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L'invasion du Koweït

Les relations entre l’Irak et le Koweït qui avait soutenu Bagdad financièrement durant la guerre Iran-Irak, s’étaient rapidement détériorées les mois précédant l’invasion (Photo, Getty Images).
Les relations entre l’Irak et le Koweït qui avait soutenu Bagdad financièrement durant la guerre Iran-Irak, s’étaient rapidement détériorées les mois précédant l’invasion (Photo, Getty Images).
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Publié le Mardi 08 décembre 2020

L'invasion du Koweït

  • Le 2 août 1990, l’armée irakienne pénètre au Koweït, écrasant toute résistance en deux jours
  • Les relations entre l’Irak et le Koweït qui avait soutenu Bagdad financièrement durant la guerre Iran-Irak, s’étaient rapidement détériorées les mois précédant l’invasion

« L’agression odieuse » de Saddam mena à la guerre du Golfe, déchirant le monde arabe et créant des divisions durables.

Résumé

Le 2 août 1990, l’armée irakienne pénètre au Koweït, écrasant toute résistance en deux jours, poussant le gouvernement à l’exil à Taëf, en Arabie Saoudite, et exécutant des centaines de Koweïtiens qui avaient tenté de résister.

Les relations entre l’Irak et le Koweït qui avait soutenu Bagdad financièrement durant la guerre Iran-Irak, s’étaient rapidement détériorées les mois précédant l’invasion. En plus du refus du Koweït d’effacer la large dette contractée par Bagdad, les tensions s’étaient exacerbées autour d’accusations non fondées de Saddam Hussein qui prétendait que le Koweït avait détourné du pétrole irakien du champ pétrolifère de Rumaila, situé entre les deux pays.

Suite au refus de l’Irak d’adhérer aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies exigeant son retrait immédiat du Koweït, ce dernier fut rapidement libéré par une coalition menée par les Etats-Unis. Mais l’intervention militaire ne se poursuivit pas jusqu’au renversement du régime de Saddam, tâche inachevée qui fut complétée bien plus tard, en 2003, lors de la guerre des Etats-Unis en Irak.

DJEDDAH: J’étais à Bagdad tout juste deux mois avant que Saddam Hussein n’envahisse le Koweït, le 2 août 1990. J’y étais avec un groupe de rédacteurs et de journalistes accompagnant le Roi Fahd au 17ème Sommet arabe dans la capitale irakienne, le 30 mai 1990. Je vis Saddam de très près ; moins d’un mètre nous séparait.

A ce moment, personne ne pouvait soupçonner qu’il allait envahir le Koweït. Bien sûr, un certain mécontentement grondait, et des différends existaient autour de l’île koweïtienne de Bubiyan, revendiquée par l’Irak. Mais personne n’aurait pu imaginer que deux mois après avoir reçu les dirigeants arabes, ses blindés déferleraient au Koweït, dans ce que le Roi Fahd a décrit comme « l’agression la plus odieuse » de l’Irak.

Les dates clés :

  1. Le 2 août 1990

L’Irak envahit le Koweït.

  1. Le 3 août 1990

La résolution 660 des Nations unies condamne l’invasion et ‘exige que l’Irak retire immédiatement toutes ses forces du Koweït’.

  1. Le 4 août 1990

Saddam Hussein nomme Alaa Hussein, un lieutenant dans l’armée koweïtienne qui détient la double nationalité irako-koweïtienne, à la tête d’un gouvernement fantoche qui durera quatre jours.

  1. Le 29 novembre 1990

La résolution 678 du Conseil de sécurité de l’ONU donne un ultimatum à l’Irak jusqu’au 15 janvier 1991 pour se retirer du Koweït.

  1. Le 17 janvier 1991

Les F15 et Tornados de l’armée de l’air saoudienne participent aux premiers raids aériens de la coalition sur des cibles militaires irakiennes, en Irak et au Koweït.

