Click on the number for more info

Les attaques d’Al-Qaïda du 11 septembre 2001

Les attaques ont tué 2 996 personnes, en comptant les 19 terroristes d’Al-Qaïda, mais le coût total n’a pas fini d’été comptabilisé à ce jour (Getty Images).
Les attaques ont tué 2 996 personnes, en comptant les 19 terroristes d’Al-Qaïda, mais le coût total n’a pas fini d’été comptabilisé à ce jour (Getty Images).
Short Url
Publié le Mardi 08 décembre 2020

Les attaques d’Al-Qaïda du 11 septembre 2001

  • L’horreur retransmise en direct sur les chaînes de télévision mena à la « guerre contre la terreur » qui marqua notre époque

Résumé

A 8h46 du matin, le 11 septembre 2001, un Boeing 767 de la compagnie aérienne American Airlines s’écrase sur la tour nord du World Trade Center à New York. Au moment où les images de la tour détruite attirent toute l’attention des chaînes de télévision à travers la planète, il semble encore possible que ce symbole emblématique des Etats-Unis soit victime d’un accident tragique. 

Mais 17 minutes plus tard, lorsqu’un second Boeing 767 heurte la tour sud alors que les regards du monde entier sont déjà fixés sur les tours jumelles, il ne fait plus aucun doute pour personne que les Etats-Unis subissent une attaque terroriste. La tour sud s’effondre à 9h59 du matin, suivie, 29 minutes plus tard, par la tour nord. Deux autres avions ont été détournés. Le premier est dirigé sur le Pentagone, le deuxième s’écrase dans un champ de Pennsylvanie après l’intervention héroïque de passagers qui mettent en échec le plan des terroristes d’attaquer Washington. 

Les attaques font 2 996 morts, en comptant les 19 terroristes d’Al-Qaïda, mais le coût total n’a pas fini d’été comptabilisé à ce jour. Moins d’un mois plus tard, les Etats-Unis envahissent l’Afghanistan, déclenchant la plus longue guerre de leur histoire. En mars 2003, une coalition menée par les Etats-Unis envahit l’Irak. 

 

LONDRES - L’énormité des évènements qui se sont déroulés à New York ce mardi de fin d’été 2001 peut être mesurée par le fait que la plupart des millions de personnes à travers la planète qui suivirent l’horreur se dérouler devant leurs yeux sur les chaînes de télévision se souviendront toujours de là où ils se trouvaient ce jour-là.  

Je me trouvais dans le petit port de Playa de San Juan sur l’île espagnole de Ténérife, procédant à de derniers ajustements sur le bateau de 7,5 mètres de long sur lequel je devais participer à une course à la rame à travers l’Atlantique jusqu’à l’île antillaise de la Barbade. 

C’était une belle journée, l’océan scintillait sous les rayons de soleil. Ignorant tout des évènements qui se tramaient à plus de 5 000 kilomètres de l’autre côté de l’Atlantique, je me promenais le long du bord de mer, profitant du paysage pittoresque sur le chemin du retour vers l’appartement que j’avais loué dans le petit port de pêche qui abritait les régates, lorsqu’un cri de l’un des rameurs concurrents interrompit mes pensées. 

Il se tenait de l’autre côté de la route, à l’entrée d’un petit restaurant qui qui faisait office de quartier général pour les participants à la course. Il m’appela et je le suivis à l’intérieur du restaurant, mes yeux s’efforçant de s’ajuster dans la pièce sombre. Le bar était inhabituellement bondé pour cette heure de la journée, mais personne n’était assis à une table. Regroupés debout en un demi-cercle, plongés dans un silence de cathédrale, les gens avaient les yeux rivés sur l’écran de télévision installé au-dessus du bar.

Il me fallut un bon moment pour comprendre ce à quoi j’étais en train d’assister. Là sur l’écran, se dressaient les tours jumelles du World Trade Center, le décor familier de bien des films se déroulant à New York. Ce qui n’était pas familier du tout était la fumée s’échappant des deux tours. Il était difficile de comprendre ce qui se passait. Les deux immeubles avaient-ils pu prendre feu simultanément ?

