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Le voyage du prince saoudien dans l’espace

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Publié le Dimanche 13 décembre 2020

Le voyage du prince saoudien dans l’espace

  • Le Prince Sultan ben Salman, 28 ans, fils du Roi Salman, a passé sept jours à mener des expérimentations dans l’espace
  • Durant le voyage spatial de Discovery, le Prince Sultan a également supervisé le déploiement d’Arabsat-1B

La mission spatiale de la NASA avec le Prince Sultan inspira des générations d’Arabes dont l’astronaute émirati Hazza Al-Mansouri

Résumé

Le 17 juin 1985, l’histoire a été écrite quand la navette spatiale Discovery de la NASA a décollé de Cap Canaveral en Floride, lors de sa cinquième mission, avec à son bord, le premier Arabe, premier Musulman et premier membre d’une famille royale à voyager dans l’espace. Il porta les promesses d’une ère nouvelle pour l’exploration spatiale Arabe.

Pilote de la force aérienne royale saoudienne, le Prince Sultan ben Salman, 28 ans, fils du Roi Salman, a passé sept jours à mener des expérimentations dans l’espace, dans le cadre d’un équipage international de sept astronautes.

Durant le voyage spatial de Discovery, le Prince Sultan a également supervisé le déploiement d’Arabsat-1B, le second satellite lancé par l’organisation panarabe, construit pour améliorer les communications téléphoniques et télévisuelles entre les pays arabes.

Apres l’atterrissage de la navette spatiale à la base Edwards de l’armée de l’air américaine en Californie, le Prince Sultan, ayant inspiré une génération entière d’Arabes à lever les yeux vers les étoiles, a été accueilli en héros en Arabie Saoudite et dans le monde arabe en général.

 

AGENCE SPATIALE DES EAU - L’histoire de l’astronomie dans le monde arabe nous ramène au IXème siècle, au temps où les Arabes étaient reconnus pour leur travail durant l’Âge d’Or de l’Islam. A cette époque, la Maison de la Sagesse, qui encourageait les recherches en astronomie, fut établie à Bagdad par le calife abbasside Al-Ma’mun.

Les Arabes et les Musulmans sont forts d’un riche héritage en astronomie, illustré par un nombre important de publications, disponibles à ce jour.

A la fin du VIIIème siècle, Muhammad Al-Fazari fut le premier astronome à concevoir un astrolabe et à l’utiliser comme outil dans la détermination de la qibla. Au IXème siècle, Muhammad Al-Khwarizmi fut l’auteur du livre Zij Al-Sindhind, qui contient un ensemble de tables donnant les positions successives du soleil, de la lune et des planètes. Enfin, au XIème siècle, Omar Khayyam établit le calendrier solaire persan.

 

 

Bien après l’Âge d’Or de l’Islam, les Arabes ont repris leur tradition en astronomie, revitalisant le domaine spatial dans la région.

Le 17 juin 1985, le Prince saoudien Sultan ben Salman devint le premier Arabe et le premier Musulman à voyager dans l’espace, passant sept jours en orbite et participant au lancement d’un satellite pour Arabsat avec la NASA. Le Prince fut une source d’inspiration, marquant la région et le monde entier de son empreinte.

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« Le Prince Sultan, à l’heure actuelle en orbite autour de la terre à bord de la navette Discovery, a déclaré aujourd’hui qu’il ‘allait très bien’. Il ajouta que ‘la vue de la terre est fantastique’.

Extrait d’un article à la une d’Arab News, le 10 juin 1985

L’expérience du Prince Sultan eut un réel impact, particulièrement aux Emirats arabes unis, pays qui a démontré son engagement fort dans l’espace qui commença dès les années 1970, au temps du Cheikh Zayed ben Sultan Al-Nahyan.

Ensuite, le visionnaire Cheikh Zayed rencontra trois astronautes de la mission Apollo 17 : Gene Cernan, Ronald Evans et Harrison Schmidt. Cheikh Zayed a joué un rôle majeur, suscitant et renforçant l’intérêt des Emirats pour l’espace et mettant l’accent sur l’importance d’explorer l’espace au profit de l’humanité.

