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La visite de Sadate en Israël

Le 19 novembre 1977, le Président égyptien Anwar el-Sadate devient le premier dirigeant arabe à se rendre en Israël (Photo, Getty Images).
Le 19 novembre 1977, le Président égyptien Anwar el-Sadate devient le premier dirigeant arabe à se rendre en Israël (Photo, Getty Images).
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Publié le Mardi 08 décembre 2020

La visite de Sadate en Israël

  • Le 19 novembre 1977, le président égyptien Anouar el-Sadate devient le premier dirigeant arabe à se rendre en Israël
  • Durant une parade militaire au Caire en octobre 1981, Sadate est assassiné par des extrémistes opposés au traité

Premier dirigeant arabe à se rendre en Israël, le président égyptien fit un pas pour la paix qui souleva l’indignation dans la région

Résumé

Le 19 novembre 1977, le président égyptien Anouar el-Sadate devient le premier dirigeant arabe à se rendre en Israël dans une volonté de construire une paix durable entre deux pays englués dans un conflit depuis la fondation de l’Etat hébreu en 1948.

Quatre ans plus tôt, Sadate lançait encore ses troupes dans le Sinaï occupé, provoquant une guerre israélo-arabe. Mais le 20 novembre 1977, le raïs et le Premier ministre israélien Menahem Begin annoncent, lors d’une conférence de presse conjointe, la fin des hostilités entre les deux nations et s’engagent à travailler pour restaurer la paix au Moyen-Orient.

Cette rencontre est considérée comme une première étape avant les accords de Camp David, en septembre 1978, qui ont permis la signature des accords de paix israélo-égyptiens à Washington en mars 1979. En octobre 1978, Sadate et Begin sont tous deux récompensés par le Prix Nobel de la Paix.

Mais comme Arab News l’annonce le 22 novembre 1977, cette initiative de paix provoque le courroux du monde arabe qui la considère comme une trahison à  l’égard de la cause palestinienne.  S’ensuit l’exclusion de l’Egypte de la Ligue arabe. Durant une parade militaire au Caire en octobre 1981, Sadate est assassiné par des extrémistes opposés au traité.

JEDDAH: C’est en 1979 que j’entendis parler pour la première fois du président égyptien Anouar el-Sadate et malheureusement, ce ne fut pas dans des circonstances favorables. C’est à ce moment qu’il décida de faire la paix avec l’ennemi juré des Arabes et prit l’initiative unilatérale de s’assoir à la même table que les dirigeants israéliens et signer un traité qui serait par la suite connu sous le nom de traité de paix de Camp David.

A cette époque, je me souviens d’un boulanger égyptien qui travaillait dans notre quartier dans la ville de Zarqa, en Jordanie. Evidemment, pour un adolescent de 13 ans, la notion de traité de paix était dénuée de sens. Je ne savais pas ce que cela signifiait et n’avait aucune notion de politique. La seule chose que je savais, c’était que les habitants de mon quartier se mirent à scander ‘Sadate est un traître’.

Suivant les pas de mes aînés, je me précipitais chez le boulanger égyptien et lui criait au visage ‘Sadate est un traître’ sans même savoir le sens des mots que je prononçais. En grandissant, j’ai commencé à comprendre, d’autant plus que mon pays, la Jordanie, est directement impliqué dans le conflit arabo-israélien et la cause palestinienne, et aussi parce que l’occupation israélienne de la Palestine a eu des effets dévastateurs, non seulement sur la Jordanie, mais sur la région entière.

Les dates clés :

  1. Le 11 novembre 1977

A la suite de l’annonce par Sadate de son intention de se rendre en Israël, le Premier ministre Israélien Menahem Begin s’adresse au peuple égyptien depuis Jérusalem, plaidant pour ‘la fin des guerres et de l’effusion de sang’.