C’est alors que la retransmission du vol 175 de United Airlines s’écrasant sur la seconde tour (sud), coupant à travers la structure comme si elle était faite de papier, et se désintégrant dans une boule de flammes orange, détruisit instantanément tout espoir que la catastrophe à laquelle faisait face la ville de New York puisse être d’origine naturelle. 

Durant les heures et jours qui suivirent, à Playa San Juan, il y eut beaucoup de discussions pour décider s’il serait convenable de maintenir la course. Nous étions tous d’accord de la frivolité d’un tel évènement, dans l’ombre de la catastrophe qui venait de frapper New York. 

Certains des rameurs, notamment mon co-équipier, était d’avis d’annuler la course. Finalement, elle fut maintenue, mais mon co-équipier n’avait pas le cœur à concourir. Après une semaine de course en mer, il jeta l’éponge et embarqua dans l’un des deux yachts qui accompagnaient les concurrents et faisaient office de bateaux de secours. Je partageais avec d’autres l’argument suivant :  ‘si nous changeons notre manière de vivre, les terroristes auront gagné’. Mais pour être honnête, ma motivation pour poursuivre la course était de nature beaucoup plus personnelle et égoïste. 

 

Les Dates Clés

 

  1. Le 2 août 2001 : Le briefing présidentiel quotidien de la CIA souligne que ‘Ben Laden est déterminé à attaquer les Etats-Unis’ et alerte sur des ‘activités suspectes’ qui correspondent à des préparatifs de détournements d’avions. 
  2. Le 11 septembre 2001 : A 8h46 du matin, le vol 11 de American Airlines s’écrase sur la tour nord. A 9h03, le vol 175 de United Airlines s’écrase sur la tour sud. A 9h37, le vol 77 de American Airlines s’écrase sur le Pentagone. A 10h03, le vol 93 de United Airlines s’écrase au sol près du canton de Stonycreek en Pennsylvanie.
  3. Le 25 septembre 2001 : Le secrétaire d’état américain Donald Rumsfeld annonce le début de l’opération ‘Liberté Immuable’. 
  4. Le 26 septembre 2001 : L’Arabie Saoudite rompt ses liens diplomatiques avec le gouvernement afghan contrôlé par les Talibans. 
  5. Le 27 septembre 2001 : Le FBI identifie les 19 terroristes : 15 Saoudiens, 2 Emiratis, 1 Libanais et leur chef, l’Egyptien Mohammed Atta. 
  6. Le 7 octobre 2001 : Les Etats-Unis attaquent l’Afghanistan pour faire tomber le régime des Talibans et déloger Al-Qaïda. 
  7. Le 7 décembre 2001 : L’insurrection des Talibans débute en Afghanistan.
  8. Le 19 mars 2003 : Les forces de la coalition menées par les Etats-Unis envahissent l’Irak. 
  9. Le 29 octobre 2004 : Ben Laden revendique les attaques du 11-Septembre.
  10. Le 2 mai 2011 : Un commando ‘SEAL’ de la marine américaine tue Ben Laden dans sa cache d’Abbottabad au Pakistan.  
  11. Le 11 septembre 2011 : Le mémorial du 11-Septembre est achevé sur l’emplacement des tours jumelles. 
  12. Le 29 février 2019 : Après 18 ans de guerre, les Etats-Unis et les Talibans signent un accord de paix de principe. 

J’avais suivi un entrainement intensif très dur, et avais pris congé de mon poste de journaliste au Times à Londres, afin de participer à cette course sur un bateau que j’avais passé une bonne partie de l’année à construire. Ne pas concourir était impensable. 

