11 septembre : Une date qui restera marquée par l'infamie

Sur cette photo d'archives, de la fumée s'échappe des tours jumelles du World Trade Center dans le sud de Manhattan, à New York, le 11 septembre 2001. (Archive/AFP)
Sur cette photo d'archives, de la fumée s'échappe des tours jumelles du World Trade Center dans le sud de Manhattan, à New York, le 11 septembre 2001. (Archive/AFP)
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Publié le Jeudi 09 septembre 2021

11 septembre : Une date qui restera marquée par l'infamie

Sur cette photo d'archives, de la fumée s'échappe des tours jumelles du World Trade Center dans le sud de Manhattan, à New York, le 11 septembre 2001. (Archive/AFP)
  • Ce jour-là, Suzanne Plunkett se réveille tôt. Cette photojournaliste qui habite New York s’apprête à couvrir une séance photo de la Fashion Week
  • «Ma peau me picotait, comme si elle était recouverte de verre. C'était toute cette poussière, cette douleur et cette fatigue», raconte-t-elle

NEW YORK: Ce jour-là, Suzanne Plunkett se réveille tôt. Cette photojournaliste qui habite New York s’apprête à couvrir une séance photo de la Fashion Week organisée dans le Lower Manhattan pour le compte de l'Associated Press (AP). Cet événement est l’un des moments forts des activités sociales et commerciales de la ville.

Quelques heures plus tôt, Mohammed et dix-huit autres hommes prennent place dans quatre avions commerciaux. Leur destination: la Californie. Malheureusement, aucun d’entre eux n’y mettra les pieds.

Avant de sortir, Suzanne allume la télévision pour regarder les prévisions météorologiques. Ce matin du mardi 11 septembre ressemble aux matinées claires de l'automne, mais le climat sur la côte est peut se révéler capricieux et changer sans crier gare.

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Sur cette photo d'archive, une tour du World Trade Center s'effondre dans le sud de Manhattan, à New York, le 11 septembre 2001. (Archive/AFP)

Devant ses yeux défilent les images qui montrent une immense trouée sur le côté de la tour nord du World Trade Center, d'où s'échappe de la fumée. C'est à cet endroit que le vol 11 de la compagnie American Airlines a heurté, quelques instants auparavant, ce géant d'acier et de verre.

En voyant le kérosène enflammé qui embrase tout ce qui se trouve entre le 93e et le 99e étage, Suzanne Plunkett se demande comment les pompiers vont pouvoir faire face à ce qui semble alors n'être qu'un accident tragique.

Elle sent la vibration de son bipeur. Elle saisit son appareil photo et s'empresse de sortir de son appartement, situé dans l'East Village, pour prendre le métro. Quelques minutes plus tard, le vol 175 de la compagnie United Airlines frappe la tour sud. Il est impossible que ce soit un accident banal.

11 sept
Sur cette photo d'archives, la fumée continue de s'élever du World Trade Center détruit dans le sud de Manhattan, à New York, le 15 septembre 2001. (Archive/AFP)

À la sortie du métro, au croisement de Fulton Street et de Broadway, Suzanne Plunkett découvre un chaos total: voitures de secours, passants effrayés, et tous les regards braqués vers le ciel.

Pendant ce temps, dans les tours enflammées, les gens se précipitent pour emprunter les escaliers de secours. Plus de 50 000 personnes travaillent dans ce complexe construit il y a vingt-cinq ans et qui passait pendant un temps pour le plus haut bâtiment du monde.

Ceux qui sont coincés au-dessus des étages en feu n'ont qu'un seul choix: attendre et prier pour être sauvés. Au bout du compte, plus de 200 personnes ont préféré trouver la mort en sautant plutôt que de succomber aux flammes et à la fumée.

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Sur cette photo d'archives, la fumée continue de s'élever du World Trade Center détruit dans le sud de Manhattan, à New York, le 15 septembre 2001. (Archives/AFP)

Au rez-de-chaussée, des premières personnes s'efforcent d'évacuer le bâtiment à tout prix. Alors que la foule affolée se précipite vers Suzanne, celle-ci plaque son appareil photo sur son visage. Elle capture tout ce qui se passe autour d'elle. Un peu partout, elle voit des visages blêmes et tordus de terreur.

«Puis quelqu'un a hurlé: “La tour va s'effondrer”», raconte-t-elle à Arab News en évoquant les souvenirs de cette journée terrible qu’elle a vécue il y a vingt ans.

