11 septembre : Une date qui restera marquée par l'infamie

Sur cette photo d'archives, de la fumée s'échappe des tours jumelles du World Trade Center dans le sud de Manhattan, à New York, le 11 septembre 2001. (Archive/AFP)
Sur cette photo d'archives, de la fumée s'échappe des tours jumelles du World Trade Center dans le sud de Manhattan, à New York, le 11 septembre 2001. (Archive/AFP)
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Publié le Jeudi 09 septembre 2021

11 septembre : Une date qui restera marquée par l'infamie

Sur cette photo d'archives, de la fumée s'échappe des tours jumelles du World Trade Center dans le sud de Manhattan, à New York, le 11 septembre 2001. (Archive/AFP)
  • Ce jour-là, Suzanne Plunkett se réveille tôt. Cette photojournaliste qui habite New York s’apprête à couvrir une séance photo de la Fashion Week
  • «Ma peau me picotait, comme si elle était recouverte de verre. C'était toute cette poussière, cette douleur et cette fatigue», raconte-t-elle

NEW YORK: Ce jour-là, Suzanne Plunkett se réveille tôt. Cette photojournaliste qui habite New York s’apprête à couvrir une séance photo de la Fashion Week organisée dans le Lower Manhattan pour le compte de l'Associated Press (AP). Cet événement est l’un des moments forts des activités sociales et commerciales de la ville.

Quelques heures plus tôt, Mohammed et dix-huit autres hommes prennent place dans quatre avions commerciaux. Leur destination: la Californie. Malheureusement, aucun d’entre eux n’y mettra les pieds.

Avant de sortir, Suzanne allume la télévision pour regarder les prévisions météorologiques. Ce matin du mardi 11 septembre ressemble aux matinées claires de l'automne, mais le climat sur la côte est peut se révéler capricieux et changer sans crier gare.

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Sur cette photo d'archive, une tour du World Trade Center s'effondre dans le sud de Manhattan, à New York, le 11 septembre 2001. (Archive/AFP)

Devant ses yeux défilent les images qui montrent une immense trouée sur le côté de la tour nord du World Trade Center, d'où s'échappe de la fumée. C'est à cet endroit que le vol 11 de la compagnie American Airlines a heurté, quelques instants auparavant, ce géant d'acier et de verre.

En voyant le kérosène enflammé qui embrase tout ce qui se trouve entre le 93e et le 99e étage, Suzanne Plunkett se demande comment les pompiers vont pouvoir faire face à ce qui semble alors n'être qu'un accident tragique.

Elle sent la vibration de son bipeur. Elle saisit son appareil photo et s'empresse de sortir de son appartement, situé dans l'East Village, pour prendre le métro. Quelques minutes plus tard, le vol 175 de la compagnie United Airlines frappe la tour sud. Il est impossible que ce soit un accident banal.

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Sur cette photo d'archives, la fumée continue de s'élever du World Trade Center détruit dans le sud de Manhattan, à New York, le 15 septembre 2001. (Archive/AFP)

À la sortie du métro, au croisement de Fulton Street et de Broadway, Suzanne Plunkett découvre un chaos total: voitures de secours, passants effrayés, et tous les regards braqués vers le ciel.

Pendant ce temps, dans les tours enflammées, les gens se précipitent pour emprunter les escaliers de secours. Plus de 50 000 personnes travaillent dans ce complexe construit il y a vingt-cinq ans et qui passait pendant un temps pour le plus haut bâtiment du monde.

Ceux qui sont coincés au-dessus des étages en feu n'ont qu'un seul choix: attendre et prier pour être sauvés. Au bout du compte, plus de 200 personnes ont préféré trouver la mort en sautant plutôt que de succomber aux flammes et à la fumée.

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Sur cette photo d'archives, la fumée continue de s'élever du World Trade Center détruit dans le sud de Manhattan, à New York, le 15 septembre 2001. (Archives/AFP)

Au rez-de-chaussée, des premières personnes s'efforcent d'évacuer le bâtiment à tout prix. Alors que la foule affolée se précipite vers Suzanne, celle-ci plaque son appareil photo sur son visage. Elle capture tout ce qui se passe autour d'elle. Un peu partout, elle voit des visages blêmes et tordus de terreur.