En fin de compte, afin de prendre une décision permettant d’avoir la conscience tranquille, la plupart d’entre-nous avaient décidé de se tourner vers les deux Américains alignés sur le seul bateau américain engagé dans la course, et ils n’avaient aucune intention d’abandonner. Les jours qui suivirent l’attaque, le gouvernement américain recommanda à ses citoyens de se faire discrets, un conseil auquel répondit l’un des rameurs, un natif de New York, en se déplaçant partout portant fièrement le drapeau américain sur ses épaules.  



 

« L’Arabie Saoudite a condamné hier les ‘regrettables et inhumaines’ attaques du World Trade Centre et du Pentagone aux Etats-Unis, et réitéré son engagement à combattre toutes formes de terrorisme ».

                              Extrait d’un article à la une d’Arab News, le 12 septembre 2001.

 

Finalement, la course se déroula comme prévu le 7 octobre 2001. Le même jour, les Etats-Unis attaquèrent l’Afghanistan. Les attaques du 11-Septembre avaient été menées par des membres d’Al-Qaïda, une organisation terroriste abritée par les Talibans, qui contrôlaient la majeure partie de l’Afghanistan depuis 1996. 

Seul en mer, mes pensées étaient envahies par les images de l’horreur que l’on venait de vivre, celles des personnes piégées dans les tours jumelles, incapables de faire face aux ravages des flammes, se jetant dans le vide vers une mort certaine. Je pensais aussi aux dernières minutes atroces des passagers du vol 93 de United Airlines, tentant désespérément de prendre le dessus sur les terroristes avant que leur avion s’écrase au sol près du canton de Stonycreek en Pennsylvanie.   

Nuit après nuit, je m’étendais sur le pont du bateau, épuisé d’avoir ramé toute la journée, contemplant l’étonnante panoplie d’étoiles et me demandant lesquels des avions que j’apercevais se dirigeant d’Ouest en Est portaient les instruments de la vengeance américaine. 

« Les répercussions du 11-Septembre se sont cristallisées sur l’Irak et la région entière comme un nuage noir de cendres ». 

 Jonathan Gornall

Lorsque le temps le permettait, je branchais ma radio sur ‘Voice of America’ (La voix de l’Amérique) et suivais les Etats-Unis lancer leur ‘guerre sur la terreur’. Le monde se dirigeait sûrement vers un désastre qui coûterait beaucoup plus de vies que les près de 3 000 perdues le 11 septembre 2001.

Ayant renversé le gouvernement taliban, dont l’autorité avait été reconnue par un bon nombre de pays, les Etats-Unis et la fraîchement établie ‘Autorité intérimaire afghane’ se retrouvèrent à nouveau face aux Talibans, de retour en tant que rebelles. Les Etats-Unis venaient de s’embarquer dans la plus longue guerre de leur histoire qui se poursuit encore près de deux décennies plus tard, malgré des négociations de paix permanentes. 

Quant à Oussama Ben Laden, l’homme derrière l’organisation des attaques, il échappa de justesse aux troupes américaines en Afghanistan en décembre 2001 et demeura en fuite durant près d’une décennie avant que les forces spéciales américaines le trouve et le tue dans sa cache d’Abbottabad, au Pakistan, en mai 2011.  




Extrait des archives de Arab News, le 12 Septembre 2001.

 

Entre temps, dans le cadre de la ‘guerre sur le terrorisme’ annoncée par le président George W. Bush en septembre 2001, une coalition menée par les Etats-Unis avait envahi l’Irak en mars 2003, sous prétexte que le dictateur Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive. Il n’en possédait guère, mais les répercussions du 11-Septembre s’étaient cristallisées sur l’Irak et la région entière comme un nuage noir de cendres, étouffant son économie, coûtant des milliers de vies et, on est en droit de le penser, déclenchant la création du pendant d’Al-Qaïda, Daech, et son projet désastreux d’établir un ‘califat’ à travers de nombreuses zones du Moyen-Orient. 

