Tunisie: deux députés critiques du président Saïed arrêtés

Le président tunisien Kais Saied (Photo, AFP).
Le président tunisien Kais Saied (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 01 août 2021

Tunisie: deux députés critiques du président Saïed arrêtés

  • Ces deux parlementaires, Maher Zid et Mohamed Affes, sont en détention provisoire dans le cadre d'une «enquête de la justice militaire»
  • Selon M. Makhlouf, avocat très hostile au président Saied, les deux députés et lui-même sont poursuivis dans une affaire liée à une altercation survenue en mars à l'aéroport de Tunis.

TUNIS: Deux députés tunisiens du mouvement islamo-nationaliste Al Karama, qui s'est opposé au coup de force du président Kais Saied et à la suspension du Parlement, ont été arrêtés, a annoncé dimanche le chef de leur parti.

Ces deux parlementaires, Maher Zid et Mohamed Affes, sont en détention provisoire dans le cadre d'une « enquête de la justice militaire », a expliqué sur Facebook Seifeddine Makhlouf, le chef de cette formation alliée d'Ennahdha, le premier parti de l'Assemblée, également d'inspiration islamiste. 

Selon M. Makhlouf, avocat très hostile au président Saied, les deux députés et lui-même sont poursuivis dans une affaire liée à une altercation survenue en mars à l'aéroport de Tunis. 

Ils sont soupçonnés d'avoir insulté des agents de la police aux frontières qui avaient interdit à une femme de voyager.

Contacté par l'AFP, le parquet était injoignable. Aucune précision de la justice militaire n'a été publiée.

La femme de M. Affes a confirmé, tard samedi soir, l'arrestation du député, ancien imam ultraconservateur, dans une vidéo sur les réseaux sociaux.

Ex-journaliste d'investigation et blogueur, M. Zid avait lui déjà été condamné à deux ans de prison pour offense envers l'ancien président tunisien, Béji Caïd Essebsi.

Le 25 juillet, le président Saied a invoqué la Constitution pour s'octroyer les pleins pouvoirs et suspendre le Parlement, dans une Tunisie paralysée par des mois de blocages politiques et meurtrie par un rebond catastrophique de l'épidémie de Covid-19. Il a également levé l'immunité parlementaire des députés.

Ces mesures ont été dénoncées comme un « coup d'Etat » par le mouvement Al Karama.

Vendredi, un député indépendant, Yassine Ayari, qui dénonçait aussi un « coup d'Etat militaire », a été arrêté en application d'une condamnation à deux mois de prison, prononcée fin 2018, pour avoir critiqué l'armée, selon la justice militaire tunisienne.

Cette arrestation a suscité l'inquiétude d'ONG. Human Rights Watch y a notamment vu une confirmation des « craintes selon lesquelles le président Saied risque d'utiliser ses pouvoirs extraordinaires contre ses opposants. »

Face aux inquiétudes de la communauté internationale de voir la Tunisie, berceau des printemps arabes, régresser vers l'autoritarisme, le président Saied a assuré vendredi « détester la dictature ». Il n'y a « pas de peur » à avoir concernant les libertés et les droits en Tunisie, a-t-il affirmé.

Selon lui, les arrestations ne concernent que des personnes déjà poursuivies par la justice.

Samedi, les Etats-Unis ont exhorté la Tunisie à rapidement reprendre « la voie de la démocratie ».

Spécial
Tunisie: retour sur une semaine agitée
Par Arab News en français avec agences -
En pleine crise, le parti tunisien Ennahda reporte sa réunion
Par Reuters -

Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Short Url
  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Short Url
  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Short Url
  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.