Climat: le rapport de l'ONU impose une gestion équilibrée des réserves d'eau au Moyen-Orient

Des gens observent le barrage de Doukan dans la région autonome du nord de l'Irak du Kurdistan, à 65 km au nord-ouest de Souleimaniyah, qui a été construit en 1955 et a atteint son niveau d'eau le plus élevé à la suite de fortes pluies dans la région, le 2 avril 2019. (Photo, AFP)
Des gens observent le barrage de Doukan dans la région autonome du nord de l'Irak du Kurdistan, à 65 km au nord-ouest de Souleimaniyah, qui a été construit en 1955 et a atteint son niveau d'eau le plus élevé à la suite de fortes pluies dans la région, le 2 avril 2019. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 11 août 2021

Climat: le rapport de l'ONU impose une gestion équilibrée des réserves d'eau au Moyen-Orient

  • Une mauvaise gestion des eaux souterraines pourrait entraîner des conséquences environnementales et politiques catastrophiques pour la région MENA
  • Un contributeur au rapport du GIEC affirme que la gestion de l'eau doit être un vecteur de coopération et non un déclencheur de conflit

NEW YORK : Une étude historique de l'ONU sur le climat a lancé un avertissement sévère concernant les changements irréversibles imminents de l'environnement naturel et les conséquences catastrophiques pour l'humanité que l’absence d'action pourrait entraîner.

Dans son rapport, publié lundi, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) de l'ONU a déclaré : «Le changement climatique est généralisé, il s’accélère et s'intensifie, et certaines tendances sont désormais irréversibles».

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Des clôtures sont dressées pour contenir l'eau dans une rue inondée de la ville d'Ahvaz, la capitale de la province iranienne du Khouzestan, le 10 avril 2019. (Photo, AFP/Archives)

Parmi les changements imminents figurent le réchauffement bien documenté de l'atmosphère, l'élévation du niveau de la mer, des conditions météorologiques sévères et imprévisibles et des dommages catastrophiques à la vie naturelle sur terre et dans la mer.

Mais un effet moins reconnu du changement climatique, mais qui pourrait être tout aussi vital, est le déclin rapide de la disponibilité d'eau douce et potable à travers les réserves d'eau souterraine et qui reste pour les pays chauds et arides du Moyen-Orient, la menace la plus grave.

«Le changement climatique intensifie la production naturelle d'eau, le cycle de l'eau. Ceci entraîne des précipitations plus intenses et des inondations associées, ainsi qu'une sécheresse plus sévère dans de nombreuses régions», ajoute le rapport de l'ONU.

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Une femme marche avec ses enfants le long de la rivière Karoun qui a débordé à Ahvaz, la capitale de la province du Khouzestan, dans le sud-ouest de l'Iran, le 11 avril 2019. (Photo, AFP/Archives)

Au Moyen-Orient, la mauvaise gestion des eaux souterraines, en particulier en Syrie, en Irak, en Turquie et en Iran, pourrait entraîner des conséquences environnementales et politiques catastrophiques.

L'eau souterraine est le terme utilisé pour les réservoirs massifs, appelés aquifères, d'eau douce disponible sous la surface de la terre, et qui se sont formés naturellement au cours de millions d'années. Semblables aux réservoirs forés pour l'extraction de pétrole, ils sont limités et diminuent rapidement.

«L'augmentation de l’utilisation mondiale d'eau douce, principalement associée à l'expansion de l'agriculture irriguée dans les zones arides, a conduit à l'épuisement des eaux souterraines mondiales», révèle le rapport de l'ONU, ajoutant que l'extraction massive des eaux souterraines est si grave qu'elle contribue à l'élévation du niveau de la mer, et annonce toutes les complications associées qui l'accompagnaient.

Les conséquences de l'extraction des eaux souterraines sont plus immédiatement évidentes au niveau local que global.

La pénurie d'eau, en particulier au Moyen-Orient, n'est pas un problème nouveau. Des pays comme l'Arabie saoudite ont intensifié leurs efforts afin de produire de l'eau douce, par exemple grâce à des usines de dessalement qui éliminent le sel et d'autres matières nocives de l'eau de mer pour finalement la traiter et le rendre bon à boire et utile dans l'agriculture et la vie quotidienne.

