Pourquoi le conflit au Soudan résiste à la diplomatie et à la désescalade

Des nuages de fumée s’élèvent d’un incendie dans le sud de Khartoum, dans le contexte des violences qui ont commencé le 15 avril entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide. (AFP)
Des nuages de fumée s’élèvent d’un incendie dans le sud de Khartoum, dans le contexte des violences qui ont commencé le 15 avril entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide. (AFP)
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Publié le Mardi 15 août 2023

Pourquoi le conflit au Soudan résiste à la diplomatie et à la désescalade

  • Les belligérants ont violé à plusieurs reprises une série de cessez-le-feu fragiles, ce qui a entraîné la suspension des pourparlers
  • Nombreux sont ceux qui considèrent un accord de partage du pouvoir comme la seule incitation à la désescalade à court ou à long terme

NAIROBI (Kenya): Le conflit au Soudan, qui dure depuis près de quatre mois, continue de s'intensifier. Peu de signes laissent présager un retour des factions rivales à la table des négociations.

Plus de 4 millions de personnes ont fui leur foyer jusqu’à présent: 3,2 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays et près de 900 000 personnes qui ont traversé la frontière vers le Tchad, l'Égypte, le Soudan du Sud et d'autres pays.

Malgré les combats incessants, aucune des deux parties ne serait sur le point de remporter la victoire ou d’effectuer d’importantes avancées sur le champ de bataille. Néanmoins, nombreux sont ceux qui considèrent un accord de partage du pouvoir comme le seul moyen de parvenir à la désescalade à court ou à long terme.

Malik Agar, vice-président du Conseil souverain du Soudan, a récemment établi une feuille de route proposée par le gouvernement pour mettre fin au conflit en commençant par la séparation des parties belligérantes et en aboutissant à un processus politique global.

La proposition d'Agar, présentée le 6 août, accordait la priorité à l'acheminement de l'aide humanitaire et à la protection des civils, avec un changement d'orientation ultérieur vers un processus politique intégratif qui comprend des accords de partage du pouvoir.

Cependant, les analystes restent prudents face à de telles initiatives de paix. Ils mettent en avant plusieurs facteurs qui empêchent l'armée et ses ennemis paramilitaires de s'engager dans un règlement durable, prolongeant ainsi le conflit.

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Cette capture d'une séquence vidéo de l'UGC publiée sur les réseaux sociaux le 8 août montre un membre des Forces armées soudanaises (SAF) en train de tirer d’une tourelle de mitrailleuse automatique montée à l'arrière d'un camion vers des positions tenues par les Forces de soutien rapide (FSR) dans le centre d'Omdourman. (Image AFP/UGC)

«Il y a eu de rares cas de cessez-le-feu d’une certaine longévité. Les autres ont souvent été violés en quelques heures à peine, surtout au cours des premières phases du conflit», explique Abiol Lual Deng, une politologue sud-soudanaise et américaine, à Arab News.

«Cela révèle une situation dans laquelle les deux parties semblent peu disposées à accepter la victoire de la faction adverse.»

Les analystes estiment plutôt que des efforts sont nécessaires pour s'attaquer aux causes profondes du conflit si une résolution durable doit être trouvée, notamment des mesures pour réduire la militarisation et le tribalisme, tout en ranimant l'intérêt déclinant de la communauté internationale.

La lutte pour le pouvoir entre les Forces armées soudanaises, dirigées par Abdel Fattah Al-Burhan, et les Forces de soutien rapide (FSR), commandées par Mohamed Hamdan «Hemeti» Dagalo, est entrée dans sa phase de violence le 15 avril.

Le conflit a fait des milliers de victimes, des millions de personnes déplacées et il a provoqué une urgence humanitaire majeure.

Les combats ont provoqué la mort d’au moins 3 900 personnes dans l’ensemble du pays, selon une estimation prudente de l’Armed Conflict Location and Event Data Project (Acled), tandis que plus de 4 millions de personnes étaient déplacées, selon l'Agence des nations unies pour les réfugiés (HCR).

