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L'invasion du Koweït

Les relations entre l’Irak et le Koweït qui avait soutenu Bagdad financièrement durant la guerre Iran-Irak, s’étaient rapidement détériorées les mois précédant l’invasion (Photo, Getty Images).
Les relations entre l’Irak et le Koweït qui avait soutenu Bagdad financièrement durant la guerre Iran-Irak, s’étaient rapidement détériorées les mois précédant l’invasion (Photo, Getty Images).
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Publié le Mardi 08 décembre 2020

L'invasion du Koweït

  • Le 2 août 1990, l’armée irakienne pénètre au Koweït, écrasant toute résistance en deux jours
  • Les relations entre l’Irak et le Koweït qui avait soutenu Bagdad financièrement durant la guerre Iran-Irak, s’étaient rapidement détériorées les mois précédant l’invasion

« L’agression odieuse » de Saddam mena à la guerre du Golfe, déchirant le monde arabe et créant des divisions durables.

Résumé

Le 2 août 1990, l’armée irakienne pénètre au Koweït, écrasant toute résistance en deux jours, poussant le gouvernement à l’exil à Taëf, en Arabie Saoudite, et exécutant des centaines de Koweïtiens qui avaient tenté de résister.

Les relations entre l’Irak et le Koweït qui avait soutenu Bagdad financièrement durant la guerre Iran-Irak, s’étaient rapidement détériorées les mois précédant l’invasion. En plus du refus du Koweït d’effacer la large dette contractée par Bagdad, les tensions s’étaient exacerbées autour d’accusations non fondées de Saddam Hussein qui prétendait que le Koweït avait détourné du pétrole irakien du champ pétrolifère de Rumaila, situé entre les deux pays.

Suite au refus de l’Irak d’adhérer aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies exigeant son retrait immédiat du Koweït, ce dernier fut rapidement libéré par une coalition menée par les Etats-Unis. Mais l’intervention militaire ne se poursuivit pas jusqu’au renversement du régime de Saddam, tâche inachevée qui fut complétée bien plus tard, en 2003, lors de la guerre des Etats-Unis en Irak.

DJEDDAH: J’étais à Bagdad tout juste deux mois avant que Saddam Hussein n’envahisse le Koweït, le 2 août 1990. J’y étais avec un groupe de rédacteurs et de journalistes accompagnant le Roi Fahd au 17ème Sommet arabe dans la capitale irakienne, le 30 mai 1990. Je vis Saddam de très près ; moins d’un mètre nous séparait.

A ce moment, personne ne pouvait soupçonner qu’il allait envahir le Koweït. Bien sûr, un certain mécontentement grondait, et des différends existaient autour de l’île koweïtienne de Bubiyan, revendiquée par l’Irak. Mais personne n’aurait pu imaginer que deux mois après avoir reçu les dirigeants arabes, ses blindés déferleraient au Koweït, dans ce que le Roi Fahd a décrit comme « l’agression la plus odieuse » de l’Irak.

Les dates clés :

  1. Le 2 août 1990

L’Irak envahit le Koweït.

  1. Le 3 août 1990

La résolution 660 des Nations unies condamne l’invasion et ‘exige que l’Irak retire immédiatement toutes ses forces du Koweït’.

  1. Le 4 août 1990

Saddam Hussein nomme Alaa Hussein, un lieutenant dans l’armée koweïtienne qui détient la double nationalité irako-koweïtienne, à la tête d’un gouvernement fantoche qui durera quatre jours.

  1. Le 29 novembre 1990

La résolution 678 du Conseil de sécurité de l’ONU donne un ultimatum à l’Irak jusqu’au 15 janvier 1991 pour se retirer du Koweït.

  1. Le 17 janvier 1991

Les F15 et Tornados de l’armée de l’air saoudienne participent aux premiers raids aériens de la coalition sur des cibles militaires irakiennes, en Irak et au Koweït.

  1. Le 18 janvier 1991

L’Irak tire le premier d’une série de plus de 80 missiles Scud sur Israël et l’Arabie Saoudite durant le bref conflit.

  1. Le 29 janvier 1991

Les forces irakiennes s’emparent de la ville saoudienne de Khafji à la frontière koweïtienne, mais sont repoussées deux jours plus tard.

  1. Le 15 février 1991

Les forces de la coalition pénètrent en Irak à partir de l’Arabie Saoudite.

