Click on the number for more info

Le boycott du Qatar

Short Url
Publié le Mardi 08 décembre 2020

Le boycott du Qatar

  • Le 5 juin 2017, l’Arabie Saoudite, l’Egypte, les Emirats arabes unis et Bahreïn rompent leurs relations diplomatiques avec le Qatar
  • Les quatre Etats, et d’autres qui se sont joints par la suite au boycott, avaient tenté durant des années de convaincre Doha de stopper son soutien aux groupes terroristes

Suite au refus de Doha d’abandonner son soutien aux extrémistes, ses voisins du Golfe ont rompu tous les liens.  

Résumé

Le 5 juin 2017, l’Arabie Saoudite, l’Egypte, les Emirats arabes unis et Bahreïn rompent leurs relations diplomatiques avec le Qatar, fermant les frontières et l’espace aérien et imposant un blocus économique qui est encore en place à ce jour.

L’Arabie Saoudite a alors déclaré que la décision était motivée par le fait que « le Qatar accueille divers groupes terroristes dans le but de déstabiliser la région, dont les Frères musulmans, Al-Qaïda, Daech et d’autres groupes soutenus par l’Iran », comme le rapportait Arab News.

Les quatre Etats, et d’autres qui se sont joints par la suite au boycott, avaient tenté durant des années de convaincre Doha de stopper son soutien aux groupes terroristes et son ingérence dans les affaires internes d’autres pays de la région, notamment ses alliés du Conseil de coopération du Golfe. 

L’alignement du Qatar sur l’Iran, une influence déstabilisante et menaçante pour la région, constituait l’une des inquiétudes principales pour les pays qui se méfiaient des ambitions de Téhéran dans le Golfe.

 

En tant que journaliste pour Arab News, j’étais surpris d’apprendre que ma demande d’entretien exclusif avec le ministre des Affaires étrangères du Qatar, en parallèle du 17ème forum de Doha en mai 2017, me fut promptement accordée.

J’interprétais cela comme un signal que le Cheikh Mohammad ben Abdel Rahman Al-Thani avait un message à faire passer avant le sommet de Riyad, qui devait se tenir une semaine plus tard, en présence des dirigeants des autres pays du Golfe et, pour sa première visite officielle à l’étranger, le président américain Donald Trump.

Dès que nous nous sommes installées pour l’entretien, mon premier sujet sur l’agenda était la question épineuse du soutien du Qatar aux Frères musulmans, que certains pays du Golfe et d’autres Etats arabes considèrent comme une organisation terroriste.

J’étais surpris d’entendre la réponse d’Al-Thani, résumée en première page d’Arab News, le 17 mai : « Nous ne soutenons pas, nous ne soutiendrons pas et n’avons pas soutenu les Frères musulmans ».

Notre conversation se dirigea ensuite sur l’autre sujet principal qui aliénait de plus en plus le Qatar par rapport aux autres pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) : L’entretien de relations proches avec l’Iran. Al-Thani répondit que Doha n’était pas entrée en dialogue direct avec l’Iran sans le CCG. Mais il ajouta que le Qatar « avait donné une réponse positive à la demande de dialogue de l’Iran ».

Cette année-là, le thème du Forum de Doha était : « Développement, stabilité et crise des Réfugiés ». Alors que nous discutions dans l’hôtel Sheraton de Doha, ni moi, ni Al-Thani – c’était en tous cas mon impression - ne pouvions nous douter qu’à peine trois semaines plus tard, le Qatar serait plongé dans une crise qu’il avait lui-même créée.

La nouvelle que l’Arabie Saoudite, l’Egypte, les EAU et Bahreïn rompaient leurs relations diplomatiques avec le Qatar et imposaient un boycott sur le pays a éclaté le 5 juin 2017, mais les raisons de cette décision remontent à deux décennies. 

« La nouvelle que l’Arabie Saoudite, l’Egypte, les EAU et Bahreïn rompaient leurs relations diplomatiques avec le Qatar et imposaient un boycott sur le pays a éclaté le 5 juin 2017, mais les raisons de cette décision remontent à deux décennies ».