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Des propriétaires de charrettes tchadiens transportant les effets personnels de Soudanais qui ont fui le conflit dans la région soudanaise du Darfour traversent la frontière entre le Soudan et le Tchad à Adré, au Tchad, le 4 août 2023. (Reuters)

L'ONU affirme que plus de 6 millions de personnes sont «au bord de la famine», alors que les groupes d'aide s'efforcent de fournir une assistance vitale malgré des obstacles bureaucratiques, des problèmes sécuritaires et des attaques ciblées.

En dépit des efforts de la communauté internationale pour engager des pourparlers et trouver une solution, le conflit continue, les deux parties ayant violé à plusieurs reprises une série de cessez-le-feu fragiles qui a entraîné la suspension des pourparlers de paix.

Les SAF ont retiré leur délégation de négociation du processus de Djeddah en juillet en raison du refus des RSF de redéployer leurs forces en dehors de Khartoum.

Les diplomates et les agences d'aide sont préoccupés par les conséquences d'un conflit prolongé d'un point de vue humanitaire, mais aussi en ce qui concerne la question d’une sécurité régionale plus étendue.

En effet, la violence menace de pousser le pays dans une guerre civile totale, qui pourrait entraîner les États voisins dans le conflit et laisser les frontières aux mains des groupes extrémistes.

Ces dernières semaines, les SAF ont intensifié leur mobilisation en créant des camps d'entraînement dans l'État du nord du Nil et dans la ville de Kassala. Elles ont donné une formation de base aux volontaires, dont certains seraient mineurs.

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Une capture d'image tirée d'une vidéo publiée sur la page Twitter des Forces de soutien rapide (RSF) soudanaises le 28 juillet montre son commandant, Mohamed Hamdan Dagalo, en train de s’adresser aux combattants des RSF, dans un lieu non divulgué. (AFP)

Les préoccupations sont rendues plus vives par le fait que le recrutement semble suivre des lignes tribales, ce qui pourrait aggraver les tensions intercommunautaires. De tels développements pourraient également avoir pour conséquence de prolonger le conflit.

Le Soudan subissait depuis longtemps un processus de militarisation, avant même la dernière recrudescence de la violence. La SAF et la RSF étaient déjà devenues les plus gros employeurs du pays, allant même jusqu’à dépasser le ministère de l'Éducation.

Au Soudan, pour de nombreuses personnes, les FAS, malgré un grand nombre d’allégations d'atrocités, restent associées au statut étatique, tandis que les RSF sont considérées comme une milice mercenaire qui est passée d'une unité paramilitaire régionale à une force capable de défier l'armée nationale.

Quelques chiffres

  • 3 900 personnes tuées, selon une estimation prudente. (Acled)
  • 4 millions de personnes déplacées. (HCR)
  • 80% des hôpitaux du Soudan désormais hors de fonctionnement. (OMS)
  • 6 millions de personnes «au bord de la famine». (ONU)

«Les RSF, qui n’ont aucun soutien de la part de la population dans la capitale, poursuivent sans relâche une campagne de violence pour déplacer des personnes en qui elles n'ont aucune confiance», affirme à Arab News Osama Ahmed Odorous Ahmed, professeur agrégé d'études stratégiques et de sécurité.

«Elles cherchent maintenant à prendre le contrôle de lieux stratégiques en commettant des crimes graves, notamment des pillages, des viols et des attaques sans merci contre des civils innocents.»

Le manque de soutien aux RSF parmi les habitants de Khartoum pourrait cependant devenir leur talon d'Achille et les obliger à rechercher finalement un compromis avec les SAF.

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L'histoire du Soudan est celle de la résistance et de la persévérance et son peuple mérite une chance de paix et de stabilité, affirme Abiol Lual Deng, une politologue sud-soudanaise et américaine. (Photo fournie)

Marco Arnaboldi, professionnel de la sécurité et spécialiste de l'islamisme militant, affirme que les RSF sont «bien conscientes de faire face à l'opposition d'une population insoumise, ce qui finalement entrave leur capacité à consolider le pouvoir»; de fait, elles s'entendront avec les SAF à un moment donné.

Il ajoute que l'approche stratégique des RSF est de renforcer leur position militaire avant de se lancer dans toute négociation, ce qui fait d'une stagnation prolongée le scénario le plus probable.

«Les RSF sont résolues à renforcer leur position grâce à des progrès militaires continus, reconnaissant les difficultés sur le terrain. Leur objectif n'est pas le contrôle total du pays, encore moins une gouvernance efficace», a indiqué M. Arnaboldi à Arab News.