Bien que le dessalement ne vienne pas sans ses propres défis, il a allégé la dépendance vis-à-vis des eaux souterraines et réduit la pression de la croissance économique et des besoins humains sur les systèmes d'eaux souterraines fragiles.

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Des mouettes cherchent de la nourriture près d'une décharge d'eaux usées à côté de tas de bouteilles en plastique emportés par l'eau sur le bord de mer à Ouzaï, au sud de Beyrouth. (Photo, AFP/Archives)

Cependant, Jay Famiglietti, directeur exécutif du Global Institute for Water Security et l'un des auteurs principaux de l’étude sur laquelle l'ONU s'est appuyée pour le rapport de lundi, a déclaré à Arab News qu'une telle gestion visionnaire de l'eau était au mieux rare - ou au pire inexistante - en Iran, en Irak, en Syrie et en Turquie.

«Environ un tiers de la population mondiale dépend des eaux souterraines comme principale source d'eau», dit-il, ajoutant que l'utilisation des eaux souterraines «dépend de vos ressources». Là où il y a moins de pluie et d'eau de surface disponible, comme les rivières et les lacs, les pays sont plus susceptibles de la pomper à partir de nappes profondes, quelque fois trop profondes pour être alimentées de nouveau avec de l'eau de pluie.

«Les régions qui ont accès à l'eau souterraine y ont recours. Elles devraient équilibrer leur utilisation des eaux de surface avec les eaux souterraines, mais en fait, elles extraient l'eau du sol comme si c'est de l'argent gratuit, littéralement. Mais c'est la norme», a expliqué Famiglietti.

Il constate qu'une énorme quantité d'eau souterraine est utilisée pour l'agriculture, indique que cela ne devrait pas être condamné. «Nous avons besoin de manger de la nourriture».

La seule solution au problème de la gestion de l'approvisionnement en diminution rapide des réserves d'eau souterraine avec le besoin de croissance alimentaire et économique, passe par la coopération internationale, a-t-il ajouté.

En Iran, en Irak, en Syrie et en Turquie, cela est absolument essentiel à cause de leur forte dépendance à l'égard des eaux souterraines en raison de la pénurie d'eau de surface.

«Ces aquifères qui manquent d'eau sont si grands à présent qu'ils traversent les frontières politiques, internationales ou intra nationales», indique Famiglietti, ajoutant que la question présente un défi politique ainsi qu'une opportunité de coopération progressive.

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Un Irakien passe devant un canoë posé sur de la terre sèche et craquelée dans les marais de Chibayish, près de la ville de Nasiriyah, dans le sud de l'Irak. Les zones marécageuses du sud de l'Irak sont touchées depuis que Daech a commencé à fermer les vannes d'un barrage sur l'Euphrate dans la ville centrale de Ramadi, qui est sous le contrôle du groupe extrémiste. (Photo, AFP/Archives)

«Imaginez rassembler un groupe du Liban, d'Israël, de l'Égypte et de la Syrie pour coopérer, ce serait vraiment, vraiment difficile. Mais c'est la seule voie à suivre. Nous devons remplacer ce qui a été un vecteur, un déclencheur de conflit, l'eau, pour un moyen de collaboration et de coopération. Le rapport de lundi le montre clairement», a-t-il souligné.

Les pièges politiques de l'échec de la réforme de la gestion de l'eau sont récemment devenus très clairs en Iran.

La province du Khouzistan, dans le sud-ouest du pays, a récemment été secouée par des semaines de violentes manifestations provoquées par un manque d'eau potable. Des groupes de défense des droits de l’homme confirment qu'au moins neuf personnes ont été tuées par les forces de sécurité lors des manifestations.

Un officier de police a également été tué, et les violences ont provoqué un rare aveu de culpabilité de la part du président de l'époque, Hassan Rohani.

Les gens étaient excédés par la mauvaise gestion de leur eau par les autorités, qui a poussé la province, la plus riche en eau d'Iran en termes de ressources naturelles, dans ce que l'on appelle désormais un état de «la crise de l'eau».

Ces manifestations qui ont commencé à cause des pénuries d'eau se sont rapidement transformées en slogans anti-régime à Téhéran, concrétisant le potentiel déstabilisateur de la mauvaise gestion de l'eau.