Mohammed Al-Sulami

Le 27 juin 1995, Cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani s’était emparé du pouvoir lors d’un coup d’état sans effusion de sang, détrônant son père, Cheikh Khalifa, qui avait dû s’absenter du pays pour des raisons médicales. Sous le règne de Cheikh Hamad, le Qatar a commencé à s’écarter de son alignement sur les Etats du CCG, s’ingérant dans leurs affaires internes, soutenant des groupes terroristes et diffusant même des discours du chef d’Al-Qaïda Oussama Ben Laden sur la chaîne de télévision Al-Jazeera, fondée par l’Etat l’année qui avait suivi la prise de contrôle de Cheikh Hamad.

L’ampleur de l’éloignement de Doha par rapport aux valeurs communes des pays du CCG est devenu apparente lorsque plusieurs terroristes affiliés à Al-Qaïda et disposant de passeports qataris, ont pu s’infiltrer en Arabie Saoudite à travers le Qatar. Parmi eux, se trouvait Abdel Aziz Al-Muqrin, qui prit la tête d’Al-Qaïda en Arabie Saoudite en 2002 et commit une série d’attentats avant d’être tué par les forces de sécurité saoudiennes en 2004.

 

Les dates clés :

  1. Le 27 juin 1995

Hamad ben Khalifa détrône son père et prend le contrôle du Qatar

  1. Le 12 juin 2002

Le terroriste Abdel Aziz Al-Muqrin pénètre en Arabie Saoudite via le Qatar, avec un passeport qatari.  

  1. Le 16 novembre 2013

Le Qatar signe le premier accord de Riyad.

  1. Le 5 mars 2014

L’Arabie Saoudite, les EAU et Bahreïn rappellent leurs ambassadeurs du Qatar, accusant Doha d’ingérences dans leurs affaires.   

  1. Le 7 mars 2014

L’Arabie Saoudite désigne les Frères musulmans comme organisation terroriste, suivie par les EAU, le 15 novembre.

  1. Le 17 novembre 2014

Les ambassadeurs d’Arabie Saoudite, des EAU et Bahreïn retournent à Doha et le Qatar signe un accord complémentaire.

  1. Le 17 mai 2017

Arab News publie un entretien exclusif avec le ministre des Affaires étrangères qatari, qui nie tout soutien de Doha aux Frères musulmans.

  1. Le 24 mai 2017

Les EAU, l’Arabie Saoudite et l’Egypte bloquent l’accès au site internet d’Al-Jazeera.

  1. Le 5 juin 2017

L’Arabie Saoudite, l’Egypte, les Emirats et Bahreïn rompent leurs relations diplomatiques avec le Qatar.

  1. Le 12 juin 2017

Le bloc mené par l’Arabie Saoudite émet une liste de 13 demandes auxquelles le Qatar doit se conformer pour que les sanctions soient levées et les relations normalisées.

  

En 2014, deux enregistrements de conversations remontant à 2003 ont fuité, entre le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Cheikh Hamad ben Khalifa et l’ancien Premier ministre qatari Hamad ben Jassem, révélant que le Qatar complotait pour déstabiliser et diviser l’Arabie Saoudite. Le 25 octobre 2017, Hamad ben Jassem a admis, pour la première fois, l’authenticité de ces enregistrements.

Durant des années, les pays du Golfe et plus particulièrement l’Arabie Saoudite, ont tenté de persuader le Qatar de renoncer à cette voie perturbatrice. Les tentatives se sont poursuivies, en vain, après la décision de Cheikh Hamad, le 25 juin 2013, de quitter le pouvoir et de le remettre aux mains de son fils, Cheikh Tamim.

En novembre 2013, Doha a signé l’accord de Riyad, négocié entre le Qatar et l’Arabie Saoudite sous le parrainage de Cheikh Sabah Al-Ahmad, l’Émir du Koweït, et établi pour améliorer les relations entre les Etats du Golfe.

