Click on the number for more info

La première participation de l’Arabie Saoudite au G20

Le 14 novembre 2008, les dirigeants des 20 principales puissances économiques du monde, réunis au G20, se sont rencontrés pour la première fois à Washington D.C., à l’initiative du Président américain George W. Bush (Photo, AFP).
Le 14 novembre 2008, les dirigeants des 20 principales puissances économiques du monde, réunis au G20, se sont rencontrés pour la première fois à Washington D.C., à l’initiative du Président américain George W. Bush (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mardi 08 décembre 2020

La première participation de l’Arabie Saoudite au G20

  • Le 14 novembre 2008, le Roi Abdallah ben Abdel Aziz s’est joint au premier sommet des dirigeants du G20, reçus à Washington par le président George W. Bush
  • Cette présence a souligné l’appartenance de l’Arabie Saoudite au cercle fermé des 20 principales puissances économiques au monde

L’Arabie Saoudite a rempli un rôle de chef de file dans la gestion de la crise financière globale de 2008  

Résumé

Le 14 novembre 2008, les dirigeants des 20 principales puissances économiques du monde, réunis au G20, se sont rencontrés pour la première fois à Washington, à l’initiative du président américain George W. Bush, pour discuter d’un plan d’action contre les dérives du système financier international. La réunion, qui rassemblait traditionnellement les ministres des finances de ces 20 pays, désormais élargie aux chefs d’états, était une réponse à un appel pour une plus grande coopération internationale afin de réinstaurer une stabilité dans les économies.

L’Arabie Saoudite, le plus large exportateur de pétrole présent dans le groupe, forte d’une économie en pleine croissance, a démontré alors le rôle clé qu’elle jouait au sein du G20. Le Roi Abdallah, qui menait la délégation saoudienne, s’est attaqué aux défis mondiaux avec les autres dirigeants, tout comme le fait actuellement le Roi Salmane pour faire face à la pandémie mondiale.

Le 14 novembre 2008, le Roi Abdallah ben Abdel Aziz s’est joint au premier sommet des dirigeants du G20, reçus à Washington par le président George W. Bush. Cette présence a souligné l’appartenance de l’Arabie Saoudite au cercle fermé des 20 principales puissances économiques au monde.

Le G20 a été créé en 1999, durant un forum à Cologne, en Allemagne, où étaient présents les ministres des finances du Groupe des 7 (Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Grande-Bretagne, Etats-Unis) ainsi que les gouverneurs de banques centrales. En réponse à un déséquilibre financier causé par la crise de 1997 en Asie, les participants ont initié la création d’un sommet qui pourrait inclure une présence plus importante de la communauté mondiale, sous la forme de 10 pays industrialisés et 10 pays émergents.

La création du groupe était principalement l’initiative du ministre des Finances allemand, Hans Eichel. Ainsi, les ministres des Finances ont commencé à se réunir annuellement pour discuter des enjeux économiques et promouvoir la stabilité financière internationale.

A l’initiative de l’administration du président américain George W. Bush, les dirigeants des pays du G20 furent conviés aux réunions qui étaient jusqu’alors réservées aux ministres des Finances. Le premier sommet du G20 fut alors tenu en novembre 2008. L’appel à une action plus coordonnée et rapide des dirigeants trouve ses racines dans le krach, cette année-là, des marchés boursiers à travers le monde. Le premier sommet du G20, organisé à Washington, a donné à l’Arabie Saoudite l’opportunité d’exercer son leadership mondial et de démontrer son importance dans l’économie mondiale.

 

« Le Gardien des deux saintes Mosquées, le Roi Abdallah, a appelé à une plus grande coopération et coordination internationale afin de combattre l’impact de la crise financière ».

Extrait d’un article de Barbara Ferguson à la une de Arab News, le 16 novembre 2008.

En 2008, durant mon premier semestre en Europe, dans le cadre d’un mastère en Santé publique, je me tenais à jour de toutes les informations liées à l’Arabie Saoudite et je suivais le sommet du G20 avec grand intérêt, parce qu’il en revenait au dirigeant de notre nation de prouver à la communauté internationale la force de notre engagement envers nos partenaires dans le monde.