  1. Le 18 janvier 1991

L’Irak tire le premier d’une série de plus de 80 missiles Scud sur Israël et l’Arabie Saoudite durant le bref conflit.

  1. Le 29 janvier 1991

Les forces irakiennes s’emparent de la ville saoudienne de Khafji à la frontière koweïtienne, mais sont repoussées deux jours plus tard.

  1. Le 15 février 1991

Les forces de la coalition pénètrent en Irak à partir de l’Arabie Saoudite.

  1. Le 24 février 1991

Les forces américaines et de la coalition entament la libération rapide du Koweït. 

  1. Le 25 février 1991

Un missile Scud irakien touche une caserne américaine à Dharan, en Arabie Saoudite, tuant 28 soldats.   

  1. Le 26 février 1991

Les forces irakiennes se retirent du Koweït, non sans avoir mis le feu à plusieurs puits de pétrole. Battant en retraite, des milliers de soldats irakiens meurent sur l’Autoroute 80 - que l’on qualifiera d’Autoroute de la mort - lorsqu’ils sont bombardés par des avions de la coalition.

  1. Le 28 février 1991

Suite à la libération du Koweït, le président américain George H.W. Bush déclare un cessez-le-feu et le gouvernement koweïtien rentre d’exil.

L’invasion du Koweït a déclenché une série d’événements avec des répercussions durables. Elle a fait exploser à jamais la notion d’unité arabe et divisé le monde arabe qui ne s’en est toujours pas remis et n’est pas revenu à la « normale » après la Guerre du Golfe.

Certains pays, même s’ils ne se rangèrent pas du côté de Saddam, demeurèrent silencieux et ceci causa un accroissement des suspicions qui subsistaient dans le monde arabe de l’après-1945. Ces suspicions ont été renforcées, intégrées et fixées dans les esprits arabes. Chacun suspectait les intentions de l’autre. Si les Palestiniens, les Jordaniens et les Yéménites n’ont pas publiquement soutenu l’invasion, leur attentisme a provoqué la colère des pays du Golfe.

Sommes-nous en droit de penser que les problèmes actuels de notre région trouvent leurs racines dans l’invasion du Koweït de 1990 ? Je répondrais par l’affirmative. La plupart des problèmes actuels du monde arabe sont les résultats directs de l’agression de Saddam.

Tout d’abord, l’invasion a directement mené à la destruction de l’Irak. Le gouvernement irakien, et plus particulièrement Saddam, en porte la responsabilité. C’est ce dernier qui a donné une opportunité en or aux forces qui voulaient détruire un pays arabe. Si Saddam n’avait pas envahi le Koweït, il n’y aurait sans doute pas eu d’Al-Qaïda, ni de Daech. L’invasion du Koweït a représenté une occasion unique pour ceux qui souhaitaient voir les Arabes se quereller violemment et entrer en guerre les uns contre les autres.

Je me souviens d’un article perspicace que j’avais lu dans le journal londonien « Daily Telegraph » en 1968, qui mentionnait les différends qui étaient apparus durant le sommet arabe, cette année-là. Une phrase en particulier, toujours d’actualité, avait retenu mon attention : « Il manque au monde arabe, malgré ses caisses pleines, une chose que l’argent ne peut pas acheter : le leadership ».

Mais revenons à l’invasion et à la manière avec laquelle, nous à Arab News, l’avions couverte. Je fus réveillé par un coup de fil le matin du 2 août 1990. Mohammed Ali, l’opérateur du téléimprimeur à Arab News, était en ligne. A cette époque, le téléimprimeur nous procurait les nouvelles, parfois au compte-gouttes et parfois en abondance. Ali me confia que des informations avaient filtré sur l’invasion du Koweït par les troupes irakiennes.

« Ce sont des jours tristes et sombres pour le monde arabe, lorsque des Arabes se trouvent obligés de réagir contre un état arabe ami pour préserver leur propre sécurité et restaurer la légitimité de l’Etat souverain du Koweït »

Extrait d’un éditorial de Khaled Al-Maeena paru dans Arab News le 10 août 1990.