Extrait des archives d’Arab News, le 6 juin 2017

A l’époque, des détails de l’accord étaient gardés secrets. Mais par la suite, lorsque le document a été divulgué, il est apparu que le Qatar avait accepté de ne pas s’immiscer dans les affaires internes des autres pays du Golfe, de ne pas soutenir les Frères musulmans, de ne pas soutenir ou financer des organisations terroristes, et enfin de ne pas soutenir des « médias antagonistes » – en référence à Al-Jazeera.

L’Émir du Qatar avait également apposé sa signature à la condition que si le Qatar échouait à appliquer les conditions de l’accord, il donnerait le droit aux autres pays du CCG de prendre toutes les mesures qu’ils jugeraient appropriées pour protéger leur sécurité et leur stabilité.

Il est apparu rapidement que le Qatar ne se soumettait pas en réalité aux conditions de l’accord de Riyad et en mars 2014, l’Arabie Saoudite, Bahreïn et les EAU ont rappelé leurs ambassadeurs, mentionnant « le non-respect de Doha des décisions prises et acceptées précédemment ». En novembre 2014, suite à l’engagement du Qatar d’appliquer certaines des conditions, le retour des ambassadeurs a été annoncé et un second accord a été signé. Mais la situation n’était toujours pas satisfaisante.

« Les habitants du Qatar ont été aperçus en train d’effectuer des achats dictés par la panique et certains des rayons des supermarchés étaient vides, suite à l’annonce de l’Arabie Saoudite, Bahreïn, l’Egypte et les EAU de rappeler leurs personnels diplomatiques du pays »

Extrait d’un article d’Aisha Fareed et Lulwa Shalhoub à la Une d’Arab News, le 6 juin 2017

Le 5 juin 2017, l’agence de presse du Qatar a publié une annonce de l’Emir du Qatar critiquant ce qu’il appelait « le sentiment anti-iranien ». Les responsables qataris ont rapidement nié ces déclarations, affirmant que le site officiel de l’agence de presse avait été piraté. Mais c’était la goutte qui avait fait déborder le vase.

Le même jour, l’Arabie Saoudite, Bahreïn, l’Egypte et les EAU ont rompu leurs liens diplomatiques avec le Qatar, effectué un blocus total des ports et frontières et établi une liste de 13 conditions nécessaires à la restauration de relations normales. Les demandes les plus importantes étaient que Doha cesse son soutien au groupes terroristes dans les pays arabes, cesse son ingérence dans les affaires internes des pays du boycott, cesse d’accueillir des extrémistes et terroristes au Qatar et ne fournisse pas de plateforme médiatique à des militants pour attaquer les quatre pays.

La réponse du Qatar ? Le 24 août 2017, Doha a annoncé la restauration de tous les liens diplomatiques avec l’Iran et son intention de « renforcer les relations bilatérales avec la République islamique d’Iran dans tous les domaines ».

Plus de 1 000 jours plus tard, la crise n’est toujours pas résolue.

Mohammed Al-Sulami, directeur régional pour l’Arabie Saoudite à Arab News, a réalisé un entretien exclusif avec le ministre des Affaires étrangères du Qatar en 2017, avant que l’Arabie Saoudite ne rompe ses liens diplomatiques avec Doha.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon la diplomatie iranienne

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Short Url
  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.


Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Short Url
  • La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien
  • Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni

EVIAN: La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien face à Vladimir Poutine.

Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Ils se retrouveront pour un déjeuner de travail consacré aux crises de cette région secouée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'Egypte, les Emirats arabes unis et le Qatar - qui a contribué à la médiation ayant abouti à un accord entre Washington et Téhéran - y ont été conviés.

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à fin décembre dans la résidence du milliardaire américain à Mar-a-Lago, en Floride.

A défaut d'annoncer une réunion bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.

"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Il a en outre déploré les 25.000 morts par mois dans ce conflit, "majoritairement des soldats". "Cela ne devrait pas se produire", a-t-il réagi.

Après de nouvelles frappes meurtrières menées lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".

Le président peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien, dont il verra certains en tête-à-tête.

Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a ainsi annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer en amont de la session de travail.

"Unité et détermination" 

Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.