 

Ce n’est que lorsque mes pieds touchèrent enfin le sol que je pus réaliser à quel point les évènements du 11-Septembre avaient affecté le monde et, de manière cruciale, la dynamique entre l’Ouest et l’Est. A ma surprise – pour ne pas dire désarroi – mon fils unique s’était engagé dans la Marine royale britannique et au début de l’année 2003, il fut mobilisé au Koweït, avant l’invasion de l’Irak. 

Ce printemps, j’avais passé plusieurs semaines avec les yeux rivés sur l’écran de télévision, gardant mon téléphone à proximité en permanence, dans l’espoir de ne pas recevoir le type de nouvelles qui avaient dévasté de si nombreuses familles, à l’Est comme à l’Ouest, cette année-là et bien d’autres qui suivirent. Grace à Dieu, mon fils a survécu. Tous ses compagnons n’ont pas eu cette chance. Après le 11-Septembre, le monde n’était plus vraiment le même pour personne. 

 

Jonathan Gornall, chroniqueur pour Arab News, était en congé du Times, à Londres, pour une course en bateau transatlantique, au moment des évènements du 11 septembre 2001. Son fils, engagé dans la Marine royale britannique, prit part par la suite à l’invasion de l’Irak. 

 


Yémen : l’aide vitale de 346 millions de dollars accordée par l’Arabie saoudite

L’Arabie saoudite soutient l’économie du Yémen depuis des années à travers une réhabilitation économique progressive, incluant des projets d’infrastructure, de santé et d’énergie, ainsi que des initiatives humanitaires. (Saba)
L’Arabie saoudite soutient l’économie du Yémen depuis des années à travers une réhabilitation économique progressive, incluant des projets d’infrastructure, de santé et d’énergie, ainsi que des initiatives humanitaires. (Saba)
Short Url
  • Un nouveau programme de 1,3 milliard de riyals saoudiens vise les salaires, les pénuries de liquidités et la stabilité de l’État à un moment charnière pour le gouvernement d’Aden
  • Le soutien économique renforce la dynamique des réformes et positionne la sécurité comme fondement du redressement à long terme du Yémen

​​​​​​LONDRES : Lorsque Riyad a annoncé mercredi un nouveau programme de 1,3 milliard de riyals saoudiens (346,6 millions de dollars) pour soutenir le budget du gouvernement yéménite, les salaires et les coûts opérationnels, il s’agissait de bien plus qu’un simple geste financier. Cela réaffirmait une doctrine constante : la diplomatie par la stabilisation économique.

L’engagement militaire et humanitaire de l’Arabie saoudite au Yémen attire depuis longtemps l’attention internationale. Pourtant, son rôle économique — à travers un soutien budgétaire direct, des dépôts et de vastes projets de développement — a été tout aussi central dans l’orientation du fragile chemin du pays vers la reprise.

Cette dernière aide traduit la conviction de Riyad que la stabilité budgétaire est le socle d’un progrès politique et sécuritaire durable.

Le Royaume a déployé de nombreuses initiatives économiques et humanitaires ces dernières années.

--
Des soldats gouvernementaux circulent à l’arrière d’un pick-up dans la ville portuaire de Mukalla, sur la mer d’Arabie. (Reuters/File)

Le projet Masam, programme de déminage financé par l’Arabie saoudite et lancé en juin 2018 sous l’égide de KSrelief en partenariat avec le Centre exécutif yéménite de lutte antimines, a permis de neutraliser plus de 450 000 engins explosifs.

En septembre 2025, KSrelief et l’agence des Nations unies pour les migrations, Organisation internationale pour les migrations (OIM), ont lancé deux projets d’un montant total de 4,45 millions de dollars : l’un remplaçant l’acheminement coûteux d’eau par camion à Ma’rib par des systèmes d’approvisionnement permanents, l’autre réhabilitant des établissements scolaires à Aden, Lahj et Taëz pour les communautés affectées par le conflit.

