Les opposants au pass sanitaire dans la rue pour le troisième samedi consécutif

Arrestations musclées lors des manifestations contre le pass sanitaire à Paris le 24 juillet dernier. (AFP)/
Arrestations musclées lors des manifestations contre le pass sanitaire à Paris le 24 juillet dernier. (AFP)/
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Publié le Vendredi 30 juillet 2021

Les opposants au pass sanitaire dans la rue pour le troisième samedi consécutif

  • Plus de 150.000 manifestants sont attendus sur l'ensemble du territoire, dont plus de 10.000 à Paris, selon les autorités
  • A Paris, quatre manifestations sont prévues; les plus importantes auront lieu à partir de midi au départ du métro Villiers (XVIIe) en direction de la place de la Bastille (XIe), et à 14H30 à proximité de la gare Montparnasse (VIe)

PARIS: De Marseille à Lille et de Metz à Bordeaux, des manifestations sont prévues samedi dans plus de 150 villes en France pour le troisième samedi consécutif, contre l'extension du pass sanitaire et la vaccination obligatoire pour certaines professions.


Plus de 150.000 manifestants sont attendus sur l'ensemble du territoire, dont plus de 10.000 à Paris, selon les autorités. 


Depuis le début de la mobilisation, les cortèges ont grossi, rassemblant le 24 juillet 161.000 personnes, contre 110.000 une semaine plus tôt.


Ces manifestations ont lieu alors que 62% des Français se disent favorables à la mise en place du pass sanitaire pour entrer dans les lieux publics et 69% favorables à la vaccination obligatoire pour les soignants, selon un sondage Ipsos-Sopra Steria pour franceinfo et Le Parisien du 16 juillet. 


23% des Français disent par ailleurs "soutenir" ce mouvement et 12% éprouver de la "sympathie" à son égard, d'après un sondage Ifop pour le Journal du dimanche le 25 juillet. 


A Paris, quatre manifestations sont prévues; les plus importantes auront lieu à partir de midi au départ du métro Villiers (XVIIe) en direction de la place de la Bastille (XIe), et à 14H30 à proximité de la gare Montparnasse (VIe) pour un défilé en direction du ministère de la Santé (VIIe).


"Je peux vous dire que ça va être phénoménal !", a écrit sur Twitter l'ex n.2 du FN et président des Patriotes Florian Philippot, à l'initiative de la manifestation au départ de Montparnasse.


Plus de 3.000 policiers et gendarmes seront mobilisés pour encadrer les manifestants et sécuriser les lieux sensibles, une semaine après que des manifestants ont été repoussés des Champs-Elysées.

Interdictions 

Des manifestations sont également prévues dans plus de 150 villes en France, avec une affluence qui devrait être particulièrement importante à Toulon, Montpellier, Bordeaux, Marseille, Nice, Metz, Nantes et Pau.


A Marseille, une "manifestation citoyenne pour la liberté" est attendue à 14H00 à partir du Vieux Port sous l'égide du collectif "Marseille révoltée", qui dénonce le caractère "autoritaire" des mesures anti-covid prises par Emmanuel Macron. 


Comme la semaine passée, deux périmètres d'interdiction de manifestations ont été établis à Lyon par la préfecture du Rhône de 12H00 à 21H00, à la suite de heurts entre manifestants et forces de l'ordre survenus samedi dernier en marge d'un rassemblement sur la place Bellecour. 


A Toulouse, le rendez-vous est fixé à 14H00 dans le centre-ville, malgré l'interdiction de "tout rassemblement revendicatif non déclaré" émis par la préfecture. 


La semaine dernière, la même interdiction n'avait pas découragé les manifestants : 2.500 personnes avaient défilé, selon la préfecture.


« Contre la dictature »

Regroupée autour des mots-dièses #manif31juillet et #PassDeLaHonte sur les réseaux sociaux, l'opposition aux mesures gouvernementales pour lutter contre le Covid-19 fédère des manifestants anti-masques, anti-vaccins ou anti-confinement aux revendications protéiformes.


Dans les cortèges, où figurent également de nombreux "gilets jaunes", les manifestants fustigent un pass sanitaire "liberticide" et affirment marcher "contre la dictature".


