Frappe américaine contre un «organisateur» de l'EI en Afghanistan

Des avions militaires allemands et américains sur la base aérienne allemande de Wunstorf, une des étapes du gigantesque pont aérien qui a permis l'évacuation de quelques 110 000 réfugiés afghans vers des pays d'accueil. (Photo, AFP)
Des avions militaires allemands et américains sur la base aérienne allemande de Wunstorf, une des étapes du gigantesque pont aérien qui a permis l'évacuation de quelques 110 000 réfugiés afghans vers des pays d'accueil. (Photo, AFP)
Un C-17 Globemaster de l'armée américaine décolle de l'aéroport de Kaboul, point de départ du gigantesque pont aérien qui a permis l'évacuation de quelques 110 000 réfugiés afghans vers des pays d'accueil. (Photo, AFP)
Un C-17 Globemaster de l'armée américaine décolle de l'aéroport de Kaboul, point de départ du gigantesque pont aérien qui a permis l'évacuation de quelques 110 000 réfugiés afghans vers des pays d'accueil. (Photo, AFP)
Un milicien taliban à un poste de garde devant l'enceinte de l'aéroport de Kaboul, devant un fossé où se trouvent abandonnés une multitude d'objets après les attentats meurtriers de jeudi dernier. (Photo, AFP)
Un milicien taliban à un poste de garde devant l'enceinte de l'aéroport de Kaboul, devant un fossé où se trouvent abandonnés une multitude d'objets après les attentats meurtriers de jeudi dernier. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 28 août 2021

Frappe américaine contre un «organisateur» de l'EI en Afghanistan

  • Le président Biden avait promis des représailles contre l’EI après l'attentat de l'aéroport de Kaboul qui a fait au moins 85 morts dont 13 soldats US
  • Le pont aérien entre dans sa phase finale d'extrême tension, entre risques persistants de nouveaux attentats et alertes de sécurité

KABOUL : Les Etats-Unis ont mené une frappe de drone contre une cible du groupe Etat islamique en Afghanistan samedi, au moment où le pont aérien entrait dans une phase finale d'extrême tension, entre risques persistants de nouveaux attentats et passe d'armes médiatique talibans/Américains à propos de l'aéroport.

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Terminus à Washington pour cette famille afghane visiblement soulagée après un long périple depuis l'Afghanistan, un pays devenu dangereux avec l'arrivée au pouvoir des talibans. (Photo, AFP)

"La frappe aérienne sans pilote s'est produite dans la province de Nangarhar en Afghanistan. Selon les premières indications, nous avons tué la cible", a précisé dans un communiqué Bill Urban, du commandement central, disant n'avoir connaissance "d'aucune victime civile".

Cette frappe, la première de l'armée des Etats-Unis depuis l'attentat survenu jeudi à l'aéroport de Kaboul qui a fait au moins 85 morts dont 13 soldats américains, a été lancée depuis l'extérieur de l'Afghanistan.

Après l'attaque revendiquée par l'Etat islamique au Khorasan (EI-K), le président Joe Biden avait promis des représailles. "Nous vous pourchasserons et nous vous ferons payer", a-t-il affirmé à l'adresse des auteurs de l'attaque la plus meurtrière contre l'armée américaine en Afghanistan depuis 2011. "Nous répondrons avec force et précision quand nous le déciderons, où et quand nous le choisirons", avait-il ajouté depuis la Maison Blanche.

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Des réfugiés afghans arrivant à l'aéroport Dulles à Washington DC. (Photo, AFP)

Le risque d'autres attentats persiste, selon Washington. "Nous estimons qu'il y a toujours (...) des menaces précises et crédibles", avait prévenu vendredi John Kirby. L'attachée de presse du président Biden, Jen Psaki, citant des experts sécuritaires, a estimé une autre attaque "probable". Les prochains jours seront "la période la plus dangereuse à ce jour", a-t-elle ajouté.

Vendredi soir, comme la veille de l'attentat, l'ambassade des Etats-Unis à Kaboul a demandé aux ressortissants américains de quitter "immédiatement" les abords de l'aéroport dans une alerte de sécurité. "En raison des menaces pour la sécurité à l'aéroport de Kaboul, nous continuons à conseiller aux citoyens américains d'éviter de se rendre à l'aéroport et d'éviter les portes de l'aéroport", a rappelé l'ambassade.