Cela s’appuie sur le portefeuille du Programme saoudien pour le développement et la reconstruction du Yémen (SDRPY), qui comprend des centaines de projets d’infrastructure couvrant l’éducation, la santé, l’eau, l’énergie, les transports, l’agriculture, la pêche et le renforcement des capacités institutionnelles, offrant une bouée de sauvetage à des millions de personnes au cœur de ce que l’ONU qualifie souvent de pire crise humanitaire au monde.

Cependant, cette orientation, impulsée par les dirigeants saoudiens et mise en œuvre par le SDRPY, intervient à un tournant pour la gouvernance yéménite.

Fraîchement remanié à la suite de récents changements à sa tête, le pays fait face à de graves tensions économiques. Les institutions publiques sont confrontées à de sévères pénuries de liquidités et à des arriérés de salaires qui menacent d’éroder la confiance déjà fragile envers l’État.

--
Des habitants se promènent dans le marché traditionnel de Mukalla, dans le Hadramout, au Yémen. (Reuters/File)

Le programme du SDRPY vise à renforcer la stabilité économique, financière et monétaire, à améliorer les capacités gouvernementales, la gouvernance et la transparence, et à donner au secteur privé les moyens de stimuler une croissance durable.

Avec un produit intérieur brut de seulement 19 à 20 milliards de dollars, classé environ au 125e rang mondial, ce plan entend relancer une économie yéménite exsangue et briser le cercle vicieux où l’effondrement alimente la dépendance à l’aide, rendant l’État quasiment ingouvernable.

« Il ne fait aucun doute que le récent soutien saoudien au gouvernement yéménite intervient à un moment important, après la formation du nouveau gouvernement dirigé par le Dr Shaea Al-Zandani et son retour dans la capitale provisoire Aden pour gérer les affaires depuis l’intérieur du pays », a déclaré l’analyste du Golfe Abdulhadi Al-Habtoor à Arab News.

« Comme l’a annoncé le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, ce soutien vise à couvrir les dépenses opérationnelles et les salaires, répondant aux besoins urgents du gouvernement yéménite.

--
Un Yéménite déplacé pose pour un portrait avec ses filles dans leur abri à l’intérieur d’un camp à Marib, au Yémen. (Reuters/File)

« À mon avis, cette aide permettra également au gouvernement de poursuivre les réformes économiques engagées récemment, en mettant l’accent sur la transparence, la lutte contre la corruption et l’unification des recettes de l’État sous l’autorité de la banque centrale yéménite. »

La masse salariale publique du Yémen — pilier vital de toute société — s’est presque effondrée. Enseignants, soldats, personnels médicaux et fonctionnaires dans les zones contrôlées par le gouvernement ont passé des mois sans être payés.

Même lorsque les salaires sont versés, la forte dépréciation du rial yéménite en a érodé la valeur, contraignant les familles à emprunter, vendre leurs biens ou sauter des repas pour survivre.

Sur le plan économique, le programme cible le défi structurel le plus grave du Yémen : l’incapacité à rémunérer régulièrement environ un demi-million de fonctionnaires.

Des responsables saoudiens ont indiqué que les fonds soutiendront le volet salarial du budget yéménite, garantiront des décaissements réguliers et poseront les bases d’une stabilité financière à long terme.

« Le Yémen demeure la priorité régionale numéro un de l’Arabie saoudite », a affirmé Salman Al-Ansari, chercheur saoudien en géopolitique, à Arab News. « L’Arabie saoudite est le principal partenaire humanitaire et de développement du Yémen dans le monde, ayant fourni plus de 20 milliards de dollars d’aide au cours de la dernière décennie.