Le pass sanitaire a été adopté définitivement dimanche soir, après six jours de débats houleux à l'Assemblée nationale et au Sénat.  


Déjà appliqué dans les lieux culturels et de loisirs depuis le 21 juillet, son extension pour les cafés, foires, salons, restaurants et trains est prévue le 9 août. Entre temps, le Conseil constitutionnel rendra sa décision sur la loi le 5 août.


Avant même l'adoption de ces mesures, leur simple annonce par le président Emmanuel Macron le 12 juillet a donné un coup d'accélérateur à la campagne de vaccination : 4 millions de primo-injections ont été effectuées au cours des 15 derniers jours, contre 6 millions entre le 11 juin et le 12 juillet. 


La France a dépassé mardi soir le seuil de 50% de sa population entièrement vaccinée, un niveau toujours éloigné du seuil d'immunité collective évalué à environ 90% avec le nouveau variant Delta.


France: Macron veut ouvrir le «chantier de la réparation» des Harkis

Pour le président Macron, il faut aujourd'hui aller «au-delà de ce que la République a déjà fait» et faire un «nouveau pas» en «direction des porteurs de la mémoire harki». (Photo, AFP)
Pour le président Macron, il faut aujourd'hui aller «au-delà de ce que la République a déjà fait» et faire un «nouveau pas» en «direction des porteurs de la mémoire harki». (Photo, AFP)
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  • «L'histoire des Harkis, c'est une histoire de Français et c'est l'histoire des Français; c'est dans cet état d'esprit qu'il faut aborder ce nouveau chapitre»
  • Macron accueillera lundi lors d'une «réception» à l'Elysée les «porteurs de cette mémoire si particulière» et s'«adressera aux Harkis»

PARIS: Le président français Emmanuel Macron souhaite lundi "franchir un nouveau pas" dans la "reconnaissance du manquement qui a été fait aux Harkis" par l'Etat français et ouvrir le "chantier de la réparation", a-t-on appris vendredi auprès de la présidence française. 

"Le président considère que le travail accompli depuis 60 ans est important mais qu'il faut franchir un nouveau pas dans la reconnaissance au manquement qui a été fait aux Harkis mais aussi au manquement de la République française à ses propres valeurs", a précisé cette source. 

"L'histoire des Harkis, c'est une histoire de Français et c'est l'histoire des Français; c'est dans cet état d'esprit qu'il faut aborder ce nouveau chapitre", a martelé cette source.

A quelques jours du 25 septembre - journée d'hommage national aux Harkis instaurée en 2001 - M. Macron accueillera lundi lors d'une "réception" à l'Elysée les "porteurs de cette mémoire si particulière" et s'"adressera aux Harkis". 

Quelque 300 personnes, issues notamment d'associations de Harkis, de la "mémoire", "d'anciens combattants", ont été conviées. 

Le président doit à cette occasion prononcer un discours et décorer un représentant harki blessé au combat, un officier français qui a organisé le rapatriement "de plusieurs centaines de Harkis en désobéissant aux ordres" et une fille de Harki "militante de l'égalité des chances et de la diversité".  

"Les Harkis" sont ces anciens combattants - jusqu'à 200 000 hommes - recrutés comme auxiliaires de l'armée française pendant la guerre d'indépendance algérienne (1954-1962) qui opposa des nationalistes algériens à la France. 

À l'issue de cette guerre, les Harkis sont abandonnés par la France et nombre d'entre eux sont victimes de massacres de représailles en Algérie. 

Plusieurs dizaines de milliers d'entre eux, accompagnés parfois de femmes et d'enfants, sont transférés en France par l'armée et transiteront entre 1962 et 1965 pour la majorité dans des "camps de transit et de reclassement", aux conditions de vie indignes et durablement traumatisantes.

"Depuis cette période, la République (française) a fait des pas: il y a eu diverses procédures d'indemnisation installées au fil du temps" et le 25 septembre 2016, le président François Hollande a reconnu la "responsabilité" de la République "dans l'abandon des Harkis", rappelle cette source.

Mais pour le président Macron, il faut aujourd'hui aller "au-delà de ce que la République a déjà fait" et faire un "nouveau pas" en "direction des porteurs de la mémoire harki". 