Une passe d'armes de communication entre talibans et Américains avait alourdi la tension déjà très forte, à quelques jours de la date-butoir du 31 août prévue pour le retrait des soldats américains d'Afghanistan après 20 ans de guerre, synonyme de fin des évacuations.

Les nouveaux dirigeants du pays "ne s'occupent d'aucune des portes d'embarquement ni d'aucune des opérations à l'aéroport. C'est toujours sous le contrôle de l'armée américaine", a déclaré le porte-parole du Pentagone, John Kirby.

Plus tôt, les talibans avaient annoncé avoir pris le contrôle de plusieurs parties de l'aéroport: "Aujourd'hui, trois endroits importants de la partie militaire de l'aéroport de Kaboul ont été évacués par les Américains et sont sous contrôle de l'Emirat islamique", avait tweeté l'un de leurs porte-parole, Bilal Karimi.

Vendredi, la situation est demeurée calme à Kaboul, notamment autour de l'aéroport où les vols affrétés par les Occidentaux ont repris sur le tarmac de l'aéroport, la dernière enclave occupée par les forces occidentales en Afghanistan.

Quelque 5400 personnes sont actuellement réfugiées dans l'enceinte de l'aéroport, attendant de monter dans un avion, a dit le général américain Hank Taylor, précisant que les exfiltrations se dérouleraient "jusqu'au dernier moment".

Au total, environ 109000 personnes ont été évacuées depuis le 14 août, veille de la prise de pouvoir des talibans à Kaboul, selon les derniers chiffres du gouvernement américain.

L'Otan et l'Union européenne avaient appelé à poursuivre les évacuations malgré l'attentat.

La France a mis fin vendredi soir à son pont aérien qui a permis d'évacuer "près de 3000 personnes, dont plus de 2600 Afghans" selon la ministre des Armées, Florence Parly.

Une délégation française a rencontré jeudi à Doha des représentants des talibans pour la première fois depuis qu'ils ont pris le pouvoir en Afghanistan le 15 août. Ces discussions ont porté sur la situation à l'aéroport de Kaboul et les opérations d'évacuations, selon les deux parties.

La Suisse, l'Italie, l'Espagne et la Suède avaient également annoncé vendredi avoir terminé leurs vols d'évacuation, comme l'Allemagne, les Pays-Bas, le Canada ou l'Australie avant elles.

Côté britannique, les exfiltrations connaissent leurs "dernières heures", a estimé le Premier ministre Johnson. Mais Londres remuera "ciel et terre" "pour aider à sortir" les Afghans éligibles à l'asile.

Les talibans se sont efforcés depuis leur retour d'afficher une image d'ouverture et de modération. Mais beaucoup d'Afghans, souvent urbains et éduqués, redoutent qu'ils n'instaurent le même type de régime fondamentaliste et brutal que lorsqu'ils étaient au pouvoir entre 1996 et 2001.

Ceux qui ont travaillé ces dernières années avec les étrangers ou le gouvernement pro-occidental déchu, notamment, ont peur d'être réduits au silence, voire traqués, et ont nourri le flot des nombreux candidats au départ.

Les femmes ont "le droit inné" de travailler, a cherché à rassurer Sher Mohammad Abbas Stanikzai, un ancien négociateur taliban dans les pourparlers de paix à Doha. "Elles peuvent travailler, elles peuvent étudier, elles peuvent participer à la politique et elles peuvent faire des affaires", a-t-il énuméré au cours d'une conférence de presse.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a convoqué les membres permanents du Conseil de Sécurité pour une réunion lundi sur la situation en Afghanistan.

Une conférence régionale samedi à Bagdad se penchera notamment sur l'Afghanistan. Sont notamment attendus les ministres iranien et saoudien des Affaires étrangères, le présidents égyptien Abdel Fattah al-Sissi et français Emmanuel Macron, et le roi de Jordanie Abdallah II.

L'ONU s'attend à un demi-million de réfugiés afghans de plus

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GENEVE : Les Nations unies ont indiqué vendredi s'attendre à jusqu'à un demi-million de réfugiés afghans supplémentaires en 2021, dans le pire des scénarios, même si pour l'instant aucun exode n'est constaté.

"En termes de chiffres, nous nous préparons à environ 500000 nouveaux réfugiés dans la région. Il s'agit du scénario le plus pessimiste", a déclaré Kelly Clements, Haut-Commissaire adjointe de l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR), à l'occasion de la présentation du Plan régional de préparation et d'intervention pour les réfugiés afghans.