En effet, une heure après l'impact du second avion, la tour sud s'est effondrée, entraînant dans sa chute ses 110 étages. Les 614 personnes qui s'y trouvaient encore ont péri.

11 sept

Les gens courent à la recherche d'un abri, alors qu'un immense nuage de poussière et de débris déferle sur les rues avoisinantes. Sur l'une des photos prises par Suzanne Plunkett, on voit un homme en chemise et cravate en train de courir. Son visage exprime l’épouvante.

«Quand l’homme en cravate est passé, je me suis dit: “Ça suffit”», raconte Mme Plunkett. «Je me suis retournée et j'ai couru».

Avec 15 autres personnes, elle se réfugie dans un petit magasin de bipeurs. Elle s’assoit derrière la caisse, connecte son ordinateur portable avec son vieux Nokia et envoie ses photos au bureau de l'AP.

11 sept

Quelques minutes plus tard, sa célèbre photo, qui montre des piétons pétrifiés, parmi lesquels l'homme à la chemise et à la cravate, fait le tour du monde.

Une heure et quarante minutes après que le premier avion a frappé la tour nord, cette dernière s’effondre. Les 1 402 personnes bloquées à l'intérieur sont toutes décédées.

Vingt ans plus tard, Suzanne Plunkett dit avoir du mal à évoquer les événements traumatisants de cette journée. «Ce sentiment ne s'est pas dissipé. Les séquelles sont là, encore et toujours. J'ai suivi une thérapie, mais je tremble encore chaque fois que j'en parle», confie-t-elle.

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Un avion commercial détourné s'écrase sur le World Trade Center le 11 septembre 2001 à New York. (Archive/AFP)

Dans son appartement à Londres où elle vit aujourd'hui, Plunkett regarde de vieilles photos. Elle laisse les clichés parler pour elle: des images de personnes abasourdies et stupéfaites qui errent dans la rue, recouvertes de terre. Certaines sont en pleurs, d'autres curieusement calmes, comme sidérées.

À ce moment-là, le maire de New York, Rudy Giuliani, donne l'ordre d'évacuer le sud de la ville de Manhattan. Suzanne se couvre la tête avec son cardigan afin de protéger ses yeux et ses poumons de cette poussière jaune et suffocante. Elle rejoint l'exode vers le Nord, prenant la direction l'hôtel de ville. Un peu plus tard, elle arrive dans le stade de sport de Chelsea Piers, où un centre de triage a été mis en place.

«C'était un espace immense, complètement vide», se souvient-elle. «Il y avait là un grand nombre de médecins, mais personne à soigner. Les ambulances étaient là, mais il n'y avait pas de blessés à secourir. Tous étaient morts.»

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Les pilotes de ligne prient lors d'une cérémonie de dépôt de gerbes pour les victimes de l'attaque contre le Pentagone le 11 septembre. (Archive/AFP)

À 3 heures du matin, elle regagne à pied son appartement d’East Village. La matinée qu’elle a passée à préparer la séance photo de la Fashion Week lui semble désormais bien lointaine.

«J'ai pris une douche et je me suis allongée dans mon lit. Ma peau me picotait, comme si elle était recouverte de verre. C'était toute cette poussière, cette douleur et cette fatigue.»

M. Giuliani exhorte les New-Yorkais à ne pas quitter leur ville et à l'aider à faire en sorte qu’elle renaisse de ses cendres, mais Suzanne comprend vite que sa vie dans le quartier de l'East Village ne serait plus jamais la même.

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Al Kim visite le National 9/11 Memorial & Museum le 12 juillet 2021 à New York, en l'honneur de ceux qui ont été tués lors des attentats de 2001 et 1993. (Archive/AFP)

«J'étais heureuse de vivre à New York. Je ne savais pas grand-chose du monde et de la politique internationale. Mon rêve était de travailler dans cette ville pour une agence de presse et je l’avais réalisé. J'avais une trentaine d'années et, à mes yeux, New York était le paradis sur terre», raconte-t-elle.

«Le 11-Septembre m’a brusquement réveillée de mon rêve. Il m'a conduite à remettre en question mon pays natal et la raison pour laquelle le monde n'aimait pas les Américains.» Les attentats du 11-Septembre ont également fait voler en éclats les idées que les Américains se faisaient de la guerre. Elle ne se passait plus «là-bas». Elle se déroulait désormais sur leur sol.

«Il y avait ce sentiment propre aux Américains: “On doit se venger, ils nous ont fait du mal et on va se venger d'eux.” Mais la vengeance, ce n'est pas mon truc. Ce que je voulais avant tout, c'était de partir de New York», explique-t-elle.

