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Les attaques d’Al-Qaïda du 11 septembre 2001

Les attaques ont tué 2 996 personnes, en comptant les 19 terroristes d’Al-Qaïda, mais le coût total n’a pas fini d’été comptabilisé à ce jour (Getty Images).
Les attaques ont tué 2 996 personnes, en comptant les 19 terroristes d’Al-Qaïda, mais le coût total n’a pas fini d’été comptabilisé à ce jour (Getty Images).
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Publié le Mardi 08 décembre 2020

Les attaques d’Al-Qaïda du 11 septembre 2001

  • L’horreur retransmise en direct sur les chaînes de télévision mena à la « guerre contre la terreur » qui marqua notre époque

Résumé

A 8h46 du matin, le 11 septembre 2001, un Boeing 767 de la compagnie aérienne American Airlines s’écrase sur la tour nord du World Trade Center à New York. Au moment où les images de la tour détruite attirent toute l’attention des chaînes de télévision à travers la planète, il semble encore possible que ce symbole emblématique des Etats-Unis soit victime d’un accident tragique. 

Mais 17 minutes plus tard, lorsqu’un second Boeing 767 heurte la tour sud alors que les regards du monde entier sont déjà fixés sur les tours jumelles, il ne fait plus aucun doute pour personne que les Etats-Unis subissent une attaque terroriste. La tour sud s’effondre à 9h59 du matin, suivie, 29 minutes plus tard, par la tour nord. Deux autres avions ont été détournés. Le premier est dirigé sur le Pentagone, le deuxième s’écrase dans un champ de Pennsylvanie après l’intervention héroïque de passagers qui mettent en échec le plan des terroristes d’attaquer Washington. 

Les attaques font 2 996 morts, en comptant les 19 terroristes d’Al-Qaïda, mais le coût total n’a pas fini d’été comptabilisé à ce jour. Moins d’un mois plus tard, les Etats-Unis envahissent l’Afghanistan, déclenchant la plus longue guerre de leur histoire. En mars 2003, une coalition menée par les Etats-Unis envahit l’Irak. 

 

LONDRES - L’énormité des évènements qui se sont déroulés à New York ce mardi de fin d’été 2001 peut être mesurée par le fait que la plupart des millions de personnes à travers la planète qui suivirent l’horreur se dérouler devant leurs yeux sur les chaînes de télévision se souviendront toujours de là où ils se trouvaient ce jour-là.  

Je me trouvais dans le petit port de Playa de San Juan sur l’île espagnole de Ténérife, procédant à de derniers ajustements sur le bateau de 7,5 mètres de long sur lequel je devais participer à une course à la rame à travers l’Atlantique jusqu’à l’île antillaise de la Barbade. 

C’était une belle journée, l’océan scintillait sous les rayons de soleil. Ignorant tout des évènements qui se tramaient à plus de 5 000 kilomètres de l’autre côté de l’Atlantique, je me promenais le long du bord de mer, profitant du paysage pittoresque sur le chemin du retour vers l’appartement que j’avais loué dans le petit port de pêche qui abritait les régates, lorsqu’un cri de l’un des rameurs concurrents interrompit mes pensées. 

Il se tenait de l’autre côté de la route, à l’entrée d’un petit restaurant qui qui faisait office de quartier général pour les participants à la course. Il m’appela et je le suivis à l’intérieur du restaurant, mes yeux s’efforçant de s’ajuster dans la pièce sombre. Le bar était inhabituellement bondé pour cette heure de la journée, mais personne n’était assis à une table. Regroupés debout en un demi-cercle, plongés dans un silence de cathédrale, les gens avaient les yeux rivés sur l’écran de télévision installé au-dessus du bar.

Il me fallut un bon moment pour comprendre ce à quoi j’étais en train d’assister. Là sur l’écran, se dressaient les tours jumelles du World Trade Center, le décor familier de bien des films se déroulant à New York. Ce qui n’était pas familier du tout était la fumée s’échappant des deux tours. Il était difficile de comprendre ce qui se passait. Les deux immeubles avaient-ils pu prendre feu simultanément ?

C’est alors que la retransmission du vol 175 de United Airlines s’écrasant sur la seconde tour (sud), coupant à travers la structure comme si elle était faite de papier, et se désintégrant dans une boule de flammes orange, détruisit instantanément tout espoir que la catastrophe à laquelle faisait face la ville de New York puisse être d’origine naturelle. 