  1. Le 19 novembre 1977

Sadate devient le premier dirigeant arabe à effectuer une visite officielle en Israël, s’adressant au Parlement israélien le jour suivant.  Devant nous, aujourd’hui, dit-il, se dresse… une chance pour la paix… une chance qui, si elle était perdue ou gâchée, condamnerait les comploteurs responsables de cet échec à être maudits par l’humanité et par l’histoire’.

  1. Le 5 septembre 1978

Sadate et Begin répondent à l’invitation de Jimmy Carter et arrivent à Camp David pour 10 jours de pourparlers.

  1. Le 17 septembre 1978

A Washington, Begin et Sadate signent les accords-cadres pour la paix à la Maison Blanche.

  1. Le 27 octobre 1978

Sadate et Begin reçoivent conjointement le Prix Nobel de la Paix.

  1. Le 26 mars 1979

Sadate et Begin signent le traité de paix israélo-égyptien à Washington.

  1. Le 6 octobre 1981

Anouar el-Sadate est assassiné au Caire par des islamistes extrémistes opposés au traité de paix.

J’ai lu de nombreux articles sur l’héritage que nous laisse Sadate afin de mieux comprendre ce qui a façonné son idéologie. Il demeure une figure controversée au Moyen-Orient, conspué par certains comme un traître, adulé par d’autres comme un prophète. Ni sa mort en 1981, ni le passage des années n’auront permis de résoudre le débat permanent sur l’homme et son héritage politique.

« L’Egypte et Israël, qui se sont affrontés à quatre reprises en l’espace de trois décennies, ont fait le serment mutuel, ce lundi, de mettre fin à l’état de guerre lors d’un accord historique ayant pour but d’aboutir à un traité de paix. Le président égyptien Anouar el-Sadate et le Premier ministre Menahem Begin ont prononcé leurs déclarations séparément lors du point culminant de la première visite officielle d’un dirigeant arabe en Israël, qui a ravivé les espoirs d’une paix israélo-arabe ».

Extrait d’un article à la une de Arab News, le 22 novembre 1977.

Une partie de la controverse autour du personnage de Sadate tient son origine d’un coup d’éclat encore plus retentissant, le 6 octobre 1973, lorsque les troupes égyptiennes franchissent la ligne Bar Lev, une chaîne de fortifications construites par Israël le long de la côte du canal de Suez après la conquête de la péninsule du Sinaï sur l'Égypte durant la Guerre des Six Jours en 1967.

Ce franchissement spectaculaire suscita la liesse dans un pays démoralisé par la défaite de la guerre de 1967. Bien que les troupes égyptiennes n’aient pas eu le même rendement une fois l’effet de surprise passé et que la guerre s’installa durant des semaines, ce succès temporaire contre un Etat qui fut l’ennemi juré de l’Egypte durant 25 années permit à Sadate de consolider son leadership dans son pays.

Le raïs était vu comme un fin stratège du fait que son opération limitée allait, à terme, mener à la reprise par l’Egypte de son contrôle sur le canal de Suez, une victoire que les Egyptiens considèrent encore à ce jour comme leur plus beau succès militaire de l’ère moderne.

L’émergence de Sadate sur la scène mondiale est cependant liée à ses succès politiques en Egypte. Il impressionne ses homologues occidentaux par sa sincérité en mettant fin à de nombreux aspects de l’héritage socialiste au sein de l’Etat égyptien. Cela lui permet d’affaiblir ses rivaux tout en renforçant et enrichissant ses alliés. A maintes reprises durant les négociations de paix avec Israël sous l’égide des Etats-Unis, Sadate dévoile secrètement ses intentions de repli au président américain.

Sadate a su mettre sa maîtrise des symboles au service de ses relations internationales. Sa décision retentissante de se rendre à Jérusalem et son arrivée sur le sol israélien le 19 novembre 1977 changeront de manière définitive la nature du conflit israélo-arabe. En un seul geste, en octroyant aux Israéliens la reconnaissance qu’ils recherchent depuis des décennies, il parvint à obtenir l’engagement des Américains à aider l’Égypte dans la restitution par Israël de ses territoires perdus durant la guerre.