En 1988, le Cheikh Zayed rencontra le Prince Sultan à son retour de mission dans l’espace et l’interrogea dans les moindres détails sur son voyage. Le Cheikh Zayed décela l’extraordinaire potentiel de l’exploration spatiale. Il avait une vision à long terme des opportunités pour les Emirats dans le domaine spatial et ces derniers, fiers de son approche avant-gardiste, adoptèrent sa vision de l’exploration spatiale.

La vision du Cheikh Zayed et l’étape majeure effectuée par le Prince Sultan représentent les éléments déterminants qui ont suscité l’enthousiasme des Emirats arabes unis et de la région pour l’exploration spatiale. Dès lors, les EAU ont travaillé sur d’ambitieux projets spatiaux, confirmant leur position de premier plan dans le domaine spatial à l’échelle mondiale.

Les EAU ont accompli des réalisations majeures dans l’industrie spatiale, notamment la création du programme spatial national des EAU, le lancement de 10 satellites et la signature de plus de 30 accords pour soutenir le secteur spatial. Ils ont réussi à attirer des investissements d’une valeur de $6 milliards dans l’économie spatiale.

Les dates clés :

  1. Le 1er avril 1985 : Le Prince Sultan et son remplaçant, le Major Abdul Mohsin Hamad Al-Bassam, de l’armée de l’air saoudienne, atterrissent aux Etats-Unis pour suivre un entrainement intensif dans le cadre de la mission spatiale à venir. 
  2. Le 17 juin 1985 : le Prince Sultan décolle de Cap Canaveral à bord de la navette spatiale Discovery, devenant le premier Arabe dans l’espace.
  3. Le 18 juin 1985 : Arabsat-1B est mis sur orbite par l’équipage de la navette spatiale Discovery.
  4. Le 24 juin 1985 : après avoir tourné autour de la terre 111 fois et parcouru 4,6 millions de kilomètres, Discovery atterrit à la base Edwards de l’armée de l’air américaine en Californie.
  5. Le 22 juillet 1987 : Le Syrien Mohammad Farès devient le deuxième Arabe dans l’espace, lors de son voyage sur la station spatiale soviétique Mir. 
  6. Le 27 décembre 2018 : Le Prince Sultan est nommé président du conseil d'administration de la nouvelle commission spatiale saoudienne.
  7. Le 25 septembre 2019 : l’Emirati Hazza Al-Mansouri hisse les couleurs des EAU à la station spatiale internationale lors d’une mission de huit jours, devenant le troisième astronaute arabe dans l’espace et le premier astronaute arabe à fouler le sol de la station spatiale internationale.
  8. L’été 2020 : Date prévue pour le lancement par l’agence spatiale des Emirats arabes unis de la sonde ‘Hope’, première étape vers la colonisation de la planète Mars à l’horizon 2117.

L’envoi du premier astronaute émirati dans l’espace fait figure d’étape majeure dans l’aventure spatiale des Emirats. En foulant le sol de la station spatiale internationale en septembre 2019, dans le cadre d’une mission scientifique, Hazza Al-Mansouri a inspiré une génération de jeunes Emiratis à devenir les prochains pionniers de l’espace. 

La passion d’Al-Mansouri pour la découverte de l’espace et son désir d’ouvrir la voie aux générations futures trouve sa source dans la figure inspiratrice du Prince Sultan. En tant que jeune étudiant, le futur astronaute tomba sur une photo du Prince Sultan, le premier Arabe dans l’espace, dans son livre scolaire de CM1. Ce fut sans conteste un tournant crucial dans sa vie.

Dès cet instant, Al-Mansouri poursuivit son rêve d’aller à la découverte de l’espace.  Il était seulement le premier Emirati et troisième Arabe à effectuer un voyage spatial, mais aussi le premier Arabe à fouler le sol de la station spatiale internationale. Sa mission survint 30 ans après le lancement du Syrien Mohammad Farès dans l’espace en 1987, et 32 ans après le voyage spatial du Prince Sultan en 1985. 

Al Mansouri fut sélectionné dans le cadre du programme spatial national des EAU, qui forme une équipe nationale d’astronautes à prendre part à des missions scientifiques et des missions spatiales habitées. Lors d’un premier appel à candidature, plus de de 4 000 Emiratis ont émis le souhait de devenir astronautes, ce qui démontre, si besoin était, l’enthousiasme de la jeunesse émiratie pour le domaine spatial.