"N'oubliez pas que plus de 2,2 millions d'Afghans sont déjà accueillis par l'Iran et le Pakistan, et que la fuite est parfois non seulement le dernier recours, mais aussi la seule option dont disposent les gens pour survivre et jouir des droits humains les plus fondamentaux", a-t-elle ajouté.

L'Iran et le Pakistan accueillent en outre 3 autres millions d'Afghans ayant divers statuts, dont de nombreuses personnes sans papier, selon le HCR.

Ce plan prévoit un appel de fonds de 299 millions de dollars (254,4 millions d'euros) pour financer cette année les activités des agences de l'ONU, dont le HCR, le Programme alimentaire mondial et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), ainsi que d'ONG avec lesquelles les Nations unies travaillent.

"Un financement accru et immédiat nous permettra de mettre en place des réserves de matériels de secours et d'être prêts pour une intervention d'urgence", a expliqué Mme Clements.

"Bien que nous n'ayons pas constaté d'importants départs d'Afghans à ce stade, la situation en Afghanistan a évolué plus rapidement que quiconque ne l'avait prévu. Nous devons donc être prêts à faire face à toutes les éventualités", a-t-elle insisté.

L'Afghanistan est tombé aux mains des talibans après une offensive fulgurante, avant même que n'expire le délai fixé par le président Joe Biden pour le retrait des derniers militaires américains, le 31 août.

Les talibans se sont efforcés depuis leur retour d'afficher une image ouverte et modérée. Mais beaucoup d'Afghans, souvent urbains et éduqués, craignent que les islamistes n'instaurent le même type de régime fondamentaliste et brutal que lorsqu'ils étaient au pouvoir entre 1996 et 2001.

Ceux qui ont travaillé ces dernières années avec les étrangers ou le gouvernement pro-occidental déchu, notamment, craignent d'être réduits au silence voire traqués et ont nourri le flot des nombreux candidats au départ à l'aéroport de Kaboul, où un double attentat a causé la mort de dizaines de personnes jeudi.

Depuis le début de l'année, l'écrasante majorité des Afghans contraints de fuir les violences sont restés à l'intérieur du pays. Seuls quelque 7300 nouveaux réfugiés afghans ont été enregistrés dans les pays voisins entre le 1er janvier et le 20 août, a précisé à l'AFP un porte-parole du HCR.

Par ailleurs, plus de 558000 Afghans ont été contraints de se déplacer à l'intérieur de l'Afghanistan cette année, rejoignant ainsi les quelque 2,9 millions d'Afghans qui étaient déjà déplacés internes à travers le pays à la fin 2020, selon le HCR.

"Nous savons que l'insécurité et la violence croissante ont provoqué le déplacement de plus d'un demi-million d'Afghans cette année seulement, dont 80% sont des femmes et des enfants", a souligné Mme Clements.


Le sommet de l'Otan vante des contrats d'armement, tente d'apaiser Trump

Mark Rutte (à gauche), secrétaire général de l'OTAN, rencontre le président turc Recep Tayyip Erdogan avant le 36ᵉ sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'OTAN à Ankara, le 6 juillet 2026. (AFP)
Mark Rutte (à gauche), secrétaire général de l'OTAN, rencontre le président turc Recep Tayyip Erdogan avant le 36ᵉ sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'OTAN à Ankara, le 6 juillet 2026. (AFP)
  • L'Otan a annoncé plus de 50 milliards de dollars de contrats d'armement pour renforcer les capacités de défense des alliés et répondre aux attentes des États-Unis
  • Les alliés européens réaffirment leur soutien à l'Ukraine avec une nouvelle aide militaire, tout en cherchant à convaincre Donald Trump de leur engagement en matière de défense

ANKARA: Le chef de l'Otan a annoncé mardi plusieurs contrats d'armement, dans l'espoir de convaincre Donald Trump du sérieux des Européens à renforcer leurs capacités de défense, au premier jour d'un sommet de l'Alliance à Ankara.

Attendu mardi après-midi dans la capitale turque, le président américain ne décolère pas contre ses alliés européens qu'il accuse de l'avoir laissé tomber dans la guerre que les Etats-Unis ont déclenchée avec Israël contre l'Iran.

Des pays membres de l'Otan et "des entreprises des deux côtés de l'Atlantique vont (...) signer des contrats qui se chiffrent en milliards, littéralement des milliards de dollars", a lancé le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte.