--
KSrelief distribue 390 bons d’habillement dans la province de Lahj, au Yémen. (KSrelief)

« Plus de deux millions de Yéménites vivent et travaillent dans le Royaume, reflétant les liens humains profonds entre nos peuples. Le paiement des salaires à nos frères et sœurs au Yémen n’est qu’un volet d’un engagement saoudien plus large visant à aider les Yéménites à reconstruire leur vie et à restaurer la stabilité. »

Les implications dépassent la seule question des salaires. En injectant des liquidités dans les différentes régions du Yémen, le programme vise à restaurer le pouvoir d’achat, stabiliser les revenus des ménages et raviver la confiance dans les marchés locaux.

À terme, cela pourrait relancer les petites entreprises, renforcer les chaînes d’approvisionnement et affaiblir les économies parallèles contrôlées par des milices et des réseaux informels — apportant un semblant de normalité à un pays où le désespoir semblait omniprésent.

« Il ne faut pas oublier que ce soutien saoudien intervient après les récents événements dans l’est du Yémen (Hadramout et Al-Mahra) et les troubles provoqués par le Conseil de transition du Sud avant sa dissolution — des développements qui ont eu un impact négatif sur les conditions de vie des habitants », a ajouté Al-Habtoor.

« Ce dernier soutien devrait rétablir la normalité dans les provinces libérées, renforcer l’unité des rangs du gouvernement légitime et consolider les efforts pour faire face au groupe terroriste houthi, qui contrôle toujours la capitale yéménite, Sanaa. »

--
De la fumée s’élève après une frappe aérienne de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite dans le port sudiste de Mukalla, au Yémen. (SABAA/Reuters)

L’approche de Riyad se distingue par sa continuité.

Depuis 2012, l’Arabie saoudite a injecté environ 12,6 milliards de dollars d’aide économique au Yémen — sous forme de dépôts à la banque centrale, de transferts monétaires et de subventions directes — afin d’éviter un effondrement budgétaire et de freiner la spirale inflationniste qui a sapé la gouvernance locale.

Cette aide s’inscrit dans le récit régional central du Royaume : sécurité et développement sont indissociables.

Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, a récemment souligné que le soutien de Riyad « incarne l’engagement du Royaume à renforcer la sécurité et la stabilité et à contribuer à bâtir un avenir meilleur pour le Yémen et son peuple ».

Cette logique façonne une grande partie de la stratégie actuelle de l’Arabie saoudite au Yémen : privilégier une réhabilitation économique progressive — via un soutien en liquidités et des projets ciblés — plutôt que de vastes promesses de reconstruction.

La déclaration du ministère de la Défense en janvier indiquant que l’Arabie saoudite avait lancé 28 projets de développement d’une valeur de 1,9 milliard de riyals dans des secteurs clés tels que la santé, l’énergie et l’éducation a consolidé cette approche intégrée : stabiliser les services essentiels tout en redynamisant les infrastructures publiques.

--
Un projet du Programme saoudien pour le développement et la reconstruction du Yémen. (SDRPY)

Au Yémen, de telles mesures revêtent un poids social et politique profond. Des salaires réguliers et un financement opérationnel signalent une forme de légitimité, maintenant les employés publics liés à l’appareil d’État et empêchant l’érosion de la gouvernance.

Dans un paysage longtemps marqué par l’autorité fragmentée, la continuité financière devient un acte simple mais essentiel de construction étatique.

Les critiques soulignent toutefois que l’ampleur des besoins dépasse largement le montant de l’aide. L’économie yéménite — fonctionnant à une fraction de sa capacité d’avant-guerre, confrontée aux blocages des exportations pétrolières, aux flambées inflationnistes et à la baisse du soutien des donateurs — devrait se contracter de 1,5 % en termes réels en 2025 et demeure institutionnellement divisée.

Cependant, du point de vue de Riyad, la stabilisation à court terme doit précéder le changement structurel, une philosophie qui fait écho à ses propres doctrines économiques internes, où les marges budgétaires ouvrent la voie à la diversification.

--
Une clinique médicale mobile de KSrelief à Hajjah, au Yémen. (KSrelief)

Le soutien de 346 millions de dollars agit ainsi sur deux fronts étroitement liés : une bouée humanitaire pour des millions de personnes confrontées à l’insécurité salariale, et une ancre géopolitique préservant la souveraineté du Yémen face à un effondrement supplémentaire.

