« On ne peut pas oublier »: à Paris, le procès Charlie ravive les souvenirs des attentats de 2015

Ambassade de France, le 7 janvier 2015 à Washington, DC. (Alex WONG/Getty Images via AFP)
Ambassade de France, le 7 janvier 2015 à Washington, DC. (Alex WONG/Getty Images via AFP)
Short Url
Publié le Samedi 05 septembre 2020

« On ne peut pas oublier »: à Paris, le procès Charlie ravive les souvenirs des attentats de 2015

  • « Depuis 5 ans, la liberté d'expression recule et ça m'inquiète, j'aimerais que ce procès aide à regagner du terrain pour cette liberté », confie une femme qui travaille dans une galerie d'art
  • Ces attentats « doivent rester dans les mémoires, filmer ce procès, c'est un devoir pour les générations futures »

PARIS: Le temps a passé mais Irène se rend encore régulièrement, comme en "pèlerinage", devant l'immeuble où la rédaction de Charlie Hebdo a été décimée le 7 janvier 2015 à Paris. "L'ouverture du procès a rouvert des plaies", témoigne la retraitée en prenant en photo la fresque représentant les victimes.

Le 11 janvier 2015, une grande marche "républicaine" réunissait plus de 3,5 millions de manifestants en France. A Paris, environ 1,5 million de personnes se rassemblaient, applaudissaient les forces de l'ordre. Que reste-t-il, à l'ouverture du procès des attentats de janvier 2015, de cet élan, de cet "esprit Charlie"?

Le procès des attaques jihadistes contre Charlie Hebdo, des policiers et l'Hyper Cacher a démarré mercredi, sous haute sécurité. Les débats sont filmés, ce qui est très rare et qui est même une première pour un procès terroriste. 

La rue Nicolas Appert, dans le XIème arrondissement, où travaillait la rédaction, reste marquée par le drame. L'hebdomadaire a quitté le quartier pour un lieu tenu secret, mais il reste la plaque commémorative avec le nom des morts, la fresque, des messages sur les murs: "Place de la liberté d'expression". 

La société de production télé Premières lignes est toujours dans l'immeuble: ne pas déménager a été "un choix politique". Le journaliste Edouard Perrin, qui a été l'un des premiers à pénétrer dans Charlie après les coups de feu et à porter secours, continue au quotidien de franchir les mêmes portes. "On s'habitue. On fait avec. (...) On n'oublie pas. Il m'a fallu du temps pour être un peu tranquille avec ces fantômes. Le procès remet tout cela sur le devant de la scène", raconte-t-il. 

Mais "il est primordial que le procès se tienne, même s'il a lieu des années après, même si ce sont des lampistes" dans le box, poursuit le journaliste. Qu'attendre alors de ce procès, qui se tient sans les jihadistes, ni les frères Kouachi, ni Amédy Coulibaly?

"Il est important que la justice passe, de manière froide", avec comme seule arme le droit. "C'est un procès pour l'Histoire. Il faut que ce soit archivé. C'est un gros morceau de notre histoire récente, qui aura encore des conséquences dans les années à venir".

"Quel procès?"

Une habitante du quartier, Anne Chevalier, s'est empressée mercredi d'acheter Charlie Hebdo, le numéro dans lequel ont été republiées les caricatures de Mahomet, qui ont fait du journal satirique une cible. Quelque 200.000 exemplaires ont été écoulés le premier jour et il y aura autant de réimpressions.

"Depuis 5 ans, la liberté d'expression recule et ça m'inquiète. J'aimerais que ce procès aide à regagner du terrain pour cette liberté", confie cette femme qui travaille dans une galerie d'art.

"Ils ont écrit en Une de Charlie: +Nous ne renoncerons jamais+. Je suis 200% d'accord avec eux", affirme Albert Afonso, un coursier de passage dans le quartier. "Une poignée d'individus a voulu faire régner la peur; il faut la combattre sans plier", affirme le quinquagénaire, qui évoque aussi les attentats du 13 novembre 2015. Le Bataclan où avaient été tuées 90 personnes lors d'un concert se trouve à quelques centaines de mètres. 