« Même si on se souviendra toujours de Sadate pour son courageux bond vers la paix, la trace ultime qu’il laissera demeure incertaine. Les négociations qu’il entama ne menèrent ni à la fin du conflit israélo-arabe, ni à la construction d’une Egypte prospère ».

Hani Hazaimeh

La décision unilatérale de Sadate de se rendre à Jérusalem afin de s’adresser au Parlement Israélien fut certainement la plus déterminante de sa vie. Elle intervint en défiance totale vis-à-vis de deux principes de la diplomatie Arabe largement établis. Le premier principe stipule que des négociations directes avec Israël ne pouvaient se faire tant que ce dernier continue d’occuper des territoires arabes. Le second affirme que toutes les négociations doivent être menées dans un effort collectif arabe et non pas individuellement.

Sadate fut le premier dirigeant arabe à briser ces règles. Ce faisant, il déclencha la colère des leaders arabes mais aussi de leurs populations qui descendirent dans les rues en masse, l’accusant de trahir le consensus arabe. La décision de Sadate fut spectaculaire non seulement parce qu’elle mena à une transformation radicale du Moyen-Orient, mais aussi parce qu’elle constituait un acte de foi de première importance.

Il décida de jouer sa carte maîtresse – la reconnaissance d’Israël – convaincu que les Etats-Unis, et plus précisément le président Jimmy Carter, ne permettraient pas que son effort soit vain. Son acte paraît encore plus marquant lorsque l’on considère qu’il ne fallut qu’une série de réunions pour que se tissent des liens de confiance très solides avec Carter.

Page datée du 22 novembre 1977, tirée des archives de Arab News

Même si on se souviendra toujours de Sadate pour son courageux bond vers la paix, la trace ultime qu’il laissera demeure incertaine. Les négociations qu’il entama ne menèrent ni à la fin du conflit israélo-arabe, ni à la construction d’une Egypte prospère.

Mais il est utile de rappeler que son habileté politique apporta d’énormes bénéfices à son pays.  La paix règne sur la frontière Est de l’Egypte et cette dernière ne souffre d’aucune menace militaire sérieuse sur l’ensemble de son territoire. L’Egypte a reçu des dizaines de milliards de dollars sous forme d’aides américaines durant les deux dernières décennies, mises à profit pour moderniser son armée et grandement améliorer ses infrastructures.

Même les plus petits villages égyptiens sont désormais connectés aux centrales électriques. Dans le pays, le crédit de ces avantages est attribué à Sadate plutôt qu’aux aides américaines. L’Egypte s’est affirmée comme un acteur de premier plan dans le monde arabe et la région.

Devant affronter une économie chancelante, repliée sur elle-même et orientée vers l’Union soviétique, Sadate a jeté les fondements de la construction d’une Egypte prospère, même si les résultats tardent à voir le jour. Il s’est comporté en véritable Leader. Sa tragédie aura peut-être été son extrême avance dans le temps sur le peuple même qu’il dirigeait.

 

Hani Hazaimeh, éditeur en chef à Arab News, entendit parler de Sadate pour la première fois lorsqu’il était encore un adolescent vivant en Jordanie.


« Les calculs à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien

« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
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  • Ibrahim Olabi déclare au Conseil de sécurité de l’ONU qu’Israël a frappé la base aérienne d’Abu Al-Duhur à huit reprises et que les incursions et les « actes d’agression » se poursuivent, notamment les enlèvements, les bombardements et d’autres violations
  • La Syrie se trouve « à un moment charnière » alors que des millions de personnes déplacées rentrent enfin chez elles, a déclaré le coordinateur adjoint des secours d’urgence de l’ONU, mais « ce retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », a-t

NEW YORK : Les frappes militaires et les incursions israéliennes poussent la région vers la catastrophe, a déclaré jeudi au Conseil de sécurité de l’ONU le représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, Ibrahim Olabi. 

