Entreprises: les secteurs encore affectés par la crise redoutent la fin des aides

Les représentants des cafés, restaurants, hôtels et discothèques ont affirmé vendredi que leur activité estivale avait reculé de 20% par rapport l'été 2019, et réclament une prolongation des aides. (Photo, AFP)
Les représentants des cafés, restaurants, hôtels et discothèques ont affirmé vendredi que leur activité estivale avait reculé de 20% par rapport l'été 2019, et réclament une prolongation des aides. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Lundi 30 août 2021

Entreprises: les secteurs encore affectés par la crise redoutent la fin des aides

  • Le fonds de solidarité, qui a coûté près 35 milliards d'euros depuis mars 2020 et bénéficié à plus de deux millions d'entreprises, doit si rien ne change s'éteindre le 31 août
  • Les situations sont toutefois disparates avec un gros quart des restaurateurs qui ont connu un été en croissance, avec une hausse moyenne des ventes de 20% par rapport à 2019

PARIS : Les secteurs toujours affectés par la crise sanitaire sont reçus lundi à Bercy alors que les aides d'urgence se terminent mardi, au grand dam de nombreux professionnels qui réclament leur prolongation.

Une première réunion avec notamment les représentants du commerce, du tourisme et de l'évènementiel débutera à 09H30 en présence du ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, qui avait promis aux entrepreneurs une clause de revoyure fin août.

Devant la bonne forme de l'économie française, il a sifflé la fin du "quoi qu'il en coûte" la semaine dernière, tout en promettant de continuer "à soutenir ceux qui en ont besoin".

M. Le Maire sera accompagné par ses homologues du Travail Elisabeth Borne, des PME Alain Griset et du Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne.

A 14H30, le monde de la culture, dont des représentants du cinéma et du spectacle vivant, seront ensuite reçus séparément par les ministres Le Maire et Griset et leur collègue de la Culture Roselyne Bachelot.

Le fonds de solidarité, qui a coûté près 35 milliards d'euros depuis mars 2020 et bénéficié à plus de deux millions d'entreprises, doit si rien ne change s'éteindre le 31 août, tout comme le niveau majoré d'indemnisation du chômage partiel pour les secteurs les plus touchés par la crise.

Le dispositif d'activité partielle, qui a permis de préserver l'emploi et les compétences durant la pire récession qu'a vécue la France depuis 1945, a lui un coût qui s'élevait à 34,4 milliards d'euros fin avril.

Enfin, des exonérations ou réductions de cotisations sociales pour les PME et les indépendants doivent également prendre fin mardi.

Avec la mise en place du pass sanitaire, les demandes d'aides ne se limitent toutefois plus aux secteurs qui bénéficiaient encore des aides d'urgence.

Ainsi les représentants des commerçants sont aussi invités à Bercy, notamment parce que les grands centres commerciaux soumis au pass sanitaire ont subi des pertes de chiffre d'affaires, contrairement à leurs concurrents non bridés par cette contrainte.

Situations disparates

"Nous sommes prêts à aider les secteurs qui en ont véritablement besoin, avec un dispositif forcément transitoire, très sectoriel", mais il faut "regarder quelle est la réalité des pertes par rapport à ce qui est dit", a résumé dimanche sur Radio J le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt.

Les représentants des cafés, restaurants, hôtels et discothèques ont affirmé vendredi que leur activité estivale avait reculé de 20% par rapport l'été 2019, et réclament une prolongation des aides. Selon eux, la mise en place du pass sanitaire le 9 août a provoqué une baisse d'activité chez 80% des cafetiers et restaurateurs.

Les situations sont toutefois très disparates avec un gros quart des restaurateurs qui ont connu un été en croissance, avec une hausse moyenne des ventes de 20% par rapport à 2019.

Les travailleurs indépendants et les auto-entrepreneurs ont aussi fait part d'une grande disparité de situation en leur sein. Leurs représentants ont été reçus mercredi par M. Griset, lequel prépare un plan de mesures pérennes en leur faveur qui devrait être présenté en septembre.