Les premiers rapports ont fait état de 10 000 victimes (morts et blessés) à New York et en Virginie, où le vol 77 de la compagnie American Airlines a frappé le Pentagone, et 2 996 en Pennsylvanie; ce dernier chiffre inclut les 19 pirates présents à bord du vol 93 de la compagnie United Airlines, qui s'est écrasé dans un champ.

Tandis que les équipes de sauvetage débarquent sur le lieu du drame, les télévisions diffusent en direct des reportages sur les opérations qui se consacrent à la recherche de survivants ensevelis sous 1,8 million de tonnes de débris.

Une vue aérienne montre Ground Zero au milieu des toits de Manhattan. (Dossier/AFP)
Une vue aérienne montre Ground Zero au milieu des toits de Manhattan. (Archive/AFP)

«J'en avais assez de couvrir tout ce qui avait trait au 11-Septembre», confie Suzanne Plunkett. «À chaque mission, je me disais: “Non, on ne fait que remuer le couteau dans la plaie.”»

«Dans la plupart des situations de guerre, votre famille est là pour prendre soin de vous. Les jours qui ont suivi le 11-Septembre, tout le monde à New York était bouleversé. Les gens pleuraient en marchant dans la rue sans que personne ne puisse les soulager.»

Laissant New York derrière elle, Suzanne a rejoint les légions de journalistes qui se dirigeaient vers la nouvelle ligne de front de la guerre contre le terrorisme: l'Afghanistan. Ce pays abritait, croyait-on, le chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden, l'architecte du 11 septembre 2001. Il a fallu attendre dix ans pour que les États-Unis le capturent, dans le pays voisin qu'est le Pakistan.

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Kristina Hollywood et sa fille Allyson assistent à une veillée aux chandelles pour les victimes du 11 septembre sur un site commémoratif après la mort d'Oussama ben Laden le 2 mai 2011. (Archive/AFP)

«On ne peut pas parler du 11-Septembre sans évoquer l'Afghanistan», explique Mme Plunkett. «Le temps passé [à Kaboul] était, dans une large mesure, porteur d'espoir. Il semblait impossible que les choses reviennent en arrière. On avait le sentiment que les talibans étaient finis. Les femmes pouvaient sortir. Elles apprenaient à conduire», se souvient-elle.

«J'ai réalisé toutes sortes de clichés, comme tous les autres photographes d’ailleurs. Nous sommes entrées dans un salon de beauté et, soudain, des femmes m'ont attrapée, maquillée, coiffée. Il régnait une certaine complicité. Nous éprouvions une belle sensation: nos ennuis étaient désormais derrière nous. C’était une sorte de soulagement.»

Aujourd'hui, Suzanne Plunkett se dit consternée de voir les talibans, qui ont repris le pouvoir, réduire à néant les progrès réalisés au cours des vingt dernières années. «Je suis fâchée par ce qui se passe en Afghanistan. Les motivations politiques ne me regardent pas, mais je suis convaincue que l'Afghanistan a été abandonné à son sort.»

Dns le sillage des événements du 11-Septembre, Plunkett est retournée une seule fois à New York. En 2018, elle s’est rendue dans son immeuble de l'East Village pour découvrir qu'il avait été urbanisé. Le charme grunge authentique dont elle se souvenait s'est considérablement estompé.

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Patrick Delaney tient une photo de son ancien ami, le pompier Robert Wallace, à l'extérieur de Ground Zero à l'occasion du huitième anniversaire des attentats extrémistes du 11 septembre 2001. (Archive/AFP)

Tout comme son ancien quartier, elle aussi a changé. Témoigner des événements du 11-Septembre, couvrir la longue mésaventure américaine en Afghanistan et faire la connaissance des Afghans ont bouleversé ses idées sur l'humanité et le monde. Cela l’a poussée au-delà de l'univers protégé du Midwest, où elle a grandi.

«Cette épreuve m'a rendue plus tolérante. Je n'acceptais pas facilement les personnes de cultures différentes. J'ai grandi dans une petite banlieue de Minneapolis. Je n'ai connu que cela», raconte-t-elle.

«Le monde est tellement complexe. Il faut se tenir informé et ne pas vivre dans une bulle. Nous ignorons ce qui passe dans le monde. Si seulement j’avais su tout cela le 10 septembre. Nous devons nous débarrasser de nos œillères, c’est important», souligne-t-elle.