« Quand il était encore un jeune étudiant, Al-Mansouri tomba sur une photo du Prince Sultan, le premier astronaute arabe, dans son livre scolaire de CM1. Ce fut sans conteste un tournant crucial dans sa vie ».

Dr. Eng. Mohammed Nasser Al-Ahbabi, directeur général, Agence spatiale des EAU

Le second appel à candidature du programme spatial a également attiré l’attention de personnes de milieux différents et de tous âges, le plus jeune candidat étant âgé de 17 ans et le plus vieux de 60.

Suite aux succès des astronautes arabes, les EAU poursuivent leurs efforts, créant un effet d’entraînement aux autres nations et permettant au monde arabe de s’affirmer en tant qu’acteur d'importance mondiale dans le domaine spatial. La sonde Hope des EAU, à destination de Mars, prévue pour cette année, permettra d’acquérir une plus grande connaissance de la terre et de son atmosphère.

Dans le cadre de ses initiatives pour encourager la collaboration entre les pays arabes et renforcer la contribution du monde arabe dans le domaine spatial, les EAU ont lancé le Groupe de Coopération spatiale arabe, dont le but est de consolider l’apport des pays arabes dans l’industrie spatiale et de développer la contribution de la région dans la recherche scientifique et le développement.

Extrait des archives d’Arab News du 18 juin 1985
Extrait des archives d’Arab News du 18 juin 1985

Les EAU et l’Arabie Saoudite partagent un intérêt commun dans le domaine de l’espace et une volonté de mettre en commun leurs connaissances et leur expérience. L’agence spatiale des EAU a récemment signé un accord avec la commission spatiale saoudienne, présidée par le Prince Sultan, pour renforcer leur collaboration dans les activités spatiales à des fins pacifiques, avec pour objectifs le développement des capacités techniques et scientifiques et l’échange de connaissances et d’expertise.

Suivre le chemin tracé par le Prince Sultan dans la conquête de l’espace est essentiel pour encourager l’innovation, sensibiliser les populations au domaine spatial. Inspirer les jeunes générations à suivre ce même chemin, là est bien la clé pour convaincre plus d’Arabes à se joindre aux meilleures astronautes du monde. 

 

Le Dr. Eng. Mohammed Nasser Al-Ahbabi est directeur général de l’Agence spatiale des EAU at a joué un rôle clé dans sa création. Ils se souvient d’avoir suivi la mission du Prince Sultan à la télévision et déclare : « Nous étions tous en admiration devant les accomplissements du Prince Sultan, et il nous tarde de suivre les aventures de nos nouveaux, talentueux et ambitieux explorateurs arabes de l’espace ».


La Cisjordanie au bord du gouffre alors qu’Israël poursuit son « annexion de facto », met en garde l’ONU

L’ONU a recensé plus de 1 430 attaques commises par des colons cette année, qui ont fait des victimes ou causé des dégâts matériels dans environ 260 communautés palestiniennes. (Archives/AFP)
L’ONU a recensé plus de 1 430 attaques commises par des colons cette année, qui ont fait des victimes ou causé des dégâts matériels dans environ 260 communautés palestiniennes. (Archives/AFP)
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  • Ramiz Alakbarov, envoyé spécial adjoint pour la paix au Moyen-Orient, décrit un schéma selon lequel les communautés palestiniennes sont déplacées de force et les colons s’emparent de leurs terres
  • Les enfants sont les premiers touchés par la détérioration des conditions de vie en Cisjordanie, a déclaré Hannan Sulieman, directrice exécutive adjointe de l’UNICEF, devant le Conseil de sécurité

NEW YORK: La Cisjordanie est au bord de l'effondrement et Israël poursuit une « annexion de facto » du territoire en accélérant la construction de colonies, en procédant à des déplacements massifs de population et en recourant à des niveaux records de violence de la part des colons, ont déclaré mardi de hauts responsables de l'ONU devant le Conseil de sécurité.

Ramiz Alakbarov, coordinateur spécial adjoint des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, a déclaré que la crise qui frappe le territoire occupé était éclipsée par d’autres événements dans la région, alors même qu’elle atteint un point de basculement après des décennies de conflit non résolu.

