt avec le Fonds monétaire international (FMI), son quatrième en dix ans. Et certains observateurs redoutent désormais ouvertement que l'Etat se retrouve en défaut de paiement, comme au Liban.


De quoi nourrir les rancœurs, dans un pays miné par la corruption et le népotisme. 


En plein cœur du souk, Haykel Mosbahi accuse le parti d'inspiration islamiste Ennahdha, membre de toutes les coalitions au pouvoir depuis dix ans, d'être "le premier responsable de cette crise".


Lors de la révolution, cet ancien ingénieur en génie civil a perdu son emploi dans une entreprise de BTP et n'a jamais retrouvé de poste équivalent depuis. Pour conjurer le chômage, il a dû se reconvertir comme agent de sécurité et diviser son salaire par trois.


"Avant, je pouvais m'acheter des vêtements neufs", explique-t-il l'air amer, en fouillant dans des bacs de tee-shirts d'occasion.


Père de trois enfants, le quadragénaire tente régulièrement de retrouver son statut. "Mais les offres d'emploi, c'est uniquement pour les soutiens d'Ennahdha: sans le bon coup de fil, tu n'es jamais prioritaire", assure-t-il.


Face à une révolution qui n'a pas tenu toutes ses promesses, lui espère aussi que le président Saied "va enfin nous sortir de là". 


Devant le stand de légumes, Moncef Achouri est plus réservé face à ce nouvel homme providentiel, qui promet de sauver la Tunisie. "Ce que le président est en train de faire, c'est un putsch", estime ce retraité de 66 ans: "Il est en train de promettre plein de belles choses comme Ben Ali, mais rien ne va changer."


Cet ancien professeur d'anglais partage pourtant la lassitude ambiante face aux querelles politiques. "Au final, les gens ne voient pas leur situation s'améliorer et ils n'arrivent pas à apprécier la liberté qu'ils ont gagnée avec la révolution. La liberté, ça ne fait pas manger."


L'Iran appelle les civils à quitter les zones situées à proximité des forces américaines dans la région

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre. (AFP)
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre. (AFP)
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  • Les "lâches" forces américano-israéliennes "tentent d'utiliser des sites civils et des innocents comme boucliers humains", ont affirmé les Gardiens sur leur site Sepah News, après que l'Iran a menacé de cibler les hôtels du Golfe
  • "Nous vous recommandons de quitter de toute urgence les lieux où sont stationnées les troupes américaines afin qu'aucun mal ne vous soit fait", ajoutent-ils

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre.

Les "lâches" forces américano-israéliennes "tentent d'utiliser des sites civils et des innocents comme boucliers humains", ont affirmé les Gardiens sur leur site Sepah News, après que l'Iran a menacé de cibler les hôtels du Golfe.

"Nous vous recommandons de quitter de toute urgence les lieux où sont stationnées les troupes américaines afin qu'aucun mal ne vous soit fait", ajoutent-ils.

 


Attaque de drones sur le principal port de Koweït, des dégâts

Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
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  • L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X
  • Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics

KOWEIT: Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires.

L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X.

Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics.

Selon cette source, le port de Mubarak al-Kabeer a été touché tôt vendredi matin par des drones et des missiles qui ont causé, là aussi, des dégâts matériels mais n'ont pas fait de victimes.

Les pays du Golfe font l'objet d'une campagne de représailles iraniennes depuis le début de l'offensive américano-israélienne sur l'Iran il y a un mois et les tirs - pour la plupart interceptés - sont quasiment quotidiens.


L'armée israélienne dit avoir mené des frappes d'ampleur sur Téhéran

L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails
  • Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques"

JERUSALEM: L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails.

Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques".

Elle a aussi annoncé avoir "frappé diverses cibles liées aux dispositifs de puissance de feu du régime" dans l'ouest de l'Iran, dont "des lanceurs de missiles et des sites de stockage de missiles, qui constituaient une menace" pour Israël.

Le Moyen-Orient est plongé depuis le 28 février dans une guerre déclenchée par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, auxquelles Téhéran a riposté par des tirs de missiles et de drones visant Israël et plusieurs pays de la région.