En Afghanistan, une femme enrôle des miliciens contre les talibans

Mazari (au centre), une femme gouverneur de district dans un Afghanistan dominé par les hommes, est en mission : recruter des hommes pour combattre les talibans. (Farshad Usian /AFP)
Mazari (au centre), une femme gouverneur de district dans un Afghanistan dominé par les hommes, est en mission : recruter des hommes pour combattre les talibans. (Farshad Usian /AFP)
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Publié le Vendredi 06 août 2021

En Afghanistan, une femme enrôle des miliciens contre les talibans

  • Dans ce pays très patriarcal et conservateur, Mme Mazari, l'une des rares femmes gouverneures de district, est en mission pour recruter des gens prêts à combattre les talibans
  • Les talibans se sont emparés ces trois derniers mois de vastes territoires ruraux lors d'une offensive lancée à la faveur du retrait des forces internationales

CHARKINT, Afghanistan : Salima Mazari est assise nonchalamment sur le siège avant du pick-up qui roule à travers un district du nord de l'Afghanistan et diffuse une chanson populaire depuis le haut-parleur placé sur son toit.

Dans ce pays très patriarcal et conservateur, Mme Mazari, l'une des rares femmes gouverneures de district, est en mission pour recruter des gens prêts à combattre les talibans.

"Ma patrie (...), je te sacrifie ma vie", déclame la chanson. Par les temps qui courent, la gouverneure ne demande pas autre chose à ses administrés.

Les talibans se sont emparés ces trois derniers mois de vastes territoires ruraux lors d'une offensive lancée à la faveur du retrait, quasiment achevé, des forces internationales, présentes depuis 20 ans en Afghanistan.

Dans beaucoup d'endroits, au mode de vie traditionnel, l'arrivée des talibans, avec leurs vues fondamentalistes, n'a pas changé la façon de vivre des gens. Mais à Charkint, un district montagneux et isolé, à environ 75 km au sud-est de Mazar-i-Sharif, la grande ville du Nord, l'enjeu est plus fort.

A 39 ans, la première femme gouverneure de la région avait une bataille à mener avant même que le conflit ne gagne son district.

"Socialement, les gens n'étaient pas prêts à accepter une femme dirigeante", confie à l'AFP Mme Mazari, la tête recouverte d'un châle décoré de motifs en forme de papillons et les yeux cachés derrière de larges lunettes de soleil.

Elle est aussi membre de la communauté hazara, principalement chiite, de longue date persécutée par les extrémistes sunnites dans ce pays déchiré par les divisions ethniques et religieuses.

- 'Aucune reconnaissance' -

Les Hazaras ont souvent été la cible d'attaques menées par les talibans et le groupe État islamique, qui les considèrent comme des hérétiques, la dernière fois en mai à Kaboul où plus de 80 personnes, en majorité des lycéennes, ont été tuées dans un attentat à la bombe visant une école.

La moitié du district de Charkint est déjà sous le contrôle des talibans. Mme Mazari passe donc le plus clair de son temps à essayer de recruter des combattants pour défendre les zones qui ne sont pas encore tombées aux mains des insurgés.

Des centaines d'habitants - agriculteurs, bergers, ouvriers - ont rallié sa cause, souvent en acceptant de tout perdre au passage.

"Nos gens n'avaient pas d'armes, mais ils ont vendu leurs vaches, leurs moutons et même leurs terres pour en acheter", explique-t-elle. "Ils sont sur la ligne de front jour et nuit, sans recevoir aucun salaire ni aucune reconnaissance."

A en croire le chef de la police du district, Sayed Nazir, la seule raison pour laquelle les talibans ne se sont pas encore emparés du district tient à cette milice populaire.

"Notre réussite est due au soutien des gens", dit-il, boîtant après avoir récemment été blessé à une jambe lors de combats contre les talibans.

Mme Mazari a jusqu'à présent réussi à recruter environ 600 combattants, qui viennent compléter les forces de sécurité conventionnelles du district.

- Très mauvais souvenirs -

Sayed Munawar, un paysan de 53 ans, est de ceux-là. "Nous étions des artisans et des travailleurs avant qu'ils n'attaquent nos villages", raconte-t-il à un avant-poste tenu par des policiers et volontaires.