Selon un diplomate de l'Alliance, la valeur totale de ces contrats dépasse les 50 milliards de dollars.

Un gros contrat a ainsi été confirmé avec la firme suédoise Saab pour remplacer la flotte des avions de reconnaissance Awacs, fabriqués par l'avionneur américain Boeing, dont dispose actuellement l'Otan.

Il s'agit d'une commande de dix appareils Global Eye, dont le montant n'a pas été révélé. Le remplacement de la flotte d'Awacs avait été annoncé par l'Otan en novembre 2023, et Saab était pressenti pour remporter ce contrat, après le retrait de Boeing.

Le groupe Airbus a de son côté décroché un contrat pour fournir un dixième A330 MRTT (Multi Role Tanker Transport), un avion militaire de transport et de ravitaillement, à la flotte de l'Otan.

Le patron de l'Alliance a fait cette annonce devant un parterre d'industriels et de responsables de l'Otan. Réunis dans la capitale turque à l'occasion d'un Forum sur l'industrie de défense, ils entendent ainsi démontrer l'engagement des alliés européens à développer leurs capacités de défense, comme le réclament les Etats-Unis de Donald Trump.

- Au moins 5% -

La gestion de Donald Trump "consume beaucoup d'énergie" au sein de l'Otan, reconnaît un diplomate à Bruxelles.

Les Européens ont lancé une grande opération séduction, un exercice dans lequel Mark Rutte est passé maître, depuis qu'il a été appelé en 2024 à la tête de cette organisation.

L'an dernier, le président américain avait obtenu des Européens et du Canada qu'ils s'engagent à consacrer au moins 5% de leur produit intérieur brut (PIB) à leur sécurité.

Beaucoup sont encore loin d'atteindre un tel pourcentage mais Mark Rutte ne désespère pas de convaincre Donald Trump que le mouvement est lancé.

En 2025, "les Alliés européens et le Canada ont dépensé près de 20% de plus pour leur défense que l'année précédente. Si l'on considère 2025 et 2026 réunies, cela représente 258 milliards de dollars d'investissements supplémentaires", a-t-il souligné.

Maintenant, "il faut mettre cet argent au service de notre défense", a-t-il ajouté. "Cela signifie faire de l'innovation une priorité absolue, surmonter la fragmentation des industries nationales de défense et réduire les lourdeurs administratives".

Et l'exemple vient d'Ukraine, dont le président Volodymyr Zelensky est attendu mardi à Ankara, où il doit rencontrer, entre autres, Mark Rutte et l'hôte de ce sommet, le président turc Recep Tayyip Erdogan. Le président Zelensky qui s'est entretenu au téléphone ce week-end avec Donald Trump, doit le rencontrer dans la capitale turque.

L'industrie ukrainienne de défense a gagné une expertise et un savoir-faire, notamment en matière de drones, dont les Européens veulent s'inspirer.

A Ankara, les alliés européens de l'Ukraine entendent aussi lui réaffirmer leur soutien.

Avec le Canada, mais sans les Etats-Unis, ils vont s'engager à apporter une aide militaire à Kiev de 40 milliards d'euros en 2026 et au moins autant en 2027, selon des diplomates. Cette somme viendra s'ajouter aux 30 milliards d'euros d'aide militaire que l'Union européenne a promis de son côté, en 2026 comme en 2027, sous forme de prêts.

Les Européens espèrent également confirmer la dynamique favorable à l'Ukraine obtenue au sommet du G7 à Evian, en France, à la mi-juin.

Ils comptent aussi sur M. Erdogan pour contenir un éventuel accès de colère de la part du locataire de la Maison Blanche. L'excellente relation entre les deux hommes est la meilleure chance de succès de ce sommet, selon un diplomate à l'Otan.


Bombardements russes sur Kiev: Zelensky exhorte à prendre des «décisions fermes» au sommet de l'Otan

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté lundi ses alliés a prendre des "décisions fermes" au sommet de l'Otan prévu à Ankara mardi et mercredi, après des bombardements russes dans la région de Kiev ayant fait au moins 14 morts. (AFP)
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté lundi ses alliés a prendre des "décisions fermes" au sommet de l'Otan prévu à Ankara mardi et mercredi, après des bombardements russes dans la région de Kiev ayant fait au moins 14 morts. (AFP)
  • "Il est crucial que le monde - en premier lieu les Etats-Unis et nos partenaires européens - ressortent du sommet de l'Otan à Ankara avec des décisions fermes en faveur de notre défense antiaérienne et donc de la protection de la vie des gens ordinaires"
  • Dans la capitale, au moins neuf personnes ont été tuées et 46 blessées, a indiqué sur Telegram le chef de l'administration militaire de Kiev, Tymour Tkatchenko

KIEV: Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté lundi ses alliés a prendre des "décisions fermes" au sommet de l'Otan prévu à Ankara mardi et mercredi, après des bombardements russes dans la région de Kiev ayant fait au moins 14 morts.