J’ai sauté du lit, me suis rapidement habillé pour me rendre au bureau à près de 6 heures du matin. Après avoir contacté deux autres membres de l’équipe, nous nous attelâmes à la lecture des informations. La communication était loin d’être rapide en ces temps-là. Internet et les portables n’existaient pas encore. Afin d’obtenir des informations de première main, j’avais contacté l’un de mes amis au Koweït qui avait auparavant travaillé avec le journal « Arab Times ». Il dit : « Oui, je vois des chars irakiens dans les rues. Il n’y a pas de résistance de la part des Koweïtiens ». Nous étions parvenus à rester en contact durant près de trois heures et demie avant de perde la liaison. Les lignes avec le Koweït avaient ensuite été coupées.

Armé de toutes les informations et indices, je me réunis avec l’équipe éditoriale pour mettre au point l’édition du lendemain. Mais un ordre du ministère de l’Information intima aux journaux de ne pas écrire sur l’invasion. D’un point de vue éditorial, nous avions préparé un article remarquable mais les directives nous forçaient à ne pas le publier.

Extrait des Archives de Arab News du 10 août 1990

Je n’étais pas prêt à accepter un « non » en guise de réponse. J’avais pris la voiture, en compagnie de mon collègue Khaled Nazer et nous nous étions rendus au bureau du ministre de l’information de l’époque, Ali Al-Shaer. Une fois sur place, j’avais tenté en vain de le convaincre de l’importance de publier l’information mais sa position resta inchangée. Ce fut le jour le plus sombre de ma carrière de journaliste.

Par chance, une conférence islamique se déroulait au Caire à ce moment-là. Nous avions utilisé cet angle journalistique pour discuter des tensions et grondements le long de la frontière entre l’Irak et le Koweït. C’était tout ce que nous pouvions faire.

Néanmoins, le lendemain, nous commencions à publier les détails de saccages et de carnages commis par les troupes de Saddam au Koweït. J’avais informé les éditeurs de l’importance pour le journal d’avoir une équipe complète près de la frontière saoudienne avec l’Irak, en plus du bureau que nous avions déjà dans la Province de l’Est.

Le 8 août, je me rendis dans la Province de l’Est et en septembre, nous avions une équipe au complet sur place, incluant Wahib Ghorab, Khaled Nazer, Mohammed Shamman, Saeed Haider, Maher Abbas, Hani Naqshbandi, le photographe Giovanni Pasquale ainsi qu’un stagiaire américain, Aldo Svaldi. A ce moment, une armée de journalistes internationaux étaient arrivés à la Province Est. La libération du Koweït ne se ferait pas avant deux semaines.

Lorsque feu le Roi Fahd s’adressa à la nation et au monde le 9 août 1990, une couverture détaillée de l’invasion nous avait été transmise. Notre titre, à la une du journal du lendemain était : « Fahd dénonce ‘l’agression la plus odieuse de l’Irak’. »

De la Province de l’Est, nous avions commencé à écrire des articles, dépêches de guerre et à recueillir des témoignages. Tout était nouveau pour nous et nos chiffres de ventes grimpèrent en flèche. « La vérité verte », le surnom donné à Arab News à cette époque, devint la publication de référence et une source d’information privilégiée.

Des journalistes internationaux de Voice of America, la BBC et CNN nous rendaient visite dans nos bureaux. Nous avons alors forgé des liens d’amitié durable avec bon nombre d’entre eux. Ils étaient surpris par le degré de nos connaissances, notre ténacité et notre ouverture d’esprit. Je me souviens même d’un article à propos d’un kiosque qui faisait des « Scud Burgers » nommés après les missiles que Saddam utilisait pour attaquer le Royaume. Aucun membre de mon équipe n’était autorisé à se considérer moins important que ces célèbres et imposants journalistes internationaux. Je m’en étais personnellement assuré.