« Alors que le fragile cessez-le-feu à Gaza et les tensions régionales accaparent une grande partie de l’attention de la communauté internationale, la Cisjordanie est au bord de la rupture », a-t-il déclaré, décrivant un schéma selon lequel des communautés palestiniennes sont déplacées de force de leurs villages avant que des colons ne s’installent sur les terres ainsi libérées.

Soixante-seize Palestiniens, dont 18 enfants, ont été tués par les forces israéliennes ou des colons en Cisjordanie depuis le début de l’année, et trois Israéliens ont trouvé la mort lors d’affrontements avec des Palestiniens et d’une attaque présumée à la voiture bélier. Environ 127 communautés palestiniennes ont été confrontées à un déplacement total ou partiel depuis janvier 2023, dont 47 ont été entièrement anéanties, ce qui a touché plus de 6 390 personnes.

Rien qu’en 2026, environ 3 800 Palestiniens, dont près de la moitié sont des enfants, ont été déplacés à la suite de violences commises par des colons, de démolitions ou d’expulsions.

L’ONU a recensé plus de 1 430 attaques perpétrées par des colons cette année, qui ont fait des victimes ou causé des dégâts matériels dans environ 260 communautés palestiniennes, a déclaré M. Alakbarov. Bon nombre d’entre elles ont eu lieu en présence des forces israéliennes.

Il a notamment évoqué une vague de violence survenue le 24 juillet dans le gouvernorat de Naplouse, au cours de laquelle des colons ont attaqué le village de Tell, déclenchant des affrontements qui ont fait quatre morts parmi les Palestiniens et deux parmi les forces de sécurité israéliennes. Ces événements ont été suivis d’autres attaques contre les villages d’Urif et de Sarra.

La violence des colons, autrefois concentrée dans la zone C de la Cisjordanie, qui est sous contrôle militaire et civil israélien total, est désormais de plus en plus signalée dans les zones A et B, a-t-il ajouté, lesquelles sont sous contrôle civil palestinien total et sous contrôle sécuritaire palestinien partiel.

Entre le 5 et le 7 août, les forces israéliennes ont mené une opération de grande envergure dans le camp de réfugiés de Qalandia, au cours de laquelle des dizaines de personnes ont été blessées et plus de 60 ont été arrêtées ou placées en détention.

Les forces israéliennes ont également pénétré sans autorisation dans le centre de formation de Kalandia de l’Office de secours et de travaux des Nations unies (UNRWA) le 27 juillet alors que les cours avaient lieu, ce qui constitue une violation de l’inviolabilité des locaux de l’ONU, a déclaré M. Alakbarov.

Parallèlement à ces violences, les autorités israéliennes chargées de l’aménagement du territoire ont fait avancer ou approuvé la construction d’environ 12 360 logements en Cisjordanie cette année, dont 7 200 dans la zone C et 5 160 à Jérusalem-Est, a-t-il ajouté.

Il a souligné qu’Israël avait alloué environ 431 millions de dollars à la construction de 34 nouvelles colonies approuvées cette année, un financement qui, selon des responsables de l’ONU, sert à renforcer l’emprise d’Israël sur la Cisjordanie et fait obstacle à la création d’un État palestinien.

M. Alakbarov a également signalé ce qu’il a qualifié de mesure sans précédent : un arrêté de saisie militaire israélien visant des terrains privés situés dans la zone A, près de Qabatiya, au sud de Jénine, afin de construire une route reliant deux colonies récemment approuvées. Il s’agit de la première saisie de terrains signalée dans la zone A explicitement destinée à des infrastructures de colonisation.

Il a averti que la crise financière à laquelle l’Autorité palestinienne est confrontée aggravait l’instabilité ; les autorités israéliennes retiennent environ 6 milliards de dollars de recettes fiscales et d’autres droits qu’elles perçoivent pour le compte des Palestiniens, ce qui empêche l’Autorité palestinienne de verser l’intégralité des salaires des fonctionnaires ou d’assurer les services de base.