40 ans du TGV en France: Macron célèbre le retour des grand projets

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours à côté d'une réplique grandeur nature du prochain TGV à la gare de Lyon, le 17 septembre 2021 à Paris. (Photo, AFP)
Le président français Emmanuel Macron prononce un discours à côté d'une réplique grandeur nature du prochain TGV à la gare de Lyon, le 17 septembre 2021 à Paris. (Photo, AFP)
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  • Le TGV a transporté 3 milliards de passagers depuis son lancement en 1981
  • « Nous allons la poursuivre en grand », a-t-il promis dans un discours prononcé devant la maquette de la motrice du futur TGV M, le « TGV du futur » que la SNCF doit mettre en service en 2024

PARIS : Le président Emmanuel Macron a annoncé vendredi le retour en France des grands projets pour les chemins de fer à l'occasion des 40 ans du Train à Grande Vitesse (TGV), "une grande aventure" qui doit se poursuivre avec de nouveaux investissements "massifs".

Le TGV qui a transporté 3 milliards de passagers depuis son lancement en 1981, "c'est l'histoire d'une passion française et d'un génie français", a lancé le président, lors de la fête d'anniversaire organisée gare de Lyon, à Paris.

"Nous allons la poursuivre en grand", a-t-il promis dans un discours prononcé devant la maquette de la motrice du futur TGV M, le "TGV du futur" que la SNCF doit mettre en service en 2024.

"Pendant tant d'années, on avait bâti de nouveaux projets, mais on n'entretenait plus le réseau", a rappelé M. Macron, qui avait annoncé une "pause" sur les nouveaux projets à son arrivée à l'Elysée en 2017.

La construction de 2 700 km de lignes à grande vitesse françaises avait en effet plombé les comptes de la Société nationale des chemins de fer (SNCF). 

Après la réforme ferroviaire de 2018 et le lancement d'un programme de rénovation des voies ferrées, on peut "commencer à réenvisager l'avenir", a relevé M. Macron. "Ce que nous voulons faire ensemble, c'est accélérer". "La décennie 2020 sera la nouvelle décennie du TGV".

Le chef de l'Etat a revendiqué "des choix d'investissements massifs" dans les infrastructures, avec le renouveau des petites lignes, une meilleure connexion des ports et la construction de liaisons nouvelles.

L'Etat s'est engagé à investir 6,5 milliards d'euros dans les liaisons Bordeaux-Toulouse (sud-ouest), Montpellier-Perpignan et Marseille-Nice (sud). Ces sommes correspondent à 40% de la facture envisagée, les collectivités locales et l'Europe devant apporter le reste.

Emmanuel Macron a aussi cité les lignes Paris-Normandie (ouest), Roissy-Picardie (nord) et Lyon-Turin (centre-est), qu'il reste à engager.

Le nouveau TGV --sa 8ème génération-- ne sera pas plus rapide que les dernières rames circulant sur le réseau français - 320 km/h - , mais la SNCF le veut plus confortable, plus modulable et plus écologique.

Lancé par le président Georges Pompidou et construit sous son successeur Valéry Giscard d'Estaing, le TGV a été inauguré le 22 septembre 1981 par François Mitterrand. Il était orange, ne roulait qu'à 260 km/h, et mettait 2 heures 40 entre Paris et Lyon (centre-est), contre 3 heures 40 pour les trains les plus rapides auparavant -- un trajet réduit à 2 heures dès 1983.


Pierre René, amoureux des glaciers pyrénéens et son monde perdu

La montagne, c'est un peu sa maison. Pierre René a passé son enfance à Fenouillet, un village des Pyrénées orientales au pied du massif. (AFP).
La montagne, c'est un peu sa maison. Pierre René a passé son enfance à Fenouillet, un village des Pyrénées orientales au pied du massif. (AFP).
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  • Ses études achevées, il revient s'établir dans les environs de Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne), non loin du glacier d'Ossoue, une langue de glace qui enlace le Vignemale, point culminant des Pyrénées françaises à près de 3.300 m
  • En 2001, convaincu que son travail est déterminant mais suscite peu d'intérêt auprès des institutions, il crée l'association Moraine "pour étudier les glaciers des Pyrénées françaises et coopérer avec les glaciologues espagnols"

CATHERVIELLE: Regard perçant et démarche féline, le glaciologue Pierre René parcourt inlassablement le massif pyrénéen au chevet des glaciers qu'il scrute et mesure, témoin de leur déclin accéléré sous les coups de butoir du changement climatique.