En tant que jeune Saoudien, j’ai connu quelques-unes des premières réformes initiées par le Roi Abdallah, après son accession au trône en 2005. J’étais témoin du boom économique, qui était le fruit de réformes structurelles et du développement des infrastructures en Arabie Saoudite. Par la suite, en tant que journaliste à Arab News en 2019, j’ai eu l’opportunité de couvrir, à Tokyo, le sommet du T20 (Think20), qui fait figure de « banque d’idées » du G20.

Pour comprendre le G20, il est nécessaire de comprendre le T20. Ce dernier est l’épine dorsale intellectuelle du G20, visant à produire des recommandations de politique publique à destination des pays membres du G20. Les sujets abordés par des groupes de travaux communément appelés ‘Task Forces’ sont variés et couvrent le commerce, le changement climatique, le terrorisme et l’égalité des sexes.

Les dates clés :

  1. Le 26 septembre 1999

Création du Groupe des 20 à la suite de la crise financière en Asie, en vue de rassembler les ministres des finances et les gouverneurs de banques centrales de 19 pays ainsi que de l’Union européenne.

  1. Les 14-15 novembre 2008

A l’initiative du président américain George W. Bush, les dirigeants des membres du G20 se réunissent à Washington, alors que la crise financière bat son plein. La délégation saoudienne est menée par le Roi Abdallah ben Abdel Aziz.

  1. Le 31 août 2016

La première réunion du comité directeur de haut niveau entre la Chine et l’Arabie Saoudite se tient entre le Prince héritier Mohammad ben Salmane et le Président Xi Jinping, en parallèle du sommet du G20 à Hangzhou.

  1. Le 8 juillet 2017

Le communiqué du sommet du G20 à Hambourg annonce que le sommet 2020 se tiendra, pour la première fois, en Arabie Saoudite.

  1. Le 1er décembre 2019

L’Arabie Saoudite assume la présidence du G20 de 2020 au Japon.

  1. Le 26 mars 2020

Le Roi Salmane appelle les dirigeants du G20 à participer à un sommet virtuel extraordinaire pour mettre en place une série d’actions coordonnées afin de lutter contre la pandémie du coronavirus, protéger les populations et sauver les économies.

  1. Les 21-22 novembre 2020

Le 15ème sommet du G20 est toujours programmé pour se tenir à ces dates à Riyad. 

Je me suis réuni avec les directeurs de groupes de réflexion et chercheurs saoudiens lors du T20, et nous avons discuté de leurs propositions, dont bon nombre seront adoptées lors de la prochaine présidence du G20 qui se tiendra en Arabie Saoudite, en novembre 2020. Les groupes de travail (Task Forces) sont soigneusement sélectionnés. Le chef de la délégation saoudienne du T20, Dr. Fahd Al-Turki, qualifie ce travail d’ « effort collectif pour assurer la continuité » et ne pas briser un cycle qui a commencé en 2012, lorsque le groupe d’engagement T20 fut lancé.

Durant deux jours, j’ai parcouru les journaux et discuté avec les directeurs des centres de recherches de mon pays mais aussi du Japon, d’Argentine, des Etats-Unis. J’ai assisté avec intérêt aux sessions qui étaient ouvertes au public et j’ai également consulté le communiqué final. J’en sais beaucoup plus à présent. Le G20 n’est pas simplement une rencontre entre dirigeants. C’est une sorte de village regroupant des ministres, directeurs d’agences, chercheurs, économistes, maires (oui, maires) et scientifiques qui mettent en place des recommandations de politique publique afin d’obtenir plus de contrôle sur leurs économies, tout en venant en aide aux économies défavorisées et aux pays en difficulté.

Pour en revenir à 2008, ayant passé deux jours en réunion à Washington, les dirigeants du monde ont abordé les problèmes liés aux marchés financiers et les solutions pour rebondir, avant de finir par le tout premier « portrait de famille » avec la photo de groupe.

« Le G20 n’est pas simplement une rencontre entre dirigeants. C’est une sorte de village regroupant des ministres, directeurs d’agences, chercheurs, économistes, maires (oui, maires) et scientifiques ».

Rawan Radwan.

L’édition du 16 novembre d’Arab News a couvert l’appel du Roi Abdallah à une plus grande coopération et coordination internationales afin de combattre l’impact de la crise financière. Le Roi a mis l’accent sur « le besoin de développer des systèmes de contrôles efficaces » et a encouragé le Font monétaire international (FMI) à jouer un plus grand rôle dans la supervision des secteurs financiers de pays industrialisés.

