Evacuations de Kaboul: l'inévitable parallèle avec Saïgon

La photo qui a immortalisé aux Etats-Unis la défaite américaine au Vietnam, qui montre des réfugiés embarquant à bord d'un hélicoptère sur le toit d'un immeuble, fleurissait sur les réseaux sociaux après l'annonce du Pentagone, qui a remobilisé jusqu'à 8000 soldats pour sécuriser l'évacuation de civils de la capitale afghane. (Photo fournie)
La photo qui a immortalisé aux Etats-Unis la défaite américaine au Vietnam, qui montre des réfugiés embarquant à bord d'un hélicoptère sur le toit d'un immeuble, fleurissait sur les réseaux sociaux après l'annonce du Pentagone, qui a remobilisé jusqu'à 8000 soldats pour sécuriser l'évacuation de civils de la capitale afghane. (Photo fournie)
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Publié le Vendredi 13 août 2021

Evacuations de Kaboul: l'inévitable parallèle avec Saïgon

  • L'envoi de milliers de soldats américains en Afghanistan a ravivé aux Etats-Unis le douloureux souvenir de la chute de la capitale du Sud Vietnam
  • « Les décisions du président Biden nous précipitent vers une suite encore pire que la chute humiliante de Saïgon en 1975 », a déclaré Mitch McConnell

WASHINGTON : L'envoi de milliers de soldats américains en Afghanistan pour évacuer des civils de Kaboul, la capitale menacée par les victoires éclair des talibans, a ravivé jeudi aux Etats-Unis le douloureux souvenir de la chute de Saïgon.

La photo qui a immortalisé aux Etats-Unis la défaite américaine au Vietnam, qui montre des réfugiés embarquant à bord d'un hélicoptère sur le toit d'un immeuble, fleurissait sur les réseaux sociaux après l'annonce du Pentagone, qui a remobilisé jusqu'à 8.000 soldats pour sécuriser l'évacuation de civils de la capitale afghane.

Le chef des républicains au Sénat américain Mitch McConnell a éreinté l'administration démocrate de Joe Biden pour ces décisions.

"L’Afghanistan fonce vers un immense désastre, prévisible et qui aurait pu être évité. Et les tentatives surréalistes de l'administration pour défendre la politique dangereuse du président Biden sont franchement humiliantes", a tonné le vétéran du Sénat dans un communiqué.

"Les décisions du président Biden nous précipitent vers une suite encore pire que la chute humiliante de Saïgon en 1975", a-t-il ajouté.

Pourtant, depuis l'annonce à la mi-avril d'un retrait total des forces étrangères d'Afghanistan d'ici au 11 septembre, l'administration de M. Biden a tout fait pour éviter le parallèle avec le Vietnam.

Récemment, le président américain affirmait qu'il y avait "zéro" comparaison possible entre le départ d'Afghanistan et la fin piteuse de la guerre au Vietnam. "Il n'y aura personne qu'il faudra évacuer par les airs du toit d'une ambassade américaine en Afghanistan. Ce n'est pas du tout comparable", assurait-il.

"Je peux avoir tort, on ne peut pas prédire l'avenir, mais je ne vois pas Saïgon 1975 en Afghanistan", renchérissait deux jours plus tard le chef d'état-major américain, le général Mark Milley. "Les talibans ne sont pas l'armée nord-vietnamienne", ajoutait-il avec dédain.

Pressé de questions jeudi sur la nouvelle mission des militaires américains à Kaboul, le porte-parole du Pentagone John Kirby a refusé de la qualifier d'"opération d'évacuation de non-combattants", dite NOE dans le jargon militaire américain. Il a aussi indiqué que cette opération n'avait pas de nom et évité de parler d'évacuations.

La mission "NOE" la plus célèbre est l'opération "Frequent Wind", au cours de laquelle plus de 7.000 civils vietnamiens ont été évacués de Saïgon les 29 et 30 avril 1975 par hélicoptère.

Questionné sur l'image qu'allait donner le départ de diplomates américains sous protection militaire et l'inévitable comparaison avec la chute de Saïgon, M. Kirby a tenté de souligné les différences avec le Vietnam de 1975.

"Nous ne laissons pas tomber les forces afghanes. Nous n'éliminons pas complètement notre présence diplomatique sur le terrain"", a-t-il répondu. "Personne n'abandonne l'Afghanistan", a-t-il ajouté. "Ce n'est pas les laisser tomber, c'est faire ce qu'il faut quand il faut pour protéger les nôtres".


Le pétrole monte fasse à l'impasse diplomatique entre Washington et Téhéran

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
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  • "Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous"
  • "L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown

LONDRES: Les cours du pétrole grimpent vendredi à l'approche d'un nouveau week-end sans perspective de retour à la normale des flux pétroliers transitant via le détroit d'Ormuz, deux mois et demi après le début de la guerre au Moyen-Orient.

Vers 09H10 GMT (11H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, gagnait 2,96% à 108,85 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, montait de 3,44% à 104,65 dollars.

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News.

"L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Si l'Iran a annoncé que ses forces navales avaient autorisé depuis mercredi le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, "pour l'instant, les flux de pétrole passant par le détroit restent limités et les stocks de pétrole continuent de diminuer", explique à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

"Il est raisonnable de supposer qu'entre 10 à 13 millions de barils d'or noir par jour sont bloqués dans le Golfe", rappelle Tamas Varga, analyste chez PVM. En cumulé depuis le début de la guerre "ce chiffre s'approche du milliard de barils" perdus pour le marché.

Cette semaine, l'Agence internationale de l'énergie a averti que le monde puise dans ses réserves de pétrole à une vitesse record.

"On ne peut que conclure (...) que les prix du pétrole devraient être nettement plus élevés", juge M. Varga.

Et si les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran n'avancent pas, "nous devrons peut‑être commencer à nous inquiéter d'une ré‑escalade, ce qui signifie un risque de dommages supplémentaires aux infrastructures énergétiques de la région", a souligné Warren Patterson, analyste chez ING dans une visioconférence dédiée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur le pétrole.

Selon lui, le marché du gaz, dont les prix ont un peu moins flambé que ceux du pétrole depuis le début du conflit, est particulièrement exposé car ce dernier "n'a pas vraiment le luxe de réserves stratégiques dans lesquelles on pourrait puiser", a précisé M. Patterson.

Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, prenait 3,03%, à 49,10 euros le mégawattheure.


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
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  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.