Ilan Berman, vice-président principal de l'American Foreign Policy Council, a déclaré : «En Iran en particulier, la crise de l'eau est une crise politique, car elle est intimement liée et aggravée par la négligence et la mauvaise gestion de longue date du régime. C’est une situation qui ne devrait pas changer dans un proche avenir, malheureusement».

Malgré les avertissements répétés de l'ONU sur la catastrophe climatique, ainsi que des Iraniens qui sont descendus dans la rue en juillet, prévient Berman, Téhéran ne semble pas avoir pris en compte la menace existentielle posée par la mauvaise gestion de l'eau.

«En fait, Téhéran semble se diriger dans la direction opposée, car nous assistons maintenant à une consolidation du statu quo clérical radical autour du nouveau président Ebrahim Raïssi», poursuit-il.

«Tout cela rend l'Iran peu susceptible de s'orienter vers une coopération régionale du type de celle envisagée par le rapport de l'ONU, ou d'investir dans des technologies, comme le dessalement, qui ont aidé d'autres pays de la région, comme l'Arabie saoudite, à surmonter leurs problèmes hydriques».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.


Guerre Israël-Hezbollah: JD Vance discute avec le président libanais d'une cellule de prévention

Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
  • L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin"
  • De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a reçu un appel du vice-président américain JD Vance portant notamment sur la création d'une cellule préventive visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, a indiqué son bureau lundi.

Au terme d'une première séance de négociations en Suisse, Washington et Téhéran se sont entendus sur la mise en place d'une "cellule de gestion des conflits", selon les médiateurs pakistanais et qatari.

M. Aoun a reçu à ce sujet "un appel téléphonique du vice‑président américain JD Vance, du principal conseiller du président américain Jared Kushner et du Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani", a précisé la présidence libanaise.

L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin", selon la même source.

Cette cellule constituera "le premier test réel", a commenté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur".

"Nous pensons (...) que nous pouvons parvenir à une situation dans laquelle la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban est protégée, comme la sécurité d'Israël", a ajouté le vice-président américain à l'issue des pourparlers en Suisse.

"Cela va nécessiter une certaine coordination avec les forces armées libanaises, et aussi que les Iraniens maîtrisent le Hezbollah", a-t-il avancé.

Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah ont eu lieu vendredi et samedi au Liban, faisant vaciller le protocole d'accord irano-américain qui prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts.

"Nous négocions pour nous-mêmes" 

Le Liban connaît désormais une accalmie, confirmée lundi par le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Dimanche "a été le premier jour depuis la reprise des hostilités le 2 mars au Liban" où les Casques Bleus "n'ont pas détecté des tirs ou des interceptions", a affirmé Stéphane Dujarric, selon qui ce calme "s'est poursuivi ce (lundi) matin".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a toutefois prévenu lundi que les soldats déployés dans le sud du Liban "disposent d'une liberté d'action totale pour neutraliser toute menace directe ou potentielle à leur encontre ou à l'encontre des habitants du nord" d'Israël.

"L'armée israélienne ne fait l'objet d'aucune restriction sur cette question", a ajouté M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

L'entente pour créer une cellule de crise, qui n'inclut pas Israël, intervient à la veille de nouvelles discussions directes à Washington entre le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Il s'agira de la cinquième session depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars.

Le mouvement chiite a attaqué Israël pour venger la mort le 28 février du guide suprême iranien Ali Khamenei, dans l'offensive américano-israélienne. Les frappes israéliennes de représailles ont fait plus de 4.000 morts.

Une trêve, théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, n'a jamais été respectée.

"Nous négocions pour nous-mêmes, et n'acceptons pas qu'une autre partie négocie pour nous", a insisté Joseph Aoun lundi.

"Nous accueillons toute aide venant de tout pays pour mettre fin à la guerre (...) mais il y a une grande différence entre oeuvrer à nous aider et s'ingérer dans nos affaires internes", a-t-il rappelé, dans une allusion à l'Iran, qui a longtemps exercé une forte influence au Liban à travers le Hezbollah.

Beyrouth, qui s'est employé au cours des derniers mois à dissocier les dossiers libanais et iranien, pousse en faveur de la réussite des pourparlers de Washington, auxquels s'oppose le Hezbollah, afin de mettre fin à la guerre et de déterminer l'avenir des relations entre les deux pays.