Parler aux talibans ou pas? L'Occident face à un choix épineux

Après deux décennies passées à tenter de vaincre les talibans, les puissances occidentales sont confrontées au choix difficile d'établir ou non des relations avec le groupe fondamentaliste qui gouverne désormais l'Afghanistan. (Photo, AFP)
Après deux décennies passées à tenter de vaincre les talibans, les puissances occidentales sont confrontées au choix difficile d'établir ou non des relations avec le groupe fondamentaliste qui gouverne désormais l'Afghanistan. (Photo, AFP)
Une réunion de la Commission européenne à Bruxelles: Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell l'a lui admis sans détour mardi: "les talibans ont gagné la guerre. Donc, nous devrons parler avec eux". (Photo, AFP)
Une réunion de la Commission européenne à Bruxelles: Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell l'a lui admis sans détour mardi: "les talibans ont gagné la guerre. Donc, nous devrons parler avec eux". (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 18 août 2021

Parler aux talibans ou pas? L'Occident face à un choix épineux

  • La Maison Blanche martèle qu'elle attendra de pouvoir juger sur les actes avant de décider de la nature de leurs futures relations diplomatiques
  • Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a lui admis sans détour : «les talibans ont gagné la guerre. Donc, nous devrons parler avec eux»

WASHINGTON : Après deux décennies passées à tenter de vaincre les talibans, les puissances occidentales sont confrontées au choix difficile d'établir ou non des relations avec le groupe fondamentaliste qui gouverne désormais l'Afghanistan.

Les insurgés semblent déjà recevoir un accueil international plus chaleureux que lors de leur premier régime brutal (1996-2001), la Russie, la Chine et la Turquie ayant salué leurs premières déclarations publiques.

Si les Américains négocient eux avec les talibans le "calendrier" des évacuations, la Maison Blanche martèle qu'elle attendra en revanche de pouvoir juger sur les actes, notamment sur le respect des droits humains, avant de décider de la nature de leurs futures relations diplomatiques.

"Il reviendra aux talibans de montrer au reste du monde qui ils sont", a souligné mardi le conseiller du président Joe Biden à la sécurité nationale, Jake Sullivan.

"Le bilan n'est pas bon, mais il est prématuré" de dire dès maintenant ce qu'il en sera à l'avenir.

Washington s'est néanmoins dit prêt à maintenir sa présence diplomatique à l'aéroport de Kaboul après la date limite de retrait militaire fixée au 31 août, à condition que la situation soit "sûre", a précisé le porte-parole du département d'Etat, Ned Price.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell l'a lui admis sans détour mardi: "les talibans ont gagné la guerre. Donc, nous devrons parler avec eux".

A l'opposé, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a pour sa part annoncé que son pays n'avait "pas l'intention de reconnaître un gouvernement taliban".

Au Royaume-Uni, qui a suivi la décision des Etats-Unis en retirant aussi ses troupes, le ministre des affaires étrangères Dominic Raab a admis que "normalement", Londres ne travaillerait pas avec les talibans.

Mais avec les négociations encore en cours au Qatar pour parvenir à un gouvernement plus représentatif de la société afghane, "nous voulons évaluer s'il y a une possibilité de modérer le type de régime que nous allons désormais voir en place".

"Ils sont maintenant au pouvoir et nous devons composer avec cette réalité", a déclaré à Sky News le chef de la diplomatie britannique, en reconnaissant toutefois que les chances étaient minces de voir s'installer un gouvernement inclusif.

Les puissances occidentales ont beaucoup moins de capacité d'influence maintenant que les talibans sont au pouvoir plutôt que sur le champ de bataille.

Les Etats-Unis exercent néanmoins encore une influence sans égale auprès des créanciers internationaux et peuvent imposer des sanctions drastiques ou conditionner les aides nécessaires pour reconstruire ce pays ravagé par la guerre.

Lisa Curtis, ex-conseillère de la Maison Blanche chargée de l'Asie centrale et du sud sous Donald Trump, estime que Washington devrait se servir d'une possible reconnaissance diplomatique des talibans pour faire pression et leur exiger une meilleure conduite.

"Puisque nous devons faire parvenir notre aide humanitaire là-bas, nous allons peut-être avoir affaire à eux à un certain niveau", reconnaît cette experte du groupe de réflexion Center for a New American Security.

"Mais en matière de reconnaissance diplomatique, celle-ci ne devrait pas être accordée sans rien en retour."