Avant même la tenue du sommet, une source gouvernementale italienne soulignait de son côté que l'Ukraine restait "un sujet sur lequel il y a la plus grande attention italienne".

Lundi, le président du conseil européen António Costa, également présent à Evian, a estimé que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre et parvenir à une paix juste et durable".

A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain".

Elle a en outre loué la capacité de Kiev de frapper des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".

Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones, mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.

Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence, elle, à montrer des signes de faiblesse.

"Nos sanctions frappent profondément", a estimé Ursula Von der Leyen.

Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.

Lundi, le président ukrainien a fait savoir qu'il avait invité son homologue russe à venir au G7.

"La Russie a montré une fois de plus qu'elle n'est pas prête à parler", a-t-il dit, estimant qu'il fallait intensifier la pression sur le président jusqu'à ce qu'il mette fin à la guerre.


Olivier Cadic : « Les relations entre la France et l’Arabie saoudite n’ont jamais été aussi denses »

Le vice-ministre des Affaires étrangères, Waleed Elkhereiji, a rencontré lundi à Riyad Olivier Cadic, président du groupe d'amitié parlementaire franco-saoudien du Sénat français. (X/@KSAmofaEN)
Le vice-ministre des Affaires étrangères, Waleed Elkhereiji, a rencontré lundi à Riyad Olivier Cadic, président du groupe d'amitié parlementaire franco-saoudien du Sénat français. (X/@KSAmofaEN)
Short Url
  • En visite à Riyad, le sénateur des Français établis hors de France souligne l’accélération des échanges entre Paris et le Royaume, les opportunités offertes par Vision 2030 et le rôle stabilisateur de l’Arabie saoudite dans la région
  • La transformation de l’Arabie saoudite ouvre de nouvelles opportunités pour les entreprises françaises, notamment dans l’intelligence artificielle, les infrastructures, les énergies renouvelables, la culture, le tourisme et l’économie numérique

RIYAD : Sénateur des Français établis hors de France depuis 2014, vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées et président du groupe d’amitié interparlementaire France–Pays du Golfe, Olivier Cadic a effectué une nouvelle visite en Arabie saoudite à la tête d’une délégation parlementaire française composée notamment des sénateurs Nathalie Delattre et Rémy Pointereau. À l’issue de ses rencontres avec les autorités saoudiennes, il revient sur la transformation du Royaume, l’état des relations franco-saoudiennes et les perspectives de coopération entre les deux pays.

Pour Olivier Cadic, l’Arabie saoudite figure aujourd’hui parmi les pays qui se transforment le plus rapidement au monde. « Il s’agit de ma neuvième visite en Arabie saoudite en onze ans. Ce qui me frappe à chaque déplacement, c’est la rapidité de la transformation du pays », confie-t-il à Arab News en français.

Le sénateur souligne particulièrement les changements observés à Riyad, où les projets de développement se multiplient dans le cadre de la Vision 2030 portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane. Selon lui, cette stratégie de modernisation « insuffle un souffle de modernité accéléré » et traduit une volonté claire de diversification économique, d’innovation et d’ouverture sur le monde.

Au cours de sa visite, Olivier Cadic a insisté sur la solidité du partenariat franco-saoudien, qu’il qualifie d’exceptionnel.

« Les relations entre la France et l’Arabie saoudite sont excellentes et n’ont jamais été aussi denses », affirme-t-il. Selon le sénateur, cette proximité repose sur une confiance mutuelle et sur des convergences de vues concernant plusieurs dossiers régionaux majeurs.

Il rappelle également l’importance de la solidarité entre partenaires dans les moments difficiles. « J’ai souhaité rappeler que la France n’oublie pas les attaques dont l’Arabie saoudite a été victime. Dans les moments difficiles, les partenaires doivent pouvoir compter les uns sur les autres. »

Selon Olivier Cadic, Paris et Riyad partagent notamment leur soutien à une solution à deux États pour résoudre le conflit israélo-palestinien, leur préoccupation face à la perspective d’une acquisition ou d’un usage d’une capacité nucléaire militaire par l’Iran, ainsi que leur volonté de voir le Liban retrouver sa pleine souveraineté et la Syrie renouer avec la stabilité.