«Puis quelqu'un a hurlé: “La tour va s'effondrer”», raconte-t-elle à Arab News en évoquant les souvenirs de cette journée terrible qu’elle a vécue il y a vingt ans.

En effet, une heure après l'impact du second avion, la tour sud s'est effondrée, entraînant dans sa chute ses 110 étages. Les 614 personnes qui s'y trouvaient encore ont péri.

11 sept

Les gens courent à la recherche d'un abri, alors qu'un immense nuage de poussière et de débris déferle sur les rues avoisinantes. Sur l'une des photos prises par Suzanne Plunkett, on voit un homme en chemise et cravate en train de courir. Son visage exprime l’épouvante.

«Quand l’homme en cravate est passé, je me suis dit: “Ça suffit”», raconte Mme Plunkett. «Je me suis retournée et j'ai couru».

Avec 15 autres personnes, elle se réfugie dans un petit magasin de bipeurs. Elle s’assoit derrière la caisse, connecte son ordinateur portable avec son vieux Nokia et envoie ses photos au bureau de l'AP.

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Quelques minutes plus tard, sa célèbre photo, qui montre des piétons pétrifiés, parmi lesquels l'homme à la chemise et à la cravate, fait le tour du monde.

Une heure et quarante minutes après que le premier avion a frappé la tour nord, cette dernière s’effondre. Les 1 402 personnes bloquées à l'intérieur sont toutes décédées.

Vingt ans plus tard, Suzanne Plunkett dit avoir du mal à évoquer les événements traumatisants de cette journée. «Ce sentiment ne s'est pas dissipé. Les séquelles sont là, encore et toujours. J'ai suivi une thérapie, mais je tremble encore chaque fois que j'en parle», confie-t-elle.

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Un avion commercial détourné s'écrase sur le World Trade Center le 11 septembre 2001 à New York. (Archive/AFP)

Dans son appartement à Londres où elle vit aujourd'hui, Plunkett regarde de vieilles photos. Elle laisse les clichés parler pour elle: des images de personnes abasourdies et stupéfaites qui errent dans la rue, recouvertes de terre. Certaines sont en pleurs, d'autres curieusement calmes, comme sidérées.

À ce moment-là, le maire de New York, Rudy Giuliani, donne l'ordre d'évacuer le sud de la ville de Manhattan. Suzanne se couvre la tête avec son cardigan afin de protéger ses yeux et ses poumons de cette poussière jaune et suffocante. Elle rejoint l'exode vers le Nord, prenant la direction l'hôtel de ville. Un peu plus tard, elle arrive dans le stade de sport de Chelsea Piers, où un centre de triage a été mis en place.

«C'était un espace immense, complètement vide», se souvient-elle. «Il y avait là un grand nombre de médecins, mais personne à soigner. Les ambulances étaient là, mais il n'y avait pas de blessés à secourir. Tous étaient morts.»

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Les pilotes de ligne prient lors d'une cérémonie de dépôt de gerbes pour les victimes de l'attaque contre le Pentagone le 11 septembre. (Archive/AFP)

À 3 heures du matin, elle regagne à pied son appartement d’East Village. La matinée qu’elle a passée à préparer la séance photo de la Fashion Week lui semble désormais bien lointaine.

«J'ai pris une douche et je me suis allongée dans mon lit. Ma peau me picotait, comme si elle était recouverte de verre. C'était toute cette poussière, cette douleur et cette fatigue.»

M. Giuliani exhorte les New-Yorkais à ne pas quitter leur ville et à l'aider à faire en sorte qu’elle renaisse de ses cendres, mais Suzanne comprend vite que sa vie dans le quartier de l'East Village ne serait plus jamais la même.

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Al Kim visite le National 9/11 Memorial & Museum le 12 juillet 2021 à New York, en l'honneur de ceux qui ont été tués lors des attentats de 2001 et 1993. (Archive/AFP)

«J'étais heureuse de vivre à New York. Je ne savais pas grand-chose du monde et de la politique internationale. Mon rêve était de travailler dans cette ville pour une agence de presse et je l’avais réalisé. J'avais une trentaine d'années et, à mes yeux, New York était le paradis sur terre», raconte-t-elle.