Arab News fut le premier journal à pénétrer au Koweït libéré, alors que les puits de pétrole étaient encore en feu.

 

Khaled Almaeena était rédacteur en chef d’Arab News durant près de 25 ans, du 1er mai 1982 au 20 février 1993 puis du 1er mars 1998 au 8 octobre 2011.


Guterres effectue une visite en Syrie, la première d'un chef de l'ONU depuis 2009

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, prononce le discours d’ouverture du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, à Genève. (AFP)
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, prononce le discours d’ouverture du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, à Genève. (AFP)
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  • Antonio Guterres est arrivé en Syrie pour réaffirmer le soutien de l’ONU à la transition politique et rencontrer les autorités syriennes ainsi que des représentants de la société civile
  • Cette visite intervient à un moment clé, alors que la Syrie doit relever les défis de la reconstruction, de la gouvernance inclusive et des tensions sécuritaires persistantes

DAMAS: Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, est arrivé samedi en Syrie, selon l'agence de presse officielle Sana, pour témoigner de son soutien à la transition politique du pays, dévasté par plus de treize ans de guerre.

Cette visite est la première d'un secrétaire général de l'ONU en Syrie depuis celle de Ban Ki-moon en 2009. Elle intervient plus d'un an et demi après la chute fin 2024 du président Bachar al-Assad, renversé par une coalition de rebelles islamistes.

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a accueilli à l'aéroport international de Damas M. Guterres qui est accompagné d'une délégation, a rapporté Sana.

"L'opportunité qui se présente aujourd'hui ne se limite pas à se relever du conflit, mais inclut aussi les bases d'un avenir pour la Syrie marqué par plus de stabilité, d'inclusivité et de prospérité pour tous les Syriens", a déclaré le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric.

Le diplomate réaffirmera que "le rôle des Nations unies est d'accompagner et de soutenir le peuple syrien dans ce cheminement", a-t-il ajouté.

Lors de sa visite prévue jusqu'à lundi, Antonio Guterres doit notamment rencontrer le président Ahmad al-Chareh ainsi que des représentants de la société civile, des organisations représentant les femmes et les diverses communautés du pays.

- "Période clé" -

Depuis son arrivée au pouvoir, Ahmad al-Chareh a rompu avec son passé jihadiste et, en septembre, il a été le premier président syrien depuis Noureddine al-Atassi en 1967 à prononcer un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

La communauté internationale n'a cessé d'inciter les nouvelles autorités islamistes à bâtir des institutions solides et efficaces, et instaurer une gouvernance inclusive et plurielle.

Le pays a été le théâtre en mars 2025 de massacres d'alaouites, minorité dont est issu M. Assad, et d'affrontements sanglants avec des combattants druzes la même année.

L'envoyé spécial adjoint de l'ONU pour la Syrie, Claudio Cordone, avait indiqué mardi que M. Guterres allait "réaffirmer l'engagement des Nations unies à soutenir le gouvernement syrien et le peuple syrien dans cette période clé pour l'histoire de la Syrie".

Le chef de l'ONU doit également aller à la rencontre de la force de maintien de la paix de l'ONU déployée dans une zone tampon sur le plateau du Golan depuis 1974.

Après le renversement de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans cette zone.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.

Les infrastructures de la Syrie ont été très gravement endommagées par la guerre civile, entre 2011 et 2024, et le coût de la reconstruction a été évalué à plus de 216 milliards de dollars par la Banque mondiale.

Plusieurs hauts responsables de l'ONU se sont rendus en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad, notamment le haut-commissaire aux droits de l'homme, Volker Türk.

Une délégation d'ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU avait également effectué une visite en décembre dernier.


La coalition dirigée par l’Arabie saoudite frappe des sites houthis au Yémen alors que le conflit s’intensifie

Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
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  • Des frappes aériennes visent des sites de la « milice terroriste houthie » à Hodeïda, selon le porte-parole de la coalition
  • L’envoyé saoudien accuse les Houthis de « transformer le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures »

RIYAD / SANAA : Les forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen ont mené vendredi des frappes aériennes contre des sites militaires houthis dans la ville portuaire de Hodeïda, sur la côte ouest, en réponse aux attaques visant des navires liés à l’Arabie saoudite en mer Rouge, a annoncé la coalition.