  1. Le 24 février 1991

Les forces américaines et de la coalition entament la libération rapide du Koweït. 

  1. Le 25 février 1991

Un missile Scud irakien touche une caserne américaine à Dharan, en Arabie Saoudite, tuant 28 soldats.   

  1. Le 26 février 1991

Les forces irakiennes se retirent du Koweït, non sans avoir mis le feu à plusieurs puits de pétrole. Battant en retraite, des milliers de soldats irakiens meurent sur l’Autoroute 80 - que l’on qualifiera d’Autoroute de la mort - lorsqu’ils sont bombardés par des avions de la coalition.

  1. Le 28 février 1991

Suite à la libération du Koweït, le président américain George H.W. Bush déclare un cessez-le-feu et le gouvernement koweïtien rentre d’exil.

L’invasion du Koweït a déclenché une série d’événements avec des répercussions durables. Elle a fait exploser à jamais la notion d’unité arabe et divisé le monde arabe qui ne s’en est toujours pas remis et n’est pas revenu à la « normale » après la Guerre du Golfe.

Certains pays, même s’ils ne se rangèrent pas du côté de Saddam, demeurèrent silencieux et ceci causa un accroissement des suspicions qui subsistaient dans le monde arabe de l’après-1945. Ces suspicions ont été renforcées, intégrées et fixées dans les esprits arabes. Chacun suspectait les intentions de l’autre. Si les Palestiniens, les Jordaniens et les Yéménites n’ont pas publiquement soutenu l’invasion, leur attentisme a provoqué la colère des pays du Golfe.

Sommes-nous en droit de penser que les problèmes actuels de notre région trouvent leurs racines dans l’invasion du Koweït de 1990 ? Je répondrais par l’affirmative. La plupart des problèmes actuels du monde arabe sont les résultats directs de l’agression de Saddam.

Tout d’abord, l’invasion a directement mené à la destruction de l’Irak. Le gouvernement irakien, et plus particulièrement Saddam, en porte la responsabilité. C’est ce dernier qui a donné une opportunité en or aux forces qui voulaient détruire un pays arabe. Si Saddam n’avait pas envahi le Koweït, il n’y aurait sans doute pas eu d’Al-Qaïda, ni de Daech. L’invasion du Koweït a représenté une occasion unique pour ceux qui souhaitaient voir les Arabes se quereller violemment et entrer en guerre les uns contre les autres.

Je me souviens d’un article perspicace que j’avais lu dans le journal londonien « Daily Telegraph » en 1968, qui mentionnait les différends qui étaient apparus durant le sommet arabe, cette année-là. Une phrase en particulier, toujours d’actualité, avait retenu mon attention : « Il manque au monde arabe, malgré ses caisses pleines, une chose que l’argent ne peut pas acheter : le leadership ».

Mais revenons à l’invasion et à la manière avec laquelle, nous à Arab News, l’avions couverte. Je fus réveillé par un coup de fil le matin du 2 août 1990. Mohammed Ali, l’opérateur du téléimprimeur à Arab News, était en ligne. A cette époque, le téléimprimeur nous procurait les nouvelles, parfois au compte-gouttes et parfois en abondance. Ali me confia que des informations avaient filtré sur l’invasion du Koweït par les troupes irakiennes.

« Ce sont des jours tristes et sombres pour le monde arabe, lorsque des Arabes se trouvent obligés de réagir contre un état arabe ami pour préserver leur propre sécurité et restaurer la légitimité de l’Etat souverain du Koweït »

Extrait d’un éditorial de Khaled Al-Maeena paru dans Arab News le 10 août 1990.

J’ai sauté du lit, me suis rapidement habillé pour me rendre au bureau à près de 6 heures du matin. Après avoir contacté deux autres membres de l’équipe, nous nous attelâmes à la lecture des informations. La communication était loin d’être rapide en ces temps-là. Internet et les portables n’existaient pas encore. Afin d’obtenir des informations de première main, j’avais contacté l’un de mes amis au Koweït qui avait auparavant travaillé avec le journal « Arab Times ». Il dit : « Oui, je vois des chars irakiens dans les rues. Il n’y a pas de résistance de la part des Koweïtiens ». Nous étions parvenus à rester en contact durant près de trois heures et demie avant de perde la liaison. Les lignes avec le Koweït avaient ensuite été coupées.