Durant les heures et jours qui suivirent, à Playa San Juan, il y eut beaucoup de discussions pour décider s’il serait convenable de maintenir la course. Nous étions tous d’accord de la frivolité d’un tel évènement, dans l’ombre de la catastrophe qui venait de frapper New York. 

Certains des rameurs, notamment mon co-équipier, était d’avis d’annuler la course. Finalement, elle fut maintenue, mais mon co-équipier n’avait pas le cœur à concourir. Après une semaine de course en mer, il jeta l’éponge et embarqua dans l’un des deux yachts qui accompagnaient les concurrents et faisaient office de bateaux de secours. Je partageais avec d’autres l’argument suivant :  ‘si nous changeons notre manière de vivre, les terroristes auront gagné’. Mais pour être honnête, ma motivation pour poursuivre la course était de nature beaucoup plus personnelle et égoïste. 

 

Les Dates Clés

 

  1. Le 2 août 2001 : Le briefing présidentiel quotidien de la CIA souligne que ‘Ben Laden est déterminé à attaquer les Etats-Unis’ et alerte sur des ‘activités suspectes’ qui correspondent à des préparatifs de détournements d’avions. 
  2. Le 11 septembre 2001 : A 8h46 du matin, le vol 11 de American Airlines s’écrase sur la tour nord. A 9h03, le vol 175 de United Airlines s’écrase sur la tour sud. A 9h37, le vol 77 de American Airlines s’écrase sur le Pentagone. A 10h03, le vol 93 de United Airlines s’écrase au sol près du canton de Stonycreek en Pennsylvanie.
  3. Le 25 septembre 2001 : Le secrétaire d’état américain Donald Rumsfeld annonce le début de l’opération ‘Liberté Immuable’. 
  4. Le 26 septembre 2001 : L’Arabie Saoudite rompt ses liens diplomatiques avec le gouvernement afghan contrôlé par les Talibans. 
  5. Le 27 septembre 2001 : Le FBI identifie les 19 terroristes : 15 Saoudiens, 2 Emiratis, 1 Libanais et leur chef, l’Egyptien Mohammed Atta. 
  6. Le 7 octobre 2001 : Les Etats-Unis attaquent l’Afghanistan pour faire tomber le régime des Talibans et déloger Al-Qaïda. 
  7. Le 7 décembre 2001 : L’insurrection des Talibans débute en Afghanistan.
  8. Le 19 mars 2003 : Les forces de la coalition menées par les Etats-Unis envahissent l’Irak. 
  9. Le 29 octobre 2004 : Ben Laden revendique les attaques du 11-Septembre.
  10. Le 2 mai 2011 : Un commando ‘SEAL’ de la marine américaine tue Ben Laden dans sa cache d’Abbottabad au Pakistan.  
  11. Le 11 septembre 2011 : Le mémorial du 11-Septembre est achevé sur l’emplacement des tours jumelles. 
  12. Le 29 février 2019 : Après 18 ans de guerre, les Etats-Unis et les Talibans signent un accord de paix de principe. 

J’avais suivi un entrainement intensif très dur, et avais pris congé de mon poste de journaliste au Times à Londres, afin de participer à cette course sur un bateau que j’avais passé une bonne partie de l’année à construire. Ne pas concourir était impensable. 

En fin de compte, afin de prendre une décision permettant d’avoir la conscience tranquille, la plupart d’entre-nous avaient décidé de se tourner vers les deux Américains alignés sur le seul bateau américain engagé dans la course, et ils n’avaient aucune intention d’abandonner. Les jours qui suivirent l’attaque, le gouvernement américain recommanda à ses citoyens de se faire discrets, un conseil auquel répondit l’un des rameurs, un natif de New York, en se déplaçant partout portant fièrement le drapeau américain sur ses épaules.  



 

« L’Arabie Saoudite a condamné hier les ‘regrettables et inhumaines’ attaques du World Trade Centre et du Pentagone aux Etats-Unis, et réitéré son engagement à combattre toutes formes de terrorisme ».

                              Extrait d’un article à la une d’Arab News, le 12 septembre 2001.

 

Finalement, la course se déroula comme prévu le 7 octobre 2001. Le même jour, les Etats-Unis attaquèrent l’Afghanistan. Les attaques du 11-Septembre avaient été menées par des membres d’Al-Qaïda, une organisation terroriste abritée par les Talibans, qui contrôlaient la majeure partie de l’Afghanistan depuis 1996. 