«Le 11-Septembre m'a propulsée dans cette direction. Nous n'aurions pas dû attendre qu'un événement à ce point considérable se produise pour aller à la rencontre de gens qui ne sont pas comme nous et découvrir ce qui les motive. Au fond, ils sont comme nous.»

 

Twitter: @EphremKossaify 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews


Taïwan rappelle les Etats-Unis à leur engagement sur les ventes d'armes, après la mise en garde de Trump

Dans un entretien télévisé enregistré avant son départ de Pékin, où le président chinois Xi Jinping lui a tenu des propos particulièrement fermes à propos de l'île, Donald Trump a mis en garde vendredi Taïwan contre toute proclamation d'indépendance. (AFP)
Dans un entretien télévisé enregistré avant son départ de Pékin, où le président chinois Xi Jinping lui a tenu des propos particulièrement fermes à propos de l'île, Donald Trump a mis en garde vendredi Taïwan contre toute proclamation d'indépendance. (AFP)
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  • En décembre, le gouvernement américain a approuvé la deuxième vente d'armes à Taïwan depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, pour une valeur de 11,1 milliards de dollars face à la menace chinoise
  • Il s'agit de la vente la plus importante depuis 2001, lorsque George W. Bush avait validé la livraison de 18 milliards de dollars d'armes à Taïwan

TAIPEI: Le gouvernement de Taïwan a réaffirmé samedi que l'île était une nation "indépendante", en réponse à la ferme mise en garde du président américain Donald Trump à l'issue de sa visite à Pékin, et rappelé les Etats-Unis à leur engagement en ce qui concerne les ventes d'arme à Taïwan.

La politique américaine à l'égard de Taïwan repose sur un soutien militaire robuste à l'île, sans toutefois la reconnaître à part entière ni soutenir ouvertement des velléités d'indépendance.

La Chine considère Taïwan comme l'une de ses provinces, qu'elle n'a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire.

Dans un entretien télévisé enregistré avant son départ de Pékin, où le président chinois Xi Jinping lui a tenu des propos particulièrement fermes à propos de l'île, Donald Trump a mis en garde vendredi Taïwan contre toute proclamation d'indépendance.

"Je n'ai pas envie que quelqu'un déclare l'indépendance et, vous savez, nous sommes ensuite censés faire 15.000 kilomètres pour faire la guerre", a dit le président américain sur Fox News, en demandant à Taipei et à Pékin de faire "baisser la température".

"Taïwan est une nation démocratique, souveraine et indépendante, qui n'est pas subordonnée à la République populaire de Chine", a réagi le ministère taïwanais des Affaires étrangères, estimant que la politique de Washington demeurait "inchangée".

"En ce qui concerne les ventes d'armes entre Taïwan et les Etats-Unis, il ne s'agit pas seulement d'un engagement des Etats-Unis envers la sécurité de Taïwan, clairement prévu par la loi sur les relations avec Taïwan, mais aussi d'une forme de dissuasion commune face aux menaces régionales", a insisté le ministère taïwanais, dans un communiqué.

Washington est tenu de fournir des armes défensives à Taïwan en vertu du Taiwan Relations Act, une loi adoptée par le Congrès américain en 1979, à la suite de la reconnaissance de la République Populaire de Chine par les Etats-Unis et à condition que l’île ne déclare pas l’indépendance.

Depuis 1982, l'un des grands principes de la stratégie américaine est de ne pas "consulter" Pékin sur ses ventes d'armes à Taïwan tout en restant flou quant à la possibilité d’intervenir militairement en cas d'attaque chinoise.

En décembre, le gouvernement américain a approuvé la deuxième vente d'armes à Taïwan depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, pour une valeur de 11,1 milliards de dollars face à la menace chinoise.

Il s'agit de la vente la plus importante depuis 2001, lorsque George W. Bush avait validé la livraison de 18 milliards de dollars d'armes à Taïwan.

S'en sont suivis des mois de bataille politique à Taïwan où le président Lai Ching-te (DPP) qui n'a pas la majorité au parlement, a proposé de voter 40 milliards de dollars pour la modernisation et le renforcement des capacités de défense de l'île.

Il s'est heurté à l'opposition du Kuomintang (KMT) qui accuse le parti présidentiel de pousser Taïwan dans une course aux armements et un conflit perdant. Le Kuomintang  s'est finalement laissé fléchir et permis le vote le 8 mai d'une enveloppe de 25 milliards de dollars destinés à l'achat d'armes américaines.