« Nous avons mené une opération de riposte militaire proportionnée contre des cibles militaires légitimes appartenant à la milice terroriste houthie dans le gouvernorat de Hodeïda », a déclaré sur X le porte-parole de la coalition, le général de division Turki Al-Malki, précisant que l’opération était terminée.

Ces frappes interviennent après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont menacé de viser les navires saoudiens ne respectant pas leur blocus maritime et revendiqué cette semaine des attaques contre deux navires saoudiens. L’Arabie saoudite a confirmé l’une de ces attaques.

Une source sécuritaire yéménite a indiqué à l’AFP qu’une base navale à Hodeïda ainsi qu’un camp militaire sur l’île de Kamaran figuraient parmi les cibles.

Le ministère des Affaires étrangères contrôlé par les Houthis a déclaré vendredi que ces frappes marquaient le début d’une phase « d’escalade pour escalade ».

Des habitants ont rapporté avoir entendu des explosions, notamment à proximité du port.

La chaîne Al-Masirah, contrôlée par les Houthis, a indiqué que deux personnes avaient été blessées : un employé à Hodeïda et une femme sur l’île de Kamaran.

Dans un communiqué publié samedi, Turki Al-Malki a affirmé que le port de Hodeïda n’avait pas été visé et que tous les ports yéménites, notamment Hodeïda, Ras Issa et Salif, demeuraient ouverts à la navigation maritime et continuaient d’accueillir des navires commerciaux.

Il a également indiqué qu’aucun aéroport n’avait été ciblé afin de maintenir le trafic aérien, tout en accusant les Houthis d’empêcher les opérations de vol à l’aéroport international de Sanaa.

La coalition saoudienne a déclaré qu’elle continuerait à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger ses navires et les intérêts de l’Arabie saoudite, et qu’elle répondrait « sans compromis » si les Houthis poursuivaient ce qu’elle qualifie d’actions hostiles.

Cette escalade constitue le premier échange de tirs signalé entre la coalition et les Houthis depuis plusieurs années, mettant en péril une trêve fragile largement respectée depuis 2022, bien qu’elle ait officiellement expiré.

Vendredi, les médias d’État saoudiens ont cité un responsable de l’autorité des transports indiquant que le navire saoudien NCC MASA avait été pris pour cible alors qu’il naviguait en mer Rouge, subissant de légers dégâts à sa coque. Le navire a ensuite repris sa route, selon l’agence SPA.

Cette nouvelle flambée de tensions intervient alors que les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ont renforcé l’importance de la route de la mer Rouge pour l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole.

En avril et en mai, la totalité des exportations maritimes de brut saoudien est partie du port de Yanbu, sur la mer Rouge, selon les données de Kpler. Ce port a représenté 92 % des exportations maritimes de pétrole brut en juin et 78 % depuis le début du mois de juillet.

Les Houthis combattent le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale depuis 2014 dans un conflit qui a fait des centaines de milliers de morts.

L’ambassadeur saoudien au Yémen, Mohamed AlJabir, a affirmé que le Royaume continuait de rechercher et de soutenir tous les efforts visant à obtenir une désescalade et « une solution politique globale qui mettrait fin aux souffrances du peuple yéménite ».

Mais, selon lui, la milice houthie persiste dans une logique d’escalade et de violence « au service d’agendas étrangers », dans une allusion apparente à l’Iran.

« Cette milice a transformé le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures, qui l’utilisent à leur guise pour servir leurs intérêts au détriment de la sécurité et de la stabilité du Yémen », a écrit AlJabir dans une série de messages publiés sur X.