Armé de toutes les informations et indices, je me réunis avec l’équipe éditoriale pour mettre au point l’édition du lendemain. Mais un ordre du ministère de l’Information intima aux journaux de ne pas écrire sur l’invasion. D’un point de vue éditorial, nous avions préparé un article remarquable mais les directives nous forçaient à ne pas le publier.

Extrait des Archives de Arab News du 10 août 1990

Je n’étais pas prêt à accepter un « non » en guise de réponse. J’avais pris la voiture, en compagnie de mon collègue Khaled Nazer et nous nous étions rendus au bureau du ministre de l’information de l’époque, Ali Al-Shaer. Une fois sur place, j’avais tenté en vain de le convaincre de l’importance de publier l’information mais sa position resta inchangée. Ce fut le jour le plus sombre de ma carrière de journaliste.

Par chance, une conférence islamique se déroulait au Caire à ce moment-là. Nous avions utilisé cet angle journalistique pour discuter des tensions et grondements le long de la frontière entre l’Irak et le Koweït. C’était tout ce que nous pouvions faire.

Néanmoins, le lendemain, nous commencions à publier les détails de saccages et de carnages commis par les troupes de Saddam au Koweït. J’avais informé les éditeurs de l’importance pour le journal d’avoir une équipe complète près de la frontière saoudienne avec l’Irak, en plus du bureau que nous avions déjà dans la Province de l’Est.

Le 8 août, je me rendis dans la Province de l’Est et en septembre, nous avions une équipe au complet sur place, incluant Wahib Ghorab, Khaled Nazer, Mohammed Shamman, Saeed Haider, Maher Abbas, Hani Naqshbandi, le photographe Giovanni Pasquale ainsi qu’un stagiaire américain, Aldo Svaldi. A ce moment, une armée de journalistes internationaux étaient arrivés à la Province Est. La libération du Koweït ne se ferait pas avant deux semaines.

Lorsque feu le Roi Fahd s’adressa à la nation et au monde le 9 août 1990, une couverture détaillée de l’invasion nous avait été transmise. Notre titre, à la une du journal du lendemain était : « Fahd dénonce ‘l’agression la plus odieuse de l’Irak’. »

De la Province de l’Est, nous avions commencé à écrire des articles, dépêches de guerre et à recueillir des témoignages. Tout était nouveau pour nous et nos chiffres de ventes grimpèrent en flèche. « La vérité verte », le surnom donné à Arab News à cette époque, devint la publication de référence et une source d’information privilégiée.

Des journalistes internationaux de Voice of America, la BBC et CNN nous rendaient visite dans nos bureaux. Nous avons alors forgé des liens d’amitié durable avec bon nombre d’entre eux. Ils étaient surpris par le degré de nos connaissances, notre ténacité et notre ouverture d’esprit. Je me souviens même d’un article à propos d’un kiosque qui faisait des « Scud Burgers » nommés après les missiles que Saddam utilisait pour attaquer le Royaume. Aucun membre de mon équipe n’était autorisé à se considérer moins important que ces célèbres et imposants journalistes internationaux. Je m’en étais personnellement assuré.

Arab News fut le premier journal à pénétrer au Koweït libéré, alors que les puits de pétrole étaient encore en feu.

 

Khaled Almaeena était rédacteur en chef d’Arab News durant près de 25 ans, du 1er mai 1982 au 20 février 1993 puis du 1er mars 1998 au 8 octobre 2011.


Liban: le gouvernement interdit les activités militaires du Hezbollah, exige qu'il remette ses armes

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  • "L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement
  • Il a annoncé "l'interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah", exigeant que la formation "remette ses armes à l'Etat libanais" et se limite à l'action politique

BEYROUTH: Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet.

Cette décision inédite intervient après que le Hezbollah a lancé des roquettes sur Israël lundi, entraînant le Liban dans la guerre régionale avec l'Iran.

"L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement, ajoutant que "la décision de guerre ou de paix était du seul ressort" de l'Etat.

Il a annoncé "l'interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah", exigeant que la formation "remette ses armes à l'Etat libanais" et se limite à l'action politique.

Le Hezbollah armé et financé par Téhéran est représenté au Parlement et au gouvernement et dispose d'un vaste réseau d'institutions civiles.