Il a également mis en garde contre une autre menace qui pèse sur la stabilité financière palestinienne à compter du 1er septembre, après que les banques israéliennes ont annoncé leur intention de mettre fin aux accords de services bancaires de correspondance pour le traitement des transactions en shekels. Ces services sont essentiels car l’économie palestinienne repose sur le shekel israélien mais ne dispose pas d’un accès direct à une chambre de compensation monétaire centrale.

« Il s’agit de mesures interdépendantes, et non d’événements isolés », a déclaré M. Alakbarov. « Elles sont en train de remodeler la Cisjordanie, d’affaiblir la gouvernance palestinienne et de faire avancer une annexion de facto. »

Il a appelé à la mise en œuvre intégrale de la résolution 2803 du Conseil de sécurité, qui a entériné le plan mené par les États-Unis visant à mettre fin à la guerre à Gaza, ainsi que de la Déclaration de New York de l’Assemblée générale des Nations unies sur le règlement pacifique de la question palestinienne et la mise en œuvre de la solution à deux États.

Il s’est également félicité des préparatifs en vue des élections législatives palestiniennes prévues le 28 novembre.

Hannan Sulieman, directrice exécutive adjointe de l’UNICEF, a déclaré au Conseil que les enfants subissaient de plein fouet la détérioration de la situation en Cisjordanie.

Elle a rapporté qu’une grand-mère avait confié aux agents de l’UNICEF qu’elle avait peur de sortir les ordures en raison des attaques quasi quotidiennes menées par des colons, et qu’elle avait recouvert ses fenêtres de tôle ondulée après qu’un engin incendiaire eut été lancé dans sa cuisine alors que ses petits-enfants s’y trouvaient.

Il a été établi que 174 enfants palestiniens ont été tués en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, entre janvier 2024 et fin juillet de cette année, soit une moyenne de plus d’un par semaine, a précisé Mme Sulieman, et que plus de 1 500 ont été blessés, dont près de la moitié par des balles réelles. Trois enfants israéliens ont été tués et 15 blessés au cours de la même période.

Plus de 800 000 enfants se heurtent à des obstacles pour accéder à une éducation en toute sécurité en raison de la fermeture des écoles, de l’insécurité et des infrastructures endommagées, a-t-elle ajouté, et plus de 900 barrières supplémentaires à la circulation ont été érigées à travers la Cisjordanie au cours des deux dernières années et demie, restreignant l’accès aux soins de santé et à l’eau potable.

Au moins 355 enfants palestiniens de Cisjordanie sont détenus par l’armée israélienne, a déclaré Mme Sulieman, soit le chiffre le plus élevé depuis huit ans, dont 164 sont placés en détention administrative sans inculpation ni procès. Les enfants détenus ont fait état de violences, d’autres mauvais traitements et de conditions de vie entraînant une perte de poids extrême et des infections par la gale, a-t-elle ajouté.

« Derrière chaque statistique se cache un enfant… un enfant qui a peur d’aller à l’école à pied… un enfant qui se remet d’une blessure par balle… un enfant placé en détention », a déclaré Mme Sulieman en appelant les États membres de l’ONU à protéger les enfants, à mettre fin aux déplacements forcés, à garantir l’accès aux services essentiels et à veiller à ce que les opérations humanitaires puissent atteindre ceux qui en ont besoin.


Israël construit des routes et des postes militaires dans le sud du Liban, les négociations à Rome au point mort

 L'impasse diplomatique intervient alors que l'activité militaire israélienne continue d'entraver la mise en œuvre des accords dans le sud du Liban. (Archives/Getty Images)
L'impasse diplomatique intervient alors que l'activité militaire israélienne continue d'entraver la mise en œuvre des accords dans le sud du Liban. (Archives/Getty Images)
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  • Israël « gagne du temps » à l’approche des élections, selon une source
  • Le Liban se montre réticent à négocier alors que Tel-Aviv retarde ses retraits

BEYROUTH : Le Liban n’a reçu aucune réponse israélienne aux propositions soumises lors du dernier cycle de négociations directes à Rome, a déclaré une source officielle libanaise, alors qu’Israël étend ses routes militaires et ses positions défensives dans les zones du Sud-Liban sous son contrôle.

Cette source, proche de la délégation libanaise chargée des négociations, a exclu la tenue imminente d’un huitième cycle de pourparlers, estimant qu’Israël semblait « gagner du temps » à l’approche de ses élections.