"On ne peut pas oublier", dit cet homme, qui attend le verdict: "j'espère que les complices ne seront pas épargnés".

Mais sans surprise, tout Paris n'est pas suspendu à ces audiences. "Ca fait partie du passé. Il faut passer à autre chose!", lâche un vendeur de sacs sur un marché sur le boulevard Richard-Lenoir, où fut tué le policier Ahmed Merabet par les frères Kouachi.

"Quel procès?", interrogent devant le Bataclan trois jeunes filles de 22 ans. "Charlie Hebdo? Ah, on ne regarde pas les infos", lâchent-elles, insouciantes. Il y a aussi Ninon, qui avait 13 ans en janvier 2015. Elle avait alors participé à une marche dans sa ville. "Mais le temps a passé. On parle rarement des attentats de 2015 avec mes amis", explique-t-elle.

Peut-être ces jeunes regarderont-ils les images du procès plus tard. Ces attentats "doivent rester dans les mémoires. Filmer ce procès, c'est un devoir pour les générations futures", affirme François Burckel, un jeune de 26 ans, qui habitait déjà en 2015 dans le quartier de Charlie Hebdo et du Bataclan.


Mégafeu en Gironde: le feu «toujours stabilisé» avant le retour de la chaleur

La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
Short Url
  • Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles
  • La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi

BORDEAUX: La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme.

La nuit a été marquée par la lutte contre plusieurs reprises de feu au nord du Porge et dans la partie nord du Cap-Ferret, mais celles-ci "sont sous contrôle", selon la préfecture, qui souligne que "la surface brûlée n'a pas évolué".

Le département, qui passera en vigilance jaune canicule à midi, surveille températures et vents: Météo-France prévoit une hausse des températures jusqu'à 33 à 35°C dans les terres mardi, accompagnées d'un vent orienté au sud-est, avec des brises océaniques d'ouest sur le littoral, qui pourraient attiser à nouveau le brasier.

Dans un point de situation lundi à 22H30, la préfète a souligné que la journée devrait également être marquée par "une baisse de l'hygrométrie". La situation "reste très imprévisible", a-t-elle alors assuré.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.

La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi et des vents un peu moins forts mais plus secs.

"On doit tenir" 

"Les semaines à venir seront dures et on doit tenir", a lancé lundi le président de la République, Emmanuel Macron, dans la salle de crise du centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis). "On reste unis et on se bat pour gagner la bataille partout", a-t-il dit en délivrant dans la soirée une bonne nouvelle: le feu est désormais "fixé" dans les Landes.

En Gironde également, la journée de lundi  a été "favorable, comme espéré par les pompiers", s'est réjoui le Sdis auprès de l'AFP. Dans l'ensemble, les départs de feux ont été "contenus".

Depuis le début de l'incendie au nord du bassin d'Arcachon, le 22 juillet, 93 pompiers ont été blessés, 240 habitations ont été détruites et près de 220.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 23 communes.

Dans un camping du Grand Crohot, en Gironde, jouets des enfants sur le sol, bières sur la table, tentes ouvertes et serviettes de plage encore étendues... tout témoigne de la rapidité et de la panique avec lesquelles tous ont dû quitter les lieux.

Le feu n'étant pas fixé en Gironde, aucun retour des évacués n'y est envisageable à ce stade et les activités des colonies de vacances sont suspendues dans ce département touristique.

La préfète a en outre annoncé lundi soir l'interdiction des manifestations sportives et culturelles, tout comme les activités nautiques et la navigation sur le lac de Cazaux-Sanguinet.

Comme lundi, aucun TGV ne circule au sud de Bordeaux mardi, hormis ceux qui desservent Agen et Toulouse, et l'autoroute A63 est fermée dans les deux sens entre Bordeaux et Bayonne.

"Vague de solidarité" 

Au total, plus de 116.000 hectares - nouveau record après 2022 - ont été parcourus par les incendies en France depuis début 2026, a indiqué le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure a annoncé que les assureurs prendraient en charge les frais de relogement des personnes évacuées à cause des incendies de Gironde, des Landes et du Var.