"Ils ont pris un village proche et volé des tapis et des biens (...) Nous avons été forcés d'acheter des armes et des munitions", ajoute-t-il.

Faiz Mohammad, 21 ans, a fait une pause dans ses études en Sciences politiques pour prendre les armes contre les talibans. Jusqu'à il y a encore trois mois, il n'avait jamais vu le feu. Mais il a depuis livré trois batailles.

"Le combat le plus violent a eu lieu il y a trois nuits, quand nous avons dû repousser sept assauts", détaille-t-il, encore vêtu en civil et écoutant une mélancolique musique hazara sur un téléphone portable chinois bon marché.

A Charkint, les villageois ont encore de très mauvais souvenirs de ce qu'était la vie sous les talibans, quand ceux-ci étaient au pouvoir entre 1996 et 2001 et imposaient leur version ultra-rigoriste de la loi islamique.

Mme Mazari sait fort bien que s'ils reviennent au pouvoir, ils ne toléreront jamais une femme à son poste.

Sous le régime taliban, les femmes avaient interdiction de sortir sans un chaperon masculin et de travailler, et les filles d'aller à l'école. Les femmes accusées de crimes comme l'adultère étaient fouettées et lapidées à mort.

"Les femmes seront interdites de toute opportunité en matière d'éducation et nos jeunes seront privés de travail", prédit-elle, tout en préparant dans son bureau avec ses chefs de milice la prochaine bataille à venir.


Visite du président libanais à Washington: le Hezbollah dénonce une «soumission» à un pouvoir étranger

Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère". (AFP)
Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère". (AFP)
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  • Les violences ont baissé d'intensité depuis la signature en juin d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, en parallèle de négociations entamées en avril entre le Liban et Israël dans une tentative de dissocier le dossier libanais
  • Malgré l'accalmie dans les combats, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes et opérations dans et près des zones qu'elle continue d'occuper dans le sud

BEYROUTH: Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère".

Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase.

Cet accord conclu en juin prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe une partie du sud du pays désignée comme "zone de sécurité" - sous réserve du désarmement du Hezbollah pro-iranien.

La formation pro-iranienne, qui s'oppose à l'accord, a déploré dans un communiqué que la visite de M. Aoun n'avait "débouché sur aucun engagement américain" sur un retrait de l'armée israélienne du sud du Liban, ni n'avait mis fin aux tirs israéliens, ni permis un retour sûr des déplacés dans cette région.

"Dans la série ininterrompue des concessions" du pouvoir, cette visite a révélé "l’ampleur de la dépendance et de la soumission à une tutelle étrangère", a ajouté le Hezbollah.

Pendant l'entrevue, Joseph Aoun a insisté sur la nécessité d'un "retrait total" israélien pour avancer dans la mise en oeuvre de l'accord.

Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran, a réitéré son refus des négociations directes entre Israël et le Liban.

L'armée libanaise a entamé mardi son déploiement dans le village de Zawtar al-Gharbiya dont l'armée israélienne contrôlait les abords.

Le chef de l'armée, Rodolphe Haykal, s'est rendu jeudi sur place où il "a passé en revue les mesures prises" afin de " garantir le retour en sécurité des habitants", selon un communiqué de l'armée.

Un photographe de l'AFP a vu des équipes de secours entrer dans cette localité, qui reste interdite d'accès aux habitants.

Elles ont récupéré trois corps, et poursuivent des opérations de recherche, a rapporté l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

Les violences ont baissé d'intensité depuis la signature en juin d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, en parallèle de négociations entamées en avril entre le Liban et Israël dans une tentative de dissocier le dossier libanais de la guerre régionale.

Malgré l'accalmie dans les combats, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes et opérations dans et près des zones qu'elle continue d'occuper dans le sud.

L'ANI a rapporté une "forte explosion" dans la localité frontalière d'al-Tiri, l'attribuant à l'armée israélienne. Des tirs israéliens dans une autre localité du sud ont blessé un travailleur syrien, a ajouté l'agence.

Des secouristes affiliés au Hezbollah ont rapporté qu'une frappe israélienne près de Nabatiyé al-Fawqa avait visé une ambulance qui se rendait sur le site d'une précédente frappe, et blessé deux secouristes.