«Le 11-Septembre m’a brusquement réveillée de mon rêve. Il m'a conduite à remettre en question mon pays natal et la raison pour laquelle le monde n'aimait pas les Américains.» Les attentats du 11-Septembre ont également fait voler en éclats les idées que les Américains se faisaient de la guerre. Elle ne se passait plus «là-bas». Elle se déroulait désormais sur leur sol.

«Il y avait ce sentiment propre aux Américains: “On doit se venger, ils nous ont fait du mal et on va se venger d'eux.” Mais la vengeance, ce n'est pas mon truc. Ce que je voulais avant tout, c'était de partir de New York», explique-t-elle.

Les premiers rapports ont fait état de 10 000 victimes (morts et blessés) à New York et en Virginie, où le vol 77 de la compagnie American Airlines a frappé le Pentagone, et 2 996 en Pennsylvanie; ce dernier chiffre inclut les 19 pirates présents à bord du vol 93 de la compagnie United Airlines, qui s'est écrasé dans un champ.

Tandis que les équipes de sauvetage débarquent sur le lieu du drame, les télévisions diffusent en direct des reportages sur les opérations qui se consacrent à la recherche de survivants ensevelis sous 1,8 million de tonnes de débris.

Une vue aérienne montre Ground Zero au milieu des toits de Manhattan. (Dossier/AFP)
Une vue aérienne montre Ground Zero au milieu des toits de Manhattan. (Archive/AFP)

«J'en avais assez de couvrir tout ce qui avait trait au 11-Septembre», confie Suzanne Plunkett. «À chaque mission, je me disais: “Non, on ne fait que remuer le couteau dans la plaie.”»

«Dans la plupart des situations de guerre, votre famille est là pour prendre soin de vous. Les jours qui ont suivi le 11-Septembre, tout le monde à New York était bouleversé. Les gens pleuraient en marchant dans la rue sans que personne ne puisse les soulager.»

Laissant New York derrière elle, Suzanne a rejoint les légions de journalistes qui se dirigeaient vers la nouvelle ligne de front de la guerre contre le terrorisme: l'Afghanistan. Ce pays abritait, croyait-on, le chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden, l'architecte du 11 septembre 2001. Il a fallu attendre dix ans pour que les États-Unis le capturent, dans le pays voisin qu'est le Pakistan.

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Kristina Hollywood et sa fille Allyson assistent à une veillée aux chandelles pour les victimes du 11 septembre sur un site commémoratif après la mort d'Oussama ben Laden le 2 mai 2011. (Archive/AFP)

«On ne peut pas parler du 11-Septembre sans évoquer l'Afghanistan», explique Mme Plunkett. «Le temps passé [à Kaboul] était, dans une large mesure, porteur d'espoir. Il semblait impossible que les choses reviennent en arrière. On avait le sentiment que les talibans étaient finis. Les femmes pouvaient sortir. Elles apprenaient à conduire», se souvient-elle.

«J'ai réalisé toutes sortes de clichés, comme tous les autres photographes d’ailleurs. Nous sommes entrées dans un salon de beauté et, soudain, des femmes m'ont attrapée, maquillée, coiffée. Il régnait une certaine complicité. Nous éprouvions une belle sensation: nos ennuis étaient désormais derrière nous. C’était une sorte de soulagement.»

Aujourd'hui, Suzanne Plunkett se dit consternée de voir les talibans, qui ont repris le pouvoir, réduire à néant les progrès réalisés au cours des vingt dernières années. «Je suis fâchée par ce qui se passe en Afghanistan. Les motivations politiques ne me regardent pas, mais je suis convaincue que l'Afghanistan a été abandonné à son sort.»

Dns le sillage des événements du 11-Septembre, Plunkett est retournée une seule fois à New York. En 2018, elle s’est rendue dans son immeuble de l'East Village pour découvrir qu'il avait été urbanisé. Le charme grunge authentique dont elle se souvenait s'est considérablement estompé.

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Patrick Delaney tient une photo de son ancien ami, le pompier Robert Wallace, à l'extérieur de Ground Zero à l'occasion du huitième anniversaire des attentats extrémistes du 11 septembre 2001. (Archive/AFP)

Tout comme son ancien quartier, elle aussi a changé. Témoigner des événements du 11-Septembre, couvrir la longue mésaventure américaine en Afghanistan et faire la connaissance des Afghans ont bouleversé ses idées sur l'humanité et le monde. Cela l’a poussée au-delà de l'univers protégé du Midwest, où elle a grandi.