"Il est crucial que le monde - en premier lieu les Etats-Unis et nos partenaires européens - ressortent du sommet de l'Otan à Ankara avec des décisions fermes en faveur de notre défense antiaérienne et donc de la protection de la vie des gens ordinaires", a-t-il déclaré sur Facebook.

Au moins 10 morts à Kiev

Des bombardements russes ont fait au moins 10 morts lundi dans la région de Kiev, où des journalistes de l'AFP ont été les témoins de dizaines d'explosions, à la veille d'un sommet de l'Otan à Ankara.

Dans la capitale, au moins neuf personnes ont été tuées et 46 blessées, a indiqué sur Telegram le chef de l'administration militaire de Kiev, Tymour Tkatchenko. Au moins une autre personne est morte dans le district de Boutcha, en périphérie de Kiev, a rapporté le chef de l'administration militaire régionale, Mykola Kalachnyk, accusant Moscou de frapper "une fois encore délibérément des civils et des infrastructures civils".

Dans un communiqué, le ministère russe de la Défense a dit avoir "lancé une frappe massive" contre l'Ukraine "en réponse aux attaques terroristes menées par le régime de Kiev contre des infrastructures civiles sur le territoire russe".

Les forces russes ont attaqué "des entreprises du secteur militaro-industriel, des installations du complexe énergétique et pétrolier dans la ville de Kiev et la région de Kiev, ainsi que des infrastructures aéroportuaires militaires à Dnipropetrovsk, Poltava, Tcherkassy, Tchernihiv et Kiev", a-t-il ajouté.

Les services d'urgence ukrainiens, eux, ont affirmé qu'au moins 15 immeubles résidentiels ont été endommagés ou détruits à Kiev, dont un bâtiment de neuf étages dans le district de Podilsky où "les sauveteurs recherchent des gens" dans les décombres, et un entrepôt dans le district d'Obolonsky.

La Russie, qui frappe quotidiennement l'Ukraine depuis le lancement de son offensive en février 2022, avait promis de riposter à des attaques massives de missiles et drones ukrainiens - près de 500 - ayant visé la Russie dans la nuit de vendredi à samedi, en particulier la région de Saint-Pétersbourg.

La semaine dernière, des attaques russes avaient fait 30 morts à Kiev et près de 100 blessés dans la nuit de mercredi à jeudi - les pires frappes russes contre la capitale depuis le début de la guerre.

Panne d'électricité en Crimée occupée 

L'armée ukrainienne a poursuivi de son côté ses attaques de drones contre la Russie. Au moins 47 de ces engins ont été abattus dans la nuit de dimanche à lundi dans la région de Leningrad, selon son gouverneur Alexandre Drozdenko.

Et la ville de Sébastopol, dans la péninsule de Crimée annexée par la Russie, est privée d'électricité lundi en raison d'une attaque ukrainienne sur des infrastructures énergétiques aux abords de la ville, a annoncé le gouverneur local nommé par Moscou, Mikhaïl Razvojaïev.

"Les équipements collectifs fonctionnent désormais grâce à des systèmes d'alimentation électrique de secours. Les spécialistes mettent actuellement tout en œuvre pour rétablir l'électricité dans les foyers", a écrit M. Razvojaïev.

La ville d'environ 550.000 habitants sert de base à la flotte russe de la mer Noire.

Depuis plusieurs semaines, l'armée ukrainienne a entrepris un blocus énergétique de la Crimée dont les forces russes ont pris le contrôle en 2014, en frappant des infrastructures et des camions citernes l'approvisionnant.

La péninsule a été placée en "situation d'urgence" fin juin - permettant de débloquer plus de moyens et ouvrant la voie théoriquement à la mise en place de restrictions visant la population locale.

De manière générale, Kiev intensifie dernièrement ses attaques contre le territoire russe et les régions occupées, et vise notamment des sites de production d'énergie pour tenter d'enrayer le financement de guerre de Moscou.