Son discours a été prononcé au moment où l’Arabie Saoudite était en phase de réformes diverses pour moderniser l’environnement commercial. Ces réformes lui ont permis de faire un bond de la 35ème à la 27ème place dans un classement des pays émergents et d’atteindre, quelques années plus tard le 10ème rang.

Le Roi Abdallah s’est engagé à fournir une assistance aux pays en voie de développement. « Les sommes débloquées vont au-delà du pourcentage d’assistance des pays industrialisés établi par les Nations unies ». Ce rôle, le Royaume d’Arabie Saoudite le remplit depuis des années, bien avant de devenir membre du G20.

Extrait des archives d’Arab News, le 16 novembre 2008.

La portée de la participation de l’Arabie Saoudite au premier sommet du G20 rassemblant les dirigeants des pays ne s’est pas limitée à démontrer son rôle sur la scène économique internationale. Elle s’est aussi affirmée comme la voix de la région et celle des pays en voie de développement.

Malgré sa relative courte histoire, le G20 pose les fondations pour des relations stables et justes, dans la suite logique des efforts du G7.

Afin de garantir un équilibre régional sur la durée, la présidence du G20 est assurée à tour de rôle chaque année par ses membres, selon un système qui reflète bien sa nature de forum politique informel.

Un peu plus d’une décennie plus tard, l’Arabie Saoudite a entamé la présidence du G20 2020 le 1er décembre 2019. Le sommet du G20 2020 à Riyad sera la 15ème réunion pour les états membres du G20, à un moment où le monde fait face à une nouvelle crise, celle de la pandémie du Covid-19, dont les conséquences économiques sont encore plus graves que celles de la crise financière mondiale de 2008.

Le Roi Salmane a invité les dirigeants du G20 à participer à un sommet virtuel extraordinaire le 26 mars 2020 pour mettre en place une série d’actions coordonnées afin de lutter contre cette pandémie du coronavirus. Cette initiative est un maillon dans une chaîne d’efforts continus des dirigeants du Royaume d’Arabie Saoudite afin de jouer un rôle prépondérant dans la stabilisation des économies dans le monde. Il n’y aura pas de retour à la normale après le Covid-19, mais un front uni doit permettre de tracer un chemin vers l’avant.

 

Rawan Radwan, correspondant régional pour Arab News, basé à Djeddah, a couvert le sommet de Tokyo du T20 (Think 20), l’un des groupes de travail du G20.


Liban: le chef du Hezbollah défiant, les forces israéliennes avancent dans le sud

Le chef du Hezbollah pro-iranien s'est dit mercredi soir déterminé à "faire face" à Israël, dont l'armée est entrée dans plusieurs localités frontalières dans le sud du Liban tout en poursuivant le pilonnage de vastes régions du pays, entraîné dans la guerre régionale. (AFP)
Le chef du Hezbollah pro-iranien s'est dit mercredi soir déterminé à "faire face" à Israël, dont l'armée est entrée dans plusieurs localités frontalières dans le sud du Liban tout en poursuivant le pilonnage de vastes régions du pays, entraîné dans la guerre régionale. (AFP)
Short Url
  • Le Hezbollah fera face à "l'agression israélo-américaine" et ne se rendra pas, a assuré son chef Naïm Qassem
  • Israël, qui élargit le champ de ses attaques au Liban, a ordonné mercredi à tous les habitants d'une partie du sud d'évacuer, alors que les autorités libanaises ont recensé 72 morts et 83.000 déplacés depuis lundi

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah pro-iranien s'est dit mercredi soir déterminé à "faire face" à Israël, dont l'armée est entrée dans plusieurs localités frontalières dans le sud du Liban tout en poursuivant le pilonnage de vastes régions du pays, entraîné dans la guerre régionale.

Le Hezbollah fera face à "l'agression israélo-américaine" et ne se rendra pas, a assuré son chef Naïm Qassem dans un discours diffusé sur la chaîne de son parti, le premier depuis le début samedi de l'attaque américano-israélienne contre l'Iran.

Israël, qui élargit le champ de ses attaques au Liban, a ordonné mercredi à tous les habitants d'une partie du sud d'évacuer, alors que les autorités libanaises ont recensé 72 morts et 83.000 déplacés depuis lundi.

Le Liban a été entraîné lundi dans la guerre après une première attaque contre Israël du mouvement chiite, qui affirmait vouloir "venger" la mort du guide iranien Ali Khamenei.