Seul en mer, mes pensées étaient envahies par les images de l’horreur que l’on venait de vivre, celles des personnes piégées dans les tours jumelles, incapables de faire face aux ravages des flammes, se jetant dans le vide vers une mort certaine. Je pensais aussi aux dernières minutes atroces des passagers du vol 93 de United Airlines, tentant désespérément de prendre le dessus sur les terroristes avant que leur avion s’écrase au sol près du canton de Stonycreek en Pennsylvanie.   

Nuit après nuit, je m’étendais sur le pont du bateau, épuisé d’avoir ramé toute la journée, contemplant l’étonnante panoplie d’étoiles et me demandant lesquels des avions que j’apercevais se dirigeant d’Ouest en Est portaient les instruments de la vengeance américaine. 

« Les répercussions du 11-Septembre se sont cristallisées sur l’Irak et la région entière comme un nuage noir de cendres ». 

 Jonathan Gornall

Lorsque le temps le permettait, je branchais ma radio sur ‘Voice of America’ (La voix de l’Amérique) et suivais les Etats-Unis lancer leur ‘guerre sur la terreur’. Le monde se dirigeait sûrement vers un désastre qui coûterait beaucoup plus de vies que les près de 3 000 perdues le 11 septembre 2001.

Ayant renversé le gouvernement taliban, dont l’autorité avait été reconnue par un bon nombre de pays, les Etats-Unis et la fraîchement établie ‘Autorité intérimaire afghane’ se retrouvèrent à nouveau face aux Talibans, de retour en tant que rebelles. Les Etats-Unis venaient de s’embarquer dans la plus longue guerre de leur histoire qui se poursuit encore près de deux décennies plus tard, malgré des négociations de paix permanentes. 

Quant à Oussama Ben Laden, l’homme derrière l’organisation des attaques, il échappa de justesse aux troupes américaines en Afghanistan en décembre 2001 et demeura en fuite durant près d’une décennie avant que les forces spéciales américaines le trouve et le tue dans sa cache d’Abbottabad, au Pakistan, en mai 2011.  




Extrait des archives de Arab News, le 12 Septembre 2001.

 

Entre temps, dans le cadre de la ‘guerre sur le terrorisme’ annoncée par le président George W. Bush en septembre 2001, une coalition menée par les Etats-Unis avait envahi l’Irak en mars 2003, sous prétexte que le dictateur Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive. Il n’en possédait guère, mais les répercussions du 11-Septembre s’étaient cristallisées sur l’Irak et la région entière comme un nuage noir de cendres, étouffant son économie, coûtant des milliers de vies et, on est en droit de le penser, déclenchant la création du pendant d’Al-Qaïda, Daech, et son projet désastreux d’établir un ‘califat’ à travers de nombreuses zones du Moyen-Orient. 

 

Ce n’est que lorsque mes pieds touchèrent enfin le sol que je pus réaliser à quel point les évènements du 11-Septembre avaient affecté le monde et, de manière cruciale, la dynamique entre l’Ouest et l’Est. A ma surprise – pour ne pas dire désarroi – mon fils unique s’était engagé dans la Marine royale britannique et au début de l’année 2003, il fut mobilisé au Koweït, avant l’invasion de l’Irak. 

Ce printemps, j’avais passé plusieurs semaines avec les yeux rivés sur l’écran de télévision, gardant mon téléphone à proximité en permanence, dans l’espoir de ne pas recevoir le type de nouvelles qui avaient dévasté de si nombreuses familles, à l’Est comme à l’Ouest, cette année-là et bien d’autres qui suivirent. Grace à Dieu, mon fils a survécu. Tous ses compagnons n’ont pas eu cette chance. Après le 11-Septembre, le monde n’était plus vraiment le même pour personne. 

 

Jonathan Gornall, chroniqueur pour Arab News, était en congé du Times, à Londres, pour une course en bateau transatlantique, au moment des évènements du 11 septembre 2001. Son fils, engagé dans la Marine royale britannique, prit part par la suite à l’invasion de l’Irak. 