«Cette épreuve m'a rendue plus tolérante. Je n'acceptais pas facilement les personnes de cultures différentes. J'ai grandi dans une petite banlieue de Minneapolis. Je n'ai connu que cela», raconte-t-elle.

«Le monde est tellement complexe. Il faut se tenir informé et ne pas vivre dans une bulle. Nous ignorons ce qui passe dans le monde. Si seulement j’avais su tout cela le 10 septembre. Nous devons nous débarrasser de nos œillères, c’est important», souligne-t-elle.

«Le 11-Septembre m'a propulsée dans cette direction. Nous n'aurions pas dû attendre qu'un événement à ce point considérable se produise pour aller à la rencontre de gens qui ne sont pas comme nous et découvrir ce qui les motive. Au fond, ils sont comme nous.»

 

Twitter: @EphremKossaify 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews


Trump et Rubio optimistes sur l’Iran, mais Téhéran suit-il ?

Trump affirme que les négociations se déroulent très bien, tandis que Rubio déclare que la guerre est finie - mais est-ce ainsi que l'autre camp voit les choses ? (FILE/AFP)
Trump affirme que les négociations se déroulent très bien, tandis que Rubio déclare que la guerre est finie - mais est-ce ainsi que l'autre camp voit les choses ? (FILE/AFP)
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  • Marco Rubio a maintenu mercredi son affirmation selon laquelle la guerre avec l'Iran était terminée, alors même que les frappes meurtrières se poursuivaient
  • L'évaluation de M. Trump diffère nettement de celle du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui a déclaré que les lignes de communication avec les États-Unis étaient toujours ouvertes, mais avec "progrès tangible"

WASHINGTON/DUBAI : Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi que les négociations avec l'Iran se déroulaient "très bien" et qu'elles pourraient aboutir à des résultats au cours du week-end prochain.

"J'ai entendu dire que les négociations elles-mêmes se déroulaient très bien", a déclaré M. Trump à la presse, ajoutant à propos d'un accord potentiel : "Cela pourrait se produire (...) au cours du week-end".

Mercredi, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a maintenu son affirmation selon laquelle la guerre avec l'Iran était terminée, alors même que les frappes meurtrières se poursuivaient.

"Nous ne menons plus de frappes soutenues à l'intérieur de l'Iran pour dégrader leur armée, car la furie épique est terminée", a déclaré M. Rubio devant la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, affirmant que les États-Unis avaient remporté la victoire.

L'évaluation de M. Trump diffère nettement de celle du ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui a déclaré que les lignes de communication avec les États-Unis étaient toujours ouvertes, mais qu'aucun "progrès tangible" n'avait été réalisé dans les négociations visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

M. Trump a également déclaré qu'il souhaitait séparer les négociations entre les États-Unis et l'Iran de celles portant sur le conflit entre Israël et le Hezbollah au Liban.

"J'aimerais les séparer, j'aimerais qu'il y ait une chose séparée, parce que c'est, c'est séparé", a déclaré M. Trump.

"Nous avons en fait parlé avec le Hezbollah pour la toute première fois", a déclaré le président américain à propos des efforts déployés pour mettre fin aux combats au Liban.

"Ils se sont mis d'accord hier pour ne pas tirer, Israël ne tirera pas, nous verrons bien", a déclaré M. Trump.

Sémantique du cessez-le-feu

Au cours de la nuit, les États-Unis ont déclaré avoir abattu des drones iraniens et frappé une station de contrôle au sol iranienne, tandis que les forces de Téhéran ont lancé des drones et des missiles en direction de plusieurs pays voisins du Golfe.

M. Trump a minimisé les échanges de tirs en déclarant : "C'est une autre partie de l'histoire : "C'est une autre partie du monde, vous savez. Je dirais que dans cette partie du monde, le cessez-le-feu, c'est quand vous tirez de manière plus modérée."

Il y a une raison à tout, et nous les avons frappés assez durement la nuit précédente, et même la nuit dernière", a déclaré M. Trump à propos des Iraniens, avant d'ajouter : "Quand on m'a expliqué que c'était une erreur, j'ai pensé que c'était une erreur : "Quand on me l'a expliqué, j'ai dit 'd'accord'".