Le Hezbollah a revendiqué mercredi au moins 15 attaques contre Israël, dont une à l'aide de drones contre les industries aérospatiales israéliennes dans le centre du pays, ciblant pour la première fois une région aussi éloignée de la frontière.

Il a également dit avoir visé à l'aide d'un "missile de précision" une base militaire du nord du pays.

Dans le sud du Liban, le Hezbollah a rapporté pour la première fois des affrontements "directs" avec des soldats israéliens entrés dans le village de Khiam, à six kilomètres de la frontière avec Israël.

La Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a annoncé avoir observé "plusieurs mouvements et activités militaires de l'armée" israélienne dans des localités frontalières dont Khiam.

Des vidéos de l'AFP montrent deux chars israéliens avancer dans des quartiers résidentiels de ce village.

L'armée israélienne a de son côté annoncé avoir déployé "sur plusieurs positions" du sud du Liban des soldats, avec des unités "de l'infanterie, des blindés et du génie".

Dans le même temps, l'armée israélienne a demandé aux habitants d'évacuer une vaste zone dans le sud du Liban, entre la frontière avec Israël et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Fausses alertes 

L'aviation israélienne a elle élargi le champ de ses frappes, visant pour la première fois un hôtel à Hazmieh, une banlieue chrétienne de Beyrouth proche du palais présidentiel et de nombreuses missions diplomatiques.

Des images de l'AFP ont montré le bâtiment de l'hôtel Comfort dont certaines chambres sont éventrées, et des blessés recevant des soins à la réception. Il n'a pas été possible de savoir quelle cible était visée par cette attaque.

Lena, une habitante de ce quartier résidentiel cossu, affirme avoir cru que la banlieue sud qu'il surplombe était visée.

"Je me suis bien trompée. A deux pas de chez moi, un hôtel était la cible cette fois-ci", dit à l'AFP cette femme de 59 ans.

Dans le même temps, des habitants de plusieurs régions libanaises ont indiqué à l'AFP avoir reçu un message enregistré au téléphone leur demandant d'évacuer, provoquant la panique. L'AFP n'a pas pu s'assurer de la véracité de ces alertes.

L'un de ces appels est parvenu au poste-frontière de Masnaa avec la Syrie, qui a été brièvement fermé avant de vérifier qu'il s'agissait d'une fausse alerte, a indiqué un responsable de sécurité à l'AFP.

La banlieue sud visée 

Une série de frappes a en outre visé mercredi matin la banlieue sud de Beyrouth, après des ordres d'évacuation de l'armée israélienne.

L'une des frappes a visé un immeuble proche d'un important hôpital, selon un photographe de l'AFP.

Au sud de la capitale libanaise, des attaques ont visé Aramoun et Saadiyat, des zones résidentielles qui ne font pas partie des bastions du Hezbollah.

Les frappes ont également visé un immeuble de quatre étages dans la ville millénaire de Baalbeck, dans l'est du Liban, où le Hezbollah est fortement implanté.

Trois secouristes ont été tués alors qu'ils portaient assistance à des personnes blessées dans des explosions dans le district de Tyr (sud), selon le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"Les parties belligérantes doivent respecter le droit international humanitaire et protéger les professionnels de santé", a-t-il rappelé.

 


Turquie: un missile tiré depuis l'Iran se dirigeant vers l'espace aérien turc a été détruit 

Un missile tiré depuis l'Iran qui se dirigeait vers l'espace aérien turc a été détruit par les systèmes de défense de l'Otan basés en Méditerranée orientale, a affirmé mercredi le ministère turc de la Défense. (AFP)
Un missile tiré depuis l'Iran qui se dirigeait vers l'espace aérien turc a été détruit par les systèmes de défense de l'Otan basés en Méditerranée orientale, a affirmé mercredi le ministère turc de la Défense. (AFP)
Short Url
  • "Un missile balistique tiré d'Iran se dirigeant vers l'espace aérien turc après avoir survolé les espaces aériens irakien et syrien, a été intercepté et neutralisé à temps par les éléments de défense aérienne et antimissile de l'Otan"
  • "Toutes les mesures nécessaires à la défense de notre territoire et de notre espace aérien seront prises avec fermeté et sans hésitation. Nous vous rappelons que nous nous réservons le droit de répondre à toute action hostile contre notre pays"

ANKARA: Un missile tiré depuis l'Iran qui se dirigeait vers l'espace aérien turc a été détruit par les systèmes de défense de l'Otan basés en Méditerranée orientale, a affirmé mercredi le ministère turc de la Défense.