«D'un point de vue purement militaire, une longue stagnation semble probable, car les SAF montrent également une lamentable incapacité à regagner les territoires perdus, en particulier à Khartoum.»

«Les RSF, tout en étendant leur contrôle militaire sur le pays, sont aux prises avec une désorganisation interne et des lignes d'approvisionnement inadéquates.»

L'idée de faire pression sur les RSF pour qu'elles renoncent à la domination et adoptent un véritable discours politique pourrait offrir une lueur d'espoir, même si cette voie n’est pas dépourvue de difficultés.

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Les experts affirment qu'il est essentiel de s'attaquer aux causes profondes du conflit pour prévenir une nouvelle escalade et parvenir à une solution durable. (Reuters)

«L'éclatement de l'autorité et des intérêts entre les différentes factions et dirigeants a réduit les chances d'un dénouement équilibré pour le pays», explique M. Odorous Ahmed.

«Il existe un potentiel pour une solution militaire soutenue par des renforts externes pour les RSF, car elles ont des soutiens externes, mais également de voies diplomatiques à travers des accords négociés, ainsi qu’une pression internationale exercée par les puissances régionales et la recherche inaccessible de la réconciliation politique», indique-t-il encore.

Mme Deng a souligné la nécessité d'une approche diversifiée pour désamorcer le conflit et reprendre le processus de transition avec les dirigeants civils, les puissances régionales et la communauté internationale.

«Une étape importante consiste à insister sur une transition démocratique dans laquelle le leadership civil jouerait un rôle central dans l'orientation du pays vers la stabilité et l'intégration», souligne-t-elle.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La coalition dirigée par l’Arabie saoudite frappe des sites houthis au Yémen alors que le conflit s’intensifie

Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
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  • Des frappes aériennes visent des sites de la « milice terroriste houthie » à Hodeïda, selon le porte-parole de la coalition
  • L’envoyé saoudien accuse les Houthis de « transformer le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures »

RIYAD / SANAA : Les forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen ont mené vendredi des frappes aériennes contre des sites militaires houthis dans la ville portuaire de Hodeïda, sur la côte ouest, en réponse aux attaques visant des navires liés à l’Arabie saoudite en mer Rouge, a annoncé la coalition.

« Nous avons mené une opération de riposte militaire proportionnée contre des cibles militaires légitimes appartenant à la milice terroriste houthie dans le gouvernorat de Hodeïda », a déclaré sur X le porte-parole de la coalition, le général de division Turki Al-Malki, précisant que l’opération était terminée.

Ces frappes interviennent après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont menacé de viser les navires saoudiens ne respectant pas leur blocus maritime et revendiqué cette semaine des attaques contre deux navires saoudiens. L’Arabie saoudite a confirmé l’une de ces attaques.

Une source sécuritaire yéménite a indiqué à l’AFP qu’une base navale à Hodeïda ainsi qu’un camp militaire sur l’île de Kamaran figuraient parmi les cibles.

Le ministère des Affaires étrangères contrôlé par les Houthis a déclaré vendredi que ces frappes marquaient le début d’une phase « d’escalade pour escalade ».

Des habitants ont rapporté avoir entendu des explosions, notamment à proximité du port.

La chaîne Al-Masirah, contrôlée par les Houthis, a indiqué que deux personnes avaient été blessées : un employé à Hodeïda et une femme sur l’île de Kamaran.

Dans un communiqué publié samedi, Turki Al-Malki a affirmé que le port de Hodeïda n’avait pas été visé et que tous les ports yéménites, notamment Hodeïda, Ras Issa et Salif, demeuraient ouverts à la navigation maritime et continuaient d’accueillir des navires commerciaux.

Il a également indiqué qu’aucun aéroport n’avait été ciblé afin de maintenir le trafic aérien, tout en accusant les Houthis d’empêcher les opérations de vol à l’aéroport international de Sanaa.

La coalition saoudienne a déclaré qu’elle continuerait à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger ses navires et les intérêts de l’Arabie saoudite, et qu’elle répondrait « sans compromis » si les Houthis poursuivaient ce qu’elle qualifie d’actions hostiles.