 


Syrie: deux membres de l'EI arrêtés en lien avec l'attaque d'une mosquée en décembre 

Deux membres du groupe Etat islamique (EI) ont été arrêtés en Syrie en lien avec une attaque en décembre contre une mosquée située dans un secteur alaouite de Homs (centre), a annoncé lundi le ministère de l'Intérieur syrien. (AFP)
Deux membres du groupe Etat islamique (EI) ont été arrêtés en Syrie en lien avec une attaque en décembre contre une mosquée située dans un secteur alaouite de Homs (centre), a annoncé lundi le ministère de l'Intérieur syrien. (AFP)
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  • L'attaque, qui avait fait huit morts, avait été revendiquée par le groupuscule Saraya Ansar al-Sunna, apparu quelques mois plus tôt. Selon des experts, le groupe serait en réalité lié à l'EI - à qui les autorités syriennes avaient imputé l'attentat
  • Dans son communiqué, le ministère annonce l'arrestation "d'Ahmed Attallah al-Diab et d'Anas al-Zarrad, qui appartiennent à l'organisation terroriste Daech (acronyme de l'EI en arabe, NDLR) et sont responsables de l'explosion"

DAMAS: Deux membres du groupe Etat islamique (EI) ont été arrêtés en Syrie en lien avec une attaque en décembre contre une mosquée située dans un secteur alaouite de Homs (centre), a annoncé lundi le ministère de l'Intérieur syrien.

L'attaque, qui avait fait huit morts, avait été revendiquée par le groupuscule Saraya Ansar al-Sunna, apparu quelques mois plus tôt. Selon des experts, le groupe serait en réalité lié à l'EI - à qui les autorités syriennes avaient imputé l'attentat.

Dans son communiqué, le ministère annonce l'arrestation "d'Ahmed Attallah al-Diab et d'Anas al-Zarrad, qui appartiennent à l'organisation terroriste Daech (acronyme de l'EI en arabe, NDLR) et sont responsables de l'explosion ayant visé la mosquée Ali Ben Abi Taleb dans le quartier de Wadi al-Dahab à Homs".

Des explosifs, différentes sortes d'armes et de munitions ainsi que des documents prouvant leur implication dans des attaques, ont également été saisis, selon la même source.

Saraya Ansar al-Sunna avait déjà revendiqué une attaque en juin contre une église de Damas, qui avait tué 25 personnes.

Pendant la guerre civile, déclenchée en 2011 par des manifestations pro-démocratie, l'EI avait contrôlé de vastes territoires avant d'être défait par la coalition internationale en 2019.

Malgré sa défaite, ses combattants repliés dans le vaste désert syrien continuent épisodiquement de mener des attaques.

En décembre, une attaque dans la région de Palmyre avait coûté la vie à trois Américains. Les Etats-Unis ont mené une série de frappes en réponse, et les autorités syriennes une série d'arrestations.

La ville de Homs, à majorité sunnite, compte plusieurs quartiers habités par la minorité alaouite. L'attaque de décembre avait entraîné de larges manifestations de cette communauté.

C'est de cette minorité qu'est issu le président Bachar al-Assad qui a été renversé en décembre 2024 par la coalition dirigée par Ahmad al-Chareh, ancien jihadiste aujourd'hui à la tête de la Syrie.

Depuis, cette communauté a fait l'objet d'attaques et la prise du pouvoir par des islamistes a renforcé les craintes des minorités syriennes.

Les autorités s'efforcent de rassurer sur leur capacité à pacifier et réunifier le pays après une guerre civile de près de 14 ans, et multiplient les gestes pour rassurer les minorités.


La Somalie annule tous ses accords avec les Émirats arabes unis

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  • "Après avoir soigneusement évalué les récents développements et exerçant son autorité constitutionnelle, le Conseil des ministres a annulé tous les accords conclus avec les Émirats arabes unis"
  • Cette décision, qui inclut "les accords bilatéraux de coopération en matière de sécurité et de défense", mais aussi ceux signés avec les administrations régionales, "repose sur des rapports crédibles et des preuves convaincantes"

MOGADISCIO: La Somalie a annulé lundi tous les accords conclus avec les Émirats arabes unis, sur fond de tensions liées à la reconnaissance par Israël du Somaliland et d’informations selon lesquelles les Émiratis auraient utilisé le territoire somalien pour aider un séparatiste yéménite à fuir son pays.

"Après avoir soigneusement évalué les récents développements et exerçant son autorité constitutionnelle, le Conseil des ministres a annulé tous les accords conclus avec les Émirats arabes unis", peut-on lire dans un communiqué gouvernemental reçu par l'AFP.