Une "vague de solidarité", saluée par la préfète Sophie Brocas, a par ailleurs permis de libérer les pompiers volontaires dans les entreprises. Agriculteurs et particuliers prêtent aussi main-forte.

"On est partis à 4H30 ce matin du Lot-et-Garonne. On cherche à aider. Je suis chasseur et je veux garder la nature comme elle est", a expliqué lundi à l'AFP Christopher Bonnefond, 25 ans, agriculteur venu avec quatre collègues.

Juste au sud, l'incendie dans les Landes est donc fixé après avoir brûlé 3.600 hectares et 198 bâtiments.

Depuis 20H lundi, "l'ensemble des habitants des communes de Sanguinet et de Parentis-en-Born" peuvent ainsi "réintégrer leur domicile", a annoncé le préfet des Landes, tout comme ceux du village aéronautique de Biscarrosse et les résidents d'un camping au nord de la ville. Soit, au total, 15.000 personnes.

Dans le Var, les reprises du feu du Gros Bessillon, qui ont mobilisé les pompiers lundi, au 7e jour de lutte contre cet incendie, ont été "circonscrites" lundi soir, a annoncé la préfecture.

Le feu est toujours en cours en Corse mais a été "fixé" dans les Hautes-Alpes après avoir parcouru 510 hectares.

Dans les Bouches-du-Rhône, un pompier volontaire de 38 ans est décédé lundi, après que le camion-citerne "dans lequel il circulait seul a fait une sortie de route" au nord d'Arles, a indiqué le Sdis 13.


L'Iran dit avoir convoqué l'ambassadeur français pour «ingérence»

L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
Short Url
  • "Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences"
  • Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile"

TEHERAN: L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne.

"Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences dans les affaires intérieures de l'Iran sous des appellations trompeuses", a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, lors d'un point de presse hebdomadaire.

Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile".

"Nous ne commentons pas les provocations iraniennes", a réagi lundi le Quai d'Orsay, selon qui "les faits sont clairs".

Le 20 juillet, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait dénoncé "une action d'intimidation extrêmement grave de la part des services de sécurité iraniens" à l'encontre de deux diplomates, dont l'un avait été "molesté".

D'après le ministre français, les diplomates ont été "détenus sans raison pendant plusieurs heures" et "interrogés", en raison de leur mission de soutien à la société civile iranienne.

Le chargé d'affaires iranien en France avait été convoqué au Quai d'Orsay mardi dernier.

Les autorités iraniennes ont démenti l'agression, affirmant que les diplomates n'avaient été que "brièvement interrogés" par les services de sécurité, après avoir participé à une "réunion avec plusieurs personnes recherchées par les autorités".


Paris : trois femmes blessées dans une attaque au couteau, un suspect interpellé

n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
Short Url
  • L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris
  • "Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés

PARIS: Un homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris.

"Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés.

"Un individu muni de deux armes blanches a fait plusieurs blessés" et "a rapidement été interpellé", a-t-elle ajouté.

Selon le ministre de l'Intérieur, le suspect "a été interpellé par un policier de la préfecture de police hors service", dont il a salué "le courage".

"Aucune" des trois femmes blessées "ne voit son pronostic vital engagé", a déclaré Laurent Nuñez à la mi-journée, lors du compte-rendu du conseil des ministres.

"Deux d'entre elles sont quand même en urgence absolue, donc sont blessées assez gravement", a-t-il ajouté. L'une a été touchée aux lombaires, l'autre à l'abdomen, a-t-il précisé.

Une troisième femme a été blessée plus légèrement.

Les trois victimes sont "âgées de 19, 24 ans et 36 ans", a encore dit le ministre.

Le suspect "n'a donné qu'une identité déclarative" et "tient des propos incohérents", a poursuivi M. Nuñez, qui appelle à "rester très prudent sur les mobiles de cet acte extrêmement violent".

Le parquet national antiterroriste a indiqué à l'AFP être en observation à ce stade.