Cette escalade constitue le premier échange de tirs signalé entre la coalition et les Houthis depuis plusieurs années, mettant en péril une trêve fragile largement respectée depuis 2022, bien qu’elle ait officiellement expiré.

Vendredi, les médias d’État saoudiens ont cité un responsable de l’autorité des transports indiquant que le navire saoudien NCC MASA avait été pris pour cible alors qu’il naviguait en mer Rouge, subissant de légers dégâts à sa coque. Le navire a ensuite repris sa route, selon l’agence SPA.

Cette nouvelle flambée de tensions intervient alors que les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ont renforcé l’importance de la route de la mer Rouge pour l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole.

En avril et en mai, la totalité des exportations maritimes de brut saoudien est partie du port de Yanbu, sur la mer Rouge, selon les données de Kpler. Ce port a représenté 92 % des exportations maritimes de pétrole brut en juin et 78 % depuis le début du mois de juillet.

Les Houthis combattent le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale depuis 2014 dans un conflit qui a fait des centaines de milliers de morts.

L’ambassadeur saoudien au Yémen, Mohamed AlJabir, a affirmé que le Royaume continuait de rechercher et de soutenir tous les efforts visant à obtenir une désescalade et « une solution politique globale qui mettrait fin aux souffrances du peuple yéménite ».

Mais, selon lui, la milice houthie persiste dans une logique d’escalade et de violence « au service d’agendas étrangers », dans une allusion apparente à l’Iran.

« Cette milice a transformé le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures, qui l’utilisent à leur guise pour servir leurs intérêts au détriment de la sécurité et de la stabilité du Yémen », a écrit AlJabir dans une série de messages publiés sur X.

Il a également souligné que, tandis que l’Arabie saoudite soutient l’arrivée de navires dans les ports de Hodeïda afin de répondre aux besoins du peuple yéménite, « la milice houthie poursuit ses attaques lâches contre des navires commerciaux civils en mer Rouge, menaçant la liberté de la navigation internationale et la sécurité de la région ».

Le président du Conseil présidentiel yéménite, Rashad Al-Alimi, a déclaré samedi que les Houthis « jouent avec les intérêts du peuple yéménite » au profit de l’Iran. Il a estimé que la poursuite de cette escalade constituait « une perte de temps » et un gaspillage des ressources du pays.

« La milice terroriste houthie sacrifie les intérêts du peuple yéménite pour servir les objectifs de l’Iran », a-t-il déclaré dans un communiqué.

• Avec AP, Reuters et AFP 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne dit se préparer à mener une «vaste opération» en Cisjordanie

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
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  • L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad
  • Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé vendredi qu'elle se préparait à mener une "vaste opération antiterroriste" en Cisjordanie occupée à la suite de violences qui ont coûté la vie à un Israélien et quatre Palestiniens.

"A la suite de l'attaque terroriste perpétrée plus tôt dans la journée dans la région de Tel, les soldats des FDI (armée israélienne, NDLR) se préparent à mener une vaste opération antiterroriste dans ce secteur", a indiqué l'armée. Elle a ajouté avoir reporté les permissions des soldats sur l'ensemble du territoire et déployé ses forces dans la région.

Netanyahu promet d'agir "avec fermeté" 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués.

L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad.

Selon elle, les assaillants se sont emparés de l'arme d'un membre des forces de sécurité arrivées sur place, avant d'ouvrir le feu sur les randonneurs.

Les secours israéliens du Magen David Adom ont indiqué qu'un homme d'une trentaine d'années avait été déclaré mort près de la colonie.

Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source.

L'armée a ensuite annoncé avoir tué l'auteur de l'attaque et récupéré l'arme dérobée. Elle a précisé que des opérations étaient toujours en cours pour retrouver d'éventuels autres assaillants.

Un journaliste de l'AFP a constaté que tous les barrages et points de contrôle avaient été fermés dans le nord de la Cisjordanie et que d'importants renforts militaires avaient été déployés dans le secteur.

Le ministère palestinien de la Santé a indiqué de son côté que quatre Palestiniens avaient été tués dans le village de Tel, voisin de la colonie, et que quatre autres avaient été blessés, dont trois grièvement.