Cette décision, qui inclut "les accords bilatéraux de coopération en matière de sécurité et de défense", mais aussi ceux signés avec les administrations régionales, "repose sur des rapports crédibles et des preuves convaincantes concernant des actions hostiles sapant la souveraineté nationale, l’unité territoriale et l’indépendance politique du pays", affirme le Conseil des ministres.

Sont également concernés le port de Berbera au Somaliland, propriété d'un groupe émirati, ainsi que ceux de Bosaso (au Puntland, nord-est de la Somalie) et de Kismayo (au Jubaland, sud-ouest), précise le texte.

Situé au nord-ouest de la Somalie, l’État séparatiste du Somaliland représente plus d'un quart de ce que l’État fédéral somalien considère comme étant son territoire.

Quant au Puntland et au Jubaland, ils ont des relations complexes avec le gouvernement fédéral.

Les Émirats sont perçus par de nombreux experts comme étant derrière la reconnaissance récente par Israël de la république autoproclamée du Somaliland, territoire sur lequel Mogadiscio revendique sa souveraineté.

La coalition dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen a également affirmé jeudi que le chef des séparatistes yéménites, soutenus par les Émirats arabes unis, avait été exfiltré à Abou Dhabi, la capitale émiratie, via les ports de Berbera et Mogadiscio.

L’agence somalienne de l’immigration a alors déclaré qu’elle enquêtait sur une "utilisation non autorisée présumée de l’espace aérien et des aéroports nationaux de la Somalie".

"Patience" épuisée 

Interrogé par l'AFP sur ce qui motivait la décision somalienne, un haut responsable du palais présidentiel s'est refusé à entrer dans les détails.

"La décision du cabinet aujourd’hui intervient après une longue période de patience de la part de la direction du gouvernement fédéral. Les Émirats ont continué d’interférer dans les affaires intérieures de la Somalie et se sont livrés à des actes de mauvaise conduite et à une politique de double discours en Somalie", a-t-il commenté.

Le 26 décembre, Israël est devenu le premier pays à reconnaître le Somaliland comme "État indépendant et souverain" depuis sa sécession en 1991 de la Somalie.

La république autoproclamée de 176.000 km2 fonctionne depuis en autonomie, avec ses propres monnaie, armée et police, et se distingue par sa relative stabilité par rapport à la Somalie minée par l'insurrection islamiste des shebab et les conflits politiques chroniques.

Sa position sur le détroit de Bab-el-Mandeb, qui relie la mer Rouge au golfe d'Aden, en fait un territoire stratégique.

Les Émirats arabes unis, cas rare dans le monde musulman, n'ont pas condamné Israël pour sa reconnaissance du Somaliland, contrairement à l'Arabie saoudite.

Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud avait qualifié la décision israélienne de "menace" pour la sécurité et la stabilité de la Corne de l'Afrique.


Iran: le bilan des morts s'alourdit, le pouvoir appelle à des contre-manifestations

Le président Massoud Pezeshkian a exhorté la population à participer lundi à une "marche de résistance" dans tout le pays, pour dénoncer les violences commises, selon lui, par des "criminels terroristes urbains". (AFP)
Le président Massoud Pezeshkian a exhorté la population à participer lundi à une "marche de résistance" dans tout le pays, pour dénoncer les violences commises, selon lui, par des "criminels terroristes urbains". (AFP)
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  • "Des informations non vérifiées indiquent qu'au moins plusieurs centaines, voire plus de 2.000 personnes selon certaines sources, auraient été tuées", a-t-elle souligné, dénonçant un "massacre" et un "crime (...) majeur contre le peuple iranien"
  • D'une ampleur inédite depuis trois ans, le mouvement pose à la République islamique, proclamée en 1979, l'un de ses plus grands défis

PARIS: Le pouvoir iranien a perpétré un "massacre", selon un groupe de défense des droits humains, pour réprimer le mouvement de contestation dans le pays, où les autorités ont appelé à des manifestations lundi en soutien à la République islamique.

L'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a déclaré dimanche avoir confirmé la mort d'au moins 192 manifestants, mais averti que le nombre réel de victimes pourrait être beaucoup plus élevé.

"Des informations non vérifiées indiquent qu'au moins plusieurs centaines, voire plus de 2.000 personnes selon certaines sources, auraient été tuées", a-t-elle souligné, dénonçant un "massacre" et un "crime (...) majeur contre le peuple iranien".