Les analystes y voient une diplomatie calibrée : moins une aide transactionnelle qu’un leadership soutenu dans un voisinage volatil vital pour les intérêts saoudiens.

Alors que le Yémen entame une nouvelle année d’incertitudes, le dernier soutien de l’Arabie saoudite ne résoudra peut-être pas la crise, mais il réaffirme un principe devenu central dans la politique étrangère de Riyad : l’endurance économique est la pierre angulaire de la sécurité.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Echange de 86 détenus entre Damas et des factions druzes à Soueïda

Une source druze avait indiqué mardi à l'AFP que des négociations, sous médiation américaine, étaient en cours entre le gouvernement syrien et un dignitaire religieux druze pour finaliser l'accord d'échange. (AFP)
Une source druze avait indiqué mardi à l'AFP que des négociations, sous médiation américaine, étaient en cours entre le gouvernement syrien et un dignitaire religieux druze pour finaliser l'accord d'échange. (AFP)
Short Url
  • Soueïda reste le dernier grand territoire échappant au contrôle des troupes de Damas, qui consolide son autorité sur le pays morcelé par près de 14 ans de guerre civile
  • Dans un communiqué, le CICR a précisé avoir "facilité la libération de 86 détenus entre Damas et Soueïda: 61 ont été transférés vers Soueïda et 25 vers Damas"

SYRIE: Le gouvernement syrien et des factions druzes de la province méridionale de Soueïda ont procédé jeudi à un échange de 86 détenus, a indiqué le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Ces hommes étaient détenus depuis les violences meurtrières survenues à l'été 2025 dans ce bastion des druzes, une minorité arabophone professant une foi issue d'un islam hétérodoxe.

Soueïda reste le dernier grand territoire échappant au contrôle des troupes de Damas, qui consolide son autorité sur le pays morcelé par près de 14 ans de guerre civile.

Dans un communiqué, le CICR a précisé avoir "facilité la libération de 86 détenus entre Damas et Soueïda: 61 ont été transférés vers Soueïda et 25 vers Damas".

Une source druze avait indiqué mardi à l'AFP que des négociations, sous médiation américaine, étaient en cours entre le gouvernement syrien et un dignitaire religieux druze pour finaliser l'accord d'échange.

A un point de contrôle de la localité d'Al-Mtouna, dans le nord de la province et sous contrôle gouvernemental, une équipe de l'AFP a vu deux bus transportant des détenus en provenance de la prison d'Adra, près de Damas.

Escortés par les forces syriennes et le CICR, ils ont pris la route de Soueïda, accompagnés d'une ambulance et d'un véhicule de la Croix-Rouge.

Peu après, un bus transportant des membres des forces de sécurité et de l'armée détenus par la Garde nationale - faction armée druze de Soueïda - est arrivé.

Le chef du CICR en Syrie, Stephan Sakalian, a dit espérer que l'opération ouvre la voie à d'autres libérations et à un dialogue sur le sort des personnes portées disparues depuis les violences de juillet.

Des affrontements avaient alors opposé combattants druzes et bédouins sunnites avant l'intervention des forces de sécurité et de tribus venues d'autres régions pour prêter main forte aux bédouins.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), ces violences ont fait plus de 2.000 morts, dont 789 civils druzes. Elles ont été marquées par des exactions et des exécutions sommaires visant cette minorité, d'après des témoignages de survivants et des ONG.

Après la fin de l'échange, Tarek al-Maghoush, chargé du dossier au sein de la Garde nationale, a parlé de négociations indirectes "difficiles".

Le porte-parole de la Garde nationale, Talal Amer, a déclaré à l'AFP que les négociations s'étaient déroulées via les Etats-Unis et "sous la supervision" d'Israël, pays qu'il a remercié pour son "soutien total" lors des violences.