« La région tout entière se trouve au seuil d’une guerre régionale qui n’épargnerait personne », a-t-il déclaré, en raison des « calculs électoraux étroits du Premier ministre israélien ». 

Ses remarques interviennent alors que de hauts responsables de l’ONU ont informé le Conseil de la situation humanitaire en Syrie et de l’avancement de la transition politique post-Assad. 

Israël a mené huit frappes aériennes contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, a poursuivi ses incursions sur le territoire syrien et a persisté dans des « actes d’agression, notamment des enlèvements, des bombardements et des violations » qui « ne cessent pas », a déclaré M. Olabi. 

Il a critiqué « l’attitude irresponsable » du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui s’est rendu cette semaine auprès des troupes israéliennes du côté syrien du mont Hermon et a déclaré qu’elles y resteraient indéfiniment, qualifiant cela de « défi flagrant à la légitimité internationale et aux résolutions de ce Conseil ». 

Il a indiqué que la Syrie s’engageait sérieusement dans les efforts diplomatiques menés sous l’égide des États-Unis visant à désamorcer l’escalade, mais a averti que « tous les efforts internationaux et régionaux déployés depuis des mois pour assurer la sécurité et la stabilité dans la région risquent désormais d’être réduits à néant par les illusions qui n’existent que dans l’imagination d’un gouvernement imprudent et extrémiste ». 

Les attaques israéliennes « ne nous feront pas changer de cap », a ajouté M. Olabi, ni « le choix de la Syrie en faveur de la stabilité », qui, selon lui, ne peut être réalisé que si Israël met fin à ses attaques, cesse ses incursions, se conforme pleinement à l’accord de désengagement de 1974 et se retire des territoires qu’il occupe depuis le 8 décembre 2024. 

Abordant la question du Golan occupé, M. Olabi a cité la résolution 497 du Conseil de sécurité, adoptée en 1981, et en a rappelé la conclusion selon laquelle la « décision d’Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration dans le Golan syrien occupé » était « nulle et non avenue, et sans effet juridique international ». 

Il a noté qu’une résolution de l’Assemblée générale adoptée ce mois-ci, réaffirmant ce principe, avait recueilli le soutien de 123 États, contre 97 auparavant. 

M. Olabi a exposé sa vision de ce qu’il a qualifié de tournant pour la Syrie. Il a notamment mis en avant trois événements marquants survenus ce mois-ci. Premièrement, la visite du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à Damas, qui, selon lui, a mis fin à « une ère de tensions entre les Nations unies et la Syrie » au profit d’« une nouvelle phase […] placée sous le signe du partenariat ». 

Deuxièmement, la visite du Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, qui a marqué ce qu’il a qualifié de fin de « l’ère des déplacements et des réfugiés » et le début d’une ère de « retour », plus de 3 millions de Syriens étant déjà rentrés chez eux. 

Et troisièmement, la visite de Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui, selon lui, a ouvert «une nouvelle phase de coopération plus large» après «l’ère de l’ambiguïté». 

M. Olabi s’est également félicité de la décision prise cette semaine par les États-Unis de retirer la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme après 47 ans, et a remercié le président Donald Trump. 

Il a évoqué le réchauffement des relations avec la Russie, la Chine et le Pakistan, et a souligné que l’intégration et la dissolution complètes des Forces démocratiques syriennes au sein de l’Armée arabe syrienne constituaient la preuve d’« un véritable processus d’intégration nationale […] fondé sur l’égalité entre les citoyens et non sur des quotas sectaires ». 

Il a cité une série de signes de reprise économique en Syrie : la reprise des vols internationaux vers l’Allemagne ; de nouveaux systèmes de paiement électronique ; les préparatifs en vue de sortir de la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI), qui recense les pays présentant des faiblesses reconnues dans leurs efforts de lutte contre le blanchiment d’argent et d’autres crimes financiers ; et la réouverture du salon commercial de la Foire internationale de Damas. 