Il a également souligné que, tandis que l’Arabie saoudite soutient l’arrivée de navires dans les ports de Hodeïda afin de répondre aux besoins du peuple yéménite, « la milice houthie poursuit ses attaques lâches contre des navires commerciaux civils en mer Rouge, menaçant la liberté de la navigation internationale et la sécurité de la région ».

Le président du Conseil présidentiel yéménite, Rashad Al-Alimi, a déclaré samedi que les Houthis « jouent avec les intérêts du peuple yéménite » au profit de l’Iran. Il a estimé que la poursuite de cette escalade constituait « une perte de temps » et un gaspillage des ressources du pays.

« La milice terroriste houthie sacrifie les intérêts du peuple yéménite pour servir les objectifs de l’Iran », a-t-il déclaré dans un communiqué.

• Avec AP, Reuters et AFP 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne dit se préparer à mener une «vaste opération» en Cisjordanie

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
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  • L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad
  • Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé vendredi qu'elle se préparait à mener une "vaste opération antiterroriste" en Cisjordanie occupée à la suite de violences qui ont coûté la vie à un Israélien et quatre Palestiniens.

"A la suite de l'attaque terroriste perpétrée plus tôt dans la journée dans la région de Tel, les soldats des FDI (armée israélienne, NDLR) se préparent à mener une vaste opération antiterroriste dans ce secteur", a indiqué l'armée. Elle a ajouté avoir reporté les permissions des soldats sur l'ensemble du territoire et déployé ses forces dans la région.

Netanyahu promet d'agir "avec fermeté" 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués.

L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad.

Selon elle, les assaillants se sont emparés de l'arme d'un membre des forces de sécurité arrivées sur place, avant d'ouvrir le feu sur les randonneurs.

Les secours israéliens du Magen David Adom ont indiqué qu'un homme d'une trentaine d'années avait été déclaré mort près de la colonie.

Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source.

L'armée a ensuite annoncé avoir tué l'auteur de l'attaque et récupéré l'arme dérobée. Elle a précisé que des opérations étaient toujours en cours pour retrouver d'éventuels autres assaillants.

Un journaliste de l'AFP a constaté que tous les barrages et points de contrôle avaient été fermés dans le nord de la Cisjordanie et que d'importants renforts militaires avaient été déployés dans le secteur.

Le ministère palestinien de la Santé a indiqué de son côté que quatre Palestiniens avaient été tués dans le village de Tel, voisin de la colonie, et que quatre autres avaient été blessés, dont trois grièvement.

Le chef du conseil du village de Tel, Walid Zidan, a rejeté la version israélienne, affirmant à l'AFP qu'une vingtaine de colons étaient entrés dans le village palestinien avant que des affrontements n'éclatent.

Selon lui, des soldats israéliens se sont ensuite joints aux colons pour tirer sur des Palestiniens.

L'AFP n'était pas en mesure de vérifier ces affirmations de manière indépendante.

Agir "d'une main de fer"

Après la mort de l'Israélien, M. Netanyahu a dit que son gouvernement agirait "avec fermeté contre les terroristes et leurs commanditaires", selon un communiqué de son bureau.

Il a précisé qu'il allait tenir une réunion avec les responsables sécuritaires pour "discuter des modalités de la riposte à l'attentat meurtrier".

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé l'armée à agir "d'une main de fer" contre "le village des meurtriers et ses environs", sans fournir davantage de précisions.

Les violences en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, se sont fortement intensifiées depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres officiels israéliens, au moins 47 Israéliens, civils et militaires confondus, y ont été tués depuis octobre 2023 dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.

Selon un décompte de l'AFP, fondé sur les données du ministère de la Santé palestinien, le bilan côté palestinien est d'au moins 1.094 Palestiniens, combattants ou civils tués par des soldats ou des colons israéliens.

Hors Jérusalem-Est, plus de 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, aux côtés d'environ trois millions de Palestiniens.

Toutes les colonies israéliennes sont considérées comme illégales au regard du droit international.