"Engagement" et "dissuasion commune" 

"Nous n'avons pas envie que quelqu'un se dise, proclamons l'indépendance parce que les Etats-Unis nous soutiennent", a également déclaré Donald Trump, en ajoutant n'avoir pas encore pris de décision sur les ventes d'armes américaines à l'île.

"Je prendrai une décision dans un délai assez court", a pourtant répondu M. Trump aux journalistes vendredi, en chemin vers Washington.

La visite du président américain a permis d'afficher une certaine stabilité entre les deux superpuissances, sans déboucher sur de grandes avancées, que ce soit sur le commerce ou sur l'Iran, allié de la Chine.

La visite annoncée de Xi Jinping à Washington à l'automne servira de nouveau test pour le fragile statu quo entre la première et la deuxième puissance mondiale.

Bonnie Glaser, du German Marshall Fund, pense que la Chine va "pousser fortement" pour que Donald Trump s'abstienne de toute décision sur des ventes d'armes à Taïwan d'ici là.

Jeudi, avec une fermeté inhabituelle, Xi Jinping avait mis Donald Trump en garde: "La question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines. Si elle est bien traitée, les relations entre les deux pays (Chine et Etats-Unis) pourront rester globalement stables. Si elle est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit".

 


«Flottille pour Gaza»: expulsés par Israël, les militants étrangers sont arrivés en Turquie

Des militants propalestiniens de la "Flottille pour Gaza" expulsés d'Israël sont arrivés jeudi à l'aéroport international d'Istanbul à bord d'un premier avion, au lendemain du tollé international provoqué par une vidéo les montrant se faire humilier en détention. (AFP)
Des militants propalestiniens de la "Flottille pour Gaza" expulsés d'Israël sont arrivés jeudi à l'aéroport international d'Istanbul à bord d'un premier avion, au lendemain du tollé international provoqué par une vidéo les montrant se faire humilier en détention. (AFP)
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  • Les militants ont passé deux jours dans une prison militaire sur un bateau, formée de conteneurs et de barbelés, a décrit à l'AFP par téléphone Safa Chebbi, une militante canadienne
  • Outre des humiliations et le manque de sommeil, "nous étions sous une menace constante, des balles en plastique ont été tirées sur la foule, un des passagers a été blessé", a-t-elle indiqué

JERUSALEM: Des militants propalestiniens de la "Flottille pour Gaza" expulsés d'Israël sont arrivés jeudi à l'aéroport international d'Istanbul à bord d'un premier avion, au lendemain du tollé international provoqué par une vidéo les montrant se faire humilier en détention.

Ils ont été accueillis à l'aéroport par un large comité de soutien, avec de nombreux militants agitant des drapeaux palestiniens. Plusieurs militants de la flottille présentaient des blessures et certains ont été évacués en ambulance, selon des images de l'AFP.

Les forces israéliennes "nous ont attaqués. Chacun de nous a été battu, les femmes comme les hommes, beaucoup hurlaient. Mais vraiment, ça n'a aucune importance. C'est ce que vivent en permanence les Palestiniens", a raconté à sa descente d'avion Bulal Kitay, un Turc qui compte repartir dès le prochain convoi.

Les militants ont passé deux jours dans une prison militaire sur un bateau, formée de conteneurs et de barbelés, a décrit à l'AFP par téléphone Safa Chebbi, une militante canadienne.

Outre des humiliations et le manque de sommeil, "nous étions sous une menace constante, des balles en plastique ont été tirées sur la foule, un des passagers a été blessé", a-t-elle indiqué.

"Deux Coréens ont été expulsés vers la Corée du Sud, un participant a été expulsé vers l'Egypte, deux vers la Jordanie, une citoyenne israélienne a été libérée dans le pays, et le reste des 422 participants a été transféré à Istanbul à bord de trois vols de Turkish Airlines affrétés par le gouvernement turc", a indiqué la coalition Freedom Flotilla.

Les quelque 430 membres d'équipage de la cinquantaine de bateaux arraisonnés lundi par l'armée israélienne en Méditerranée, au sud-ouest de Chypre, avaient été amenés de force en Israël puis détenus dans la prison de Ktziot (sud), selon l'organisation israélienne de défense des droits humains Adalah, qui assure leur représentation légale et leur défense.

Ils ont "tous été expulsés", a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Oren Marmorstein, sans préciser s'ils avaient été jugés.

Les 37 ressortissants français ont aussi été expulsés vers la Turquie et seront rapatriés dès que possible, selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères français, Pascal Confavreux.