Cette fois, le Premier ministre britannique Boris Johnson a rapidement pris les devants pour empêcher le Pakistan, un soutien historique des talibans, de reconnaître un nouveau gouvernement, en disant à son homologue pakistanais Imran Khan qu'une telle reconnaissance devrait être accordée "sur une base internationale, pas unilatérale".

Quand il s'agit de liens diplomatiques, les Etats-Unis ne pardonnent pas rapidement.

Il leur avait fallu deux décennies après la chute de Saïgon pour établir des relations avec le Vietnam communiste. Et Washington avait attendu 54 ans avant de rouvrir une ambassade à Cuba.

Les Etats-Unis n'ont en revanche jamais rétabli de relations avec l'Iran après la Révolution islamique de 1979.

En acceptant en 2020 un accord de retrait conclu avec les talibans, le républicain Donald Trump, alors encore président, avait lui semblé pointer vers un possible point d'entente avec les insurgés, en soulignant leur combat contre le groupe Etat islamique:

"Ils vont tuer des gens très mauvais. Ils vont poursuivre ce combat."

 


Amazon fait construire au Texas une immense centrale à gaz pour ses centres de données

Le logo du géant américain de la vente en ligne Amazon sur la façade d’un centre de redistribution à Horn-Bad Meinberg, dans l’ouest de l’Allemagne, le 9 décembre 2024. (AFP)
Le logo du géant américain de la vente en ligne Amazon sur la façade d’un centre de redistribution à Horn-Bad Meinberg, dans l’ouest de l’Allemagne, le 9 décembre 2024. (AFP)
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  • Amazon construit au Texas une centrale à gaz de 7,65 GW dédiée à ses centres de données, avec une autorisation d’émettre plus de 30 millions de tonnes de GES par an
  • Le projet illustre l’explosion des besoins énergétiques liés à l’IA, tout en soulevant de fortes inquiétudes environnementales et sanitaires malgré les engagements climatiques d’Amazon

WASHINGTON: Amazon fait construire au Texas une immense centrale à gaz qui pourrait devenir la plus importante source d'émission de gaz à effet de serre des Etats-Unis, a confirmé vendredi le géant technologique américain.

Le projet, nommé GW Ranch, est destiné à alimenter en électricité d'immenses centres de données et ne sera pas connecté au réseau électrique, une solution de plus en plus utilisée par les géants de la tech pour satisfaire à la hâte l'énergie requise par le boom lié à l'IA.

Le projet prévoit 35 turbines pour une capacité totale de 7,65 gigawatts, selon des permis, plus de quatre fois la puissance du réacteur nucléaire EPR de Flamanville en France, et plus que n'importe quelle centrale à gaz actuellement en activité aux Etats-Unis.

La centrale a l'autorisation d'émettre plus de 30 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an, plus que n'importe quelle autre infrastructure dans le pays.

A l'aide d'images satellites, le cabinet spécialisé du secteur Cleanview a fait le lien entre ce projet de centrale et trois permis de centres de données déposés cette semaine par Amazon dans cette zone aride du Texas, près de la frontière mexicaine.

Un porte-parole du géant américain a confirmé l'information, en insistant: "Amazon tient à payer intégralement le coût réel de l'alimentation de nos opérations."

"C'est exactement ce que fait notre nouveau projet de centres de données dans le comté de Pecos: il sera alimenté par une centrale dédiée qui n'augmentera pas les prix de l'électricité pour les foyers texans", a-t-il ajouté, sur fond d'inquiétude politique sur une hausse des factures.

L'entreprise affirme qu'elle "explore les possibilités" d'ajouter de l'énergie solaire au site et qu'elle utilisera de l'eau non-potable pour éviter de siphonner le réseau local. Le géant américain affirme aussi maintenir son objectif de bilan carbone neutre d'ici à 2040.

La soif d'électricité des centres de données est telle que, depuis quelques années, de plus en plus d'infrastructures installent, directement près de leurs serveurs, des centrales dédiées et hors-réseau, comme d'immenses groupes électrogènes.

Si elles sont moins polluantes que les centrales à charbon, celles à gaz restent des sources importantes d'émissions responsables du réchauffement climatique, d'autant plus que la production de gaz naturel provoque des fuites de méthane, un gaz au très puissant effet de serre.

Ces centrales émettent aussi des gaz toxiques et des particules fines qui peuvent représenter des dangers pour la santé.