L'Iran menace de rétorsion tout pays «participant, coopérant ou aidant» les Etats-Unis dans leurs attaques 

Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré vendredi, après une nouvelle nuit de bombardements américains, que tout pays "participant, coopérant ou aidant" les Etats-Unis serait tenu pour responsable par Téhéran. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré vendredi, après une nouvelle nuit de bombardements américains, que tout pays "participant, coopérant ou aidant" les Etats-Unis serait tenu pour responsable par Téhéran. (AFP)
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  • "Toute participation, coopération ou assistance à la commission d'une agression contre l'Iran engagera la responsabilité internationale des parties concernées"
  • L'Iran "se réserve le droit de prendre toutes les mesures nécessaires dans le cadre de la légitime défense"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré vendredi, après une nouvelle nuit de bombardements américains, que tout pays "participant, coopérant ou aidant" les Etats-Unis serait tenu pour responsable par Téhéran.

"Toute participation, coopération ou assistance à la commission d'une agression contre l'Iran engagera la responsabilité internationale des parties concernées", a déclaré Abbas Araghchi, ajoutant que l'Iran "se réservait le droit de prendre toutes les mesures nécessaires dans le cadre de la légitime défense", lors d'un discours au Kirghizistan à l'occasion d'une réunion de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

 

 


Nouvelles frappes américaines en Iran, sirènes d'alerte au Bahreïn 

Les Etats-Unis ont lancé vendredi une nouvelle série de frappes en Iran, tandis que les alliés houthis ont ouvert un autre front dans le conflit, revendiquant des attaques en mer Rouge qui font grimper le prix du baril de pétrole au-dessus des 100 dollars. (AFP)
Les Etats-Unis ont lancé vendredi une nouvelle série de frappes en Iran, tandis que les alliés houthis ont ouvert un autre front dans le conflit, revendiquant des attaques en mer Rouge qui font grimper le prix du baril de pétrole au-dessus des 100 dollars. (AFP)
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  • Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'armée américaine a annoncé avoir achevé une nouvelle série de frappes contre des cibles militaires en Iran, faisant état de la "13e nuit consécutive" de bombardements
  • Des médias d'Etat iraniens ont quant à eux rapporté des explosions dans le sud du pays et sur l'île de Qeshm, près du détroit d'Ormuz

TEHERAN: Les Etats-Unis ont lancé vendredi une nouvelle série de frappes en Iran, tandis que les alliés houthis ont ouvert un autre front dans le conflit, revendiquant des attaques en mer Rouge qui font grimper le prix du baril de pétrole au-dessus des 100 dollars.

Les affrontements entre Téhéran et Washington, qui ont repris le 7 juillet, font craindre un blocage durable des exportations d'hydrocarbures puisque le stratégique détroit d'Ormuz est verrouillé par l'Iran et que les Houthis yéménites ont annoncé un blocus des navires d'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.

Après avoir flambé jeudi, les cours refluaient légèrement vendredi en début d'échanges asiatiques, le Brent se maintenant autour du niveau de 100 dollars atteint la veille pour la première fois depuis mai, loin de l'accalmie qui avait suivi la signature d'un protocole d'accord irano-américain mi-juin.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'armée américaine a annoncé avoir achevé une nouvelle série de frappes contre des cibles militaires en Iran, faisant état de la "13e nuit consécutive" de bombardements.

Des médias d'Etat iraniens ont quant à eux rapporté des explosions dans le sud du pays et sur l'île de Qeshm, près du détroit d'Ormuz.

Face aux menaces sur la navigation dans la région, Donald Trump a affirmé jeudi soir que les fonds iraniens gelés aux Etats-Unis serviraient désormais à rembourser les dégâts sur les navires touchés dans le Golfe.

"A partir de maintenant, tous les dommages causés aux navires, à la cargaison ou à tout autre élément s'y rapportant, seront payés par l'argent iranien que les Etats-Unis ont en leur possession et contrôlent", a déclaré le président américain sur sa plateforme Truth Social, sans fournir davantage de détails sur le mécanisme envisagé.

Une menace qualifiée quelques heures plus tard de "précédent incendiaire" par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dans une publication sur X.