En 2025, Israël, où vivent plus de 150.000 druzes, était intervenu en Syrie en bombardant les forces gouvernementales au nom de la défense de la communauté druze dans le pays voisin.

Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 20 juillet, mais la situation demeure tendue et l'accès à Soueïda difficile.

Des habitants accusent le gouvernement d'imposer un siège aux zones hors de son contrôle, qui accueillent des dizaines de milliers de déplacés, ce que dément Damas. Plusieurs convois d'aide ont toutefois pu entrer depuis.


Israël vise à imposer «un changement démographique permanent» en Cisjordanie et à Gaza, selon l'ONU

Les actions menées par Israël en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza visent à imposer "un changement démographique permanent" dans ces territoires palestiniens, a affirmé jeudi le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk. (AFP)
Les actions menées par Israël en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza visent à imposer "un changement démographique permanent" dans ces territoires palestiniens, a affirmé jeudi le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk. (AFP)
Short Url
  • "Prises dans leur ensemble, les actions d'Israël semblent viser à opérer un changement démographique permanent à Gaza et en Cisjordanie, suscitant des inquiétudes quant à un nettoyage ethnique", a déclaré M. Türk dans un discours à Genève
  • Il a souligné notamment que les opérations militaires israéliennes menées depuis janvier 2025 dans le nord de la Cisjordanie avaient entraîné le déplacement de 32.000 Palestiniens

GENEVE: Les actions menées par Israël en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza visent à imposer "un changement démographique permanent" dans ces territoires palestiniens, a affirmé jeudi le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk.

"Prises dans leur ensemble, les actions d'Israël semblent viser à opérer un changement démographique permanent à Gaza et en Cisjordanie, suscitant des inquiétudes quant à un nettoyage ethnique", a déclaré M. Türk dans un discours à Genève.

Il a souligné notamment que les opérations militaires israéliennes menées depuis janvier 2025 dans le nord de la Cisjordanie avaient entraîné le déplacement de 32.000 Palestiniens.

"Les forces de sécurité israéliennes continuent à faire un usage non nécessaire et disproportionné de la force" en Cisjordanie, a ajouté M. Türk.

Les violences ont flambé en Cisjordanie occupée depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par l'attaque sanglante du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

M. Türk a indiqué que, selon des chiffres vérifiés par son bureau, 1.020 Palestiniens avaient été tués depuis cette date "par les forces de sécurité israéliennes" en Cisjordanie.

Pendant la même période, 45 Israéliens, y compris des soldats, ont été tués lors d'attaques palestiniennes, selon les chiffres officiels israéliens.

Le gouvernement israélien a annoncé depuis le début février une série de mesures visant à renforcer son contrôle sur la Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, en facilitant notamment l'achat de terre par des Israéliens.

Ces mesures ont suscité de nombreuses condamnations à l'international. Une haute responsable de l'ONU a estimé qu'elles équivalaient à une "annexion progressive de facto".

Le Haut-Commissaire aux droits de l'homme a par ailleurs souligné que depuis le début du cessez-le-feu dans la bande de Gaza, le 10 octobre 2025, "des attaques israéliennes ont tué plus de 600 Palestiniens et en ont blessé plus de 1.600, selon le ministère palestinien de la Santé" de ce territoire.

"N'importe où ailleurs, cela serait considéré comme une crise majeure", a-t-il affirmé.

La quasi-totalité des plus de deux millions d'habitants de Gaza ont été déplacés au moins une fois depuis le début de la guerre, qui a réduit en ruines une grande partie du territoire.

"L'intensification des attaques, la destruction méthodique de quartiers entiers, (...) le refus d'apporter une aide humanitaire (...) conjugués aux transferts forcés qui semblent viser à un déplacement permanent, suscitent des inquiétudes quant à un nettoyage ethnique à Gaza et en Cisjordanie", avait écrit le Haut-Commissariat dans un rapport la semaine dernière.