Pour les Syriens, « le rétablissement d’un vol direct ou l’ouverture d’un compte bancaire… ce ne sont pas des détails mineurs ; ce sont au contraire des signes du retour à la vie elle-même », a déclaré M. Olabi. 

Il a également noté que les tribunaux avaient rendu des jugements à l’encontre de l’ancien président syrien, Bachar al-Assad, de son frère Maher et d’autres membres de l’ancien régime pour des crimes commis contre des citoyens syriens, et a remercié le Liban d’avoir extradé un ancien officier recherché. 

Moment charnière

Lors d’un point d’information au Conseil sur la situation humanitaire en Syrie, Indrika Ratwatte, secrétaire général adjoint par intérim et coordinateur adjoint des secours d’urgence, a déclaré que le pays se trouvait « à un moment charnière », avec près de 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et plus de 1,7 million de réfugiés ayant regagné leur foyer depuis la chute du régime d’Assad en décembre 2024. 

Il a toutefois averti que « le retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », soulignant que plus de 5,5 millions de personnes restent déplacées à l’intérieur du pays, dont 833 000 vivent dans plus de 1 200 camps. 

Il a indiqué que les engins explosifs avaient fait plus de 2 400 victimes, dont 865 morts, depuis décembre 2024, et que l’appel humanitaire international en faveur de la Syrie n’était financé qu’à hauteur de 30 %. 

« C’est précisément le moment où les investissements peuvent transformer des progrès fragiles en une reprise durable », a déclaré M. Ratwatte, appelant à un financement soutenu, à un soutien aux rapatriés et à des efforts pour « empêcher la Syrie d’être entraînée dans un conflit régional ». 

S’exprimant depuis Damas, le représentant spécial adjoint pour la Syrie, Claudio Cordone, s’est félicité de la décision américaine de lever la désignation de la Syrie comme «État soutenant le terrorisme », et a cité une projection du Fonds monétaire international prévoyant «une croissance à deux chiffres en 2026» pour le pays. 

Il a toutefois averti que « la pauvreté généralisée et la recrudescence de l’inflation signifient que les conditions restent très difficiles pour la plupart des Syriens ». 

M. Cordone a également fait part de ses inquiétudes concernant la poursuite des opérations militaires israéliennes dans le sud de la Syrie, « notamment les incursions terrestres répétées, les perquisitions domiciliaires et la destruction de biens privés et agricoles », et a déclaré que la présence d’Israël à l’est de la ligne de cessez-le-feu « violait la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie ». 

Il a condamné la frappe israélienne du 18 août contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, dans le gouvernorat d’Idlib, et s’est félicité des « récents contacts directs entre Israël et la Syrie et des pourparlers en Jordanie », ainsi que des efforts de médiation américains. Il a également soulevé un certain nombre de préoccupations d’ordre national, notamment des informations faisant état de décès en détention et de disparitions, et a exhorté les autorités syriennes à instaurer « un moratoire sur toutes les exécutions ».


Syrie: le président Chareh fait du chef kurde Mazloum Abdi l'un de ses conseillers

Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
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  • M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI)
  • Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat

DAMAS: Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas.

"Moustafa Khalil Abdi est nommé conseiller auprès de la présidence de la République", indique le décret signé par M. Chareh et publié par l'agence de presse officielle Sana.

M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.

L'accord d'intégration représente une victoire majeure pour M. Chareh, mais met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes.

"Absolument historique": l'envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, s'est félicité mardi de cette décision qui "ressemble à une véritable intégration (...) visant à renforcer la souveraineté de la Syrie".