"Un missile balistique tiré d'Iran se dirigeant vers l'espace aérien turc après avoir survolé les espaces aériens irakien et syrien, a été intercepté et neutralisé à temps par les éléments de défense aérienne et antimissile de l'Otan déployés en Méditerranée orientale. (...) L'incident n'a fait ni victimes ni blessés", a affirmé le ministère turc dans un communiqué publié sur X.

"Toutes les mesures nécessaires à la défense de notre territoire et de notre espace aérien seront prises avec fermeté et sans hésitation. Nous vous rappelons que nous nous réservons le droit de répondre à toute action hostile contre notre pays", a ajouté le ministère.

Un débris appartenant à une munition de défense aérienne est tombé dans le district de Dörtyol, dans la province de Hatay, dans le sud-est du pays, a précisé le ministère.

"Toute action hostile recevra la réponse appropriée dans le cadre du droit international. La consultation et la coopération avec l'OTAN et nos alliés se poursuivront tout au long de ce processus", a de son côté affirmé sur X le directeur des communications de la présidence turque Burhanettin Duran.

"Nous réitérons notre avertissement à toutes les parties : elles doivent s'abstenir de toute action susceptible d'exacerber les tensions dans la région", a-t-il conclu.

 


L'Iran de nouveau cible de frappes d'ampleur dans une guerre qui ne faiblit pas

L'Iran sous de nouvelles bombes israélo-américaines, les Gardiens de la Révolution qui revendiquent le contrôle du détroit d'Ormuz et des frappes d'Israël qui s'intensifient au Liban: la guerre au Moyen-Orient ne montre aucun signe d'essoufflement mercredi, au cinquième jour du conflit. (AFP)
L'Iran sous de nouvelles bombes israélo-américaines, les Gardiens de la Révolution qui revendiquent le contrôle du détroit d'Ormuz et des frappes d'Israël qui s'intensifient au Liban: la guerre au Moyen-Orient ne montre aucun signe d'essoufflement mercredi, au cinquième jour du conflit. (AFP)
Short Url
  • Nouvelles explosions aux quatre coins de la région, frappes d'ampleur et riposte iranienne sur des cibles américaines dans le Golfe: le même scénario se répète depuis samedi et le monde retient son souffle
  • A Téhéran, aux allures de ville morte dont les habitants restent cloîtrés chez eux pour ceux qui ne sont pas partis, des obsèques nationales se tiendront mercredi soir pour Ali Khamenei

TEHERAN: L'Iran sous de nouvelles bombes israélo-américaines, les Gardiens de la Révolution qui revendiquent le contrôle du détroit d'Ormuz et des frappes d'Israël qui s'intensifient au Liban: la guerre au Moyen-Orient ne montre aucun signe d'essoufflement mercredi, au cinquième jour du conflit.

Nouvelles explosions aux quatre coins de la région, frappes d'ampleur et riposte iranienne sur des cibles américaines dans le Golfe: le même scénario se répète depuis samedi et le monde retient son souffle.

A Téhéran, aux allures de ville morte dont les habitants restent cloîtrés chez eux pour ceux qui ne sont pas partis, des obsèques nationales se tiendront mercredi soir pour Ali Khamenei, intransigeant guide suprême pendant 36 ans, tué samedi au début de l'offensive.

Alors que le pouvoir s'organise pour assurer sa succession, Israël a prévenu que tout remplaçant serait "une cible" destinée à être assassinée.

De très fortes détonations secouent régulièrement la capitale iranienne, provoquant d'épais nuages de fumée grise s'élevant dans le ciel bleu, selon des journalistes de l'AFP.

"Nous avons dormi par terre, la tête protégée, au milieu de l'appartement, à distance égale des fenêtres de la chambre et du salon, pour être en sécurité si les ondes de choc brisaient les vitres", raconte Amir, 50 ans.

"Presque tout détruit" 

Face à cet embrasement, les marchés asiatiques ont plongé mercredi, la place de Séoul dévissant de 12% et suspendant temporairement les cotations, tandis que le pétrole grimpe, guettant les développements dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Le trafic maritime y est toujours paralysé et les Gardiens de la Révolution, force chargée des opérations extérieures iraniennes, ont assuré mercredi avoir le contrôle "total" du détroit, par lequel transitent 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le général Ebrahim Jabbari a promis de "brûler tout navire" qui tenterait de le franchir.