Foot: Hervé Renard nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire

Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
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  • Hervé Renard est nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire, un poste qu'il avait déjà occupé entre 2014 et 2015 avec une victoire à la CAN
  • Le Français succède à Emerse Faé, qui quitte ses fonctions malgré le sacre continental de 2024 et le meilleur parcours mondial de l'histoire du pays en 2026

PARIS: Le Français Hervé Renard a été nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire pour succéder à Emerse Faé, a annoncé mardi la fédération ivoirienne de football (FIF) sur ses réseaux sociaux.

Âgé de 57 ans, Renard, qui a brièvement dirigé la Tunisie lors du Mondial-2026 en étant arrivé en pleine compétition, avait déjà occupé ce poste entre 2014 et 2015, avec à la clé une Coupe d'Afrique des nations en 2015.

Renard, dont l'arrivée avait été annoncée dès mardi par le journal le Parisien, prend la suite de Faé, non reconduit par la FIF malgré une Coupe d'Afrique des nations remportée en 2024 et une qualification en 16e de finale lors du Mondial 2026, une première dans l'histoire du pays.

Renard, qui a dirigé au cours de sa carrière de nombreuses sélections, avait pris la tête de la Tunisie à la suite du lourd revers contre la Suède (5-1) lors du premier match des Aigles de Carthage au Mondial, une déroute qui avait coûté sa place à Sabri Lamouchi.

Il a officié à deux reprises, avec deux défaites à la clé, contre le Japon (4-0) et les Pays-Bas (3-1).

Libre de tout contrat après ce court intérim, Hervé Renard retrouve onze ans plus tard le banc de la Côte d'Ivoire où il jouit d'une très grande popularité, gagnée grâce au sacre de la CAN-2015 avec la génération de Yaya Touré, après près de 25 ans de disette.

Déjà vainqueur de la CAN trois ans plus tôt avec la Zambie, le technicien s'est bâti une réputation solide sur le continent africain où il a multiplié les expériences à la tête d'équipes nationales (Ghana, Angola, Maroc...).

Il a toutefois connu ces dernières années des expériences plus mitigées notamment à la tête de la sélection saoudienne, dont il a été limogé en avril malgré une qualification au Mondial-2026, ou sur le banc de l'équipe de France féminine, avec laquelle il a atteint les quarts des JO-2024 à Paris.

M. Renard est attendu à Abidjan dans les prochains jours afin de prendre officiellement ses fonctions, a précisé la fédération ivoirienne.


Trump dit que soit le détroit d'Ormuz "ouvrira très bientôt", soit l'Iran sera frappé "très fort"

Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
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  • Donald Trump affirme qu'un accord avec l'Iran sur la réouverture du détroit d'Ormuz est proche, tout en menaçant Téhéran de représailles en cas d'échec
  • Un accord temporaire de 60 jours serait à l'étude pour encadrer la navigation dans le détroit, alors que les incidents sécuritaires se poursuivent

Rancho Palos Verdes, États-Unis:  Donald Trump a déclaré mardi que le détroit d'Ormuz ouvrirait "très bientôt, ou alors (les Iraniens) seront frappés très fort", dans un entretien accordé à la chaîne Fox News.

"Nous avons de très bonnes discussions", a encore dit le président américain, en déplacement en Californie (ouest), assurant que l'Iran voulait passer un accord.

"J'ai le temps", a aussi déclaré le dirigeant républicain à propos de ce conflit qui dure depuis plus de cinq mois.

Selon le site Axios, qui cite des "sources régionales", un accord temporaire de 60 jours est en discussion pour organiser le passage dans le détroit entre l'Iran et le sultanat d'Oman.

Cet accord préliminaire, qui pourrait être annoncé dès mercredi, prévoit selon Axios que tout transport maritime entrant via le détroit emprunterait une voie nord dans les eaux iraniennes, et tout navire sortant suivrait une trajectoire méridionale dans les eaux contrôlées par Oman, le tout sans péage ou droit de passage.

Pendant cette période de soixante jours, et dans l'attente d'un accord définitif, la voie médiane du détroit serait déminée, toujours selon Axios, qui prévient que ce compromis n'est pas encore scellé.

"Il y a une chance que nous parvenions aujourd'hui ou demain à un accord visant à rouvrir le détroit et à aller vers une normalisation", a déclaré mardi le ministre des Finances américain Scott Bessent dans un entretien à la chaîne CNBC.

Les tensions dans le détroit, devenu un enjeu de premier plan dans la guerre au Moyen-Orient, restent vives. Mardi, l'agence maritime britannique UKMTO a indiqué qu'un navire y avait été touché par un "projectile inconnu".