HRW : Les frappes israéliennes sur Gaza violent le droit international

Le bâtiment d'Al-Jalaa, qui abritait les bureaux de l'Associated Press et d’autres médias, ainsi que les demeures de dizaines de familles, s'effondre après avoir été atteint par une frappe aérienne israélienne, dans la ville de Gaza. (Photo, AP/Archives)
Le bâtiment d'Al-Jalaa, qui abritait les bureaux de l'Associated Press et d’autres médias, ainsi que les demeures de dizaines de familles, s'effondre après avoir été atteint par une frappe aérienne israélienne, dans la ville de Gaza. (Photo, AP/Archives)
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Publié le Mardi 24 août 2021

HRW : Les frappes israéliennes sur Gaza violent le droit international

  • Le groupe international de défense des droits humains a appelé l'armée israélienne à produire des preuves justifiant les attaques
  • Human Rights Watch souligne que les frappes ont endommagé les bâtiments et les entreprises avoisinants et laissé des dizaines de sans abri

JERUSALEM : Les frappes aériennes israéliennes qui ont détruit quatre tours dans la bande de Gaza pendant la guerre en mai dernier semblent avoir violé le droit international de la guerre, a déclaré lundi un groupe international d’envergure.

Human Rights Watch, qui se consacre à la défense des droits de l’homme, somme à présent l'armée israélienne de présenter les preuves qui justifient les attaques.

L’organisation explique que si ces frappes n’ont pas fait de victimes, elles ont en revanche endommagé les bâtiments voisins, laissé plusieurs dizaines de personnes sans abri, en plus de détruire les locaux de dizaines d'entreprises.

«Les frappes aériennes apparemment illégales effectuées par l’armée israélienne contre quatre tours d’habitation à Gaza ont causé des dommages graves et durables aux nombreux Palestiniens qui y vivaient, y travaillaient, y faisaient des achats ou avaient recours à des entreprises qui y étaient basées», déclare Richard Weir, chercheur sur les crises et les conflits auprès de Human Rights Watch.

«L’armée israélienne devrait rendre publics les éléments de preuve sur lesquels elle affirme s’être appuyée pour mener ces attaques», ajoute-t-il.

En guise de réponse au rapport, l'armée israélienne a accusé le Hamas ainsi que d'autres groupes militants de se servir des bâtiments à des fins militaires, et d’utiliser leurs occupants comme boucliers humains.

«Les combattants que le Hamas tentait de cacher dans ces immeubles (...) avaient souvent une valeur militaire particulièrement élevée, et succéder à les atteindre revêtait une importance stratégique», s’est défendu Tel Aviv.

Ce rapport est le troisième que publie l’organisation, sise à New York, au sujet de la guerre qui a duré onze jours.

L’ONG a déjà accusé Israël de crimes de guerre apparents en raison d’attaques qui, selon elle, n'avaient pas de cibles militaires définies mais ont tué des dizaines de civils. Elle a également déclaré le Hamas a lancé des roquettes sans discernement sur des villes israéliennes, ce qu’elle qualifie de crime de guerre.

Les deux camps nient ces accusations.

La guerre a éclaté le 10 mai, après que le Hamas ait tiré un barrage de roquettes en direction de Jérusalem en guise de soutien aux manifestations palestiniennes. Au cœur du soulèvement, la brutalité de la police israélienne dans l'esplanade des Mosquées, le troisième site le plus saint de l'Islam, et la menace d'expulsion de dizaines de familles palestiniennes par des colons juifs dans un quartier voisin.

Au total, quelque 260 personnes ont été tuées à Gaza, dont au moins 66 enfants et 41 femmes, selon les chiffres publiés par l'ONU. Le Hamas reconnaît la mort de 80 de ses militants, quoiqu'Israël affirme que ce nombre est en réalité bien plus élevé. Douze civils, dont deux enfants, ont été trouvé la mort en Israël, en plus d’un soldat.

La destruction des tours palestiniennes compte parmi les tactiques de guerre israéliennes les plus controversées. Al-Jalaa, un immeuble de douze étages démoli par la frappe, abritait les bureaux de l'Associated Press ainsi que les demeures de dizaines de familles.

L'agence médiatique a appelé Israël à rendre publiques les justificatifs de la démolition de l’édifice. Tel Aviv insiste que des membres du Hamas utilisaient le bâtiment dans le cadre d’un stratagème sophistiqué dont le but est de brouiller le système israélien de défense contre les roquettes, surnommé Dôme de fer. Mais l’État hébreu refuse de divulguer ses renseignements, sous prétexte de protéger l’identité de ses sources.

HRW précise avoir interrogé dix-huit Palestiniens, entre témoins et victimes des frappes aériennes. De plus, elle aurait étudié des séquences vidéo et des photos prises après les attaques, ainsi que les déclarations de responsables israéliens et palestiniens et de groupes militants.