En riposte à une attaque de la formation pro-iranienne contre Israël visant à "venger" la mort du guide iranien Ali Khamenei, des frappes israéliennes massives sur les bastions du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, le sud et l'est du Liban ont tué 31 personnes lundi.

C'est la première fois que le Hezbollah attaque Israël depuis le cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre meurtrière.

Un mécanisme qui regroupe, outre le Liban et Israël, l'Onu, les Etats-Unis et la France surveille la trêve.

"Le gouvernement libanais demande aux Etats garants du cessez-le-feu d'obtenir un engagement clair et définitif de la part de la partie israélienne de cesser toutes les hostilités sur l'ensemble du territoire libanais", a ajouté Nawaf Salam.

"Il proclame son entière disposition à reprendre les négociations" avec Israël "avec une participation civile et sous parrainage international".

 


Qatar: l'armée de l'air a abattu deux bombardiers iraniens 

L'armée de l'air du Qatar a abattu lundi deux bombardiers en provenance d'Iran, a annoncé le ministère de la Défense, après que la République islamique a ciblé des installations gazières de l'émirat. (AFP)
L'armée de l'air du Qatar a abattu lundi deux bombardiers en provenance d'Iran, a annoncé le ministère de la Défense, après que la République islamique a ciblé des installations gazières de l'émirat. (AFP)
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  • "L'armée de l'air du Qatar a abattu avec succès deux avions SU-24 en provenance de la République islamique d'Iran. Elle a également intercepté sept missiles balistiques grâce à la défense aérienne et cinq drones, qui visaient plusieurs zones du pays"
  • Le texte ne précise pas le sort des pilotes des bombardiers

DOHA: L'armée de l'air du Qatar a abattu lundi deux bombardiers en provenance d'Iran, a annoncé le ministère de la Défense, après que la République islamique a ciblé des installations gazières de l'émirat.

C'est la première fois qu'un pays du Golfe abat un aéronef iranien avec un pilote à bord depuis le début des bombardements entamés samedi.

"L'armée de l'air du Qatar a abattu avec succès deux avions SU-24 en provenance de la République islamique d'Iran. Elle a également intercepté sept missiles balistiques grâce à la défense aérienne et cinq drones, qui visaient plusieurs zones du pays aujourd'hui", a précisé le ministère dans un communiqué.

Le texte ne précise pas le sort des pilotes des bombardiers.

Cette annonce intervient après que la compagnie énergétique publique qatarie a annoncé l'arrêt de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) après les attaques de drones iraniens qui ont attaqué deux de ses principales usines de traitement de gaz.

Concernant ces attaques, un drone iranien a visé, d'après le ministère qatari de la Défense, une installation énergétique à Ras Laffan, le principal site de production de gaz naturel liquéfié du pays, à 80 km au nord de la capitale, sur la côte.

Un autre drone a pris pour cible un réservoir d'eau d'une centrale électrique à Mesaieed, également une base clé pour la production de gaz naturel, à 40 km au sud de Doha.

Ces attaques de drones n'ont pas fait de victimes, selon les autorités.

 


L'Arabie saoudite intercepte 5 drones près de la base aérienne Prince Sultan : porte-parole

Le porte-parole du ministère saoudien de la Défense, le général de division Turki al-Maliki (AFP)
Le porte-parole du ministère saoudien de la Défense, le général de division Turki al-Maliki (AFP)
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  • Al-Maliki a annoncé l'interception et la destruction de cinq drones hostiles
  • Auparavant, al-Maliki avait confirmé que deux drones qui tentaient de prendre pour cible la raffinerie de Ras Tanura, près de Dammam, avaient été interceptés avec succès

RIYAD: Le porte-parole du ministère saoudien de la Défense, le général de division Turki al-Maliki, a annoncé lundi l'interception et la destruction de cinq drones hostiles près de la base aérienne Prince Sultan.

Auparavant, al-Maliki avait confirmé que deux drones qui tentaient de prendre pour cible la raffinerie de Ras Tanura, près de Dammam, avaient été interceptés avec succès.

M. Al-Maliki a confirmé qu'aucune victime civile n'avait été signalée à la suite de l'interception, notant qu'un petit incendie s'était déclaré à l'intérieur de la raffinerie en raison de la chute de débris, mais qu'il avait été rapidement maîtrisé.