Et un conseiller du guide défunt a prévenu mercredi que l'Iran était prêt à "poursuivre la guerre". "Aussi longtemps que nous le souhaitons", a assuré Mohammad Mokhbar.

Depuis samedi, le pays est pilonné sans relâche: les Etats-Unis, qui disent avoir frappé "près de 2.000 cibles", ont "presque tout détruit" et tué la plupart des responsables dans leur viseur, s'est félicité le président américain Donald Trump.

L'armée israélienne multiplie elle aussi les frappes "à grande échelle", contre "des cibles du régime terroriste iranien", et a abattu un avion de combat iranien au-dessus de la capitale.

Parmi les lieux touchés, les centres du pouvoir, comme les ministères, les tribunaux ou le quartier général des Gardiens de la Révolution, l'aéroport Mehrabad de Téhéran, qui assure principalement des vols intérieurs, ou le palais historique du Golestan, l'un des sites touristiques de la capitale.

Chambres éventrées 

Israël lutte aussi sur le front libanais, où elle a élargi le champ de ses frappes, visant le secteur du palais présidentiel près de Beyrouth et d'autres zones au sud de la capitale, ainsi que des bastions du Hezbollah pro-iranien.

A Hazmieh, banlieue chrétienne de Beyrouth proche du palais et de nombreuses missions diplomatiques, des images de l'AFP montrent le bâtiment d'un hôtel aux chambres éventrées, et des blessés recevoir des soins à la réception.

Lena, une habitante de ce quartier résidentiel cossu, affirme avoir cru que la banlieue sud qu'il surplombe était visée. "Je me suis bien trompée. A deux pas de chez moi, un hôtel était la cible cette fois-ci", dit à l'AFP cette femme de 59 ans.

Le Liban a été entraîné lundi dans la guerre régionale après une première attaque contre Israël du mouvement chiite, qui affirmait vouloir "venger" la mort d'Ali Khamenei.

Au total, une soixantaine de personnes ont été tuées et plus de 58.000 personnes déplacées, selon les autorités libanaises.

Evacuations en série 

Côté iranien, le Croissant-Rouge iranien a annoncé mardi plus de 780 morts depuis le début de la guerre, un bilan que l'AFP n'a pu vérifier.

Dans le camp adverse, six militaires américains ont été tués, selon le Pentagone. Et en Israël, d'après les services de secours, dix personnes sont mortes dans des frappes iraniennes.

Au début de l'attaque, Donald Trump avait appelé le peuple iranien à renverser la République islamique, instaurée en 1979.

Mais si les Etats-Unis souhaitent la chute du pouvoir actuel, le principal objectif déclaré est d'empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique - intention que Téhéran dément - et de détruire ses capacités balistiques, d'après Israël.

L'armée israélienne a affirmé avoir frappé un centre militaire souterrain secret du programme nucléaire iranien, dans la région de Téhéran.

Pendant ce temps, l'Iran poursuit ses frappes sur des cibles américaines, notamment dans les pays du Golfe, et israéliennes.

Elles ont fait neuf morts dans les monarchies de la région, dont une fillette de 11 ans tuée mercredi par la chute de débris dans une zone résidentielle au Koweït.

Les drones et missiles iraniens ont aussi visé les ambassades américaines et provoqué des dégâts et incendies dans des sites aussi emblématiques que The Palm, l'île artificielle emblématique de Dubaï.

Un coup dur pour ces destinations, réputées parmi les plus sûres du Moyen-Orient, et abritant des infrastructures énergétiques vitales pour la production d'hydrocarbures mondiale.

Quelque 9.000 Américains ont quitté le Moyen-Orient depuis le début des hostilités.

Mais des milliers de vols ont été annulés et de nombreux touristes bloqués. Paris, Berlin ou Londres ont organisé des vols pour rapatrier leurs ressortissants, comme Emmy Coutelier, 18 ans, arrivée mercredi à l'aéroport de Roissy en provenance d'Oman. Elle raconte, encore sous le choc, sa profonde peur, quand a résonné une "alarme en pleine nuit" et sa fuite dans un abri au sous-sol.