Le chef du conseil du village de Tel, Walid Zidan, a rejeté la version israélienne, affirmant à l'AFP qu'une vingtaine de colons étaient entrés dans le village palestinien avant que des affrontements n'éclatent.

Selon lui, des soldats israéliens se sont ensuite joints aux colons pour tirer sur des Palestiniens.

L'AFP n'était pas en mesure de vérifier ces affirmations de manière indépendante.

Agir "d'une main de fer"

Après la mort de l'Israélien, M. Netanyahu a dit que son gouvernement agirait "avec fermeté contre les terroristes et leurs commanditaires", selon un communiqué de son bureau.

Il a précisé qu'il allait tenir une réunion avec les responsables sécuritaires pour "discuter des modalités de la riposte à l'attentat meurtrier".

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé l'armée à agir "d'une main de fer" contre "le village des meurtriers et ses environs", sans fournir davantage de précisions.

Les violences en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, se sont fortement intensifiées depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres officiels israéliens, au moins 47 Israéliens, civils et militaires confondus, y ont été tués depuis octobre 2023 dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.

Selon un décompte de l'AFP, fondé sur les données du ministère de la Santé palestinien, le bilan côté palestinien est d'au moins 1.094 Palestiniens, combattants ou civils tués par des soldats ou des colons israéliens.

Hors Jérusalem-Est, plus de 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, aux côtés d'environ trois millions de Palestiniens.

Toutes les colonies israéliennes sont considérées comme illégales au regard du droit international.


Visite du président libanais à Washington: le Hezbollah dénonce une «soumission» à un pouvoir étranger

Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère". (AFP)
Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère". (AFP)
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  • Les violences ont baissé d'intensité depuis la signature en juin d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, en parallèle de négociations entamées en avril entre le Liban et Israël dans une tentative de dissocier le dossier libanais
  • Malgré l'accalmie dans les combats, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes et opérations dans et près des zones qu'elle continue d'occuper dans le sud

BEYROUTH: Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche révélait "l'ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère".

Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase.

Cet accord conclu en juin prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe une partie du sud du pays désignée comme "zone de sécurité" - sous réserve du désarmement du Hezbollah pro-iranien.

La formation pro-iranienne, qui s'oppose à l'accord, a déploré dans un communiqué que la visite de M. Aoun n'avait "débouché sur aucun engagement américain" sur un retrait de l'armée israélienne du sud du Liban, ni n'avait mis fin aux tirs israéliens, ni permis un retour sûr des déplacés dans cette région.

"Dans la série ininterrompue des concessions" du pouvoir, cette visite a révélé "l’ampleur de la dépendance et de la soumission à une tutelle étrangère", a ajouté le Hezbollah.

Pendant l'entrevue, Joseph Aoun a insisté sur la nécessité d'un "retrait total" israélien pour avancer dans la mise en oeuvre de l'accord.

Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran, a réitéré son refus des négociations directes entre Israël et le Liban.

L'armée libanaise a entamé mardi son déploiement dans le village de Zawtar al-Gharbiya dont l'armée israélienne contrôlait les abords.

Le chef de l'armée, Rodolphe Haykal, s'est rendu jeudi sur place où il "a passé en revue les mesures prises" afin de " garantir le retour en sécurité des habitants", selon un communiqué de l'armée.

Un photographe de l'AFP a vu des équipes de secours entrer dans cette localité, qui reste interdite d'accès aux habitants.

Elles ont récupéré trois corps, et poursuivent des opérations de recherche, a rapporté l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

Les violences ont baissé d'intensité depuis la signature en juin d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, en parallèle de négociations entamées en avril entre le Liban et Israël dans une tentative de dissocier le dossier libanais de la guerre régionale.

Malgré l'accalmie dans les combats, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes et opérations dans et près des zones qu'elle continue d'occuper dans le sud.

L'ANI a rapporté une "forte explosion" dans la localité frontalière d'al-Tiri, l'attribuant à l'armée israélienne. Des tirs israéliens dans une autre localité du sud ont blessé un travailleur syrien, a ajouté l'agence.

Des secouristes affiliés au Hezbollah ont rapporté qu'une frappe israélienne près de Nabatiyé al-Fawqa avait visé une ambulance qui se rendait sur le site d'une précédente frappe, et blessé deux secouristes.