Le maire de la capitale russe, Sergueï Sobianine, a rapporté tôt lundi que 11 drones avaient été détruits alors qu'ils se dirigeaient vers  Moscou.

Négociations dans l'impasse 

Les négociations sont dans l'impasse pour mettre fin au conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Le président américain Donald Trump doit rencontrer mercredi son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky en marge du sommet de l'Otan à Ankara, où des chefs d'Etat et des délégations de 32 pays sont attendus dès mardi.

"Le président va le rencontrer évidemment dans le but de discuter de la manière dont nous pouvons mettre fin à la guerre. C'est pour lui une priorité de longue date", a déclaré un haut responsable américain.

"Il existe une réelle perspective de mettre fin à cette guerre et la détermination de l'Amérique est décisive", a indiqué M. Zelensky samedi.

A l'occasion du sommet de l'Alliance, les pays européens de l'Otan et le Canada vont s'engager à fournir 70 milliards d'euros d'aide militaire à l'Ukraine en 2026 comme en 2027, a-t-on appris de sources diplomatiques.

Sur le front, les forces russes n'ont quasiment pas avancé ces derniers mois du fait notamment de l'omniprésence des drones qui gênent les mouvements des véhicules lourds et infligent de très lourdes pertes aux deux camps.

Le Kremlin a toutefois revendiqué vendredi la prise de Kostyantynivka, un bastion des forces ukrainiennes dans la région de Donetsk dont la capture est l'objectif principal du Kremlin. Mais cette annonce a été fermement démentie par Kiev, selon qui les combats se poursuivent.

 


Starmer prévient Andy Burnham qu'il ne pourra pas délaisser la diplomatie

Le Premier ministre britannique Keir Starmer écoute le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte (hors champ), lors de leur réunion au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 29 juin 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Keir Starmer écoute le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte (hors champ), lors de leur réunion au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 29 juin 2026. (AFP)
  • Keir Starmer affirme qu’un Premier ministre ne peut pas privilégier les dossiers intérieurs au détriment de la diplomatie, les deux étant étroitement liés
  • Favori pour lui succéder, Andy Burnham promet de maintenir un soutien total à l’Ukraine tout en axant sa campagne sur l’économie et le coût de la vie

LONDRES: Le Premier ministre britannique démissionnaire Keir Starmer a prévenu son probable successeur, Andy Burnham, qu’il ne lui serait pas possible de délaisser la diplomatie au profit des affaires intérieures, lors d’un entretien diffusé samedi sur la BBC.

Il s’agit de sa première interview depuis l'annonce de sa démission, le 22 juin. Le dirigeant travailliste doit rester en poste jusqu’à la désignation de son successeur, attendue mi-juillet.

À ce stade, Andy Burnham, ex-maire du Grand Manchester, est le seul candidat déclaré à la succession de Keir Starmer. Il s'est jusqu’ici principalement exprimé sur des sujets de politique intérieure, dont le coût de la vie, promettant de réduire les factures d'énergie et d'eau des Britanniques.

Lundi, son premier discours politique majeur a porté sur l'économie.

Interrogé sur la possibilité pour un Premier ministre de consacrer moins de temps à la diplomatie que lui, Keir Starmer a répondu : "Non, je ne pense pas que ce soit possible".

"Il y a souvent ce débat — quel est le bon équilibre entre affaires internationales et affaires intérieures ? En réalité, c’est une seule et même chose", a-t-il poursuivi.

"Si vous êtes Premier ministre et que vous vous souciez du montant des factures des ménages, vous devez aussi vous soucier d’une solution durable à la situation en Ukraine, ou encore de ce qui se passe dans le détroit d’Ormuz", a-t-il encore déclaré.

Il a également insisté sur le fait que "nous vivons dans un monde plus dangereux et plus instable" que celui qu’il a connu pendant la plus grande partie de sa vie, évoquant les conflits en Ukraine et en Iran.

Concernant l'Ukraine, M. Burnham a indiqué vendredi, lors d'une séance de questions-réponses sur Reddit, qu'il apporterait "à 100 %" le même soutien que M. Starmer.

Interrogé sur sa relation avec Andy Burnham, Keir Starmer a assuré n’avoir "jamais éprouvé d’animosité personnelle" à son égard, ajoutant qu’il ferait "tout ce qui est en son pouvoir" pour que le prochain gouvernement réussisse.