Dans le tourisme, l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) relève "une baisse de l'ordre de 80% à 85% des activités de l'occasionnel et du tourisme par autocar en comparaison avec la période pré-Covid", selon un communiqué qui demande le maintien des aides.

Les deux principales organisations patronales interprofessionnelles, le Medef et la CPME, soutiennent la fin des aides généralisées et demandent au gouvernement de faire du "cousu main".

"Un entrepreneur est fait pour vivre de ses clients, pas des aides", a déclaré à François Asselin, président de la CPME.

"Mais s'il y a des décisions prises que vous ne maîtrisez pas et qui impactent directement l'activité de votre entreprise, il est tout à fait normal que vous soyez soutenu", a-t-il tempéré.

Pour décider du maintien des aides, "il faut croiser secteurs et territoires", explique de son côté Pierre Goguet, le président de CCI France, l'organisation nationale des chambres de commerce et d'industrie.

Car si l'hôtellerie a bien repris dans les principales destinations de vacances des Français, il n'en va pas de même à Paris où elle dépend beaucoup de la clientèle internationale.


Erdogan remplace son ministre des Finances

À rebours des théories économiques classiques, le président Erdogan estime que les taux d'intérêt élevés favorisent la hausse des prix. Il affirme ainsi soutenir la production et les exportations en abaissant les taux. (Photo, AFP)
À rebours des théories économiques classiques, le président Erdogan estime que les taux d'intérêt élevés favorisent la hausse des prix. Il affirme ainsi soutenir la production et les exportations en abaissant les taux. (Photo, AFP)
Short Url
  • L'économie turque fait face à la dégringolade de la monnaie et à une inflation galopante
  • La livre turque a perdu plus de 40% de sa valeur face au dollar depuis le début de l'année

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a nommé mercredi soir un nouveau ministre des Finances sur fond de turbulences traversées par l'économie turque depuis quelques semaines avec la dégringolade de la monnaie et une inflation galopante.

Dans un décret présidentiel paru mercredi à minuit, le chef de l'Etat a remplacé son ministre de Finances, Lutfi Elvan, par Nureddin Nebati, l'adjoint de M. Elvan.

D'après le décret présidentiel, M. Erdogan a accepté la démission de M. Elvan et a nommé M. Nebati à sa place.

En poste depuis novembre 2020, M. Elvan avait pris ses fonctions après la démission du gendre du chef de l'Etat turc, Berat Albayrak, du ministère.

Sa nomination avait été saluée par l'organisation patronale turque et des analystes.

Mais son mandat a été marqué par des crises.

Mercredi dans la matinée, la Banque centrale turque est intervenue pour stopper la chute de la livre turque qui a perdu quelque 30% de sa valeur face au dollar en un mois.

Conformément au souhait du président, cette institution – officiellement indépendante – a abaissé son taux directeur en novembre (de 16 à 15%) pour la troisième fois en moins de deux mois, à un moment où l'inflation frôle les 20% sur un an, un taux quatre fois supérieur à l'objectif initial du gouvernement.

À rebours des théories économiques classiques, le président Erdogan estime que les taux d'intérêt élevés favorisent la hausse des prix. Il affirme ainsi soutenir la production et les exportations en abaissant les taux.

Depuis 2019, M. Erdogan a limogé trois gouverneurs de la banque centrale qui s'opposaient à son souhait d'abaisser les taux d'intérêt.

La livre turque a perdu plus de 40% de sa valeur face au dollar depuis le début de l'année.

