USA: la réduction des allocations chômage entraîne pertes de revenus et baisse des dépenses

Dans les Etats où les prestations ont pris fin par anticipation, près de 25% des personnes interrogées ayant bénéficié des aides supplémentaires, avaient désormais un emploi à la fin juillet, contre environ 22% (21,5%) dans les États ayant poursuivi les programmes d'aide. (Photo, AFP)
Dans les Etats où les prestations ont pris fin par anticipation, près de 25% des personnes interrogées ayant bénéficié des aides supplémentaires, avaient désormais un emploi à la fin juillet, contre environ 22% (21,5%) dans les États ayant poursuivi les programmes d'aide. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 21 août 2021

USA: la réduction des allocations chômage entraîne pertes de revenus et baisse des dépenses

  • Le plan de sauvetage américain de 1 900 milliards de dollars de Joe Biden, adopté en mars dernier, a alloué 350 milliards de dollars aux États et gouvernements locaux
  • Jeudi, l'administration Biden a déclaré que les États pourraient utiliser cet argent pour maintenir les hausses d'allocation au-delà du 6 septembre

WASHINGTON : Les Etats américains ayant mis fin aux programmes d'allocations chômage déployés pendant la pandémie ont certes enregistré des baisses de leur taux de chômage mais ont également vu les revenus et les dépenses chuter, selon une étude publiée vendredi, qui pourrait préfigurer l'impact à l'échelle nationale de la fin de ces prestations sociales.

Actées pour la première fois dans la loi "CARES" (soins) signée par l'ancien président Donald Trump en mars 2020 quand le pays a plongé dans la récession à cause de la pandémie de Covid, ces aides ont été prolongées à plusieurs reprises.

Exceptionnellement généreuses dans un pays ne disposant pas de filet de sécurité sociale, elles ont augmenté sensiblement le montant des allocations de chômage hebdomadaires existantes et les ont étendues aux travailleurs indépendants et aux chômeurs de longue durée.

Mais, ces derniers mois, elles sont au cœur de controverses entre démocrates et républicains, les premiers estimant qu'elles restent vitales pour les familles en difficulté quand les seconds y voient un encouragement à ne pas travailler.

Au total, 26 États ont annoncé des coupes anticipées dans tout ou partie de ces aides, qui s'achèvent à l'échelle nationale le 6 septembre. 

Dans les Etats où les prestations ont pris fin par anticipation, près de 25% des personnes interrogées ayant bénéficié des aides supplémentaires, avaient désormais un emploi à la fin juillet, contre environ 22% (21,5%) dans les États ayant poursuivi les programmes d'aide, selon l'étude. L'enquête a analysé les données concernant 18 648 personnes sans emploi dans 22 États ayant mis fin aux allocations supplémentaires en juin. 

Cependant, cela n'a pas compensé la baisse des revenus et des dépenses qui en a résultée, selon des chercheurs de l'Université Columbia, de l'Université Harvard, de l'Université du Massachusetts Amherst et de l'Université de Toronto.

"Nous constatons une petite… augmentation des revenus de 14 dollars par semaine, ce qui représente environ 5% du manque à gagner dû à la baisse des prestations", expliquent-ils. 

"La baisse des revenus s'est accompagnée d'une baisse des dépenses de 145 dollars par semaine (20%)", poursuivent-ils.

Alors que l'aide prend fin à l'échelle nationale, "nous pourrions voir environ 8 milliards de dollars de dépenses en moins en septembre et octobre. Les pertes de dépenses devraient se poursuivre car d'autres travailleurs mettent du temps à entrer sur le marché du travail", écrivent-ils.

S'ils tablent sur la création d'environ un demi-million de nouveaux emplois en septembre et octobre, ils estiment que la majorité des quatre millions de personnes ayant perdu leurs prestations "mettront beaucoup plus de temps à trouver des emplois".

Le plan de sauvetage américain de 1 900 milliards de dollars de Joe Biden, adopté en mars dernier, a alloué 350 milliards de dollars aux États et gouvernements locaux. 

Jeudi, l'administration Biden a déclaré que les États pourraient utiliser cet argent pour maintenir les hausses d'allocation au-delà du 6 septembre, alors que la propagation du variant pourrait retarder les embauches.

Les données du département du Travail publiées vendredi ont par ailleurs rendu un verdict mitigé sur l'impact des réductions des allocations sur les taux de chômage au niveau des États, le chômage ayant diminué dans 17 États dont moins de la moitié avaient réduit les allocations prématurément.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com