Un cessez-le-feu est en vigueur entre les États-Unis et l'Iran depuis le début du mois d'avril, tandis qu'un autre est entré en vigueur au Liban au milieu du même mois.

Malgré cela, les affrontements entre les différentes parties au conflit se poursuivent.

La question de savoir ce qui est considéré comme un cessez-le-feu ou comme la fin de la guerre reste très discutée.

Définition de la victoire

"Nous définissons la victoire comme la destruction de leur base industrielle de défense, la réduction significative du nombre de lanceurs de missiles qu'ils possèdent, la réduction significative de leur stock de drones", a déclaré M. Rubio.

"Et nous avons atteint tous ces objectifs, en plus de détruire ce qu'il restait de leur force aérienne et d'anéantir la totalité de leur marine conventionnelle.

M. Rubio s'est heurté à une forte résistance de la part des démocrates, qui ont fait valoir que le conflit faisait toujours rage, l'Iran ayant frappé l'aéroport du Koweït mercredi, faisant un mort et 63 blessés dans le cadre d'une escalade majeure du conflit.

Bahreïn, qui, comme le Koweït, accueille une importante présence militaire américaine, a également été la cible de frappes de drones de la part de l'Iran pendant la nuit.

"On peut changer le nom de l'opération. Cela ne change rien au fait que le détroit est toujours fermé et que mes militaires, et tous nos militaires, sont toujours en danger", a déclaré Sara Jacobs, représentante de la Californie, à M. Rubio.

L'Iran pourrait être d'un autre avis

M. Rubio a fait le point sur les négociations avec l'Iran, indiquant que les stocks d'uranium hautement enrichi de la république islamique étaient au centre des discussions et que Téhéran n'avait pas encore accepté d'accord de paix.

Washington insiste sur le fait que l'Iran doit remettre son uranium enrichi de qualité quasi militaire, accepter de limiter ses activités nucléaires et rouvrir le détroit d'Ormuz pour qu'un accord de paix puisse être mis en œuvre.

"Je pense que maintenant, dans certains des documents qui ont été échangés, la question est clairement abordée, mais nous n'avons toujours pas reçu l'approbation finale de leur système ce matin", a déclaré M. Rubio à la commission de la Chambre des représentants.

L'Iran a déclaré qu'il avait besoin du déblocage de 12 milliards de dollars d'avoirs gelés avant d'entamer des discussions de fond sur son programme nucléaire, et a rejeté les commentaires antérieurs du président américain Donald Trump qui a suggéré que son stock d'uranium enrichi serait finalement détruit.

Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a toutefois déclaré dans un message jeudi que les ennemis de l'Iran, après avoir été vaincus sur le champ de bataille, cherchaient maintenant à saper la résilience du public et à semer des divisions internes.

M. Khamenei a appelé à l'unité nationale face à ces menaces et a déclaré que toute action visant à susciter le pessimisme ou la frustration au sein de la population revenait à aider l'ennemi.

Le message a été lu en son nom lors des cérémonies marquant l'anniversaire de la mort du fondateur de la République islamique, Ruhollah Khomeini.

(Avec agences)


Niger: 49 personnes meurent de soif dans le désert après une panne de camion

Quarante-neuf ressortissants nigériens sont morts de soif dans le désert, dans la zone frontalière entre l'Algérie, le Niger et le Mali, après la panne du camion qui les transportait, ont indiqué jeudi les autorités locales. (Photo d'illustration AFP)
Quarante-neuf ressortissants nigériens sont morts de soif dans le désert, dans la zone frontalière entre l'Algérie, le Niger et le Mali, après la panne du camion qui les transportait, ont indiqué jeudi les autorités locales. (Photo d'illustration AFP)
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  • Les 49 personnes ont "trouvé la mort de soif dans une zone reculée située à plus de 80 kilomètres à l'ouest d'Assamaka"
  • "Privés d'eau et incapables de réparer le véhicule malgré les efforts du chauffeur, de ses apprentis et des passagers, les voyageurs se sont retrouvés piégés au cœur d'un environnement hostile"

ABIDJAN: Quarante-neuf ressortissants nigériens sont morts de soif dans le désert, dans la zone frontalière entre l'Algérie, le Niger et le Mali, après la panne du camion qui les transportait, ont indiqué jeudi les autorités locales.