« Plus largement, la France et l’Arabie saoudite défendent le multilatéralisme, le respect du droit international et de l’intégrité territoriale des États », souligne-t-il.

Sur le plan économique, le sénateur estime que les perspectives de cooperation entre la France et l’Arabie saoudite sont particulièrement prometteuses.

Les secteurs des nouvelles technologies, de l’intelligence artificielle, des énergies renouvelables, du tourisme, de la culture et de la formation figurent parmi les domaines les plus porteurs.

« La diversification de l’économie saoudienne crée de nombreuses opportunités pour les entreprises françaises, qui disposent d’un savoir-faire reconnu dans ces secteurs », explique-t-il.

Les mégaprojets lancés dans le cadre de Vision 2030 offrent également de nouvelles perspectives dans les infrastructures de transport, la gestion durable de l’eau, les énergies décarbonées, la santé et les technologies numériques.

Olivier Cadic met aussi en avant l’émergence de nouveaux axes de coopération à forte valeur ajoutée. « Les coopérations entre la France et l’Arabie saoudite s’étendent désormais à de nouveaux secteurs, notamment les industries culturelles et créatives, l’intelligence artificielle, mais aussi l’e-sport », observe-t-il.

Pour le sénateur, les projets liés à l’économie numérique et à la jeunesse illustrent parfaitement la capacité des deux pays à construire ensemble des partenariats innovants et tournés vers l’avenir.

Parmi les éléments les plus marquants de cette mission, Olivier Cadic évoque avant tout l’état d’esprit qu’il a observé auprès des responsables saoudiens et des jeunes générations.

« J’ai été particulièrement impressionné par la confiance qui anime les responsables saoudiens et la jeunesse du pays. On ressent une véritable volonté de construire l’avenir et de réussir la transformation engagée », confie-t-il.

Le sénateur souligne également la qualité de l’accueil qui lui a été réservé et salue « l’hospitalité saoudienne », ainsi que les efforts entrepris pour valoriser le patrimoine culturel du Royaume et développer son attractivité touristique.

Cette dynamique de coopération devrait continuer à se renforcer dans les années à venir. Selon Olivier Cadic, les échanges bilatéraux se sont considérablement intensifiés ces dernières années, comme en témoigne la multiplication des visites officielles entre les deux pays. Le sénateur rappelle notamment qu’une délégation saoudienne a été accueillie en France en 2025.

« Le rôle des groupes d’amitié parlementaires est précisément de nourrir ce dialogue dans la durée et de favoriser l’émergence de nouvelles coopérations, qu’elles soient économiques, culturelles ou institutionnelles », souligne-t-il.

Interrogé sur la situation actuelle dans le Golfe, Olivier Cadic estime que l’Arabie saoudite joue un rôle central dans une région confrontée à de nombreux défis sécuritaires et géopolitiques.

« Le Golfe évolue dans un environnement régional particulièrement complexe », note-t-il, faisant référence aux tensions liées au conflit israélo-iranien.

Dans ce contexte, il considère que le Royaume s’affirme comme un acteur stabilisateur, privilégiant les solutions diplomatiques et les initiatives favorisant la paix régionale. Son poids économique, politique et diplomatique en fait, selon lui, « un acteur incontournable de l’équilibre régional ».

Enfin, Olivier Cadic a tenu à adresser un message à la communauté française vivant et travaillant en Arabie saoudite.

« J’adresse un message de confiance à nos compatriotes établis en Arabie saoudite », déclare-t-il. « Ils participent pleinement au rapprochement entre nos deux pays et contribuent au rayonnement de la France. »

Le sénateur estime que les perspectives offertes par le Royaume sont considérables et que les relations franco-saoudiennes disposent encore d’un potentiel de développement exceptionnel.

« Plus que jamais, les Français présents dans le Royaume sont des passerelles entre nos deux nations et des acteurs précieux de cette coopération d’avenir », conclut-il.