Une militante israélienne, Zohar Regev, a été déférée devant un tribunal à Ashkelon, au sud de Tel-Aviv.

"Partisans terroristes du Hamas" 

Partis de Turquie, les militants de la "Global Sumud Flotilla" ("sumud" signifie "résilience" en arabe) voulaient attirer l'attention sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza, dévastée par plus de deux ans de guerre, en brisant le blocus maritime imposé par Israël. En avril, une précédente "flottille pour Gaza" avait déjà été interceptée par Israël au large de la Grèce.

"Israël a pleinement le droit d'empêcher de provocatrices flottilles de partisans terroristes du Hamas d'entrer dans nos eaux territoriales et d'atteindre Gaza", a estimé le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en référence au mouvement islamiste palestinien ayant déclenché la guerre en lançant une attaque sans précédent sur Israël le 7 octobre 2023.

Mercredi, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir , figure de l'extrême droite, a provoqué un tollé à l'étranger, mais également au sein de son gouvernement, en publiant une vidéo de dizaines de militants agenouillés et les mains liées.

Une jeune femme qui crie "Libérez la Palestine" au passage du ministre se retrouve la tête pressée vers le sol par les services de sécurité.

"Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous", lance-t-il triomphalement dans cette vidéo publiée sur sa chaîne Telegram.

 "Traitement de luxe" 

Les images diffusées ne sont "pas conformes aux valeurs d'Israël", a déclaré le chef de la diplomatie Gideon Saar, accusant M. Ben Gvir d'avoir "sciemment nui" à l'image du pays avec "ce spectacle honteux". L'intéressé a défendu au contraire "une grande source de fierté".

En Europe, plusieurs pays ont appelé l'UE a prendre des sanctions contre Israël et contre le ministre. Le traitement réservé aux détenus a ainsi été jugé "inadmissible" par Rome qui a exigé "des excuses" et demandé des mesures contre Ben Gvir.

Le Premier ministre irlandais a condamné le "traitement choquant réservé aux citoyens de l'UE" et réclamé "la suspension d'une partie, voire de la totalité, de l'accord d'association entre l'UE et Israël".

L'Italienne Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l'ONU sur la situation des droits de l'Homme dans les Territoires palestiniens occupés, a salué sur X ces prises de positions.

Ce qu'ont subi ces militants est "un traitement de luxe par rapport à ce qui est infligé aux Palestiniens dans les prisons israéliennes", a-t-elle affirmé, appelant l'Italie à cesser "de s'opposer à la suspension de l'accord (d'association) UE-Israël."


Trump assure l'engagement des États-Unis en faveur de la sécurité dans le Golfe dans une lettre adressée au Bahreïn

Le président américain Donald Trump salue alors qu'il monte à bord d'Air Force One à l'aéroport de Groton-New London à Groton, Connecticut, le 20 mai 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump salue alors qu'il monte à bord d'Air Force One à l'aéroport de Groton-New London à Groton, Connecticut, le 20 mai 2026. (AFP)
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  • Le dirigeant américain dit son admiration pour l'unité nationale de Bahreïn face aux attaques de drones et de missiles iraniens
  • Bahreïn, qui abrite le Commandement central des forces navales américaines et la Cinquième flotte, était l'un des dix pays visés par les attaques de missiles et de drones de l'Iran.

LONDRES : Le président américain Donald Trump a souligné l'engagement de Washington à assurer la sécurité et la stabilité dans la région du Golfe dans une lettre adressée au roi Hamad bin Isa Al-Khalifa de Bahreïn.

Le dirigeant américain a également exprimé son admiration pour l'unité nationale de Bahreïn en réponse aux violations du droit international par l'Iran, a rapporté l'Agence de presse de Bahreïn.

Les défenses aériennes bahreïnies ont intercepté et détruit au moins 188 missiles balistiques et 477 drones lancés depuis l'Iran depuis le début de la campagne militaire menée par les États-Unis et Israël contre le régime de Téhéran le 28 février.

Bahreïn, qui abrite le Commandement central des forces navales américaines et la Cinquième flotte, était l'un des dix pays visés par les attaques de missiles et de drones de l'Iran. Toutefois, le pays n'a participé à aucune opération directe menée par les États-Unis contre Téhéran.

Un fragile cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis est en vigueur depuis le début du mois d'avril. Toutefois, le détroit d'Ormuz, une voie commerciale essentielle, reste fermé. Parallèlement, les négociations entre les États-Unis et l'Iran se poursuivent afin de parvenir à un accord sur le programme nucléaire iranien.