Les 49 personnes ont "trouvé la mort de soif dans une zone reculée située à plus de 80 kilomètres à l'ouest d'Assamaka", a indiqué sur Facebook le gouvernorat d'Agadez, qui administre cette zone, précisant que les voyageurs rentraient du Mali pour célébrer la fête de l'Aïd.

"Privés d'eau et incapables de réparer le véhicule malgré les efforts du chauffeur, de ses apprentis et des passagers, les voyageurs se sont retrouvés piégés au cœur d'un environnement hostile où les températures extrêmes et l'absence de points d'approvisionnement rendent toute survie extrêmement difficile", a détaillé le gouvernorat, ajoutant que les victimes ont été inhumées dans des fosses communes.

"Deux personnes ont toutefois survécu à cette épreuve" et "ont parcouru plus de cinquante kilomètres à pied avant d'atteindre une mare puis de rejoindre Assamaka où ils ont pu donner l'alerte", selon la même source.

De retour du site du drame, les autorités locales ont découvert un autre camion immobilisé à plus de 60 kilomètres d'Assamaka, avec "à son bord plus de 60 personnes... bloquées depuis trois jours au cœur du désert à la suite d'une panne de batterie."

Ces voyageurs avaient quitté un site d'orpaillage malien situé à plus de 300 kilomètres de la frontière nigérienne, précise le gouvernorat dans un second communiqué.

La délégation a apporté l'assistance nécessaire pour dépanner le véhicule, permettant aux passagers de reprendre leur route, ajoute la même source.

Cette zone désertique, point de passage connu de migrants africains qui cherchent à gagner l'Europe, est régulièrement le théâtre de drames de ce type.

En 2025, au moins 35 migrants sont morts dans le désert nigérien, avait rapporté l'ONG Alarme Phone Sahara (APS).

En octobre 2013, 92 migrants nigériens (33 femmes, 52 enfants et 7 hommes) avaient péri de soif en plein désert dans le nord du Niger, près de la frontière algérienne, après avoir été abandonnés par leurs passeurs à la suite de pannes de véhicules. Ils tentaient d'aller en Algérie.

Plus de 34.000 migrants ont été expulsés d'Algérie vers le Niger voisin en 2025, selon APS.


Israël annonce l'ouverture de sa première ambassade en Slovénie

Israël annonce l'ouverture de sa première ambassade en Slovénie
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  • Ljubljana avait reconnu l'Etat de Palestine en juin 2024
  • En avril dernier, la Slovénie avait cosigné avec l'Irlande et l'Espagne une lettre adressée à la Commission européenne pour réclamer un réexamen de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël

JERUSALEM: Israël a annoncé jeudi l'ouverture de sa première ambassade en Slovénie, se félicitant d'un réchauffement des relations avec ce pays d'Europe après le changement de gouvernement.

"Je suis fier d'annoncer qu'Israël ouvrira sa toute première ambassade à Ljubljana", a affirmé le ministre des Affaires étrangères Gidéon Saar dans un communiqué, sans préciser à quelle date.

"L'élection du Premier ministre Janez Jansa marque un nouveau chapitre dans les relations entre Israël et la Slovénie", a affirmé le ministre, évoquant les "années d'hostilité de la part du précédent gouvernement" slovène.

Ljubljana avait reconnu l'Etat de Palestine en juin 2024.

En avril dernier, la Slovénie avait cosigné avec l'Irlande et l'Espagne une lettre adressée à la Commission européenne pour réclamer un réexamen de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël.

En septembre 2025, le gouvernement slovène avait annoncé avoir décidé d'interdire l'entrée sur son territoire au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, rappelant que des procédures étaient en cours contre lui pour crimes de guerre et contre l'humanité à la Cour pénale internationale (CPI).

En juillet 2025, l'interdiction du commerce d'armes avec Israël avait été annoncée, en raison de la guerre dans la bande de Gaza.

Le chef de la droite nationaliste Janez Jansa, admirateur du président américain Donald Trump, a été élu Premier ministre fin mai à Ljubljana par le Parlement.

"Aujourd'hui, nous tournons une nouvelle page. Lorsque les amis d'Israël reviennent au pouvoir, Israël revient également", s'est félicité M. Saar.