"Sacrifices consentis"

"Garantir des rôles de premier plan à nos précieux partenaires", y compris M. Abdi au sein du gouvernement, "témoigne du respect dû à leur leadership, aux sacrifices consentis par nos partenaires kurdes et à la contribution constructive qu'ils ont apportée à la stabilité régionale", avait ajouté M. Barrack, sans préciser quel rôle l'ex-chef des FDS était appelé à occuper.

Les FDS ont été formées en 2015 à l'initiative des Etats-Unis, impressionnés par les combattants kurdes qui avaient vaincu l'EI à Kobané, dans le nord de la Syrie, et qui cherchaient un partenaire fiable dans la lutte en cours contre les jihadistes.

A leur apogée, elles comptaient environ 100.000 combattants, kurdes et arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, des régions riches en pétrole.

Mais Mazloum a adhéré à l'accord d'intégration à la suite des affrontements de janvier dernier, au cours desquels les Kurdes ont perdu de vastes portions de territoire au profit des troupes gouvernementales, alors même que Washington, soutien de longue date des Kurdes, se rapprochait des nouvelles autorités de Damas.

M. Chareh a de son côté signé un décret consacrant les droits nationaux des Kurdes et reconnaissant le kurde comme langue nationale – une mesure sans précédent depuis l'indépendance de la Syrie en 1946.

M. Abdi a annoncé la semaine dernière que l'intégration de l'administration kurde à l'Etat syrien était achevée, ajoutant "notre combat se poursuivra afin d'inscrire les droits de notre peuple dans la Constitution."


Tunisie: pour les coupures d'eau et électricité, le président dénonce des «actes prémédités»

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
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  • Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics
  • Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés"

TUNIS: Le président tunisien Kais Saied, doté des pleins pouvoirs depuis l'été 2021, a dénoncé des "actes prémédités" visant à "attiser les tensions" pour expliquer les coupures d'eau et d'électricité qui rythment le quotidien des Tunisiens depuis le début de l'été.

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics.

Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés".

M. Saied s'est exprimé après une réunion avec sa cheffe de gouvernement, les ministres concernés et les dirigeants des deux entreprises publiques, Steg (électricité) et Sonède (eau).

Dans son communiqué, M. Saied, coutumier des déclarations à caractère complotiste, affirme que "les enquêtes ont démontré" que les coupures "dans plusieurs zones ne résultaient pas de pannes ordinaires".

Selon lui, il s'agit "d'actes prémédités visant à enflammer la situation par tous les moyens, à répandre mensonges et rumeurs afin de semer la confusion" et à "maltraiter les citoyens jusque dans les services les plus élémentaires".

Comme en juillet, la Steg a recommencé à publier des avis de "délestages", destinés à soulager son réseau sous forte tension, en listant les villes concernées ainsi que les quartiers de Tunis, une agglomération d'environ trois millions d'habitants sur 12 millions.

Les Tunisiens subissent aussi de fréquentes coupures d'eau, car une bonne partie de l'approvisionnement en eau courante nécessite un pompage.

La production de bouteilles d'eau minérale, dont les Tunisiens sont de gros consommateurs, a en outre été perturbée par ces coupures d'électricité et une pénurie de bouteilles en plastique. Dans les supermarchés, l'eau est rationnée à un pack de six par personne et est devenue introuvable dans les épiceries.

"Les ennemis de la patrie et ceux qui les soutiennent sont désormais démasqués aux yeux du peuple tunisien", a poursuivi M. Saied, prévoyant "un échec" pour ces "tentatives de provocation" et "ces plans criminels, d'où qu'ils viennent" tant que le pays restera "soudé".

En juillet 2021, M. Saied avait limogé son Premier ministre et gelé le Parlement, réduit depuis à un rôle de chambre d'enregistrement.

Plusieurs ONG tunisiennes et étrangères, dont Human Rights Watch et Amnesty International, l'ont accusé de dérive autoritaire à travers une restriction des droits et libertés et l'emprisonnement des principaux leaders de l'opposition, de dizaines de journalistes, avocats et militants.