« Le Liban n’a reçu aucune réponse israélienne aux demandes et propositions qu’il a soumises lors du septième cycle de négociations de Rome, qui s’est tenu la semaine dernière sous l’égide des États-Unis », a déclaré la source.

« Israël ne semble pas disposé à le faire à court terme. »

La source a également indiqué que le chef du Commandement central américain, l’amiral Brad Cooper, avait reporté une visite prévue cette semaine au Liban et se rendrait à la place en Arabie saoudite.

« Le Liban ne semble pas figurer parmi les priorités de l’agenda américain pour le moment », a ajouté la source.

La chaîne publique israélienne Kan a indiqué que les médiateurs tentaient de réduire les divergences et d’organiser un nouveau cycle de pourparlers le mois prochain.

Elle a attribué ce retard aux tensions entre les deux parties, affirmant que le Liban était réticent à reprendre les négociations car Israël n’avait pas étendu les zones d’où il se retirait.

Israël, quant à lui, s’est plaint auprès de Washington des activités de l’armée libanaise et l’a accusée de coordonner ses actions avec le Hezbollah.

Les responsables libanais rejettent cette accusation.

Cette impasse diplomatique intervient alors que l’activité militaire israélienne continue d’entraver la mise en œuvre des dispositions prévues dans le sud du Liban.

L’armée libanaise n’a pas été en mesure d’achever son déploiement à Zawtar Al-Gharbiyah, dans le district de Nabatieh, première zone pilote relevant de la phase initiale d’un accord-cadre mis en œuvre par le biais d’un mécanisme convenu à Rome.

Le déploiement y a débuté le 21 juillet.

Cependant, les forces israéliennes continuent de procéder à des explosions dans la localité voisine de Zawtar Al-Sharqiyah et ont ouvert le feu sur des unités de l’armée libanaise lorsque celles-ci s’enfonçaient plus profondément dans des zones proches de la ville contrôlée par Israël.

Zawtar Al-Gharbiyah, qui s'étend sur environ 4 km², est l'une des trois villes sélectionnées pour constituer la première zone pilote dans le cadre de cet accord soutenu par les États-Unis.

Le général de brigade à la retraite de l’armée libanaise Khalil Gemayel, ancien commandant du secteur du Litani Sud, a déclaré à Arab News que le Liban avait profité des dernières négociations de Rome pour proposer des retraits israéliens plus importants de Bint Jbeil et de Khiam.

L’objectif, a-t-il précisé, était d’accélérer à la fois le retrait des forces israéliennes et le déploiement de l’armée libanaise.

« Si les retraits ne se font que par petites étapes, il faudra des mois, voire des années, pour débarrasser le sud du Liban de la présence militaire israélienne », a déclaré M. Gemayel.

Il a ajouté que des informations militaires indiquaient qu’Israël avait établi un important centre de commandement à Khiam et construisait des routes militaires, tout en se montrant réticent à se retirer de Bint Jbeil en raison de l’importance symbolique de cette ville pour le Hezbollah.

M. Gemayel a affirmé que l’armée libanaise était capable de prendre le contrôle de la zone située au sud du Litani et a rejeté les allégations israéliennes selon lesquelles elle coordonnerait ses actions avec le Hezbollah.

« L’armée libanaise ne coordonne pas ses actions avec le Hezbollah », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que l’armée avait déjà démantelé environ 200 installations militaires du Hezbollah et scellé les tunnels qu’elle avait découverts, tout en respectant les restrictions légales régissant les perquisitions de propriétés privées.

« Le problème ne réside pas dans la capacité de l’armée à se déployer, malgré son besoin de soutien », a déclaré Gemayel. « Le problème réside dans le mécanisme de suivi de la mise en œuvre des zones pilotes et dans la nécessité de donner à cette expérience une véritable chance de réussir. »

Il a précisé que les troupes libanaises avaient reçu pour instruction d’arrêter toute personne portant ouvertement des armes et qu’elles pouvaient mener des raids, bien que les perquisitions de propriétés privées nécessitent généralement une autorisation judiciaire.

