Syrie : Nouveau veto russe et chinois au maintien de l'aide transfrontalière

Des manifestants syriens dans la ville d'Idleb portent des pancartes exprimant leur opposition à la réduction de l'aide transfrontalière à des millions de personnes en Syrie. (Abdulaziz KETAZ/AFP)
Des manifestants syriens dans la ville d'Idleb portent des pancartes exprimant leur opposition à la réduction de l'aide transfrontalière à des millions de personnes en Syrie. (Abdulaziz KETAZ/AFP)
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Publié le Samedi 11 juillet 2020

Syrie : Nouveau veto russe et chinois au maintien de l'aide transfrontalière

  • Un compromis reste possible entre la Russie, l'Allemagne et la Belgique, même si l'autorisation transfrontalière expire vendredi soir
  • « Un jour noir », « une honte », dénonce l'ONG International Rescue Committee

NEW YORK: La Russie et la Chine ont mis vendredi leur veto à une résolution germano-belge prévoyant le maintien en l'état de l'aide humanitaire transfrontalière en Syrie, qu'elles veulent réduire contre l'avis des 13 autres membres du Conseil de sécurité de l'ONU, selon des diplomates.

Le projet de texte de l'Allemagne et de la Belgique a obtenu 13 voix sur 15 en sa faveur mais a été rejeté suite au double veto de Moscou et Pékin, le deuxième utilisé par ces deux pays en trois jours.

Le dispositif transfrontalier de l'ONU, qui permet d'acheminer de l'aide à la population syrienne sans l'aval de Damas, existe depuis 2014. Il vient à expiration vendredi soir.

Il s'agit du 16e veto russe et du 10e veto chinois sur un texte lié à la Syrie depuis le déclenchement de la guerre en 2011. Mardi, la Russie et la Chine avaient mis un premier veto à un projet de l'Allemagne et de la Belgique renouvelant pour un an l'autorisation de l'ONU, en maintenant dans le nord-ouest ses deux points d'entrée actuels à la frontière turque.

La Russie avance que plus de 85% de l'aide apportée actuellement passe par Bab al-Hawa et qu'en conséquence le point d'entrée de Bab al-Salam peut être fermé. Un texte proposé en ce sens par Moscou a été rejeté mercredi lors d'un vote, ne recueillant que quatre voix (Russie, Chine, Vietnam et Afrique du Sud), loin des neuf nécessaires pour le faire adopter sans vote négatif d'un membre permanent du Conseil.

Chargées du volet humanitaire du dossier syrien à l'ONU, l'Allemagne et la Belgique, deux membres non permanents, étaient ensuite revenues à la charge avec le texte soumis au vote vendredi, proposant, en guise de concession à la Russie, une prolongation de six mois mais en gardant les deux points d'accès actuels au territoire syrien.

Après le nouveau double veto russo-chinois, un compromis reste possible entre la Russie, l'Allemagne et la Belgique, même si l'autorisation transfrontalière expire vendredi soir, estiment certains diplomates.

« Si l'autorisation est renouvelée avec quelques jours de retard, ce n'est pas non plus totalement la fin du monde. Ca suspend les convois pendant quelques jours, ça ne les met pas en danger », note un diplomate sous couvert d'anonymat.

Plusieurs ONG ont mis en garde ces derniers jours contre un arrêt définitif de l'aide transfrontalière. Cela porterait « un coup dévastateur aux millions de familles syriennes qui en dépendent pour l'eau potable, la nourriture, les soins et le logement », a ainsi estimé l'organisation Oxfam.

David Miliband, président de l'ONG International Rescue Committee, a dénoncé dans un communiqué « un jour noir » pour les Syriens, avec ce nouveau double veto en une semaine qui est une « honte ».


La guerre au Moyen-Orient déclarée «crise humanitaire majeure» par l'agence de l'ONU pour les réfugiés

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  • "Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito
  • Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité"

GENEVE: L'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi que la guerre au Moyen-Orient constituait une "crise humanitaire majeure" nécessitant une réponse immédiate de tous les acteurs "dans toute la région".

"La crise croissante au Moyen-Orient constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate dans toute la région et en Asie du Sud-Est", a annoncé devant la presse à Genève Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La récente escalade des hostilités et des attaques au Moyen-Orient a provoqué d'importants mouvements de population, tandis que les affrontements le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan ont également contraint plusieurs milliers de familles à fuir", a-t-il ajouté.

L'ensemble des régions touchées accueillent déjà près de 25 millions de personnes, qu'il s'agisse de réfugiés, de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ou de réfugiés récemment rentrés chez eux, selon le HCR.

"Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito.

Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité".

Le HCR suit de près l'évolution de la situation en Iran, pays où il est présent depuis 1984 et où il affirme être la plus grande agence des Nations unies, avec des bureaux à Téhéran et cinq antennes régionales.

Le HCR dispose en Iran d'environ 110 employés et "nous continuer à fonctionner avec des capacités réduites", a indiqué Ayaki Ito.

"Notre personnel est en danger" et "les réfugiés continuent à se rendre dans nos centres d'accueil", a-t-il affirmé.

L'Iran accueillait avant la guerre au Moyen-Orient 1,65 million de réfugiés et d'autres personnes ayant besoin d'une protection internationale, selon le HCR, qui continue de leur venir en aide et de les soutenir, malgré les défis logistiques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, quelque 50.000 Syriens ont notamment fui du Liban vers leurs pays au cours de la semaine dernière.


Israël affirme avoir frappé le «bunker» du guide suprême

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
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  • Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée
  • L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran.

"Le bunker militaire souterrain, situé sous le complexe abritant la direction du régime au centre de Téhéran, était destiné à être utilisé par le guide suprême comme centre de commandement d'urgence sécurisé", a déclaré l'armée dans un communiqué.

Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée.

L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran, comprenait de nombreuses entrées et salles de réunion pour de hauts responsables du régime terroriste iranien".

Le guide suprême a été tué dans son complexe par une frappe attribuée par le Pentagone à l'aviation israélienne. Le président américain Donald Trump a souligné que l'opération avait été menée en partie sur la base d'informations fournies par les services de renseignement américains.

Jeudi, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré qu'en "40 secondes, environ 40 hauts responsables du régime de terreur iranien ont été éliminés" y compris le guide suprême, lors de cette frappe.


Violentes frappes israéliennes sur le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah

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  • D'après l'Agence nationale d'information, ces frappes, conduites par des avions de guerre israéliens, ont visé les localités de Srifa, Aita Alshaab, Touline, Alsawana, et Majdal Selm
  • Une autre frappe a ciblé tôt vendredi le village de Dours, en périphérie de Baalbek (est), selon la même source

BEYROUTH: De violentes frappes ont visé jeudi soir la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), plusieurs heures après un appel inédit d'Israël à évacuer ce bastion du Hezbollah pro-iranien.

Presque simultanément, l'armée israélienne a annoncé vers 20h55 GMT avoir commencé à frapper "des infrastructures du Hezbollah dans le secteur de la banlieue [sud] de Beyrouth".

Des images de l'AFPTV ont montré plusieurs panaches de fumée se dégager de ce secteur et former un brouillard au-dessus de la banlieue.