"Ils me sont apparus comme des êtres vivants grandioses". Le quadragénaire, accompagnateur en montagne au quotidien, se souvient comment il est littéralement tombé amoureux de ces mastodontes. C'était "lors d'une sortie sur le terrain dans le massif de la Vanoise" alors qu'il était étudiant en géologie à Chambéry dans les années 2000.


La montagne, c'est un peu sa maison. Pierre René a passé son enfance à Fenouillet, un village des Pyrénées orientales au pied du massif. Pyrénéiste dans l'âme, il fait "naturellement" son mémoire de fin d'étude sur ces glaciers parmi "les plus méridionaux d'Europe".

 

pyrennees
"Depuis 20 ans que je fais des relevés (sur ce glacier, ndlr) on a perdu 30 mètres d'épaisseur" dit Pierre René. (AFP). 


"Je me suis rendu compte que les données étaient anciennes. Elles avaient été recueillies par des glaciologues des Alpes dans les années 1975/85 et depuis ce travail était à l'abandon", explique-t-il.


"Je lisais qu'il restait 40 km2 de glacier dans le massif, alors qu'il ne subsistait plus que 5 km2 (2,3 km2 actuellement, Ndlr)", complète le montagnard depuis son salon dont les larges fenêtres offrent une vue plongeante sur la majestueuse vallée d'Oô.


Ses études achevées, il revient s'établir dans les environs de Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne), non loin du glacier d'Ossoue, une langue de glace qui enlace le Vignemale, point culminant des Pyrénées françaises à près de 3.300 m.


"Depuis 20 ans que je fais des relevés (sur ce glacier, ndlr) on a perdu 30 mètres d'épaisseur", dit-il. 


C'est aujourd'hui le seul "grand glacier" des Pyrénées côté français, les trois autres se trouvent en Espagne. 


En 2001, convaincu que son travail est déterminant mais suscite peu d'intérêt auprès des institutions, il crée l'association Moraine "pour étudier les glaciers des Pyrénées françaises et coopérer avec les glaciologues espagnols", qui eux se montraient alors plus soucieux de ce patrimoine naturel.

Témoin climatique 

"Le glacier c'est un peu l'ours blanc ou la banquise, on en a besoin pour voir ce qui se passe, pour prendre conscience du changement climatique", souligne le climatologue Jean-Michel Soubeyroux, de Météo-France, compagnon de Pierre René lors de ces campagnes sur la vingtaine de glaciers, majoritairement de petites tailles, disséminés entre l'Espagne et la France.


La disparition des glaciers pyrénéens va entrainer "le bouleversements des écosystèmes biologiques mais aussi humains", ajoute le scientifique. Leur étude est fondamentale et permettra d'anticiper ce qui va se passer "pour les glaciers des Alpes dans la seconde moitié du XXIe siècle", dit-il.

Pierre Rene
"Le glacier d'Ossoue, mes petits-enfants ne le verront jamais et avec mes enfants il faut que je fasse vite", regrette ce montagnard. (AFP).


En ce début du mois de septembre, Pierre René prépare avec une petite équipe de passionnés l'une de ses expéditions saisonnières sur le glacier d'Ossoue.


"Avec une foreuse, on installe des pieux de bois de 10/12 mètres. Ces balises nous permettront de mesurer la diminution de l'épaisseur durant l'été", indique le glaciologue.


Pas moins d'une quinzaine d'adhérents de l’association Moraine participe à cette sortie pour transporter le matériel de forage et les balises.


"Pierre, c'est un véritable passionné de montagne et un scientifique rigoureux, qui a un don pour mobiliser des partenaires, le Parc naturel national, les départements, les régions", dit l'un d'eux, Laurent Lespine, ingénieur forestier à l'ONF dans le civil. 


"Le glacier d'Ossoue, mes petits-enfants ne le verront jamais et avec mes enfants il faut que je fasse vite", regrette ce montagnard.


Si à l'horizon 2050 la vingtaine de glaciers pyrénéens aura disparu, Pierre René ose une prédiction entre ironie et optimisme : "Ils reviendront... mais dans quelques milliers d'années".