Dans les zones pilotes, a-t-il ajouté, les troupes libanaises facilitaient le retour des habitants non armés, mais la poursuite des explosions et des tirs israéliens rendait difficile le maintien des familles sur place.

« Comment peut-on s’attendre à ce que des familles s’installent dans un climat de peur et d’intimidation constantes ? », a déclaré M. Gemayel.

Le maire de Zawtar Al-Gharbiyah, Abdul Ezzeddine, a récemment déclaré qu’un drone israélien avait pénétré dans la mairie et ordonné aux personnes présentes d’ouvrir les portes pour une inspection, avant de se diriger vers la place de la ville pour surveiller les travaux de déblaiement des décombres.

M. Gemayel a indiqué que certaines installations du Hezbollah découvertes par l’armée libanaise étaient dissimulées au sein de propriétés civiles et reliaient entre eux des immeubles d’habitation.

Il a précisé que des perquisitions pouvaient être menées en cas de constat d’infraction, sur autorisation judiciaire ou pendant un état d’urgence déclaré en vertu de la loi libanaise sur la défense.

Cette dernière option nécessiterait une décision gouvernementale prise par décret.

Ces développements ont alimenté les inquiétudes à Beyrouth : les négociations visant à mettre fin aux opérations militaires, à garantir le retrait israélien et à permettre le retour des résidents déplacés se poursuivent en parallèle des activités israéliennes sur le terrain, sans que celles-ci ne soient restreintes.

Alors que les délégations négocient les cartes et les modalités de retrait, les forces israéliennes continuent de raser au bulldozer, de démolir des structures et d’établir des positions dans le sud.

Une source officielle libanaise a déclaré que Beyrouth restait néanmoins attachée aux négociations.

« Se retirer des pourparlers pourrait s’avérer plus dangereux, car cela laisserait le champ libre à une issue décidée sur le champ de bataille », a déclaré cette source.

La source a accusé Israël d’exercer une pression croissante sur un État libanais qui avait choisi la voie diplomatique comme alternative à une reprise de la guerre.

« Le Hezbollah rejette totalement les négociations et ne propose aucune alternative », a déclaré la source.

Le responsable a également cité les déclarations de responsables politiques israéliens et les incidents impliquant des militants extrémistes israéliens pénétrant sur le territoire libanais comme des facteurs ayant accru les inquiétudes au Liban quant aux intentions à long terme d’Israël.

Ces craintes se sont intensifiées après que le ministère israélien des Affaires étrangères a publié une carte régionale accompagnant des données sur la malnutrition infantile, qui semblait inclure des zones du territoire libanais soit occupées par les forces israéliennes, soit sous le contrôle de tir israélien.

Cette carte a suscité des condamnations au Liban et donné lieu à des contacts diplomatiques avec Washington.

Israël l’a par la suite retirée de son compte officiel en anglais, bien qu’elle soit restée visible sur le compte en arabe.

La source libanaise a qualifié cet épisode de tentative visant à « provoquer le Liban et à détourner son attention de la question fondamentale : le sort des zones occupées ».

Des collines stratégiques sous pression

Les opérations militaires israéliennes se concentrent également autour des collines d’Ali Al-Taher, dans le district de Nabatieh, qui culminent à environ 600 mètres et surplombent Nabatieh, les villages environnants et les zones menant à Jezzine.

Gemayel a déclaré que le cessez-le-feu annoncé en juin avait empêché les forces israéliennes de mener à bien leur avancée vers ces collines, qui, selon les évaluations militaires libanaises, pourraient abriter d’importantes infrastructures du Hezbollah.

Ces collines figuraient parmi les dernières positions dont les forces israéliennes se sont retirées lorsqu’elles ont quitté le Sud-Liban en 2000.

Gemayel a déclaré que les combats autour de la localité voisine de Kfar Tebnit avaient mis au jour ce qui semblait être un vaste réseau de tunnels et démontré le coût potentiel d’une tentative de prise de ces hauteurs.

« L’armée israélienne contrôle les versants arrière des collines à l’aide de robots et de drones de surveillance qu’elle a déployés sur la colline centrale, connue sous le nom d’Al-Dabsha », a-t-il déclaré.

« Elle construit des routes et des fortifications, mais n’a pas encore atteint les tunnels. »

Il a ajouté que les forces israéliennes incendiaient également des zones boisées à travers les collines.