D'une ampleur inédite depuis trois ans, le mouvement pose à la République islamique, proclamée en 1979, l'un de ses plus grands défis.

Déclenché à Téhéran le 28 décembre par des commerçants protestant contre la cherté de la vie, il a gagné de nombreuses autres villes. Les autorités ont imposé une coupure d'internet, désormais en vigueur depuis plus de 72 heures, selon l'ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, a appelé les autorités à "la plus grande retenue" dans l'usage de la force et à rétablir les communications.

L'IHR a aussi estimé à plus de 2.600 les manifestants arrêtés.

Le pouvoir judiciaire a réitéré que les mis en cause seraient traités "avec fermeté", après que le chef de la police a fait état "d'importantes arrestations".

"Deuil national" 

En fin de journée, le gouvernement a décrété trois jours de deuil national pour les "martyrs de la résistance", en référence notamment aux membres des forces de sécurité tués.

Si les autorités disent comprendre les revendications économiques des manifestants, elles fustigent désormais de plus en plus des "émeutiers" instrumentalisés selon elles par l'étranger, les Etats-Unis et Israël en tête.

Le président Massoud Pezeshkian a exhorté la population à participer lundi à une "marche de résistance" dans tout le pays, pour dénoncer les violences commises, selon lui, par des "criminels terroristes urbains".

La télévision d'Etat a diffusé des images de bâtiments en feu, dont une mosquée, ainsi que de cortèges funéraires d'agents des forces de l'ordre.

Dimanche, une vidéo largement partagée montrait de nouveau des manifestants se rassemblant dans le quartier de Pounak, à Téhéran, en scandant des slogans en faveur de la monarchie déchue.

La télévision d'Etat s'est efforcée de montrer une forme de retour au calme, diffusant des images d'une circulation fluide. Le gouverneur de Téhéran, Mohammad-Sadegh Motamedian, a affirmé à la télévision que "le nombre de manifestations (était) en baisse".

Très présent sur les réseaux sociaux, Reza Pahlavi, fils en exil du chah renversé en 1979, a de son côté appelé à de nouvelles actions, se disant prêt à retourner dans son pays et mener une transition démocratique.

Hôpitaux "débordés" 

Des images publiées sur les réseaux sociaux  - probablement par des moyens satellitaires - ont montré de grandes foules défilant dans la nuit de samedi à dimanche dans plusieurs villes iraniennes, notamment la capitale Téhéran et Machhad, dans l'est du pays.

Dans une autre vidéo authentifiée par l'AFP, on voit des dizaines de corps enveloppés dans des sacs noirs devant une morgue de Téhéran, et ce qui semble être des Iraniens à la recherche de leurs proches disparus.

Le Centre pour les droits de l'homme en Iran (CHRI), dont le siège est à New York, a affirmé que les hôpitaux étaient "débordés" par l'afflux de manifestants blessés, et que les réserves de sang diminuent.

A Téhéran, un journaliste de l'AFP décrit une quasi-paralysie de la vie quotidienne, avec beaucoup de boutiques qui ont baissé le rideau.

Les écoles sont fermées et l'enseignement se fait désormais à distance mais sans internet, il est impossible de se connecter. De même, si de nombreux Iraniens se rendent encore au bureau, l'absence de réseau rend toute activité difficile.

Des manifestations de solidarité ont rassemblé des milliers de personnes dimanche à Paris, Londres ou Vienne, tandis qu'à Istanbul, la police turque a bloqué les manifestants devant le consulat iranien.

"Vivant ou non" 

"Nous ne savons rien de nos proches actuellement en Iran", a déploré dans la foule londonienne Fahimeh Moradi, 52 ans. "Mon fils est là-bas, et je ne sais pas s'il est vivant ou non".

Le président américain Donald Trump a répété samedi que Washington se tenait "prêt à aider" les manifestants "aspirant à la liberté".

En cas de frappes américaines, l'Iran ripostera en ciblant des sites militaires et le transport maritime des Etats-Unis, a averti le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui dit espérer que Téhéran "serait bientôt délivré du joug de la tyrannie", tandis qu'un haut responsable militaire affirmait que l'armée serait "en mesure de répondre avec force si nécessaire".

La mobilisation survient dans un pays affaibli par une guerre avec Israël en juin et les coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux, ainsi que par les sanctions liées à son programme nucléaire rétablies en septembre par l'ONU.