Liban: le chef du Hezbollah promet plus de carburant iranien

«J'ajoute qu'un deuxième navire va appareiller dans les prochains jours, et il sera suivi par d'autres». (Photo, AFP)
«J'ajoute qu'un deuxième navire va appareiller dans les prochains jours, et il sera suivi par d'autres». (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 23 août 2021

Liban: le chef du Hezbollah promet plus de carburant iranien

  • Hassan Nasrallah a indiqué qu'un premier navire de carburant iranien allait partir pour le Liban
  • Ennemi juré des États-Unis et d'Israël, le Hezbollah est classé «groupe terroriste» par Washington et visé par des sanctions

BEYROUTH: Le chef du mouvement chiite Hezbollah a promis dimanche de nouvelles cargaisons de carburant iranien au Liban, tout en mettant en doute une initiative validée par Washington visant à approvisionner en énergie le pays en crise.

Jeudi déjà dans une allocution télévisée Hassan Nasrallah avait indiqué qu'un premier navire de carburant iranien allait partir pour le Liban.

Ce premier navire vogue "en mer", a confirmé Hassan Nasrallah lors d'une allocution télévisée dimanche soir. "J'ajoute qu'un deuxième navire va appareiller dans les prochains jours, et il sera suivi par d'autres".

"Nous poursuivrons ce processus tant que le Liban en aura besoin", a ajouté Hassan Nasrallah. "L'objectif est d'aider tous les Libanais" et non pas seulement "les partisans du Hezbollah ou les chiites".

Le Hezbollah, protégé de Téhéran, est un poids lourd de la vie politique au Liban. Ennemi juré des États-Unis et d'Israël, il est classé "groupe terroriste" par Washington et visé par des sanctions.

Le Liban connaît depuis plusieurs mois par intermittence de graves pénuries de carburant, au moment où le pays en plein effondrement économique et à court de devises étrangères supprime progressivement les subventions sur les importations.

Ces dernières semaines, de nombreuses stations d'essence ont été fermées et des files d'attente interminables se forment devant celles qui sont ouvertes.

Par ailleurs, en l'absence de carburant pour les centrales de l'État ou pour les générateurs de quartier, les foyers sont plongés de longues heures dans le noir. La crise énergétique menace même les hôpitaux et leurs équipements.

Nombre de Libanais imputent la tourmente dans laquelle se trouve leur pays aux partis politiques, notamment le Hezbollah, bien souvent jugés incompétents et corrompus.

Le chef du Hezbollah a par ailleurs commenté avec ironie une initiative validée par Washington visant à approvisionner en énergie le Liban.

Peu après son discours de jeudi, la présidence libanaise avait annoncé que les États-Unis avaient décidé d'aider le Liban en autorisant l'acheminement, via la Syrie pourtant frappée de sanctions américaines, de gaz égyptien et d'électricité de Jordanie.

"Bienvenue au gaz égyptien, bienvenue à l'électricité jordanienne, et bienvenue à tout effort qui fait qu'au Liban on aura de l'électricité", a-t-il lancé, tout en affirmant qu'il faudrait entre six mois et un an pour concrétiser les deux projets.

"Elle nous vend des promesses, des illusions", a-t-il dit en parlant de l'ambassadrice américaine au Liban. "Mais si ces promesses se concrétisent, pas de problème, ça ne nous dérange pas, au contraire", a-t-il concédé.

 


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.