 


La menace d'une paralysie de l'Etat fédéral américain se rapproche

Fin septembre déjà, les élus du Congrès avaient signé une loi de refinancement du budget qui arrive à terme à la fin de cette semaine. (Photo, AFP)
Fin septembre déjà, les élus du Congrès avaient signé une loi de refinancement du budget qui arrive à terme à la fin de cette semaine. (Photo, AFP)
Short Url
  • Les parlementaires américains ont d'ici vendredi soir pour s'entendre sur une nouvelle loi de finances s'ils veulent éviter un «shutdown»
  • Une poignée d'élus républicains, la plupart très proches de Donald Trump, refusent pour l'instant de soutenir le budget présenté

La menace d'un assèchement des finances de l'Etat fédéral américain à la fin de la semaine grandissait aux Etats-Unis mercredi, les élus du Congrès n'ayant pas pour l'instant réussi à s'accorder sur un budget qui éviterait cette situation très impopulaire.

Les parlementaires américains ont d'ici vendredi soir pour s'entendre sur une nouvelle loi de finances s'ils veulent éviter la paralysie soudaine des services fédéraux, surnommée "shutdown", qui forcerait des centaines de milliers d'employés au chômage technique.

Ministères mais aussi parcs nationaux, certains musées et une multitude d'organismes seraient touchés. Le "shutdown" de l'hiver 2018, le plus long en date, avait notamment affecté le contrôle des bagages dans les aéroports.

Malgré les fortes divisions partisanes, la plupart des élus des deux camps ne veulent pas de cette situation qui risque de semer la pagaille avant les fêtes.

Mais une poignée d'élus républicains, la plupart très proches de Donald Trump, refusent pour l'instant de soutenir ce budget, arguant qu'il contribuerait à financer la mise en place des obligations vaccinales dans le pays, auxquelles ils s'opposent.

Dans un communiqué, ils ont exhorté mercredi leurs collègues au Sénat à utiliser "tous les outils à leur disposition" pour empêcher le passage de cette loi temporaire, et faire ainsi pression sur l'administration Biden.

Les démocrates, qui ont impérativement besoin du soutien des républicains pour approuver une nouvelle loi de finances d'ici vendredi, étaient nombreux à faire part de leur exaspération.

"Il serait irresponsable de paralyser notre gouvernement au moment où nous entrons dans l'hiver et nous nous préparons aux effets du variant Omicron - le tout au nom de la lutte contre une obligation vaccinale destinée à augmenter les taux de vaccination et sauver des vies", a fustigé le sénateur de Virginie Mark Warner.

Il est certes très courant que des accords de dernière minute soient trouvés sur des budgets temporaires. Mais la situation était assez incertaine pour que plusieurs économistes commencent à chiffrer le prix de ce blocage.

Une semaine de "shutdown" coûterait 6 milliards de dollars à l'économie américaine, selon une note de l'institut Oxford Economics.


Qatar Air opte pour le Boeing cargo après un différend sur la peinture avec Airbus

(Shutterstock)
(Shutterstock)
Short Url
  • Après un désaccord sur une question de peinture, Qatar Airways a passé une commande à Boeing pour près de 50 avions cargo
  • Qatar Airlines est classée comme le plus grand transporteur de fret parmi les compagnies aériennes de passagers

RIYAD: Qatar Airways a passé une commande à Boeing pour près de 50 avions cargo dans un contexte de différend avec Airbus, a rapporté Bloomberg. 
Le PDG de Qatar Airways, Akbar al-Baker, s’est dit préoccupé par des défauts de peinture et de finition de surface des avions cargo A350 d'Airbus, à la suite d’une proposition d'utiliser une feuille de cuivre comme paratonnerre sur le fuselage. Ce qui pourrait obliger la compagnie à demander de nouvelles approbations réglementaires. 
«Lorsque nous changeons même les accoudoirs de nos sièges, ils doivent être certifiés à nouveau», a rapporté Bloomberg citant Al-Baker. 
Les problèmes de finition de surface des avions cargo A350 d'Airbus surviennent alors que la compagnie aérospatiale cherche à réunir des acquéreurs pour la version cargo. 
Plus tôt cette semaine, le porte-parole d'Airbus avait déclaré que la société travaillait sur la question de la peinture avec l'Agence de la sécurité aérienne de l'Union européenne. 
Qatar Airlines est classée comme le plus grand transporteur de fret parmi les compagnies aériennes de passagers. 
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com