Irak: Moqtada Sadr lève son boycott et participera aux législatives

Le puissant leader chiite irakien Moqtada Sadr le 27 août 2021 prononçant un discours à Najaf, la ville sanctuaire chiite du centre de l'Irak où il réside. (Photo, Bureau de presse de Moqtada Sadr via AFP)
Le puissant leader chiite irakien Moqtada Sadr le 27 août 2021 prononçant un discours à Najaf, la ville sanctuaire chiite du centre de l'Irak où il réside. (Photo, Bureau de presse de Moqtada Sadr via AFP)
Short Url
Publié le Samedi 28 août 2021

Irak: Moqtada Sadr lève son boycott et participera aux législatives

  • Le leader chiite a dit avoir reçu des gages de «certains dirigeants» politiques pour «réformer» le pays et «mettre fin à la corruption»
  • Son courant, grand vainqueur des précédentes législatives en mai 2018, dispose du plus important bloc parlementaire avec 54 députés sur 329

BAGDAD : Le puissant leader chiite irakien Moqtada Sadr est revenu vendredi sur sa décision de boycotter les élections législatives anticipées et a annoncé que son courant prendrait part au scrutin du 10 octobre "pour mettre fin à la corruption".

"Participer au projet électoral est désormais acceptable", a déclaré Moqtada Sadr, faiseur de roi à l'influence décisive en Irak, lors d'une allocution télévisée, un mois et demi après avoir annoncé son boycott.

Flanqué de plusieurs dizaines de responsables du courant qui porte son nom, il a dit avoir reçu des gages de "certains dirigeants" politiques pour "réformer" le pays englué dans une crise économique et sociale et "mettre fin à la corruption", fléau qui gangrène toutes les strates de la société irakienne.

Le 15 juillet, Moqtada Sadr avait annoncé de façon sibylline ne pas participer au scrutin, estimant que "la nation valait mieux que cela".

Son courant sadriste, grand vainqueur des précédentes législatives en mai 2018, dispose du plus important bloc parlementaire avec 54 députés sur 329. Et les sadristes sont présents dans tous les rouages de l'Etat.

Les législatives anticipées sont une des promesses émises par le Premier ministre, Moustafa al-Kazimi. Nommé en mai 2020 dans la foulée du soulèvement populaire anti-pouvoir d'octobre 2019, M. Kazimi a été désigné pour sortir le pays du marasme politique et économique et en finir avec la corruption.

Ex-chef de milice ayant combattu dans les années 2000 les troupes américaines, Moqtada Sadr se présente, lui, comme le pourfendeur des politiciens véreux et de la gabegie et comme le grand promoteur de la justice sociale. 

Portant un turban noire, Moqtada Sadr, 47 ans, est un "sayyid", c'est-à-dire un descendant du prophète de l'islam Mahomet.  

Au plan politique, son influence est décisive en Irak, pays chiite à 60%. Il s'affiche comme un farouche nationaliste anti-américain, tout en s'opposant à l'influence grandissante des puissantes factions irakiennes chiites fidèles à l'Iran, grand voisin de l'Irak.

Mais le chef chiite avait semblé sous pression ces dernières semaines. Il est quotidiennement ciblé sur les réseaux sociaux par des groupes ou individus de la mouvance pro-iranienne, qui le rendent responsables de la pénurie d'électricité dans le pays où des incendies dans les hôpitaux, dont le dernier en date a fait plus de 60 morts à Nassiriya (sud) en juillet.


Le prince héritier saoudien discute de l'escalade militaire régionale avec plusieurs dirigeants

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
Short Url
  • Erdogan affirme son soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité
  • Le président du Conseil de souveraineté transitoire du Soudan, le général Al-Burhan, exprime sa solidarité avec le Royaume

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Le prince héritier a tenu des appels téléphoniques distincts avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président du Conseil transitoire de souveraineté du Soudan, le général Abdel Fattah Al-Burhan, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Les responsables ont condamné l'agression iranienne visant le Royaume et leur rejet de tout ce qui porte atteinte à la souveraineté et à la stabilité du Royaume.

Ils ont également affirmé leur soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité et ses citoyens.


A Beyrouth, des partisans du Hezbollah pleurent Khamenei

Short Url
  • "Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem
  • "Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime"

BEYROUTH: Drapeaux iraniens et portrait de l'ayatollah Ali Khamenei en main, des milliers de partisans du Hezbollah se sont rassemblés dimanche à Beyrouth pour pleurer la mort du guide suprême iranien, tué dans l'opération militaire américano-israélienne lancée la veille.

"Mort à l'Amérique", "Mort à Israël", ont-ils scandé à l'unisson, tous habillés de noir et brandissant aussi des drapeaux de leur mouvement, dans son bastion de la banlieue sud de Beyrouth.

Le poing levé, certains étaient en pleurs, a constaté une équipe de l'AFP, sur la grande place où a eu lieu le rassemblement.

"Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem.

"Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime".

"Sa mort est très douloureuse, c'est une tragédie", déplore aussi Zainab al Moussawi, une enseignante de 23 ans, à Beyrouth.

"On se sent comme après la mort du Sayyed, tombé en martyr", poursuit-elle en référence à l'ex-chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Entrer en guerre" 

Les dirigeants libanais redoutent une implication du Hezbollah dans le conflit régional, même si lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, il n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024 et l'accuse de se réarmer.

"Je demande à cheikh Naïm (Qassem) d'entrer en guerre", lance à Beyrouth Hassan Jaber, un partisan.

S'il ne s'est pas joint à la riposte iranienne, le mouvement a appelé des mosquées à organiser des cérémonies en mémoire du guide suprême iranien, dans la banlieue sud de la capitale libanaise et dans d'autres zones du pays dans lequel il est ancré.

Mais au Liban, pays très divisé, l'ayatollah Khamenei n'était pas soutenu par tous.

"Il était tout le temps en train de menacer (...) les pays arabes et avait des relais partout", déclare à l'AFP Hassan Harouq, un infirmier de 44 ans.

Lui dit ne vouloir qu'un pays "stable et qui ferait la paix avec le reste de la région", car "il est temps pour le Liban d'être de nouveau sur le droit chemin".

"Le peuple libanais est fatigué", ajoute-t-il.

Dimanche, le président Joseph Aoun, après une réunion d'urgence du Conseil supérieur de la Défense, a souligné que "la décision de guerre et de paix relève exclusivement de l'Etat libanais".

La présidence libanaise a indiqué avoir reçu, par l'entremise des Etats-Unis, l'assurance qu'Israël n'entraînera pas le Liban dans une "escalade" tant que son territoire ne sera pas visé par des attaques depuis le Liban.

Peu de temps avant le début de l'offensive israélo-américaine, Israël avait frappé des positions du Hezbollah dans le sud du Liban.

Beyrouth n'acceptera pas d'être "entraîné" dans le conflit avec l'Iran, a assuré le Premier ministre Nawaf Salam.


Iran: le ministre des Affaires étrangères d'Oman, pays médiateur, appelle à un cessez-le-feu

Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
Short Url
  • Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes
  • Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade"

MASCATE: Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens.

Badr al-Busaidi "a réaffirmé l'appel constant du sultanat d'Oman à un cessez-le-feu et à un retour au dialogue (...) de manière à répondre aux revendications légitimes de toutes les parties", a indiqué son ministère dans un compte rendu de son entretien avec Abbas Araghchi.

Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes.

Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade et à rétablir la stabilité".