L’ONG affirme n'avoir trouvé aucune preuve de la présence, ponctuelle ou régulière, de militants impliqués dans des opérations militaires dans les tours au moment où elles ont été attaqués. Elle rappelle de surcroît que, même si c’était le cas, et bien que ceci en fasse des cibles légitimes, Israël est tenu de ne pas infliger des torts disproportionnés aux civils.

«La proportionnalité de l’attaque israélienne est d’autant plus sujette à caution que les forces israéliennes ont démontré dans le passé qu’elles sont capables de frapper des étages ou des parties spécifiques de structures», martèle l’organisation.

L'armée israélienne estime dans sa déclaration avoir lancé dans tous les cas cités par Human Rights Watch «des avertissements préalables considérables, et avoir déployé des efforts pour s'assurer que les civils ont été évacués».

Elle affirme avoir visé, dans la mesure du possible, des étages spécifiques de bâtiments. Elle déclare toutefois avoir dû dans certains cas détruire «l'ensemble de la cible» quand elle estimait qu’une frappe ciblée risquait de provoquer un effondrement incontrôlé, ou si l’édifice constituait une cible d’une grande valeur militaire. «Ce fut le cas dans quelques situations», selon elle, «et c'est le cas de tous les immeubles mentionnés dans le rapport».

Le conflit de mai a opposé Israël et le Hamas dans la quatrième guerre depuis que le groupe militant islamique, qui s'objecte à l'existence d'Israël, a pris le contrôle de Gaza en 2007, un an après avoir remporté les élections palestiniennes.

Human Rights Watch, tout comme d'autres groupes de défense des droits et un nombre de figures onusiennes, accusent les deux camps de crimes de guerre dans chacun des conflits armés.

Au début de cette année, l’ONG a accusé Israël de pratiquer une politique d’apartheid, un crime qui enfreint le droit international, en raison de ses actions discriminatoires envers les Palestiniens, aussi bien sur son territoire qu'en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza.

Israël rejette ces accusations.

Human Rights Watch a également sommé la Cour pénale internationale d’inclure la dernière guerre à Gaza dans l’enquête en cours sur les potentiels crimes de guerre commis par les camps israéliens et palestiniens.

Israël ne reconnaît toutefois pas la compétence de la cour, et dit s’estimer capable d'enquêter sur tout acte répréhensible supposément commise par son armée.

Tel Aviv juge l'enquête de la CPI injuste et motivée par des desseins politiques.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: un Casque bleu français tué dans une embuscade attribuée au Hezbollah

Un contingent français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouille dans la zone tandis que des habitants déplacés, brandissant des drapeaux du Hezbollah, regagnent leurs foyers par une route de fortune construite à l’emplacement du pont de Qasmieh, détruit par des frappes israéliennes, dans la région d’Al-Qasmiyeh, au sud du Liban, le 18 avril 2026. (AFP)
Un contingent français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouille dans la zone tandis que des habitants déplacés, brandissant des drapeaux du Hezbollah, regagnent leurs foyers par une route de fortune construite à l’emplacement du pont de Qasmieh, détruit par des frappes israéliennes, dans la région d’Al-Qasmiyeh, au sud du Liban, le 18 avril 2026. (AFP)
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  • Un soldat français a été tué et trois blessés au sud-Liban lors d’une embuscade contre des Casques bleus, attribuée au Hezbollah, marquant une nouvelle escalade dans le conflit régional
  • La France appelle le Liban à agir contre les responsables, tandis que les tensions persistent malgré les cessez-le-feu et les efforts diplomatiques en cours

PARIS: Deuxième soldat français tué depuis le début de la guerre contre l'Iran fin février, un militaire français a été tué et trois autres soldats français blessés samedi au sud-Liban, lors d'une embuscade contre des Casques bleus attribuée au Hezbollah.

"La Nation s'incline avec respect et adresse son soutien aux familles de nos soldats et à tous nos militaires engagés pour la paix au Liban. Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah", a déclaré le président français Emmanuel Macron sur X.

Le sergent-chef Florian Montorio, rattaché au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, dans le sud-ouest de la France, a été tué "par un tir direct à l'arme légère", dans la région de Deir-Kifa, a précisé la ministre française des Armées Catherine Vautrin sur X.

"La France exige des autorités libanaises qu'elles arrêtent immédiatement les coupables et prennent leurs responsabilités aux côtés de la Finul", a ajouté M. Macron.

Le président libanais Joseph Aoun a condamné samedi l'attaque contre les Casques bleus français. Il a promis de poursuivre les responsables.

La Force d'interposition de l'ONU au Liban (Finul) a dénoncé une attaque "délibérée", estimant que les auteurs de l'embuscade étaient vraisemblablement le Hezbollah, groupe militaire islamiste chiite allié de l'Iran, installé au Liban où il exerce une énorme influence et est en guerre contre Israël.

- "Garantir la sécurité" -

M. Macron s'est entretenu samedi avec M. Aoun et le Premier ministre libanais Nawaf Salam, leur demandant de "garantir la sécurité des soldats de la Finul", déployée au Liban depuis 1978, composée de plus de 7.000 militaires, dont plus de 600 Français.

