Les militants tunisiens décidés à ne pas relâcher la pression sur le président

Fatma Jegham est une militante politique et professeure d’art âgée de 48 ans. Elle accorde un entretien à Reuters dans la capitale tunisienne. (Photo, Reuters)
Fatma Jegham est une militante politique et professeure d’art âgée de 48 ans. Elle accorde un entretien à Reuters dans la capitale tunisienne. (Photo, Reuters)
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Publié le Vendredi 06 août 2021

Les militants tunisiens décidés à ne pas relâcher la pression sur le président

  • «Nous devrions organiser un référendum sur la Constitution. Les demandes du peuple ne doivent en aucun cas être rejetées… ni par le président ni par quiconque», affirme la militante politique Fatma Jegham
  • Emna Sahli, une autre militante, affirme que le rôle des femmes dans les manifestations a radicalement changé ces dernières années

TUNIS: Assise sur sa terrasse à Tunis, la militante politique Fatma Jegham affirme qu’elle soutient, avec ses compagnons de lutte, la décision du président tunisien de s’octroyer le pouvoir exécutif. Cependant, elle explique vouloir continuer à faire pression sur lui s’il ne répond pas aux exigences des militants. 

«Nous devrions organiser un référendum sur la Constitution. Les demandes du peuple ne doivent en aucun cas être rejetées… ni par le président ni par quiconque», affirme Jegham, une professeure d’art âgée de 48 ans. 

Jegham fait partie des organisateurs des manifestations qui ont eu lieu à travers le pays le 25 juillet, et à la suite desquelles le président Kaïs Saïed a limogé le Premier ministre et gelé les activités du Parlement. Ses opposants ont qualifié cette démarche de coup d’État. 

Les actions de Saïed se sont révélées populaires, pour la plupart. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues immédiatement pour fêter cette décision. M. Saïed n’a cependant pas donné plus de détails sur la manière dont il gérerait la crise en Tunisie, ni sur l’avenir du pays.

Les manifestations sont le fruit d’une colère qui s’intensifie depuis des années en raison de la stagnation économique et du dysfonctionnement politique, tous deux accentués par la pandémie de Covid-19.  

Bien que les manifestations ne soient pas particulièrement importantes, et qu’elles aient rassemblé – malgré la chaleur étouffante – des centaines plutôt que des milliers de personnes dans chacune des villes où elles se sont déroulées, plusieurs attaques contre les bureaux d’un parti politique important ont été menées.

Le parti islamiste modéré Ennahdha connaît un véritable succès depuis la révolution de 2011, qui a permis d’instaurer la démocratie dans le pays. Il a joué un rôle important dans les gouvernements de coalition successifs, et est actuellement pointé du doigt par de nombreux Tunisiens, qui le jugent responsable de leurs problèmes économiques.

«Le peuple exige que tout ce système défaillant soit renversé, y compris le Parlement dirigé par la mafia du parti Ennahdha et ses coalitions», déclare Jegham.

Certains responsables du parti Ennahdha se demandent si les attaques menées contre leurs bureaux ont été planifiées par les partisans de M. Saïed pour justifier son intervention soudaine.

Jegham rejette cette hypothèse. «Les manifestants étaient très en colère et marginalisés. Il ne s’agit pas d’attaques planifiées, mais spontanées», assure-t-elle. Ce jour-là, les manifestations n’étaient pas soutenues par les partis politiques, mais organisées par des militants comme Jegham sur les réseaux sociaux, précise-t-elle.

Les femmes comme Jegham ont joué un rôle clé tout au long du soulèvement, confirmant la réputation de la Tunisie de chef de file en matière de droits des femmes dans les pays arabes.

Emna Sahli, une autre militante, affirme que le rôle des femmes dans les manifestations a radicalement changé. Elles ne sont plus dirigées par des hommes, soutient-elle. «Aujourd’hui, ce sont les femmes qui portent les idées. C’est vraiment remarquable», ajoute la jeune femme de 35 ans, qui a également pris part aux manifestations du 25 juillet.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.