M. Gemayel a indiqué que des informations non vérifiées avaient circulé, suggérant que des robots avaient été envoyés dans les tunnels, mais a souligné que les détails restaient flous.

Il a également mis en avant les travaux de construction militaire israéliens menés ailleurs dans la zone occupée comme preuve d’un éventuel enracinement à plus long terme.

Selon M. Gemayel, les forces israéliennes prolongent des routes et construisent des positions défensives, notamment le long d’un axe reliant la zone frontalière de Taybeh à Yohmor, dans la Bekaa occidentale, et en direction du château de Beaufort, ce qui pourrait leur permettre d’accéder aux zones situées au nord du Litani.

Il a indiqué que plus de 20 pelles mécaniques et bulldozers avaient été observés en train de travailler sur un terrain rocheux difficile.

« Quiconque entreprend des travaux de construction de cette ampleur signale qu’il a l’intention de rester dans la région et ne souhaite pas se retirer », a déclaré Gemayel.

Il a également évoqué Mansouri, une ville côtière du secteur ouest située à environ 12 km de la frontière et à 7 km de Tyr.

M. Gemayel a expliqué que le cessez-le-feu avait empêché l’occupation israélienne de la ville, mais qu’Israël l’avait par la suite classée dans ce qu’il qualifie de « zone jaune » et exerce un contrôle des tirs sur la zone.

L’armée libanaise avait auparavant facilité le retour d’une cinquantaine de familles, car la ville elle-même n’était pas occupée, a-t-il expliqué, mais celles-ci ont ensuite été contraintes de repartir suite à des avertissements d’évacuation lancés par Israël.

Pour le Liban, le fossé de plus en plus visible entre les négociations diplomatiques et l’évolution de la situation sur le terrain devient la préoccupation centrale.

Beyrouth s’est engagée dans le processus de Rome dans l’espoir de trouver un mécanisme permettant de mettre fin aux attaques, de faciliter les retraits israéliens et de permettre le retour des habitants ainsi que la reconstruction.

Alors qu’un nouveau cycle de négociations est désormais incertain, les responsables libanais craignent que le temps ne joue en défaveur de cet objectif — laissant les réalités militaires sur le terrain se cristalliser tandis que les négociations restent suspendues.


Le Liban vote l'abolition de la peine de mort, une première au Moyen-Orient

Le parlement libanais a voté mardi l'abolition de la peine de mort, une première au Moyen-Orient, dans une décision qualifiée d'"historique" par le ministre de la Justice Adel Nassar. (AFP)
Le parlement libanais a voté mardi l'abolition de la peine de mort, une première au Moyen-Orient, dans une décision qualifiée d'"historique" par le ministre de la Justice Adel Nassar. (AFP)
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  • "Le projet de loi visant à abolir la peine de mort au Liban a été approuvé", a annoncé le bureau du président du Parlement
  • Le texte précise que les crimes commis avant l'entrée en vigueur de cette loi seront passibles d'une peine d'emprisonnement à perpétuité

BEYROUTH: Le parlement libanais a voté mardi l'abolition de la peine de mort, une première au Moyen-Orient, dans une décision qualifiée d'"historique" par le ministre de la Justice Adel Nassar.

Le pays n'avait plus procédé à des exécutions depuis 2004.

"Le projet de loi visant à abolir la peine de mort au Liban a été approuvé", a annoncé le bureau du président du Parlement.

Le texte précise que les crimes commis avant l'entrée en vigueur de cette loi seront passibles d'une peine d'emprisonnement à perpétuité.

Le ministre de la Justice a salué une décision "historique", soulignant que grâce à ce vote, Beyrouth ne serait plus débouté de ses demandes d'extradition de suspects de la part de pays où la peine de mort est abolie.

C'est "une étape monumentale pour les droits humains dans le pays, une rupture claire avec une sentence cruelle et arbitraire qui n'aurait jamais dû être prononcée", a déclaré de son côté Ramzi Kaiss, chercheur de l'ONG de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW).

Le vote d'abolition de la peine de mort fait partie d'une série de projets de loi discutés lors de la session parlementaire, dont une loi générale d'amnistie, serpent de mer depuis plusieurs années.