Le sergent-chef Montorio "était en mission d'ouverture d'itinéraire vers un poste de la Finul isolé depuis plusieurs jours par les combats dans la zone, il a été pris dans une embuscade par un groupe armé à très courte distance", a détaillé Mme Vautrin, soulignant que ce "sous-officier expérimenté" avait déjà été "déployé plusieurs fois en opération".

"La Nation s'incline devant la mémoire d'un de ses fils qui a donné sa vie pour elle. Mes pensées vont à sa compagne, à ses enfants, à ses proches et à ses frères d'armes", a ajouté la ministre.

La gravité des blessures des trois autres militaires n'a pas été précisée.

C'est le deuxième militaire français tué par des alliés de Téhéran depuis le début de la guerre amorcée fin février par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, qui a embrasé toute la région.

Le 12 mars, l'adjudant-chef Arnaud Frion, 42 ans, a été tué dans une attaque de drone attribuée à une milice pro-iranienne. Il était déployé dans une base dans la région d'Erbil au Kurdistan irakien, où il participait à une mission de formation à la lutte antijihadiste.

Un cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran est en vigueur depuis le 8 mars, et un intense ballet diplomatique est en cours pour tenter de le consolider.

Une trêve est aussi à l’œuvre au Liban, qu'Israël a attaqué en riposte aux attaques du Hezbollah. Des préparatifs de négociations sont en cours, mais le Hezbollah se dit "non concerné" par ces négociations libanaises avec Israël.


La Turquie espère «réduire les tensions» au Moyen-Orient lors d'un forum

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
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  • Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement
  • Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

ANTALYA: La Turquie organise à partir de vendredi un vaste forum diplomatique qui accueillera notamment le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, au moment où Islamabad intensifie ses efforts pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement. Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Une réunion entre les chefs de la diplomatie de la Turquie, de l'Egypte, du Pakistan et de l'Arabie Saoudite pour "des discussions sur le développement de solutions régionales aux problèmes régionaux, notamment à propos du conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran" est prévue vendredi soir en marge du forum, selon une source du ministère turc des Affaires étrangères.

Le forum annuel d'Antalya intervient alors que le Pakistan multiplie ses efforts de médiation en vue d'une nouvelle série de pourparlers entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre lancée le 28 mars par les Etats-Unis et Israël.

Le chef d'état-major de l'armée pakistanaise a rencontré jeudi à Téhéran des négociateurs de haut niveau et M. Sharif, arrivé jeudi à Antalya, s'est entretenu cette semaine avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l'émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani dans le cadre d'une tournée régionale.

De premiers pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis au Pakistan se sont soldés par un échec dimanche sans toutefois conduire à une rupture du cessez-le-feu de deux semaines mis en place le 8 avril.

La Turquie veut également contribuer au processus de stabilisation.

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP.

"On ne peut pas négocier les poings serrés. Il ne faut pas laisser les armes parler à la place des mots. Il faut exploiter pleinement la fenêtre d'opportunité ouverte par le cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

Réouverture d'Ormuz 

M. Erdogan prendra la parole lors du forum, qui se tiendra pendant trois jours, et rencontrera M. Sharif en marge de celui-ci.

La guerre et le blocus du détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique, devraient être au cœur des discussions. La date et l'heure de cette rencontre n'ont pas encore été communiquées.

La Maison Blanche a déclaré que de nouvelles discussions avec l'Iran se tiendraient "très probablement" à Islamabad, où le vice-président JD Vance a dirigé la délégation américaine lors du premier cycle de négociations.

"Nous continuerons à apporter tout le soutien possible pour faire en sorte que le cessez-le-feu temporaire en cours devienne permanent", a déclaré jeudi une source du ministère turc de la Défense.

"Nous espérons que cette guerre, dont les effets se font de plus en plus sentir non seulement au niveau régional mais aussi mondial, prendra fin au plus vite et que les parties agiront de manière constructive dans le processus de négociation en cours", a déclaré la source.

Critique virulente d'Israël, la Turquie s'est jointe aux efforts diplomatiques du Pakistan et de l'Egypte pour contribuer à l'instauration d'un cessez-le-feu, tant en Iran qu'au Liban.

Le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a par ailleurs demandé lundi une réouverture "dès que possible" du détroit d'Ormuz et le rétablissement de son statut de "zone de libre passage international".

Parallèlement, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et les Premiers ministres britanniques Keir Starmer et italienne Giorgia Meloni se réunissent vendredi à Paris pour discuter de la mise en place d'une mission de sécurisation de la navigation dans le détroit d'Ormuz. Une trentaine de participants d'autres pays se joindront à eux en visioconférence.

 


Entrée en vigueur d'un cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
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  • La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Celle-ci a été annoncée par le président américain Donald Trump.

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump.

La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit entre Israël et le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah. Ce dernier a rejoint début mars la guerre au Moyen-Orient en lançant des roquettes contre le territoire israélien, en solidarité avec l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.